Algérie : la contestation populaire met le régime en crise

En Algérie, l’immense mobilisation de la population a finalement eu raison du président Bouteflika, qui a remis sa démission le 2 avril. C’est le résultat de l’énorme pression qu’exerce le peuple algérien depuis plus d’un mois mais aussi des pressions d’une partie de l’armée qui, depuis plusieurs jours, demandait que Bouteflika laisse la place.
Le retournement de veste du chef de l’armée, Gaïd Salah, en faveur de la démission de Bouteflika est apparue aux yeux du peuple algérien pour ce qu’elle est : une énième tentative de sauver le système. Très en colère et conscients que leur nombre serait décisif, c’est par millions que, vendredi 29 mars, les Algériens sont descendus dans la rue pour crier : « Gaïd Salah, toi aussi dégage ! ». Les opposants qui avaient collaboré avec le pouvoir étaient aussi la cible des manifestants : « Ce n’est pas aux corrompus d’organiser les élections ».
Des manifestations ont eu lieu dans toutes les villes du pays, même dans des petites localités, réunissant toutes les générations, des travailleurs, des femmes en nombre, des familles et de nombreux enfants, fiers et heureux d’être aussi nombreux.
La liste des entreprises en grève est longue : automobile, textile, alimentation, emballage, tous les secteurs sont touchés. Dans le secteur privé où la précarité est la règle, les pressions patronales sont plus fortes. Malgré tout, les travailleurs de LU, par exemple, se sont eux aussi mis en grève, en dépit des menaces du patron français de licencier les meneurs.
Les travailleurs, les classes populaires des villes et des campagnes, fiers de leur mouvement, soucieux de le préserver et de le faire aller de l’avant, expriment de l’hostilité et de la méfiance vis-à-vis de tous ceux qui veulent parler en leur nom. Cette méfiance est plus que légitime. Un véritable changement de système ne pourra venir que d’eux.

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