Leur politique et la nôtre

Les élections législatives ont eu lieu le 19 mai dernier mais, à part à Bruxelles, aucun gouvernement n’a été mis en place. En Flandre, Bart de Wever et le N-VA ont longtemps discuté avec le Vlaams Belang avant de se tourner vers une coalition qui rassemblera probablement… les mêmes partis qu’avant. Est-ce que les discussions de la N-VA avec le Belang auraient pu aboutir ou n’avaient-elles comme objectif que de faire monter la pression sur les autres partis ? Cela restera sans doute un des secrets tordus des politiciens. Quoi qu’il en soit, la N-VA a contribué à légitimer les discours racistes de l’extrême droite.
En Wallonie, dans un premier temps, le PS a inclus le PTB dans les discussions, mais les deux partis semblaient plus à la recherche d’un prétexte pour ne pas gouverner ensemble. Le PS et Ecolo se complètent, même s’ils sont concurrents, tandis que le PTB marche sur les plates-bandes du PS et lui prend des voix dans son électorat traditionnel, les travailleurs et le milieu syndical. De son côté, le PTB n’est peut-être pas pressé d’aller dans un gouvernement où il devra faire trop de concessions et apparaître pour ce qu’il est, une sorte de PS de gauche, avec l’une ou l’autre mesure positive pour les couches populaires, mais rien qui pourrait fondamentalement changer leurs conditions d’existence. Sans le PTB, le PS et Ecolo n’ont plus de majorité et ont commencé à s’entremettre avec le MR. Les ennemis jurés d’hier seront les meilleurs amis demain.
Au niveau fédéral, la formation du gouvernement est dans les limbes. Reynders et Vande Lanotte se délectent de conciliabules secrets. Ça chuchote dans les alcôves, une spécialité de la politique belge.
En attendant, les rats quittent le navire. Charles Michel part au Conseil européen, Didier Reynders postule à la Commission européenne. Ces nominations donnent lieu à une foule de disputes et de commentaires. Nul besoin d’être un grand devin pour comprendre qu’il s’agit de tractations dans un jeu de chaises musicales politiques.
Des politiciens qui ne pensent qu’à leur carrière, des partis qui changent de discours selon leurs possibilités d’alliance, c’est le pain quotidien dans les coulisses du pouvoir de la société capitaliste. La bourgeoisie n’a rien de mieux à offrir que cette démocratie qui sent la naphtaline. Les travailleurs peuvent au mieux choisir qui les dirige, et encore ici ce n’est pas vraiment le cas, mais ils n’ont rien à dire sur le fonctionnement de l’économie. Cette démocratie est celle de la bourgeoisie qui jouit de la liberté d’exploiter tandis celle des travailleurs s’arrête à la porte des conseils d’administration. Le vrai pouvoir est dans les mains des actionnaires des grandes entreprises. Ces grands bourgeois décident de produire ce que bon leur semble en fonction des aléas du marché, quitte à empoisonner la population et la planète. Pour les capitalistes, les travailleurs ne sont qu’une variable d’ajustement, embauchés ou licenciés en fonction des perspectives de profits à deux chiffres.
Dans cette dictature de l’intérêt privé sur les besoins collectifs, les politiciens sont en charge de la continuité du pouvoir des capitalistes, les uns en berçant les travailleurs de promesses, les autres en les réprimant. La démocratie des bourgeois n’est qu’une sinistre farce.
A l’opposé, le communisme est une société dans laquelle la population laborieuse prend en charge l’organisation de la production dans son ensemble afin de satisfaire les besoins de tous. Dès lors, tous les moyens de production seront propriété de la collectivité.
Mais aucun parti de gouvernement, quel qu’il soit, ne va réaliser un tel changement car il exige d’exproprier le patronat et de mettre un terme au capitalisme. Seuls les travailleurs eux-mêmes, mobilisés et organisés peuvent le faire. Ils forment l’écrasante majorité de la population sur toute la planète. Une mobilisation d’une telle ampleur peut paraître aujourd’hui lointaine, mais ni plus ni moins qu’à la veille de tous les grands mouvements sociaux du passé. Les mobilisations récentes des gilets jaunes, des travailleurs algériens, des jeunes pour le climat, prouvent une fois de plus que l’appétit de profit des capitalistes ne peut qu’attiser la colère sociale. Mais ces mobilisations ont un goût d’inachevé. Par manque d’organisation et surtout d’objectifs clairs, elles finissent par s’épuiser, parfois se font dévoyer par des ennemis déguisés de la classe ouvrière.
Alors, s’il y a une chose que l’on peut faire dès maintenant, c’est se préparer aux prochaines explosions sociales pour qu’elles deviennent autant de coups de boutoir capables d’abattre le vieux monde. Car le capitalisme est frappé d’obsolescence.

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