Editorial

En 2018 comme en 1917, Travailleurs de tous les pays, unissez-vous !

Symbole de l'année qui vient de s'achever, le " jour des riches " est tombé le 8 janvier 2018 : c'est le jour où les patrons ont gagné autant d'argent que l'ensemble des travailleurs pendant toute l'année ! L'envolée des bourses en 2017 a fait gagner à elle seule la bagatelle de 850 milliards d'euros aux 500 plus grandes fortunes mondiales. Une telle somme permettrait de créer 20 millions d'emplois, mettre fin à l'austérité ; de quoi soigner, nourrir et loger ceux qui en ont besoin. Mais ceux qui disposent de ces richesses inouïes n'ont aucune intention d'en partager la moindre miette avec la majorité de la population, celle qui doit travailler pour vivre.
Ce sont ces mêmes grandes fortunes qui ont provoqué les crises financières qui ont mis l'économie à genoux. Celles-ci ont servi de prétexte pour attaquer les acquis des travailleurs dans tous les pays où ils en avaient : salaires, pensions, protection sociale, soins de santé, tout a été bon à prendre.
Pour 2018, la presse se fait l'écho d'une possible reprise économique. Mais il ne faut pas s'attendre à ce que les patrons reviennent sur les concessions qu'ils ont imposées aux travailleurs sous prétexte de crise et d'austérité. Les nouveaux emplois resteront précaires, soumis au moindre retournement de situation. Les jeunes qui arrivent sur le marché du travail devront travailler plus dur et plus longtemps pour des salaires rabotés.
En Belgique, le gouvernement de Charles Michel a un bilan qui parle de lui-même : pour les travailleurs, allongement de la durée du travail, limitation des droits sociaux, la chasse aux réfugiés et la limitation du droit de grève ; pour les patrons, diminution de l'impôt des sociétés et des charges et flexibilité de l'emploi. Un seul chiffre résume ce déséquilibre : les entreprises paient environ 13 milliards d'euros d'impôts mais elles reçoivent le même montant en aides diverses et variées ! Les patrons ne paient donc rien, les travailleurs paient tout. Crise ou reprise, cela ne changera rien à leur politique.
La N-VA a été plus loin en proposant récemment de supprimer les prépensions et de limiter la durée des allocations de chômage.
La montée de la N-VA en Belgique reflète une tendance au repli sur soi face à la crise. C'est un phénomène mondial qui a donné lieu au Brexit en Angleterre, au mouvement indépendantiste en Catalogne et au vote pour Trump aux Etats-Unis. Ce dernier a été élu en faisant croire aux travailleurs américains que leurs problèmes venaient de la concurrence chinoise ou des immigrants mexicains. Il a promis de les protéger mais tout ce qu'il a fait, c'est s'attaquer à l'assurance maladie et réduire les impôts payés par les plus riches. En Angleterre, la propagande pour le Brexit s'appuyait sur la peur des travailleurs anglais face à la concurrence européenne ; mais ce sont le système scolaire et les hôpitaux publics qui font les frais d'une cure d'austérité sans précédent.
Partout, les bourgeois tentent, au travers des partis dits " populistes ", de monter les travailleurs les uns contre les autres, d'utiliser les travailleurs étrangers comme boucs émissaires et ainsi détourner l'attention des vrais responsables : le patronat qui licencie, les riches qui ne paient pas d'impôts, les financiers qui provoquent des crises économiques à répétition. En réalité, le sort des travailleurs est le même partout et ils ont plus de raisons d'être unis que divisés.
Les capitalistes se paient des experts en exploitation, restructuration et communication. Dans chaque pays, ils subventionnent les partis qui font la politique qui correspond le plus à leurs intérêts. Les travailleurs, eux, ne peuvent compter que sur eux-mêmes. En revanche, ils forment 90% de la population et c'est sur eux que repose toute l'économie. Cela constitue une force potentielle énorme, qui s'exprime par la mobilisation et les grèves. Pour organiser cette force, le monde du travail a besoin de son propre parti, communiste et révolutionnaire.
2017 a marqué le centenaire de la révolution russe. En 1917, les plus misérables de tous les travailleurs européens ont réussi à chasser un régime dictatorial et ont entrepris de mettre en place une société qui n'était plus basée sur le profit, et qui était gérée par la population elle-même. Ils ont soulevé un enthousiasme incroyable chez tous les travailleurs de la planète. Même si l'expérience n'a pas été jusqu'au bout, ils nous ont montré qu'un tel changement était possible.


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