Le monde du travail ne doit plus se laisser faire

Le gouvernement Michel vient à peine d’annoncer ses mesures antisociales qu’une nouvelle série d’attaques se prépare.
Après la semaine de 45 heures et l’annualisation du temps de travail, le ministre de l’emploi, Peeters, veut réintroduire la période d’essai, qui avait été supprimée lors de l’unification des statuts ouvrier et employé. C’était une des rares concessions patronales, et une qui ne portait guère à conséquence tellement la durée de préavis reste limitée pendant les premiers mois.
Et ça, ce n’est que la partie émergée de l’iceberg. Depuis l’arrivée du gouvernement Michel, les budgets publics subissent des coupes sombres. Santé, enseignement, transports, personne n’a été épargné.
Les enseignants ont été récemment visés et en particulier le montant de leur pension. Certes, elle est un peu plus élevée, mais cela avait été accordé à l’époque pour compenser des salaires généralement plus bas pendant toute leur carrière. Aujourd’hui, le gouvernement veut revenir sur ces accords. Tout lui sert de prétexte pour diviser les différentes catégories de travailleurs et les tirer l’une après l’autre vers le bas.
Contre ces mesures, la CGSP a organisé le 19 avril plusieurs rassemblements auxquels 7000 militants ont participé. Le 20 avril, la CSC organisait à son tour une manifestation qui a rassemblé une dizaine de milliers de sympathisants.
Sous le gouvernement Di Rupo, seuls deux départs à la pension sur cinq étaient remplacés dans les services publics fédéraux. Avec le gouvernement Michel, c’est passé à un sur cinq ! La situation est devenue intenable, pour les fonctionnaires d’abord, mais aussi pour les usagers.
Les dernières mesures budgétaires ont encore aggravé la situation et ce 27 avril, l’ensemble des services publics fédéraux étaient appelés à cesser le travail et à participer à des manifestations.
Les effectifs des gardiens de prison devaient être réduits de 10% en quatre ans… ils l’ont été en un an. Dans certaines prisons, ils se retrouvent à 2 gardiens pour 80 détenus. Il n’est dès lors pas étonnant que le mouvement de grève actuel soit suivi à 90% !
A la SNCB, ce sont 2300 postes qui vont disparaître alors que l’offre de trains est déjà insuffisante et qu’ils sont systématiquement en retard. Aujourd’hui les trains roulent moins vite et desservent moins de gares qu’il y a cinquante ans ! C’est une régression pour toute la population.
Au Forem, avec la régionalisation, une partie des responsabilités a été transférée du fédéral vers les régions, mais les effectifs et le budget ne suivent pas. Les employés sont débordés et les syndicats ont déposé un préavis de grève.
Les TEC aussi étaient en grève ce 27 avril pour dénoncer la dégradation de l’emploi et du service.
Tous ces mouvements montrent, si besoin était, que les travailleurs en ont assez et qu’ils n’ont pas baissé les bras, comme on voudrait le faire croire.
Face aux attaques du gouvernement, il est dommage que les syndicats avancent en ordre dispersé et ne cherchent jusqu’à présent à mobiliser que leurs militants et pas l’ensemble des travailleurs.
Le gouvernement a lancé attaque sur attaque, profitant du désarroi causé par la crise et le chômage. Les syndicats n’ont pas organisé de réponse à la hauteur et cela n’a fait qu’ouvrir un boulevard aux attaques suivantes. Maintenant, ils font les étonnés quand le gouvernement leur marche sur les pieds. La concertation sociale est une illusion, seul le rapport de forces peut jouer en notre faveur.
Il est urgent que la voix du monde du travail s’élève pour dénoncer cette mascarade autour du déficit budgétaire et refuser l’austérité. Les entreprises paient de moins en moins de charges sociales et leurs actionnaires planquent leur argent au Panama pour ne pas payer d’impôts. Voilà l’unique cause des déficits. Ce n’est pas au travailleurs, ni aux pensionnés de payer.
La FGTB et la CSC ont annoncé une manifestation commune pour la fin du mois de mai. Nous devrons nous y rendre nombreux, pour montrer au gouvernement que nous ne comptons plus nous laisser faire. Et pour encourager l’ensemble du monde du travail à se mobiliser pour faire reculer le patronat et ses politiciens serviles, pour exiger que les riches paient leur part, mais aussi pour une augmentation des salaires et des embauches dans les services publics, partout où c’est nécessaire.

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