Actualité

Nouvelle attaque contre les chômeurs

La NVA va déposer une proposition au gouvernement pour diminuer les pensions des futurs chômeurs de plus de 50 ans. Pour ces politiciens bien payés et à la pension assurée, cela ne suffit pas qu’on mette un travailleur à la porte, il faut aussi qu’il ait une pension misérable. Les dirigeants de l’Etat n’ont cure des intérêts des pauvres. Tout ce qui leur importe, c’est d’assurer les paiements au comptant aux banques et c’est pourquoi ils s’en prennent aux plus démunis d’entre eux : les chômeurs.

0% d’impôts, qui dit mieux ?

En 2016, les entreprises ont reçu plus de 13,8 mil-liards d’euros, rien qu’en Belgique. C’est presque le même montant que ce que l’ensemble des entreprises paient comme impôts. Ces cadeaux aux actionnaires, faits avec de l’argent public, augmentent chaque année. Ils sont supposés pousser à des « créations d’emplois ». Mais ils ne font l’objet d’aucun contrôle ! Les patrons empochent, ne paient aucun impôt et on ne leur demande même pas de rembourser quand ils licen-cient à tour de bras !

Au plus offrant

Des hôpitaux ont récemment révélé qu’ils vendaient à une firme privée les données de leurs patients. La firme achète les données médicales, les compile, en tire des statistiques qu’elle revend ensuite aux hôpitaux, pour leur indiquer comment fonctionner à moindre coût, ou aux firmes pharmaceutiques pour les aider à mieux ci-bler leur publicité. Dans notre société où tout s’achète et se vend, il n’y a pas de petit profit. Et tant pis pour notre vie privée. C’est également là que l’on apprend que ces données ne sont collectées et traitées par aucun organisme public pour aider à la recherche médicale. Normal, ça ne rapporte rien.

Grève à Swissport

Le 22 août dernier, les travailleurs de la plus importante société de manutention de bagages de l’aéroport de Bruxelles se sont mis en grève. C’est plusieurs tonnes qu’ils déplacent normalement chaque jour en équipe. Or, selon les syndicats, au lieu des trente-huit équipes prévues normalement pour l’été, seule une trentaine étaient effectivement au travail. Pour faire des économies, la direction de Swissport avait décidé de ne pas augmenter les effectifs en plein rush. Les bagagistes en ont eu assez qu’on leur casse leur dos et leur santé ; ils ont cessé le travail. La direction a glapi devant cette grève « sauvage » tandis que la presse s’est empressée de mettre dos à dos bagagistes et voyageurs. Cela n’a pas arrêté les grévistes. Le lendemain, la direction signait l’accord où elle s’engageait à augmenter les effectifs et accordait une prime financière. Cette grève prouve encore qu’elle est l’outil le plus efficace pour lutter contre la politique d’exploitation patronale.

Bpost : une loi contre les travailleurs…

Une récente modification de la loi permet aux patrons de Bpost de faire travailler les employés jusqu’à 9 ou 10 heures par jour, aussi souvent qu’ils le désirent. Ces heures supplémentaires prestées seront récupérables… dans l’année. Tout bénéfice pour le patron qui peut user les travailleurs à plein rendement toute l’année, en fonction du volume de travail, sans devoir embaucher, et au plus grand mépris de la santé des travailleurs et de leur vie de famille.
Bien sur cette loi n’est qu’un « cadre » dans lequel patron et syndicats peuvent soi-disant négocier « librement ». Eh bien, c’est déjà fait ! Car les syndicats avaient déjà accepté, depuis janvier, cette modification de l’organisation du travail, avant même qu’elle ne soit légale. Le patron n’a plus eu qu’à passer commande, auprès du gouvernement, de la loi dont il avait besoin pour appliquer cet « accord ». Pour faire entendre haut et fort leur « désaccord » de se tuer à la tâche, les travailleurs devront compter sur leur propres forces.

Grève de la CGSP les 9 et 10 octobre

Pour protester contre ces perspectives de privatisation, ainsi que contre les économies faites sur le dos des services publics, les attaques sur les pensions et les conditions de travail, la CGSP appelle à la grève le mardi 10 octobre. A côté des traditionnels petits couplets nauséabonds des journalistes sur « les citoyens pris en otage », même Thierry Bodson, le président de la FGTB annonce que « la grève est malheureusement inévitable. » Malheureusement pour qui ? La grève, c’est l’arme des travailleurs et nous pouvons en être fiers ! Et elle est nécessaire, si nous voulons mettre un frein aux attaques contre l’ensemble du monde du travail.
Nous savons tous qu’il ne suffira pas d’un jour de grève pour faire reculer le gouvernement, mais plus les travailleurs seront nombreux à faire grève, plus il y aura de chances que le mouvement s’élargisse et commence à réellement faire peur aux ministres et aux patrons.

Replâtrage au Parti socialiste

Suite aux scandales et aux sondages désastreux, le Parti Socialiste est aux abois. Pour garder leur place dans l’appareil de l’Etat, les dirigeants socialistes ont décidé de lancer un grand « chantier des idées » avec pour objectif de renouveler de fond en comble leur « idéologie socialiste ».
Il y a beaucoup à faire pour convaincre à nouveau les travailleurs de voter pour leur parti. A la tête du gouvernement de 2011 à 2014, c’est le PS qui a organisé la diminution des cotisations patronales, le démantèlement de la sécurité sociale (en particulier des allocations de chômage), le gel des salaires, la hausse de l’âge de la prépension, etc. De plus, les différentes affaires de corruption ont aussi usé ses scores électoraux au profit d’autres réformistes sur leur gauche.
Pour reconquérir des voix, le PS dit vouloir revenir à ses sources tout en se modernisant. Les socialistes ont donc revisité la Charte de Quaregnon datant de 1894 qui est le programme fondateur du Parti Ouvrier belge, l’ancêtre du PS. Cette charte, qui sert seulement de decorum poussiéreux et qu’on ressort lors des jours de fêtes du parti, reconnaissait la lutte de classes et la nécessité de mettre fin au capitalisme.
Dans son projet de manifeste socialiste, le PS fait disparaître la notion même de classes sociales, tentant de mettre sur le même pied travailleurs et patrons.
Pourtant la réalité est là et la société continue encore aujourd’hui à être divisée en classes antagoniques. Il y a d’un côté ceux qui vendent leur force de travail, les travailleurs, les salariés, et ceux qui possèdent les outils de production, les patrons, les capitalistes, les premiers majoritaires, les autres minoritaires. Aujourd’hui, huit hommes possèdent autant que la moitié que l’humanité ; jamais l’écart entre les deux classes n’a été aussi grand.
Les socialistes veulent masquer que la classe ouvrière, la classe productrice, existe toujours et que les grands bourgeois, les exploiteurs, les capitalistes sont encore là et ne se sont pas évanouis au cours de l’histoire. La société n’est pas une soupe où tous, riches et pauvres, sont sur un plan d’égalité. La lutte des classes se fait ressentir avec plus d’acuité aujourd’hui avec les mesures d’austérité du gouvernement et la misère accrue des classes populaires qui en découle.
Au lieu de vouloir émanciper la classe des travailleurs comme le préconisait la Charte de Quaregnon, le PS entend dorénavant « émanciper la personne humaine », entendons émanciper les capitalistes de tout ce qui gêne leur droit à exploiter, dans la continuité de ce que le PS a toujours fait quand il était au gouvernement.
Même si la Charte de Quaregnon faisait toujours partie formellement du programme du PS, cela fait très longtemps que la lutte des classes et la transformation socialiste de la société ont été évacuées des discours et des faits.
De plus, dès la fondation, les dirigeants du POB, l’ancêtre du PS, ne tiraient même pas toute les conséquences de la théorie de la lutte de classes qu’ils prétendaient défendre. Dans leur charte, ils éludaient la question des moyens nécessaires pour abattre le capitalisme. L’étude de l’histoire montre que seules les révolutions sont capables de changer les bases d’une société, de bouleverser les rapports sociaux. Le POB laissait ouverte la voie au réformisme, c’est-à-dire à l’illusion qu’on pourrait améliorer le capitalisme par des réformes.
Il y a longtemps que le parti socialiste a rompu avec le peu de réformise radical de la charte de Quaregon. Et il y a longtemps que le PS, comme toute la social-démocratie en Europe et dans le reste du monde, ne prend même plus la peine de tenir des discours réformistes. Son cache-sexe radical est tombé, et bien tombé. Il ne reste plus à voir que son empressement à faire passer des vessies pour des lanternes aux travailleurs et à servir le patronat.
Certains diront que l’abandon de la Charte de Quaregnon est un mauvais présage, la preuve que le parti socialiste penche de plus en plus à droite. Mais cela supposerait qu’il ait été un jour à gauche !
Ce qui est vraiment important et grave aujourd’hui, c’est le recul politique du mouvement ouvrier, que sa conscience de classe s’est affaiblie et qu’il n’existe plus de parti révolutionnaire.
Le « chantier des idées » du PS est une tentative déri-soire de ravaler la façade, une opération électoraliste de plus.

Turquie-Europe : concours de démagogie

Des réunions de propagande du parti du président turc Erdogan, l’AKP, ont été annulées, voire interdites dans plusieurs pays d’Europe. Rivalisant de démagogie nationaliste avec son rival d’extrême droite, le parti conservateur au pouvoir aux Pays-Bas s’est empressé, dans un calcul électoral lamentable, de reconduire à la frontière les ministres turcs venus prendre la parole.
La réaction d’Erdogan, criant au nazisme et rompant les relations diplomatiques avec La Haye, s’inscrit dans une stratégie de surenchère pour rassembler ses électeurs potentiels à l’occasion du futur référendum constitutionnel en Turquie.
Certes, les intentions politiques d’Erdogan sont claires : il fait tout pour renforcer sa quasi-dictature sur la population turque, après avoir éliminé ou neutralisé ses opposants à la suite du coup d’État manqué de juillet dernier. Mais les gouvernements occidentaux qui refusent la tenue de réunions de l’AKP ne reculent pas non plus devant les manipulations électorales.
Les dirigeants européens n’ont pas de problème avec la dictature d’Erdogan, ils saisissent juste l’occasion de flatter les sentiments nationalistes, voire xénophobes ou racistes. Sur ce plan, leur démagogie fait la paire avec les envolées antioccidentales d’Erdogan.

Caterpillar : le stress doit changer de camp !

Depuis quatre mois que la fermeture de l’usine de Gosselies a été annoncée, les travailleurs viennent au boulot avec des pieds de plomb ou bien ne viennent pas du tout. Sur les 2200 travailleurs, plusieurs centaines se sont mis en congé maladie. Ils ont fait des sacrifices et maintenant ils vont être licenciés. C’est bien la preuve, s’il en fallait une, que concéder aux efforts demandés par le patron ne garantit pas l’avenir.
Le 18 novembre à Genève, plusieurs centaines de travailleurs de Caterpillar en Europe sont venus manifester contre les fermetures et les licenciements devant le siège social du groupe. Mais pour négocier avec la direction, il faudrait une mobilisation dans et autour de l’usine de Gosselies. L’opinion publique n’est pas d’accord avec les licenciements dans les entreprises qui font des milliards de bénéfices et soutiendrait les actions des travailleurs. Et au-delà de la frontière, la menace qui plane sur les autres sites du groupe est favorable aussi à des mouvements de solidarité.

Suppression de lits d’hopitaux

Le gouvernement wallon veut économiser une centaine de millions d’euros dans les infrastructures hospitalières en supprimant un quart des lits. Comme s’il y avait trop de lits d’hôpitaux ! C’est un déni des progrès de la médecine et de la croissance démographique. Pour les ministres, le nombre de lits doit être diminué jusqu’à ce que commencent les files d’attente de patients. À la moindre crise sanitaire ce sera la catastrophe. La mutualité socialiste Solidaris demande une application graduelle de la réforme et un réinvestissement des économies dans les soins de santé. C’est masquer le rôle de l’État qui économise sur les services à la collectivité pour permettre à la bourgeoisie de payer moins d’impôts, de taxes et de cotisations.