Editorial

Le capitalisme est le fléau à abattre

Crise sanitaire, crise climatique, crise économique, guerre. Voilà ce qu’a de mieux à nous offrir cette société capitaliste qui pourtant se vante d’être un modèle.

La crise sanitaire a mis à nu les tares du système. On a vu comment des années d’austérité avaient détruit tout le système hospitalier, comment les profits sont passés avant la protection des gens durant toute la crise, comment les salariés de la santé et de la grande distribution ont été jetés en première ligne et comment les États ont ouvert tout grand le tiroir-caisse pour renflouer les entreprises, sachant très bien qu’ils présenteraient ensuite l’addition à l’ensemble de la population, sous la forme de nouveaux plans d’austérité qui ne feraient qu’aggraver la situation.

Sur le plan de la crise climatique, il est aujourd’hui devenu évident pour tout le monde qu’une catastrophe s’annonce. Cela n’empêche pas les gouvernements de ne rien faire et les entreprises de continuer à polluer. Des centaines de millions de femmes et d’hommes vont devenir des réfugiés climatiques pour fuir des régions devenues inhabitables. Tout cela, uniquement parce que les grandes entreprises refusent de lâcher le moindre centime de leurs profits, parce qu’elles trouvent plus rentable de délocaliser leur production pour profiter d’une main d’œuvre moins chère et de réglementations plus laxistes, quitte à transporter les marchandises par avion sur des dizaines de milliers de kilomètres sans se soucier une seconde des conséquences écologiques. A ceci s’ajoutent les profits faramineux du secteur pétrolier dont profitent directement ou indirectement tous les groupes financiers. On a encore vu récemment que le parlement européen avait reporté certaines mesures au nom de la « préservation de la compétitivité » des entreprises. Les bourgeois feront des profits mais on en crèvera tous.

La guerre fait à nouveau rage aux portes de l’Europe. Il y a déjà eu deux guerres mondiales au siècle précédent, qui ont fait des dizaines de millions de morts, sans compter toutes les guerres régionales, du Vietnam à l’Afghanistan, et de l’Irak au à l’ex-Yougoslavie. Aujourd’hui, la guerre est en Ukraine, au Yémen et personne ne sait où la prochaine va démarrer. Tout cela, uniquement parce que des puissances telles que les Etats-Unis, l’Europe, la Chine ou la Russie sont en concurrence pour se départager les marchés et les ressources mondiales. Les prétextes nationalistes ne trompent personne : les puissants sont rivaux entre eux mais unis dans l’exploitation des travailleurs.

Cette guerre absurde a relancé une inflation comme on n’en n’avait pas connu depuis des années. Pas parce que des ressources auraient été détruites, pas parce qu’on manquerait de pétrole ou de blé, mais uniquement parce que de grandes fortunes capitalistes spéculent sur les futures pénuries de pétrole ou de céréales. Le résultat en est qu’aujourd’hui, alors qu’aucune de ces denrées ne manque, les prix se sont envolés, des ménages sombrent dans la précarité et la famine et les émeutes de la faim s’annoncent dans les pays pauvres.

La crise économique n’a en réalité jamais cessé. De la « crise pétrolière » des années 1970 à celle des « subprimes » en 2008, les crises se sont succédé sans jamais laisser le moindre répit aux travailleurs. Tandis que des milliards de travailleurs sont plongés dans la misère, ici en Europe mais encore plus en Chine, en Inde, en Afrique, le nombre de milliardaires et leur fortune n’ont cessé d’augmenter. Ces milliards produits par le travail de la majorité laborieuse de la population devraient servirent à payer des salaires décents, à investir dans la santé et l’éducation. L’argent est là, mais il sert uniquement à alimenter la machine folle des profits et de la spéculation, préparant ainsi de nouvelles crises, encore plus graves et probablement de nouvelles guerres.

Le système capitaliste ne fonctionne pas. Il sème partout et en tout temps les guerres et la misère. Les États et les gouvernements ne font même plus illusion : ils ne sont là que pour empêcher tout le système de s’effondrer, pour protéger les capitalistes des conséquences de leur propres crises, pour faire payer les classes pauvres et pour les maintenir à leur place en leur faisant miroiter promesses et faux espoirs. Et quand la population en colère n’y croit plus, la police et l’armée sont là pour réprimer.Les seuls à pouvoir protéger l’humanité de cette maladie mortelle qu’est le capitalisme, ce sont les travailleuses et les travailleurs, ceux que l’on appelle la classe ouvrière par opposition à la classe bourgeoise, ceux qui sont les exploités de cette société, qui en produisent les richesses et qui en forment l’écrasante majorité. Pour imposer la fin de la folie capitaliste, ils devront lutter, s’unir et s’organiser.


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