Editorial

Pour une riposte du monde du travail

2018 a été une année de plus d’attaques répétées contre les classes populaires, d’une misère accrue et de régression sociale.
Le gouvernement et les employeurs, armés de rapports du FMI ou d’universitaires, prétendent aujourd’hui que le pouvoir d’achat a augmenté et que le chômage a baissé. Ce mensonge ne tient pas.
Les travailleurs ne s’y trompent d’ailleurs pas. Les fins de mois sont toujours plus difficiles, il faut toujours plus se serrer la ceinture.
Les prix ont augmenté. Ce n’est pas seulement le coût des carburants qui a décollé mais aussi celui de denrées et de services aussi indispensables que le gaz (+17%), l’électricité (+10%), les soins dentaires (+8%) et des produits alimentaires comme les pommes de terre par exemple (+11%).
Quant aux salaires, ils ont reculé. Entre 2015 et 2017, les salaires réels ont perdu 2,3%. Cela a continué cette année. Les raisons sont à chercher dans le saut d’index et, de façon plus générale, dans le chantage à l’emploi que les patrons font peser sur les travailleurs.
Les statistiques qu’utilisent le gouvernement et les employeurs sont tronquées. Elles intègrent dans leurs moyennes tous les privilégiés qui ne tirent pas leurs revenus de leur travail, contrairement à l’immense majorité de la population.
Pour ce qui est du chômage, il est bien loin de diminuer. Les statistiques officielles de l’ONEM dénombraient 365 000 chômeurs indemnisés au premier semestre 2018, mais il faudrait y ajouter plus de 150 000 chômeurs sans indemnités. C’est en laissant dans l’ombre plus du tiers des sans-emplois que le gouvernement tente de cacher que sa politique ne profite qu’aux riches.
Ainsi, le Tax-shift a permis au patronat de faire des économies de cotisations au détriment de la sécurité sociale tandis que la réduction de l’impôt sur les sociétés a été synonyme de coupes dans les services publics que les classes populaires sont les premières à subir.
Face à ces attaques, il n’a pas toujours été facile pour les travailleurs de s’organiser et de s’unir pour résister efficacement au gouvernement et au patronat.
Dans le secteur public, les fonctionnaires sont entrés plusieurs fois en grève. Cependant, les syndicats ont organisé trop peu de jours d’action pour que le gouvernement se sente menacé.
A la SNCB, plusieurs jours de grève n’ont pas réussi à faire abandonner les projets du gouvernement sur les retraites. A Bpost, une grève de 5 jours contre la détérioration des conditions de travail décidée par les syndicats a amené nombre de travailleurs qui n’avaient jamais fait grève à débrayer. Nombreux sont ceux qui n’ont pas accepté la capitulation syndicale qui a suivi, ont refusé l’accord proposé et continué le mouvement encore plusieurs jours. Chez Ryanair et AviaPartner, les travailleurs en grève ont réussi dans les deux cas à faire plier la direction. De nombreux autres secteurs, dont la distribution avec Carrefour-Mestdagh, ont été touchés par des annonces de vagues de licenciements et les salariés sont aussi entrés en lutte.
Tout cela montre que, quoi que veuillent faire croire les politiciens bourgeois, et malgré les coups et les reculs, le monde du travail peu se mobiliser pour se défendre.
Une preuve de plus en a été donnée à la fin de l’année quand de nombreux travailleurs, encouragés par les gilets jaunes en France, se sont mobilisés contre le gouvernement et la cherté de la vie.
Ce mouvement spontané reste disparate, sans unité, traversé par un mélange d’idées qui reflétait une composition sociale hétéroclite allant des travailleurs salariés aux petits patrons indépendants. Il n’est pas clair qui, des uns ou des autres, donnera le ton.
C’est la classe ouvrière qui fait fonctionner toute l’économie. Elle possède un atout essentiel pour faire plier le patronat : la grève. Les gilets jaunes, en restant à l’écart du mouvement ouvrier, se privent de cette arme essentielle.
Aujourd’hui, les travailleurs ont un besoin vital d’une augmentation générale des salaires, des pensions, des allocations et de l’embauche. Alors, il faut souhaiter que 2019 soit l’année de la riposte du monde du travail !


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