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Faisons trembler les patrons !

Afin de s’opposer à l’insultante marge salariale de 0,4 % prévue dans le cadre de la négociation de l’AIP, les directions syndicales n’ont rien trouvé de mieux que d’organiser quelques ridicules petites actions dispersées un peu partout dans le pays. Ces méthodes ne datent pas d’hier, mais le covid fournit aujourd’hui le bon prétexte pour permettre aux bonzes syndicaux de ne pas appeler à mener des combats plus sérieux. Ceux qui sont trop occuper à discutailler à la table des négociations ne comprennent pas que les patrons ne reculent que devant la force. Pour y parvenir, les travailleurs ont de puissantes armes : les grèves et les manifestations de masses !

Un médicament inefficace mais très rentable

Fin octobre, le ministre de la Santé Frank Vandenbroucke a acheté à la société pharmaceutique américaine Gilaed 12300 doses de remdésivir, un soi-disant remède miracle pour les malades du Covid, pour 4,3 millions d’euros. Les conclusions d’une étude clinique partagées quelques jours plus tôt par l’OMS démontraient pourtant toute l’inefficacité du traitement. Vendu au tarif exorbitant de 345 euros l’unité pour un prix coûtant de moins d’un euro (!), ce médicament était avant tout administré pour réduire les séjours d’hospitalisation. Tandis que le personnel soignant doit lutter chaque jour contre la pandémie et le sous-financement des hôpitaux, le gouvernement remplis les poches des charlatans capitalistes en échange d’un vulgaire placebo.

À chacun ses valeurs…

Le patron de la FEB a récemment déclaré qu’investir dans le public pour engager ou pour relever les salaires ne produisait pas de « valeur ajoutée ». Quand on pense à l’état catastrophique des hôpitaux, aux conditions de travail dans la santé et aux 18 000 morts causés par la pandémie, ces paroles sont celles de criminels ! Aux yeux de ces messieurs, les seules choses qui ont de la valeur sont celles qui font gonfler leur portefeuille.

Médaille d’or pour la Belgique

Loin devant l’Italie, l’Espagne, le Royaume-Uni et même les États-Unis, la Belgique détient le record du nombre de décès dus au Covid par rapport à sa population. Cette triste victoire, elle ne la doit pas seulement aux multiples échecs des gouvernements. C’est avant tout en se souciant uniquement de la santé des profits, en sacrifiant celle des travailleurs, qu’ils ont propulsé la Belgique à cette place… en vain ! La crise économique s’installe et, une fois encore, c’est aux travailleurs qu’on demandera tous les sacrifices. 

Halte aux licenciements !

En plus des licenciements d’intérimaires ou de temps partiels, les restructurations s’enchaînent. Dernièrement, c’est WE Fashion et Friesland Campina qui ont annoncé respectivement la fermeture de quatre magasins et d’une usine à Genk. Pour maintenir les profits à flot, les patrons taillent dans les effectifs. Cela leur permet, en plus, de faire gonfler le nombre de chômeurs, donc d’aggraver l’exploitation en mettant la pression sur les salaires et sur les conditions de travail de ceux qui en ont encore un. En plus de jeter à la rue des centaines des nôtres, ces attaques s’adressent à nous tous et nous rappellent que, dans cette société, nous ne sommes bons qu’à construire le profit des capitalistes. Obligeons-les à maintenir l’emploi !

Swissport : au tour des actionnaires de payer !

Swissport Belgium, l’une des deux entreprises qui assure la manutention à l’aéroport de Zaventem vient d’annoncer qu’elle déposait le bilan, jetant ainsi 1 500 travailleurs sur le pavé. C’est pourtant grâce à leur sueur et leur travail que l’entreprise a pu tourner pendant des années et verser de plantureux bénéfices à ses actionnaires. Et, quand la situation se dégrade et que la crise se profile, c’est encore à eux qu’on demande tous les sacrifices. Les actionnaires et les patrons ne prennent aucun risque : c’est en faisant la peau des travailleurs que ces rapaces capitalistes s’en sortent à chaque fois. Si les activités ont diminué, il y a toujours du travail ! Répartissons-le entre tous et prenons sur les profits passés pour maintenir les salaires, c’est au tour des capitalistes de payer !

Un comité d’accueil bien remonté

La tournée médiatique de Wilmès dans les hôpitaux ne s’est pas faite sans accroc… et tant mieux. Le 15 mai, une centaine de travailleurs de l’hôpital Saint-Pierre se sont rassemblés dans la cour pour lui tourner le dos et montrer ainsi leur refus de cette mascarade. C’est à cause de l’impréparation du  gouvernement et des années de restrictions budgétaires qu’ils se sont retrouvés en manque de personnel et de matériel face à la pandémie. Cela faisait plusieurs mois qu’ils revendiquaient de meilleures conditions de travail et, encore aujourd’hui, ils doivent se contenter de pieuses promesses. Leur geste a été accueilli avec beaucoup de sympathie par tous les travailleurs, ils peuvent être fiers de leur mobilisation !

Surdité à géométrie variable

Emmanuel André, ancien porte-parole interfédéral pour la lutte contre le coronavrius, a livré un diagnostic sans appel sur la manière dont Sciensano et le gouvernement ont géré la crise sanitaire. Dans plusieurs domaines, a-t-il dit, celui des masques et des tests notamment, ils ont fait la sourde oreille devant les recommandations des experts et se sont montrés incapables d’être prévoyants. On se souvient bien des mensonges qu’ils nous ont répétés pour couvrir leur incompétence. Il y a pourtant bien un domaine dans lequel ils n’ont pas traîné : leurs oreilles étaient bien ouvertes pour entendre les doléances du patronat… et pour lui répondre généreusement ! 

Amazon : un patron sans scrupules…

En France, un tribunal a fini par entendre la colère des travailleurs d’Amazon, qui ont multiplié les manifestations et les débrayages ces dernières semaines pour dénoncer leurs conditions de travail. En effet, malgré les beaux discours du grand patron Jeff Bezos, les mesures prises pour protéger les salariés entassés dans les entrepôts ont été largement insuffisantes. Nombreux sont ceux qui ont d’ailleurs contracté le virus. Face à la décision du tribunal, qui demandait à Amazon de distribuer uniquement des produits essentiels le temps que les risques de contagion soient réévalués, l’entreprise a préféré tout simplement fermer ses entrepôts français. Voilà qui démontre bien toute la considération qu’ont les capitalistes pour leurs travailleurs. A leurs yeux, les mesurettes qu’ils ont prises sont déjà bien suffisantes et trop coûteuses pour des travailleurs qui ne sont, somme toute, que de la chair à profits.

…qui joue au philanthrope

C’est en faisant suer sang et eau à ses salariés et en les exposant à des risques mortels qu’Amazon a pu honorer la hausse du nombre de commandes et remplir les coffres de ses actionnaires. Jeff Bezos, l’actionnaire principal et PDG de l’entreprise, a vu sa fortune personnelle passer de 114 à 138 milliards de dollars de janvier à avril 2020 ! Lui, comme d’autres capitalistes en son genre, véritables profiteurs de guerre bâtissant leurs fortunes grâce aux sacrifices imposés à leurs employés, ont tenté dernièrement de faire oublier leurs méthodes abjectes. Pour se refaire une réputation, ils ont distribué quelques millions – des miettes pour ces milliardaires – à la recherche scientifique afin de stopper une épidémie qu’ils contribuent, en fait, à propager. Ces bienfaiteurs à bon marché ne trompent personne !