Editorial

Covid-19 : leur société ou la nôtre

Du début à la fin, la gestion de la crise du Covid-19 a été scandaleuse. Dans toute l’Europe, comme aux États-Unis, les gouvernements ont hésité jusqu’au dernier moment à prendre la moindre mesure, trop occupés qu’ils étaient à maximiser les profits patronaux et à imposer des économies aux couches populaires. 

Aucun équipement de protection n’était disponible, ni pour les travailleurs de la santé, ni pour ceux des homes ou de la grande distribution, qui ont été envoyés en première ligne. Le gouvernement belge a mis des semaines pour obtenir des masques. Il a menti, prétendant que les masques n’étaient pas nécessaires, pour cacher le fait qu’il n’en n’avait simplement pas.

Le gouvernement a sciemment laissé les vieux mourir dans les homes pour éviter d’engorger les hôpitaux.

Une fois que le confinement s’est avéré incontournable, les seuls qui ont été vraiment protégés ont été les patrons : des milliards d’aides directes et indirectes, des reports de charges sociales, des garanties bancaires, des primes, etc. Pour les travailleurs, il n’y a eu que le « droit » au chômage économique ! Mais alors que les salaires étaient amputés, les prix des loyers ou de la nourriture, eux, n’ont pas baissé d’un centime !

 Le gouvernement a maintenant initié la phase de déconfinement, mais il n’y a toujours pas assez de masques ni de gel pour tout le monde. La seule chose dont le gouvernement n’est pas avare, ce sont des promesses et des remerciements qui ne coûtent rien.

Ce mépris de la vie des travailleurs n’est pas nouveau : quand les patrons envoyaient les mineurs respirer du charbon dans les mines, quand les gouvernants refusaient de reconnaître que l’amiante ou le tabac donnaient le cancer, quand ils fermaient les yeux sur des conditions de travail pénibles ou dangereuses, ils ont abandonné à une mort lente des centaines de milliers de travailleurs. La sueur et le sang des hommes a toujours été la source des profits patronaux, il n’y a donc rien de surprenant qu’aujourd’hui, les gouvernements belges ou autres n’aient pas pour objectif de sauver des vies et se contentent en réalité de contenir la crise sanitaire afin de limiter son impact sur l’économie.

Il est impressionnant de voir comment la même chose s’est produite dans quasiment tous les pays, avec des variantes dans l’incompétence ou le cynisme des gouvernements. C’est simplement parce que le rôle des États n’est pas de protéger la population ou d’arbitrer les conflits(,) mais d’assurer le bon fonctionnement de la machine économique contre tout ce qui pourrait menacer la continuité des profits capitalistes, que ce soient des conflits sociaux ou des coronavirus.

Une autre leçon de la crise est que seul l’altruisme des travailleurs a permis de s’en sortir : ceux de la santé se sont dévoués dans les hôpitaux et les homes, tandis que d’autres se chargeaient de la logistique et de la distribution des marchandises jusque dans les magasins ou à domicile. Ce ne sont pas les patrons, leurs cadres ou leurs politiciens qui l’ont fait, ce ne sont pas les financiers et les actionnaires, ce sont des travailleurs en chair et en os. L’économie virtuelle dont les médias nous rabâchent qu’elle est le système idéal, s’est effondrée : des milliards de dollars ont fondu comme neige au soleil devant les yeux affolés des financiers impuissants. 

Ce sont des femmes et des hommes en chair et en os qui font fonctionner toute la société. Pourtant, ce sont les travailleurs qui sont méprisés par elle, qui ont les conditions les plus pénibles et les salaires les plus bas. Durant cette crise, le monde du travail a encore une fois montré son rôle fondamental, tandis que les bourgeois, ces soi-disant maîtres du monde, se sont retrouvés tous nus et que leurs valets politiciens, plus rodés aux plans d’austérité qu’aux crises sanitaires, étalaient leur incompétence et leur inefficacité.

Si cela avait été les travailleurs qui avaient géré eux-mêmes cette crise, tout aurait été différent.

Il n’y aurait pas eu tous ces mensonges. La vérité sur les chiffres, sur la maladie aurait été publiée au fur et à mesure afin que toutes et tous sachent à quoi s’en tenir.

Les travailleurs des entreprises fermées auraient gardé leur salaire complet. Les patrons n’auraient eu qu’à prendre sur leurs bénéfices passés – leurs comptes en banques en regorgent.

Les entreprises auraient été réquisitionnées pour fabriquer des masques, des tests et tous autres produits nécessaires, qui auraient été distribués à tous, protégeant en premier les travailleurs de la santé et des homes.

Les travailleurs auraient pu se partager les tâches afin de distribuer la nourriture et autres biens de première nécessité à ceux qui ne pouvaient pas se déplacer, tout en minimisant les risques.

Ce n’aurait peut-être pas été un coup de baguette magique, mais c’est une question de priorités : les bourgeois choisissent l’argent, ils sont incapables de choisir autre chose. Les travailleurs auraient choisi la vie, car ils n’ont pas de profits à défendre.Nous n’avons pas besoin des capitalistes, ce sont les travailleurs qui devraient diriger la société !


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *