Editorial

Pendant que les migrants meurent,
les bourgeois s’enrichissent…

Le 24 octobre dernier, les corps de 39 migrants morts ont été retrouvés dans un camion frigorifique en Angleterre. Il semblerait qu’il s’agit de familles originaires de Chine ou du Vietnam qui auraient payé des dizaines de milliers d’euros à des passeurs pour rejoindre le Royaume Uni mais qui ont fini morts de froid ou asphyxiés. L’ensemble de la classe politique anglaise a exprimé ses condoléances et condamné les passeurs et les trafiquants d’êtres humains.
Ces passeurs sont certainement des criminels mais la compassion des politiciens à l’égard des victimes est hypocrite car si les familles pauvres d’Asie, d’Afrique ou du Moyen Orient en sont réduites à devoir se cacher dans des camions pour passer les frontières, c’est bien parce que ces mêmes politiciens ont mis en place des barrières quasiment infranchissables pour empêcher les migrations. Ce sont eux qui donnent les ordres pour que les migrants interceptés par la police soient renvoyés dans leur pays d’origine manu militari, y compris quand c’est un retour certain vers la guerre, la misère ou la mort.
Ces 39 migrants morts s’ajoutent à tous ceux qui se noient régulièrement dans la Manche, aux dizaines de milliers qui disparaissent chaque année en tentant de traverser la mer méditerranée, sans compter ceux dont on n’entend jamais parler. Ils viennent d’Irak ou de Syrie, en guerre depuis l’invasion par les USA et leurs alliés européens. Ils fuient l’Afghanistan des Talibans, qui ont été financés par les USA pour contrer l’influence russe dans la région. D’autres viennent d’Éthiopie ou de Somalie, des pays en proie à la sécheresse et surtout à des guerres civiles permanentes menées par des chefs de guerre financés et armés en sous-main par des groupes d’intérêts le plus souvent européens ou américains.
Les gouvernements des grandes puissances, en concurrence pour le contrôle des régions stratégiques, en particulier pétrolières, sont la cause de ces migrations du désespoir, mais elles laissent les populations pauvres en supporter les conséquences.
Toute l’Europe est devenue une forteresse au pied de laquelle elles viennent s’échouer, souvent reléguées dans des camps infâmes, sur l’île grecque de Lesbos ou alors en Turquie, payée par l’Europe pour la débarrasser de ces « indésirables ».
En Australie, les migrants sont parqués sur une île au large du continent dans des conditions inhumaines. Aux USA, Trump fait construire son mur pour soi-disant protéger la population américaine contre les « trafiquants de drogue mexicains ». Or, ceux qui fuient le Mexique et les autres pays d’Amérique latine sont le plus souvent des familles pauvres qui espèrent échapper à des régimes corrompus et trouver un emploi stable et un revenu dans l’économie la plus puissante du monde. Et si les pays d’Amérique latine sont pauvres, ce n’est pas à cause de la fatalité, mais de la domination écrasante des trusts américains.
La richesse des multimilliardaires des pays riches s’est construite sur la misère des peuples : ces gens-là ont besoin que les travailleurs soient pauvres, précaires ou déracinés, pour leur imposer leurs conditions de salaire et de travail et en tirer le plus de profit possible.
S’il y a du chômage, c’est parce que les grandes entreprises licencient pour faire baisser leur coûts. Si les salaires sont trop bas pour vivre, c’est parce que le patronat refuse de les augmenter pour maintenir ses profits. S’il n’y plus d’agent pour la sécurité sociale ou les services publics, c’est parce que les grandes fortunes ne paient pas leur quotepart d’impôts. S’il y a de l’insécurité, c’est parce que ce système crée toujours plus de pauvreté et la précarité.
Or les plus grands voleurs, ce sont encore et toujours les grands bourgeois. Que des familles entières vivent dans la précarité et l’angoisse toute leur vie leur importe peu et ils se moquent bien que des pauvres migrants meurent en essayant de rejoindre un eldorado illusoire. Pire encore, des politiciens comme Trump, Salvini ou, le petit Francken, cherchent ouvertement à monter les travailleurs les uns contre les autres, sur base de leur nationalité ou de leur religion.
La réponse à cette politique n’est certainement pas de dresser des murs, mais au contraire d’unir les luttes des travailleurs de toutes origines. Les patrons se moquent bien de la nationalité de ceux qu’ils exploitent et ils profitent de la faiblesse des uns pour exploiter plus les autres. Il est nécessaire que les travailleurs s’unissent pour lutter ensemble contre leur ennemi commun, le capitalisme.


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