Actualité

Tracing : pas confiance!

Pour accompagner sa stratégie de déconfinement, le gouvernement a lancé il y a peu le « tracing » des personnes infectées. Puisqu’il est toujours incapable de tester massivement la population, il préfère la fliquer. Il a d’abord voulu utiliser une application pour smartphone afin de s’occuper du traçage, mais devant la méfiance légitime de la population, il a temporairement abandonné cette possibilité et a préféré recourir au traçage physique. Ainsi, une armée de 2 000 contractuels se charge de passer des coups de fil aux malades et aux personnes qu’ils ont côtoyé en raflant toutes sortes d’informations personnelles stockées ensuite dans une base de données. Les politiciens assurent, la main sur le cœur ou dans des textes de loi, que ces informations seront utilisées seulement dans le cadre de l’épidémie, en respectant la vie privée de chacun. Mais ces belles paroles et ces bouts de papier ne dupent personne : menteur un jour… 

Les profiteurs de crise

Depuis le début du confinement, les supermarchés belges ont tourné à plein régime. Sans être confrontés à la concurrence des autres commerces, qui ont depuis été rouverts pour la plupart, ils ont pu augmenter les prix et profiter de la panique ambiante. Grâce à l’augmentation des ventes, ils ont réalisé plus de 500 millions d’euros de chiffre d’affaire supplémentaire par rapport à l’année dernière, soit une croissance de 10%. Ces profits, qui sont le fruit de véritables méthodes de requins, ont été gagnés sur le dos des travailleurs et au péril de leur santé. Mais malgré les efforts déployés par leurs salariés, les patrons n’ont même pas honte de leur refuser le versement d’une misérable prime. Dans cette crise comme pendant la guerre, c’est aux travailleurs qu’on demande tous les sacrifices, pendant que certains profiteurs trinquent à la santé de leur compte en banque.

Nouveau mensonge démasqué

Pendant plusieurs semaines, le gouvernement et ses porte-paroles ont multiplié les discours sur l’inutilité du masque pour tous ceux qui ne travaillent pas dans le secteur des soins de santé. Aujourd’hui, c’est l’inverse qu’ils nous racontent. Ils recommandent l’usage du masque en tissu voire même d’une simple écharpe ou d’un foulard. Ils permettent effectivement de rajouter une barrière contre le virus mais ils offrent surtout au gouvernement l’avantage de ne pas devoir débourser un sou ! Cette histoire montre à quel point les politiciens n’ont pas été embarrassés de nous raconter des salades en nous regardant bien droit dans les yeux pendant leurs conférences de presse. Cela, ils l’ont fait pour couvrir leur incapacité à résorber la pénurie de (vrais) masques qu’ils ont eux-mêmes alimentée.

Pour les artistes, le gouvernement sort le violon mais pas le portefeuille

Après plusieurs semaines d’attente, le gouvernement vient d’annoncer… qu’il prévoit de réfléchir dans les prochaines semaines aux modalités d’une reprise des activités culturelles. Il fait donc mine de s’occuper enfin des travailleurs de ce secteur en leur promettant de satisfaire leur « besoin de s’exprimer », comme l’avait annoncé la Première ministre le mois dernier. Mais, pour 70% d’entre eux, qui ne peuvent prétendre au « statut d’artiste » et donc au chômage, et qui n’ont donc pas touché un centime depuis le confinement, cette annonce a de quoi mettre en colère. Ce n’est pas de s’exprimer dont ils ont besoin aujourd’hui, mais bien de manger. Les ministres, en versant une petite larme, sont tous d’accord pour leur donner un petit quelque chose, mais il faudra encore se contenter de promesses. Toute cette comédie détone avec la rapidité et la générosité dont ils ont fait preuve envers le patronat.

Le confinement accroît les violences faites aux femmes

Les appels téléphoniques sur les lignes de soutien aux femmes victimes de violences conjugales ont triplé, le nombre de plaintes déposées pour violences domestiques a augmenté de 40% ! De fait, le confinement enferme les femmes avec leurs compagnons violents, sans possibilité de quitter le domicile, que ce soit pour le travail ou autre chose.

Les associations ont appelé le gouvernement à réagir et à mettre en place un plan national de soutien des victimes. Peine perdue. Le gouvernement s’est toujours délesté du problème auprès des associations… le sort des femmes, en particulier des femmes des classes populairesa toujours été le cadet des soucis de tous les gouvernements de la planète car c’est l’ensemble du système social, avec son idéologie sexiste, et la façon qu’il a de voir le corps des femmes comme une propriété des hommes, qui sécrète la violence masculine envers les femmes. Or, les femmes et les hommes sont côte-à-côte face aux difficultés de la vie comme dans les luttes sociales contre leurs patrons. C’est ensemble qu’ils parviendront à changer la société et à mettre fin à toutes les formes d’inégalité.

Les profits avant la santé

Le déconfinement est désormais au programme. Or, tous les experts s’accordent pour dire que, pour déconfiner, il faut tester massivement et fournir du matériel de protection à l’ensemble de la population. Il y a des entreprises textiles en Belgique que le gouvernement aurait pu réquisitionner pour fabriquer des masques mais il s’est gardé de leur imposer quoi que ce soit. Ce qu’on a vu à la place, ce sont des tentatives d’achat groupé, d’abord à un fraudeur turc, puis à des vendeurs de camelote colombiens, etc. Pour se procurer ce matériel aussi crucial que les masques, le gouvernement a préféré la pénurie plutôt que de remettre en cause les « lois du marché » et la liberté des capitalistes.

Pour le dépistage, c’est la même problème. La Belgique regorge d’entreprises pharmaceutiques. Il aurait suffi de réquisitionner ou de forcer ces entreprises à produire des tests. Mais de même, le gouvernement n’a jamais voulu remettre en cause la sacro-sainte propriété de ces capitalistes.Et c’est d’ailleurs parce qu’il a à cœur le bien-être des patrons qu’il pousse aujourd’hui au déconfinement rapide et à la reprise économique. C’est toujours la même incurie : les profits avant la santé.

Laissés pour morts

Le gouvernement a laissé mourir plus de 4000 personnes âgées résidant en maisons de repos. Pour éviter de donner l’image de services hospitaliers débordés par la crise comme ce fut le cas en Italie, il a empêché l’admission dans les hôpitaux des personnes âgées malades qu’il a considérés à l’avance comme condamnées. Les homes ont vécu des hécatombes, ne recevant aucun soutien du gouvernement. Parfois, c’est plus de 30% des résidents qui sont morts comme à l’hospice d’Harscamp à Namur…  A Huy, c’est 98% des résidents et du personnel qui ont été testés positifs au coronavirus. Cette gestion de la santé a été réfléchie et c’est volontairement que le gouvernement a laissé mourir les plus âgés. C’est un crime ! Dans une société aussi riche que la nôtre, il aurait été possible de limiter l’expansion du coronavirus et de produire le matériel nécessaire à la gestion de la crise afin de les protéger de ce fléau. 

Négociations au compte-gouttes

Le 28 mars, les syndicats des travailleurs du secteur de la distribution ont abandonné les négociations avec l’organisation patronale Comeos. Les patrons n’ont aucune envie de payer des primes aux travailleurs et de s’engager à mettre en place des mesures de protection adéquate. Les syndicats ont accepté que les négociations ne soient plus menées au niveau sectoriel, mais au niveau de chaque entreprise.

C’est donc divisés que les travailleurs doivent aller à la bataille contre leur patron. Il faut obliger les patrons à céder et pour ça, il faut être le plus nombreux possible.

Le virus de la pauvreté à Bruxelles

De multiples associations bruxelloises dénoncent depuis le début du confinement l’aggravation des conditions de vie des plus pauvres. Parmi eux, les travailleurs sans-papiers payés à la journée ou à la semaine pour du travail au noir dans le secteur du nettoyage, de la restauration ou de la prostitution se sont retrouvés privés de leur salaire de misère dès l’annonce du confinement. Déjà particulièrement exploités avant la crise, ils en subissent d’autant plus lourdement les conséquences. Ne pouvant plus payer pour leur nourriture ou leur loyer, ils sont de plus en plus nombreux à s’adresser aux associations. Fairwork, l’une d’entre elles, confirme la multiplication des appels qu’elle reçoit de personnes incapables de se soigner, de se loger, ou même de se nourrir. La situation est telle que certaines associations décident de modifier temporairement leurs activités en se concentrant sur l’aide alimentaire. C’est le cas de l’asbl Pigment notamment, qui voit ses listes de bénéficiaires se remplir bien trop vite et son personnel enchaîner les heures supplémentaires. Le gouvernement, probablement trop occupé à sauver l’économie patronale, est aux abonnés absents. Les associations doivent donc faire appel aux donateurs et aux fondations pour payer les nombreux colis alimentaires. Dans cette société, les pauvres n’ont droit qu’à la charité quand les riches, eux, sont aidés à coups de milliards ! Les aides sont proportionnelles au compte en banque, et quand on n’en a pas, on ne compte pas.

En Inde, tapis rouge pour le patronat, matraques pour les travailleurs

Le gouvernement nationaliste de Modi n’a pas lésiné sur les moyens pour sauver les profits capitalistes. Comme en Belgique, les entreprises bénéficient de prêts avantageux, de délais de remboursement et d’exemptions fiscales. Les travailleurs, quant à eux, n’ont eu droit qu’au mépris et à la matraque. Une fois le confinement décrété, entreprises, usines et chantiers ont été fermés, y compris les sociétés de transports. En perdant leur maigre salaire, il devenait impossible pour de nombreux travailleurs habitant la capitale de payer leur loyer ou leur nourriture. Plusieurs centaines de milliers d’entre eux, originaires de la campagne, tentèrent d’abord de rentrer à pieds dans des villages parfois très éloignés pour travailler dans les champs. Pour plus d’une cinquantaine de personnes, ce voyage fut le dernier ; la fatigue et la faim eurent raison de leurs efforts. Devant ce scandale dénoncé dans les médias, des travailleurs ont manifesté leur colère et quelques bus furent enfin mis à leur disposition. Des milliers de personnes affluèrent donc dans les gares routières, créant un terrain propice pour la propagation du coronavirus. La seule réponse du gouvernement face à ces marées humaines fut la matraque, soit pour leur faire rebrousser chemin, soit pour les faire entrer dans les bus pleins à craquer. Depuis, ces quelques bus continuent leurs aller-retours et permettent à une partie des travailleurs d’échapper à la misère urbaine. Mais pour l’autre partie, la plus pauvre, coincée en ville faute de pouvoir payer le ticket de bus, l’enfer continue. Sans toit, ni toilettes, ni douches, le gouvernement ne leur donne que des miettes pour survivre