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Wibra en grève

Les travailleurs des magasins Wibra en Belgique ont débrayé une seconde fois depuis l’annonce de la vente de 81 magasins par le groupe. Cela fait depuis juillet que Wibra est en redressement judiciaire et, après avoir empoché les aides de l’État pendant le confinement, le groupe souhaite, de la même façon que Camaïeu, se débarrasser des magasins les moins rentables en les déclarant en faillite et racheter ceux qui lui rapportent le plus en créant une nouvelle entreprise qui reprend ce qui rapport le plus et efface les dettes fiscales ou sociales. Les travailleurs sont les victimes d’une véritable opération d’optimisation des profits et de restructuration à bon marché : ceux qui seraient licenciés recevraient seulement une prime de la Sécu et aucune indemnité de licenciement. Heureusement, les travailleurs de Wibra ne sont pas prêts à être vendus à si bon compte !

Le nationalisme, c’est toujours la guerre

L’Azerbaïdjan a relancé la guerre contre l’Arménie pour le contrôle du Haut-Karabakh, une région sécessionniste à majorité arménienne. Le conflit remonte à l’effondrement de l’URSS durant laquelle les bureaucrates des deux républiques se sont lancés dans une politique martiale de surenchère nationaliste et de nettoyage ethnique pour renforcer leur pouvoir. Les habitants des deux pays n’ont rien à attendre de dirigeants criminels qui ne leur apportent que des morts et des destructions. 

Dans les coffres de la banque, une odeur pestilentielle…

Les FinCEN Files, une nouvelle fuite de documents qui rappelle les derniers Panama Papers, démontrent une fois de plus l’implication des banques dans le blanchiment d’argent. Ce sont elles qui ont ainsi permis à plus de 2000 milliards de dollars issus notamment de la vente de drogue, de la prostitution ou de la traite d’êtres humains, de circuler tranquillement d’un compte vers un autre. Elles entretiennent, en s’assurant une commission au passage, toutes les pratiques mafieuses auxquelles se livrent les capitalistes pour faire fructifier leurs fortunes à côté de leurs « honnêtes » affaires. Les amendes ridicules imposées à ceux qui ont été pincés ne changent rien : les banques déjà condamnées sont toutes mentionnées comme récidivistes dans les FinCEN Files… Il faudrait lever le secret commercial et faire contrôler les comptes de ces crapules soi-disant respectables par les travailleurs eux-mêmes. Ainsi, on pourra voir clair dans leurs combines et mettre enfin un terme à leur système nauséabond.

Être riche a ses avantages…

Depuis dix à quinze ans, Trump, le président milliardaire, n’a payé que 750 dollars d’impôts fédéraux au total. En déclarant sur ses relevés davantage de pertes que de profits, ce magnat de l’immobilier parvient à ne payer que de ridicules montants par rapport à la fortune qu’il détient en réalité. Les choses sont bien différentes pour les travailleurs. Quand on est riche… on a les moyens de ne pas payer ! Et ce n’est pas de l’État ou de ses hauts fonctionnaires, à la botte des grands patrons et actionnaires dont il faut attendre la moindre chose : en 20 ans, les USA n’ont pas daigné contester les bilans établis par Trump et se sont contentés de 750 maigres dollars. Les travailleurs sont les seuls à être capables de faire payer les bourgeois et à contrôler que l’argent ainsi prélevé soit investi dans des secteurs utiles comme celui de la santé ou de l’éducation. 

Les vieilles recettes du nouveau gouvernement

Cette fois-ci, il aura fallu 493 jours depuis les élections de mai 2019 pour que les partis politiques se mettent d’accord sur la manière dont ils vont se partager le pouvoir. Toutes les combinaisons ont été envisagées, y compris l’alliance PS-N-VA dont Paul Magnette disait pourtant qu’elle était inacceptable – toutefois, ce n’est pas lui mais le CD&V qui l’a torpillée. Ces seize mois de tractations discrètes ont accouché d’une improbable coalition à sept partis – le PS, le MR, l’Open Vld, le CD&V, Ecolo, Groen et le SP.A – où chacun a durement négocié ses postes de ministres et les points du programme qu’il souhaitait ajouter pour justifier sa participation et présenter des « victoires » à ses électeurs. Le programme qu’ils ont finalement signé en commun est d’ailleurs volontairement vague.

Quoi qu’il en soit, ce sont toujours les mêmes qui jouent et qui gagnent, comme dans un jeu de chaises musicales auquel les travailleurs perdent toujours. 

Certes, il y a quelques nouvelles têtes, mais qui croit encore que cela va changer quoi que ce soit à la politique qui sera menée ? Alexander De Croo, le nouveau premier ministre, est le rejeton d’une famille de politiciens depuis plusieurs générations. C’est un chantre de la privatisation et de l’austérité qui souhaite faire trimer les travailleurs plus longtemps et pour moins cher.

Le CD&V est le parti qui s’est le plus fait prier. Il s’est longtemps focalisé sur la question de l’avortement, dont il refuse la légalisation. Derrière ce symbole se cache sa peur de froisser sa base catholique et réactionnaire, souvent proche de la N-VA et aux yeux de laquelle la coalition semblait trop à gauche ! 

Le PS, lui, malgré ses discours, a montré qu’il ne faisait pas la fine bouche et qu’il était partant pour n’importe quelle coalition. Magnette a affiché sa satisfaction en exhibant comme un succès la revalorisation des pensions minimales. Or, il n’est même pas clair s’il s’agira d’une augmentation à 1500 euros brut ou net. Magnette dit que oui, Bouchez dit que non. Ce qui est certain, c’est que seuls les travailleurs avec une carrière complète de 45 ans y auront droit tandis que les autres, ceux qui ont vécu le chômage, l’intérim ou les temps partiels, devront continuer à se contenter d’une pension misérable. Que les patrons se rassurent, avec ou sans le PS, les pauvres resteront pauvres ! 

Les autres promesses électorales du PS passent à la trappe. Plus question de revenir à la pension à 65 ans, ni sur le « Tax Shift » et autres cadeaux aux entreprises. Quant à la promesse d’un impôt sur les grandes fortunes, elle accouche d’une souris : Magnette a bien précisé qu’il ne toucherait qu’une infime minorité des plus riches. Selon De Croo, cet impôt rapporterait 200 millions. Ce n’est rien par rapport à la fortune des gros actionnaires et ce n’est qu’une miette par rapport au budget fédéral, qui dépasse les 120 milliards d’euros ! 

Le nouveau gouvernement a promis de refinancer les soins de santé. Il aurait été difficile de ne pas le faire après la crise qu’on vient de vivre. Mais les chiffres annoncés sont de très loin inférieurs aux besoins. Il est prévu d’augmenter leur budget de 2,5%, alors que c’est ce qui aurait été nécessaire chaque année depuis vingt ans rien que pour maintenir le système à flot, sans compter la crise du Coronavirus. Or, pendant ces vingt dernières années de gouvernements libéraux, socialistes, socio-chrétiens et autres, le budget des soins de santé a au contraire été raboté au nom de la rigueur budgétaire. Le trou à combler est énorme et cette goutte d’eau ne va pas suffire.

De Croo et Magnette se sont également engagés à augmenter le taux d’emploi à 80%. La question est comment comptent-ils s’y prendre ? les méthodes pour y parvenir peuvent être totalement opposées : remettre les malades de longue durée au boulot et mettre les vieux au travail plus longtemps ou alors créer de vrais emplois ? Même dans cette éventualité, il faudrait créer plus de 600 000 emplois, soit trois fois plus que les 200 000 promis par Verhofstadt en 2003 ou que les 220 000 de Charles Michel avec ses « jobs-job-jobs ». Autant de promesses non tenues vis-à-vis des travailleurs mais qui ont servi de justificatifs pour réduire les charges patronales et augmenter la flexibilité du travail.Le nouveau motto du gouvernement c’est « apporter la modernité ». Moderne, vraiment ? Depuis des décennie la bourgeoisie mène une politique anti ouvrière qu’elle tente de camoufler derrière des promesses creuses. Ce qui serait vraiment moderne, c’est que grâce à leur mobilisation, les travailleurs imposent les mesures d’urgence nécessaires aux classes populaires : augmentation des salaires, interdiction des licenciements dans les entreprises qui font des bénéfices, levée du secret bancaire et ouverture de la comptabilité des entreprises.

Le racisme, pilier de la police

Fin août, un site d’investigation flamand révélait l’existence d’un groupe Facebook privé rassemblant des policiers. Rempli de messages racistes, la page comptait aussi des appels à la violence contre les jeunes des quartiers populaires. Faut-il s’en étonner ? Non, car la police est avant tout la garante de l’ordre social capitaliste. Et pour cette raison, elle recrute de préférence des racistes, des fascistes et des réactionnaires qui haïssent les étrangers, les pauvres et les travailleurs et n’ont aucun état d’âme dès lors qu’il s’agit de les réprimer.   

La Belgique coloniale n’est pas morte

Le 10 septembre, la justice belge a enfin accepté de restituer à sa famille une dent du leader de l’indépendance du Congo, Patrice Lumumba, assassiné en 1961. Voilà encore un bel exemple de l’hypocrisie de la politique de décolonisation ! Des décennies durant, les gouvernements ont nié toute implication de l’Etat belge dans l’élimination du premier chef de gouvernement congolais. Avant tout nationaliste, Lumumba n’était pas un révolutionnaire. Il était d’ailleurs tout disposé à collaborer avec les capitalistes. Mais ces derniers ont toujours préféré avoir à leur botte des serviteurs plus dociles et corruptibles. 

Faire décoller les licenciements… pour faire planer les actionnaires

Après avoir annoncé en juillet qu’il comptait jeter 80 travailleurs sur le pavé, Ryanair a doublé récemment ce chiffre, le faisant passer à 172. La situation est très difficile paraît-il. Mais qui peut sérieusement croire qu’une entreprise qui a empoché plus d’un milliard d’euros de bénéfice net depuis 2015 est en difficulté ? En réalité, Ryanair cherche à maintenir son profit et à faire payer la crise aux pilotes et au personnel de cabine. Mais ces derniers ne sont pas dupes. Ils ont déjà montré qu’ils savaient se battre contre les plans de leurs patrons et actionnaires pour les faire redescendre sur terre ! Ces richards n’ont qu’à puiser dans leurs fortunes pour maintenir l’emploi !

Cadences infernales chez Bpost

L’augmentation du nombre de colis et les absences liées au Covid accentuent la charge, qui était déjà bien lourde, dans les bureaux et les centres de tri de Bpost. A force de réduire le nombre de travailleurs au minimum et d’accepter un maximum de colis pour faire gonfler les profits, la moindre secousse est ressentie durement par les travailleurs déjà épuisés en temps normal. Les débrayages se sont multipliés pour exiger de nouvelles embauches et limiter le travail non-essentiel, comme la distribution de pub, mais la direction fait la sourde oreille. Il faudra probablement taper plus fort, mais les travailleurs sauront faire passer leur message.

Le bouchon saute !

Un mouvement de grève a éclaté sur le site d’AB-Inbev à Jupille quand les ouvriers ont appris que dix salariés avaient contracté le virus sur le site et que la direction ne leur en avait pas soufflé mot pour ne pas perturber la production. C’était la goutte de trop, celle qui démontre que pour les patrons, les travailleurs ne sont que de la chair à profit, juste bons à fabriquer leurs fortunes quitte à en crever. Grâce à leur mouvement, ils ont contraint la direction à faire contrôler le respect des mesures sanitaires… Enfin ! Ils devront rester vigilants et ne rien attendre de l’État à la botte des capitalistes : l’absence d’inspection le démontre suffisamment. Ils sont les seuls à pouvoir faire respecter les mesures sanitaires au patron. Bravo à eux !