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Ma « petite » entreprise ne connait pas la crise

En 2020, 7.935 entreprises ont fait faillite en Belgique. C’est un tiers de moins qu’en 2019 mais cette baisse est principalement due au moratoire sur les faillites qui ont surtout touchés de très petites entreprises et des indépendants. Dans le même temps, des milliers de sociétés ont pu confortablement passer la crise du Covid-19 en bénéficiant de généreuses aides publiques (droit-passerelle, chômage temporaire pour force majeure). Celles qui justifiaient d’une perte de chiffre d’affaires d’à peine 10 % pouvaient même mettre leurs travailleurs en chômage économique, en se défaussant de leur responsabilité sur le système de sécurité sociale. Les travailleurs n’ont pas à être les vaches à lait d’un système capitaliste qui, le reste du temps, n’hésite pas à rogner leur filet de protection sociale. En période de crise économique, les patrons n’ont qu’à puiser dans leurs profits passés.   

Ils se sucrent… sur notre dos

Coca-Cola, qui réalise près de 37 milliards d’euros de chiffre d’affaires par an, a décidé de se séparer de 2 200 de ses employés dans le monde. En Belgique, c’est 95 travailleurs qui sont concernés, donc près de la moitié des effectifs. Souvent considéré comme l’un des symboles du capitalisme, ce groupe riche à milliards en applique bien les principes : il fait payer la crise aux travailleurs afin de maintenir ses profits. Alors que le nombre de chômeurs augmente au même rythme que les files aux soupes populaires, il en va de la vie des travailleurs d’interdire les licenciements et même de répartir le travail entre tous, sans perte de salaires ! Les richards n’ont qu’à puiser dans leurs fortunes.

Les damnés du bitume

Lorsqu’ils dépassent les 6 250€ de revenu annuel – donc rien qui leur permette de vivre –, les « auto-entrepreneurs » qui roulent pour les plateformes de livraison comme Uber ou Deliveroo deviennent des « indépendants » contraints de payer les impôts dont leurs vrais employeurs sont exonérés. Pour ces livreurs, qui gagnent seulement 5€ par course environ, les montants à devoir rembourser s’élèvent parfois à plusieurs milliers d’euros ! Les grands gagnants dans l’affaire sont évidemment leurs exploiteurs qui disposent d’une large main-d’œuvre peu chère et corvéable à merci, sur laquelle retombent tous les soucis et tous les risques. 

Un secret bien gardé

La Secrétaire d’État au Budget s’est bien vite excusée d’avoir publié le prix que l’État belge s’est engagé de payer pour chaque vaccin. L’industrie pharmaceutique, suivie par le personnel politique belge et européen, a effectivement immédiatement réagi à ce qu’elle considérait être une violation du secret commercial. Pour que les affaires soient les plus juteuses possibles et que les combines ne soient pas dévoilées, il est nécessaire, pour eux, de négocier les prix dans l’opacité la plus totale. Comment leur faire confiance ? Pour nous, travailleurs, la transparence la plus totale sur la vente des vaccins comme sur leurs méthodes de fabrication est vitale !

Gouvernements criminels

Une étude publiée par Sciensano, démontre sans surprise que lorsque les soins intensifs ont été en surcharge, les risques de mortalité des personnes infectées par le Covid ont augmenté de 6 %. Quand les hôpitaux débordés ont dû convertir certains locaux ou certains blocs opératoires en salles de soins intensifs, il fallait encore qu’ils disposent de matériel et surtout de personnel en suffisance ! Si cette étude ne fait qu’évoquer un banal chiffre de 6 %, dans les faits, cette situation a provoqué de nombreux morts supplémentaires. Préférant arroser le patronat, les gouvernements ont maintenu volontairement les soins de santé dans un état catastrophique. Cette politique meurtrière n’est-elle pas tout bonnement une succession de meurtres avec préméditation ?

Un coup de semonce

La procédure de confirmation du nouveau président américain, Joe Biden, a été interrompue par une foule furieuse de partisans de Trump, arborant des casquettes à son effigie et parfois armés, qui a envahi le Capitole de Washington, où se trouvent l’assemblée nationale et le Sénat. Cela ne s’était jamais vu en deux cent ans d’histoire des États-Unis.

La police a été complètement débordée. Il a fallu des heures pour que la garde nationale soit appelée en renfort et elle est arrivée au compte-gouttes. Il était frappant de voir la mollesse avec laquelle la police a fait évacuer les lieux, repoussant lentement des émeutiers qui n’avaient pas trop l’air de s’en faire. Il n’y a eu que quelques dizaines d’arrestations et ni blindés ni hélicoptères militaires comme c’est le cas lors des manifestations de Black Lives Matter. On ne peut s’empêcher de penser que si les manifestants avaient été noirs, ils auraient été tués avant même de s’approcher du bâtiment. 

En tout cas, les responsables de la police ne peuvent pas prétendre ne pas avoir été au courant, puisque cela fait des semaines que Trump appelle ses troupes à manifester contre le résultat des élections et qu’elles ont déjà montré ce dont elles étaient capables dans leurs débordements contre le port du masque ou en attaquant les manifestants de Black Lives Matter, sans d’ailleurs jamais être inquiétées par la justice. 

Les “ultras” de Trump sont un mélange hétéroclite de tout ce que le capitalisme américain rejette par en bas : petits patrons menacés par le grand commerce, indépendants anti-impôts qui voudraient exploiter leurs salariés sans contraintes, fermiers ruinés et toute une clique de suprématistes blancs, pro-nazis et tenants de diverses sectes complotistes. 

Certes, on peut trouver choquant que le président de la plus grande puissance du monde, qui donne des leçons de « démocratie » au monde entier, appelle ses supporters à monter à l’assaut du congrès parce qu’il refuse de reconnaître sa défaite aux élections. L’ancien président Bush a comparé la situation à celle d’une « république bananière » ! Une partie des élus républicains, ceux dont la base électorale est plus modérée, ont fini par lâcher Trump plus ou moins ouvertement. Après trois ans, onze mois et vingt jours de soutien sans faille, on ne peut pas vraiment parler de courage politique !

Ce coup d’éclat de Trump, qui pourrait le faire passer, une fois de plus, pour un fou furieux, est un calcul politique. Il fait passer un message à ses électeurs auxquels il dit « je vous ai compris » et je suis avec vous contre le système. En même temps, il fait une démonstration de force vis-à-vis des autres républicains qui seraient un peu trop pressés de retourner leur veste. 

Ce n’est donc pas parce que Trump va quitter le pouvoir que sa politique ne va pas continuer. Car Trump n’est pas un clown de foire arrivé là par accident. Les gesticulations, c’est pour la galerie, c’est pour démontrer sa capacité à récolter des voix sur son nom ; mais, en réalité, il a été soutenu dès le début et continue à être soutenu par une partie importante de la grande bourgeoisie américaine, celle qui domine le monde et qui compte sur lui pour maintenir l’ordre social dans un pays où les inégalités sont parmi les plus importantes du monde. Il est en ce sens comparable à un Orban ou à un Bolsonaro qui, eux aussi, jouent aux amis du peuple avec un programme économique et politique anti-ouvrier. Trump s’attaque à la Chine au nom de l’emploi américain, alors que la première menace sur l’emploi vient des patrons américains eux-mêmes.

Il n’y a pas et ne peut pas y avoir de réelle démocratie dans un système capitaliste, quand une minorité de grandes familles ultra-riches tient entre ses mains le pouvoir économique, a quasiment un droit de vie et de mort sur des millions de travailleurs, et le pouvoir de faire ou défaire les présidents. Malgré tout, la démocratie, même à la sauce bourgeoise, est un cadre qui permet aux travailleurs de s’organiser et de défendre leurs droits, leurs emplois et leurs salaires. 

 En revanche, cette attaque montre la fragilité des acquis démocratiques et qu’une partie de la grande bourgeoisie est prête à soutenir des politiciens avec un programme répressif. Les ultras de Trump seront les premiers recrutés pour briser les grèves ou assassiner militants politiques et syndicalistes.

Biden, s’il n’est pas aussi riche que Trump, sert tout autant les intérêts patronaux. Il a déjà promis d’injecter des milliers de milliards de dollars dans l’économie, qui serviront avant tout à augmenter les profits des grands actionnaires. Contre les attaques directes d’un Trump et de ses nervis ou celles, plus doucereuses, d’un Biden, les travailleurs ne peuvent compter que sur eux-mêmes, leur détermination et leur mobilisation.

Un médicament inefficace mais très rentable

Fin octobre, le ministre de la Santé Frank Vandenbroucke a acheté à la société pharmaceutique américaine Gilaed 12300 doses de remdésivir, un soi-disant remède miracle pour les malades du Covid, pour 4,3 millions d’euros. Les conclusions d’une étude clinique partagées quelques jours plus tôt par l’OMS démontraient pourtant toute l’inefficacité du traitement. Vendu au tarif exorbitant de 345 euros l’unité pour un prix coûtant de moins d’un euro (!), ce médicament était avant tout administré pour réduire les séjours d’hospitalisation. Tandis que le personnel soignant doit lutter chaque jour contre la pandémie et le sous-financement des hôpitaux, le gouvernement remplis les poches des charlatans capitalistes en échange d’un vulgaire placebo.

À chacun ses valeurs…

Le patron de la FEB a récemment déclaré qu’investir dans le public pour engager ou pour relever les salaires ne produisait pas de « valeur ajoutée ». Quand on pense à l’état catastrophique des hôpitaux, aux conditions de travail dans la santé et aux 18 000 morts causés par la pandémie, ces paroles sont celles de criminels ! Aux yeux de ces messieurs, les seules choses qui ont de la valeur sont celles qui font gonfler leur portefeuille.

Médaille d’or pour la Belgique

Loin devant l’Italie, l’Espagne, le Royaume-Uni et même les États-Unis, la Belgique détient le record du nombre de décès dus au Covid par rapport à sa population. Cette triste victoire, elle ne la doit pas seulement aux multiples échecs des gouvernements. C’est avant tout en se souciant uniquement de la santé des profits, en sacrifiant celle des travailleurs, qu’ils ont propulsé la Belgique à cette place… en vain ! La crise économique s’installe et, une fois encore, c’est aux travailleurs qu’on demandera tous les sacrifices. 

Halte aux licenciements !

En plus des licenciements d’intérimaires ou de temps partiels, les restructurations s’enchaînent. Dernièrement, c’est WE Fashion et Friesland Campina qui ont annoncé respectivement la fermeture de quatre magasins et d’une usine à Genk. Pour maintenir les profits à flot, les patrons taillent dans les effectifs. Cela leur permet, en plus, de faire gonfler le nombre de chômeurs, donc d’aggraver l’exploitation en mettant la pression sur les salaires et sur les conditions de travail de ceux qui en ont encore un. En plus de jeter à la rue des centaines des nôtres, ces attaques s’adressent à nous tous et nous rappellent que, dans cette société, nous ne sommes bons qu’à construire le profit des capitalistes. Obligeons-les à maintenir l’emploi !