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95 travailleurs sur le carreau

La branche belge du groupe « la Grande Récré », qui compte près de 400 magasins de jouets dans le monde, s’est déclarée en faillite le lundi 25 juin. Les 16 magasins du groupe situés en Belgique ont donc été fermés, et les 95 travailleurs employés par le groupe se retrouvent du jour au lendemain sans emploi. Objectif pour le patron ? Le retour à « une rentabilité de l’ordre de 13 à 14 millions d’euros dès l’an prochain. » Ces millions d’euros que les actionnaires sont si pressés de continuer à empocher, il ne serait que normal que les travailleurs les réclament, en contrepartie de leurs emplois perdus.

Grève au CPAS d’Ixelles

Les travailleurs du CPAS d’Ixelles se sont mis en grève le lundi 18 juin. Les travailleurs voulaient faire entendre leur ras-le-bol des méthodes de gestion utilisées par la direction, notamment dans la maison de repos du CPAS, la résidence van Aa. Les mauvaises conditions de travail et le mépris affiché par les directions sont des problèmes qui touchent tous les travailleurs, dans tous les secteurs. Et partout, il n’y a qu’une seule solution pour nous faire entendre : unir nos forces pour sentir que c’est ensemble que nous sommes forts et que nous pourrons nous faire respecter. 

L’impunité des riches

Sur une dizaine d’années, les scandales d’évasion fiscale se sont multipliés : Paradise Papers, Swiss Leaks, Lux Leaks,… Parmi les plus récents, il y a les Panama Papers : des milliers de documents d’une société du Panama concernant les fraudes utilisées par des riches du monde entier pour échapper à l’impôt de leur pays. Parmi eux, plus de 700 bourgeois belges.
Les politiciens s’étaient alors indignés, avaient répété leur volonté de sévir, de lutter contre la fraude fiscale, etc. Or, depuis ces promesses, très peu de riches ont été vraiment inquiétés. Des membres de la famille actionnaire d’AB Inbev ont toujours leur société offshore au Panama pour cacher leur argent et Huts, un grand patron flamand, a simplement créé une nouvelle société écran pour remplacer l’ancienne.
Deux ans après, avec la complicité des banques, les grands bourgeois continuent à frauder comme avant et à placer leur magot dans les paradis fiscaux dans l’impunité la plus totale
Et ça, cela continuera tant que les travailleurs ne contrôleront pas eux-mêmes les comptes des banques !

15 milliards d’euros investis dans la destruction et la mort

Gouvernement et opposition se chamaillent au sujet des avions de chasse F16 de l’armée belge. Les responsables de l’armée veulent les remplacer et le ministre NV-A de la défense, Steven Vandeput, a remis des propositions au gouvernement qui s’apprête à dépenser 15 milliards pour acheter ces engins de mort. L’opposition a tout à coup découvert que les vieux avions pourraient être utilisés quelques années de plus, et accuse l’armée d’avoir tu cette information. Outre ce que cela montre une fois de plus sur la transparence de ces messieurs qui nous gouvernent, personne parmi les responsables politiques ne remet en cause le fait de dépenser une telle fortune pour acheter des appareils conçus dans le but de détruire et de tuer. C’est un fameux gâchis, quand on pense à tout ce qu’on pourrait faire d’autre avec cet argent, avec le travail de ceux qui vont construire les avions, avec les recherches de ceux qui ont investi dans ces techniques de pointe.

Morale hypocrite

Emir Kir, le bourgmestre PS de Saint-Josse, a annoncé qu’il voulait faire fermer les vitrines louées à des prostituées sur le territoire de sa Commune. Pour cause d’ « atteinte à la morale », suite à l’ouverture d’une crèche dans le quartier. C’est une belle hypocrisie. Bien sûr qu’il n’est pas acceptable que des filles soient contraintes de vendre leur corps pour survivre. Mais jeter ces filles sur le pavé ne va en rien résoudre leur situation. Ce dont elles ont besoin, c’est d’un travail digne, de papiers pour pouvoir l’exercer légalement, c’est de lieux et de structures qui les protègent vraiment contre ceux qui les exploitent et qui les ont parfois fait venir de loin pour mieux les dominer.

La corruption endémique du capitalisme

20% des cadres d’entreprises belges estiment que les fraudes sont présentes à grande échelle dans le monde des affaires et ont été confrontés eux-mêmes directement à des fraudes. Et encore, ce sont ceux qui l’avouent au cabinet d’audit qui a fait l’enquête !
En réalité lorsque ces fraudes sont découvertes par les directions, il est très rare qu’il y ait de vraies sanctions. « On passe l’éponge » ; on passe de nouveaux règlements de surface qui ne changent rien et on laisse à leur poste de travail les cadres corrompus. Leurs méthodes sont considérées comme efficaces et donc souhaitables.
En fait, la corruption, c’est le lubrifiant qui permet de faire mieux tourner les rouages de l’économie capitaliste. Elle est indissociable de la concurrence, du marché et du système capitaliste, c’est son ADN.

Niveler par le haut

A Partena, les aide-ménagères se sont mises en colère. La mutuelle a repris récemment une nouvelle société, Solide Forta. Or, les travailleuses qui y sont employées perçoivent une prime de 400 € et un certain nombre d’autres avantages. Cela fait des années que les premières réclament une prime d’ancienneté ! Elles ne l’ont pas reproché aux nouvelles collègues mais bien à la direction à laquelle elles avaient promis la grève le 14 juin. Les dirigeants ont déjà en partie cédé mais il est à espérer que les quelques 2000 aide-ménagères de Partena ne s’arrêtent pas là.

Il faut paralyser les ministères !

Une majorité de travailleurs des prisons sont entrés en grève le 6 juin pour protester contre la réforme de Steven Vandeput qui veut supprimer des jours de congé, le régime de maladie et mettre fin au recrutements de statutaires. Ce sont les employés de tous les ministères qui vont être touchés par ces mesures.
Les dirigeants de l’État n’ont que faire de tous ces employés qui font fonctionner les services publics. En précarisant la condition des fonctionnaires, c’est aux travailleurs qu’ils s’attaquent et aux services qu’ils rendent aux classes populaires. Car c’est ces dernières qui sont touchées en première par les économies faites dans la fonction publique.
Aujourd’hui, c’est essentiellement parmi le personnel pénitentiaire que les travailleurs se battent. Il est à espérer que le reste des ministères participent eux aussi à la lutte. En paralysant les organes de l’Etat, ils priveront les dirigeants des leviers dont ils se servent pour écraser les classes populaires.

Des économies sur le dos des plus faibles

L’Onem a déclaré avoir réalisé 15000 contrôles pendant le premier trimestre 2018, et avoir réclamé le remboursement des allocations versées à plus de 3500 chômeurs. Ce doit être un drame pour ces personnes qui se retrouvent tout à coup à devoir débourser des milliers d’euros, qu’elles ont souvent perçus de bonne foi et dont elles ne disposent certainement plus. Car que ces Messieurs en cravate doivent ignorer, c’est que quand on reçoit des allocations de chômage, ce n’est pas pour les placer sur un compte dans un paradis fiscal ; on a besoin de cet argent pour payer son logement, ses courses, ses frais quotidiens. S’il veut faire des économies, le gouvernement ferait mieux d’aller contrôler les élus et leurs mandats cumulés, ils sont beaucoup plus solvables !

FN : notre arme, c’est la grève !

La direction de la FN à Herstal veut réduire de 40% la prime des travailleurs liée à la performance de l’entreprise. Elle a prétexté que le mouvement de grève de deux semaines en octobre 2017 a « plombé » les résultats annuels. Les travailleurs luttaient pour une augmentation salariale de 2,2 %, soit le double de ce qui était prévu par l’accord interprofessionnel. En refusant l’augmentation salariale et en diminuant la prime de performance, le patron veut démontrer que la lutte des travailleurs est non seulement inutile mais même dangereuse. Les travailleurs de la FN ont eu bien raison de faire grève pour une hausse des salaires. Toute lutte comporte un risque mais c’est un leurre de croire que notre sort peut s’améliorer autrement qu’en combattant le patron.