Archives pour la catégorie En Bref

Grande distribution : c’est au tour des patrons de passer à la caisse

La grève nationale du 29 mars a été particulièrement bien suivie dans la grande distribution. De quoi faire sortir Comeos, la fédération du commerce, de ses gonds. Selon elle, la grande distribution ne se porterait pas aussi bien qu’on le dit. La bonne blague. Le seul groupe Delhaize a fait 1,4 milliards d’euros de bénéfice et son patron a augmenté son salaire de 1,6 million d’euros l’an dernier. Les travailleurs ne se contenteront certainement pas d’une petite prime Covid de 500 euros après avoir pris tous les risques en première ligne, ni des miettes d’une norme salariale plafonnée à 0,4% pour les deux années à venir. C’est au tour des patrons de passer à la caisse !

Du sang sur le ballon

Depuis l’ouverture des chantiers de la coupe du monde au Qatar en 2010, plus de 6 500 travailleurs y ont trouvé la mort. Forcés de travailler sous un soleil de plomb plus de 60 heures par semaine et pour des salaires de misère qui ne sont pas toujours versés, de nombreux ouvriers suent sang et eau afin de permettre aux patrons de la construction d’honorer les juteux contrats qu’ils ont signés. 

Ryanair : racket patronal

Après avoir imposé aux pilotes de ligne une réduction de 20 % de leurs salaires en octobre dernier pour « sauver l’emploi », en réalité pour sauver ses profits, Ryanair s’en est pris au personnel de cabine.  176 membres d’équipage étaient menacés de licenciement jusqu’à ce qu’ils acceptent une perte de 8 % de salaire. Cette technique de chantage très appréciée par les patrons est aussi vieille que le capitalisme… les grèves le sont tout autant ! Elles seules permettront de faire changer la peur de camp.

Pfizer : avidité illimitée

Malgré les profits records annoncés par Pfizer cette année, le groupe a décidé de licencier 38 travailleurs sur le site de distribution de Zaventem. Il prévoit effectivement « d’optimiser l’organisation de la chaîne d’approvisionnement » en délocalisant le service de planification en Roumanie. Ainsi, les 8,3 milliards de bénéfices versés l’année dernière aux actionnaires, auxquels se rajouteront les nouveaux milliards engrangés cette année, ne suffisent pas à ces richards qui en demandent toujours plus. Peu leur importe de briser la vie de quelques dizaines de travailleurs tant que les dividendes ne cessent de grimper.

Un vaccin lucratif

Si les entreprises pharmaceutiques se sont lancées dans la course aux vaccins contre le Covid, c’est uniquement pour en tirer un maximum de profits : les capitalistes ne font pas dans l’humanitaire. Investir dans la santé n’est, au fond, qu’une bonne affaire. Et les bénéfices s’annoncent colossaux ! Pfizer et Moderna, premiers à avoir été homologués, ont pu vendre à des prix très élevés et arrivent donc en tête de classement. Ils s’attendent respectivement à engranger 15 et 8,4 milliards de dollars supplémentaires rien que pour l’année 2021 ! Voilà de quoi maintenir les actionnaires en bonne santé.

Faisons trembler les patrons !

Afin de s’opposer à l’insultante marge salariale de 0,4 % prévue dans le cadre de la négociation de l’AIP, les directions syndicales n’ont rien trouvé de mieux que d’organiser quelques ridicules petites actions dispersées un peu partout dans le pays. Ces méthodes ne datent pas d’hier, mais le covid fournit aujourd’hui le bon prétexte pour permettre aux bonzes syndicaux de ne pas appeler à mener des combats plus sérieux. Ceux qui sont trop occuper à discutailler à la table des négociations ne comprennent pas que les patrons ne reculent que devant la force. Pour y parvenir, les travailleurs ont de puissantes armes : les grèves et les manifestations de masses !

À chacun ses valeurs…

Le patron de la FEB a récemment déclaré qu’investir dans le public pour engager ou pour relever les salaires ne produisait pas de « valeur ajoutée ». Quand on pense à l’état catastrophique des hôpitaux, aux conditions de travail dans la santé et aux 18 000 morts causés par la pandémie, ces paroles sont celles de criminels ! Aux yeux de ces messieurs, les seules choses qui ont de la valeur sont celles qui font gonfler leur portefeuille.

Médaille d’or pour la Belgique

Loin devant l’Italie, l’Espagne, le Royaume-Uni et même les États-Unis, la Belgique détient le record du nombre de décès dus au Covid par rapport à sa population. Cette triste victoire, elle ne la doit pas seulement aux multiples échecs des gouvernements. C’est avant tout en se souciant uniquement de la santé des profits, en sacrifiant celle des travailleurs, qu’ils ont propulsé la Belgique à cette place… en vain ! La crise économique s’installe et, une fois encore, c’est aux travailleurs qu’on demandera tous les sacrifices. 

Halte aux licenciements !

En plus des licenciements d’intérimaires ou de temps partiels, les restructurations s’enchaînent. Dernièrement, c’est WE Fashion et Friesland Campina qui ont annoncé respectivement la fermeture de quatre magasins et d’une usine à Genk. Pour maintenir les profits à flot, les patrons taillent dans les effectifs. Cela leur permet, en plus, de faire gonfler le nombre de chômeurs, donc d’aggraver l’exploitation en mettant la pression sur les salaires et sur les conditions de travail de ceux qui en ont encore un. En plus de jeter à la rue des centaines des nôtres, ces attaques s’adressent à nous tous et nous rappellent que, dans cette société, nous ne sommes bons qu’à construire le profit des capitalistes. Obligeons-les à maintenir l’emploi !

Les migrants se noient… sous bonne garde

L’Union européenne, à travers son agence de garde-frontière « Frontex », vient d’investir 100 millions d’euros pour l’achat de drones militaires. Au lieu de faire sillonner les mers par des bateaux, ce qui oblige l’agence à porter secours aux migrants qui s’échouent, c’est désormais par drone que l’UE souhaite les contrôler ou les refouler. Elle fait ainsi d’une pierre deux coups : elle arrose les capitalistes de l’armement grâce à de juteux contrats et laissent les migrants à la mer ou aux mains des garde-côtes libyens, ce qui revient presque à la même chose.