International

Cogner les gilets jaunes, il aime ça

À Toulon, samedi 5 janvier, le commandant Didier Andrieux s’en est pris violemment à des manifestants, dont un qu’il a plaqué contre un mur et un autre sur un capot de voiture. Il aurait porté un coup de tête à une ambulancière, hospitalisée avec une entorse cervicale. À d’autres gilets jaunes, il a lancé : « Déposez plainte, je suis commandant, il n’y a pas de souci. ». Ce flic en chef n’en est pas à son coup d’essai. Il n’en a pas moins été décoré de la légion d’honneur au 1er janvier. Et, à la suite des coups portés le 5, il a fallu une bronca pour qu’une enquête soit finalement ouverte. Mais la justice sera sans doute clémente pour lui… autant qu’elle sera impitoyable pour le boxeur gilet jaune.

Le reflet d’une société pourrie

Jamal Khashoggi, ce journaliste Saoudien assassiné en Turquie par les services secrets de son pays n’est que le dernier et plus visible. Cinquante-trois autres ont subi le même sort, et pas seulement dans des dictatures lointaines : à Malte, en Bulgarie, en Slovaquie, en Russie, en Inde, aux États-Unis, partout dans le monde des journalistes ont été tués parce qu’ils dénonçaient la corruption ou l’injustice d’un régime politique. Et 90% de ces crimes restent impunis – y compris dans les pays qui se disent démocratiques.
Ce n’est évidemment que le sommet de l’iceberg : il n’y a pas de statistiques pour tous les obscurs militants politiques ou syndicaux, ou pour les simples travailleurs qui sont tués chaque jour pour les mêmes raisons.

Congo RDC : changer de président pour que rien ne change

Les élections présidentielles en République démocratique du Congo qui se sont déroulées dimanche 30 décembre ont fini en une farce électorale où le candidat d’opposition Félix Tshisekedi a été élu sans majorité avec l’appui discret et implicite du clan du président sortant Joseph Kabila.
Ces élections, Le dictateur Joseph Kabila avait réussi à les repousser depuis deux ans, réprimant sauvagement les manifestations qui réclamaient son départ.
Ce report n’a pas permis à Kabila de briguer un troisième mandat, ce que craignait alors la population, mais lui a laissé le temps d’organiser sa succession. De leur côté les grandes puissances ont œuvré pour qu’il passe la main, craignant que la haine accumulée contre son régime ne déborde dans la rue et n’aboutisse à un embrasement généralisé du pays, compromettant le pillage des ressources minières par les multinationales.
C’est en effet de RDC que provient une grande partie des matériaux utilisés par l’industrie moderne pour produire ordinateurs, téléphones portables ou batteries automobiles. On y trouve à profusion tous les minerais, ainsi que les diamants. La richesse de son sous-sol, qui a fait qualifier le Congo de « miracle géologique », n’a jamais profité à la population. Aujourd’hui, sept trusts minéraliers monopolisent 85 % de la production de cuivre, de cobalt et d’or du pays. Ces géants mondiaux du secteur, comme Rangold, Glencore, AngloGold Ashanti, ne versent à la RDC qu’une part dérisoire de leurs revenus, des sommes qui de toute façon n’atteignent jamais la population. Le clan au pouvoir en confisque la totalité, édifiant ainsi des fortunes fabuleuses au regard de la misère dans laquelle vivent les Congolais. La famille Kabila s’est ainsi approprié 120 permis d’exploitation dans les mines pour les rétrocéder moyennant finance aux multinationales. Elle contrôle par ailleurs 70 des principales compagnies congolaises dans tous les secteurs, de l’hôtellerie aux compagnies aériennes.
À côté des fortunes confisquées par le clan présidentiel, la population vit dans la pire misère. À Kinshasa, l’immense capitale, des hordes d’enfants des rues cherchent à longueur de journée de quoi se nourrir et s’abriter. Dans les bidonvilles qui ne cessent de s’étendre, il n’y a ni eau potable ni système d’hygiène minimum, et les maladies y font des ravages. C’est pourtant là que se réfugient les arrivants de provinces où le dénuement est encore pire et où règne l’insécurité. Dans le Nord-Kivu, la population craint autant les groupes armés que l’épidémie d’Ebola qui se développe à nouveau, les équipes sanitaires ne pouvant accéder aux zones à risque.
Ces élections présidentielles se résument donc à savoir quel clan pourra piller le pays. Les Kabila tiennent la place depuis 1997. Joseph Kabila a succédé à son père, Laurent Désiré, qui avait renversé le dictateur Mobutu en place depuis l’indépendance. Il a choisi comme dauphin dans ces élections son ancien ministre de l’Intérieur, Ramazani Shadari, le responsable des tueries de décembre 2016. L’opposition, elle, n’est pas parvenue à se mettre d’accord sur un candidat unique malgré la pression des grandes puissances.
Deux candidats principaux étaient donc opposés à Shadari. L’un était Martin Fayulu, soutenu par le richissime ancien gouverneur de la province minière du Katanga Moïse Katumbi et par Jean-Pierre Bemba, commanditaire d’horribles tueries dans la Centrafrique voisine. L’autre était Felix Tshisekedi qui portait lui aussi les couleurs de l’opposition. Il était soutenu, en échange de la promesse du poste de Premier ministre, par Vital Kamerhe, qui fut président de l’Assemblée nationale sous Kabila.
Les sondages et les informations collectées par des dizaines de milliers d’observateurs dans tout le pays donnaient Fayulu gagnant mais la commission électorale, qui est aux ordres du gouvernement, a malgré tout proclamé Tshisekedi vainqueur après que celui-ci ait rendu un hommage appuyé à Kabila, qu’il ne qualifie plus d’adversaire mais de « partenaire de l’alternance démocratique ».
Le pedigree de tous ces candidats et de leurs soutiens suffit en tout cas à prouver que ni Tshisekedi, ni Fayulu – s’il parvienait à faire in fine admettre sa victoire – ne remettront pas en cause le pillage du pays par les multinationales.

Ukraine-Russie : escalade et menace de guerre

« La loi martiale ne signifie pas une déclaration de guerre » à la Russie, nous la décrétons « uniquement pour la défense », vient de déclarer le président ukrainien Petro Porochenko. Toujours est-il que l’Ukraine, qui a saisi le Conseil de sécurité de l’ONU, a aussitôt intensifié les bombardements des régions séparatistes prorusses du Donbass, où le bras de fer militaire entre Kiev et Moscou a déjà fait plus de 10 000 morts, des centaines de milliers de déplacés et d’énormes destructions.
Avec l’arraisonnement, le 25 novembre, de deux vedettes blindées et d’un remorqueur ukrainien par des garde-côtes russes au large de la Crimée, opération dans laquelle six militaires ukrainiens ont été blessés, la pression est brusquement montée de plusieurs crans entre l’Ukraine et la Russie. Ces deux États voisins sont de plus en plus opposés depuis qu’en 2014, la Crimée a été annexée par la Russie, aux dires du gouvernement de Kiev, ou a regagné le giron de la mère-patrie, dans la version du Kremlin.
Les autorités russes nient que les Ukrainiens leur aient transmis un plan de navigation, ce que Kiev dément. Mais peu importe qui dit vrai, le plus probable est que chaque camp a voulu tester l’autre : Kiev, en envoyant des navires avec 46 militaires à bord, plus des officiers de renseignements, ce que la SBU (l’ex-KGB ukrainien) a reconnu ; Moscou, en les bloquant par la force. Et il n’est pas nouveau que des incidents maritimes amènent les deux pays au bord d’un affrontement à propos de l’accès à la mer d’Azov, un grand golfe ouvrant sur la mer Noire que, depuis 2003, la Russie et l’Ukraine ont en théorie convenu de se partager.
Mais, depuis que la Crimée est redevenue russe, la mer d’Azov l’est en quelque sorte aussi. En effet le détroit de Kertch, qui permet d’aller de mer Noire en mer d’Azov, est bordé par des terres appartenant à la seule Russie. Elle a donc les moyens de bloquer cette voie cruciale pour les exportations de céréales et d’acier produits dans l’Est ukrainien, qui n’a pas d’autre débouché. C’est un atout aux mains de Moscou pour faire pression sur Kiev, toujours plus tenté de rompre les amarres avec la Russie.
Mais l’Ukraine est vue par les grandes puissances occidentales, États-Unis en tête, comme un allié de choix dans leur volonté de restreindre la zone d’influence du Kremlin, s’agissant de l’autre grande république ex-soviétique. Le pouvoir ukrainien considère donc qu’il peut compter sur l’aide occidentale contre Moscou. Cette aide est politique, financière, économique, mais aussi militaire, ce que confirment la mort d’un officier pilote américain lors du crash accidentel d’un avion militaire dans l’ouest du pays, tout comme les informations sur les fournitures d’armements américains et canadiens aux troupes de Kiev.
Et puis, à l’approche de l’élection présidentielle ukrainienne, prévue en mars, dans laquelle les sondages donnaient récemment Porochenko battu, ce dernier n’est pas mécontent d’apparaître comme un chef de guerre, derrière lequel tout le pays devrait faire front. En outre, la loi martiale décrétée pour un mois lui permet de reprendre en main les médias, d’interdire les rassemblements publics, au moins dans toutes les régions frontalières. Et cette loi est renouvelable. Jusqu’aux élections ?
À moins qu’à force d’escalade dans la préparation à la guerre – ce que signifie l’expression loi martiale – une provocation de trop ne déclenche un embrasement encore plus terrible que la guerre larvée du Donbass.

Hongrie : une attaque grave contre les travailleurs

En Hongrie, le gouvernement Orban projette de modifier le code du travail, avec un objectif explicite : satisfaire les appétits des capitalistes, en particulier allemands qui investissent dans le pays.
Pas moins de 6 000 entreprises allemandes se sont installées en Hongrie pour y profiter du bas niveau des salaires. Et pour leur complaire, Orban voudrait faire passer le nombre maximal d’heures supplémentaires par an de 250 à 400.
Le 8 décembre, les travailleurs hongrois manifestent contre cette « loi sur le travail forcé ». Elle illustre que la xénophobie d’Orban – comme celle de tous les dirigeants nationalistes – est à géométrie variable : c’est la matraque pour les migrants pauvres, mais tapis rouge pour les bourgeois étrangers pleins aux as.

Même pour le climat, le capitalisme nous mène à la catastrophe !

L’ONU a publié un rapport alarmant des experts climat. D’après ceux-ci, si le réchauffement climatique se poursuit au rythme actuel, les conséquences peuvent devenir irréversibles d’ici une vingtaine d’années : cyclones plus violents et pluies extrêmes dans certaines régions du monde, vagues de chaleur et incendies dans d’autres, disparition de nombreuses espèces animales, sécurité alimentaire et santé des populations humaines menacées.
Limiter le réchauffement climatique serait possible : « Les lois de la physique et de la chimie le permettent », déclarait récemment l’un des auteurs de ce rapport. Mais les lois qui régissent l’organisation de la société sont celles du capitalisme, fondées sur la course au profit, la concurrence entre les patrons et les affrontements entre les États à leur service. Et tant qu’il en sera ainsi, aucune mesure susceptible d’empêcher la catastrophe climatique annoncée ne sera possible.
Des conférences réunissant les dirigeants du monde entier se tiennent régulièrement. Mais aucune de ces grandes messes médiatiques n’a jamais débouché sur la moindre mesure un tant soit peu contraignante. Fort de la toute-puissance des États-Unis, Trump revendique cyniquement le droit de polluer pour l’industrie américaine. Il ne fait que souligner brutalement ce que sont les relations dans le monde capitaliste, basées exclusivement sur les rapports de force, où chaque État se montre avant tout préoccupé de défendre les intérêts de ses multinationales.
Les chefs d’État, quelle que soit leur bonne ou mauvaise volonté supposée, sont tout aussi impuissants à résoudre le problème climatique qu’à faire face à la crise de leur économie. Même quand, soumis à la pression des opinions publiques, ils n’ont que l’écologie ou la défense de l’environnement à la bouche, leur action se limite à organiser des campagnes pour lutter contre le gaspillage, pour réduire l’usage du plastique et la place de la voiture…
Le plus souvent, quand des mesures sont prises, elles consistent à faire payer le consommateur au nom de la lutte contre la pollution. Ainsi, c’est au nom de la « sortie du diesel » que les gouvernement fédéraux et régionaux ont décidé d’augmenter les taxes sur les carburants. Les automobilistes, en particulier les millions de travailleurs qui n’ont pas d’autre choix pour se déplacer que de prendre leur véhicule, vont payer alors que ce sont les constructeurs automobiles qui ont développé le diesel, sans se soucier des conséquences pour l’environnement et la santé.
Dans la mesure où les préoccupations écologiques des consommateurs peuvent faire naître de nouveaux marchés, les capitalistes sont prêts à développer des technologies présentées comme respectueuses de l’environnement, à multiplier les labels verts et à vendre des produits prétendument bio… Mais la promesse de gain et d’enrichissement est le seul critère qui détermine leur choix. Dans leur course au profit, les capitalistes n’hésitent pas à saccager la nature, en se moquant autant des pollutions qu’ils provoquent que des conditions de travail des salariés qu’ils exploitent.
Pour être efficace, pour agir sur le climat qui ne connaît pas de frontières nationales, il faudrait planifier à l’échelle planétaire l’utilisation des ressources naturelles et la gestion des déchets en s’appuyant sur une volonté collective de défendre le sort de la planète et de l’humanité tout entière. Une telle organisation est totalement impossible dans le cadre du capitalisme fondé sur la propriété privée des grands moyens de production, la recherche du profit individuel et les lois du marché. Renverser ce système anarchique et incontrôlable est une nécessité pour permettre à l’humanité de maîtriser son destin et celui de la planète.
Les travailleurs n’ont aucun intérêt au maintien de ce système fondé sur l’exploitation. Placés au cœur de la production, ils sont les seuls à pouvoir mettre fin à la domination de la bourgeoisie et à réorganiser l’économie sur des bases collectives de façon à satisfaire les besoins de la majorité tout en préservant l’environnement. Plus que jamais, l’avenir de l’humanité en dépend.

Prêts à tout pour se remplir les poches

Les agissements scandaleux du brasseur hollandais Heineken en Afrique ont été confirmés il y a plusieurs mois par une enquête interne. Au moins 4 000 jeunes filles africaines sont employées par le groupe comme « hôtesses » pour promouvoir les bières de la marque. Harcèlement et prostitution sont monnaie courante. Certaines sont obligées de coucher avec les patrons locaux ou avec des clients, tandis que des prostituées ont été employées dans des bars pour faire croire aux clients que la bière Heineken rendait plus puissant sexuellement. Quand il s’agit d’étancher leur soif de profit, les patrons ne reculent décidément devant rien.

Iran : les effets de l’embargo américain

Samedi 22 septembre, un attentat contre un défilé militaire à Avhaz, la capitale du Khouzestan en Iran, a fait au moins 29 morts.
Le régime des mollahs tente d’utiliser cet attentat pour resserrer l’unité derrière lui, au moment où la population iranienne subit les effets de l’embargo américain, de l’inflation massive et des pénuries, qui s’ajoutent à la corruption.
Revendiqué à la fois par l’État islamique et par un groupe de séparatistes arabes, population majoritaire dans le Khouzestan, cet attentat peut avoir de multiples commanditaires, tant l’Iran est impliqué dans les guerres du Moyen-Orient. En accusant l’Arabie Saoudite ou les États-Unis de soutenir les terroristes, l’ayatollah Khamenei voudrait détourner la colère des classes populaires qui dénoncent la corruption des dignitaires du régime.
Après les révoltes de janvier, férocement réprimées, de multiples rassemblements de travailleurs, de petits paysans ou de commerçants se sont poursuivis pour obtenir le paiement des arriérés de salaires, la restitution des économies déposées dans des banques en faillite ou dénoncer le chômage. Dans le Khouzestan, des manifestations contre la pénurie et la pollution de l’eau ont visé ceux qui « volent l’eau au nom de la religion ». En mai, puis de nouveau en juillet, les camionneurs se sont mis en grève un peu partout dans le pays. L’essentiel du transport de marchandises est entre les mains de l’État, notamment des Pasdaran, les « gardiens de la révolution ». Ils ont le monopole des pièces de rechange, comme les pneus, hors de prix. Travailleurs indépendants, propriétaires de leur camion, les camionneurs sont payés selon les cargaisons avec un tarif fixé par l’État. Ils exigent une augmentation des tarifs de 40 % alors que le gouvernement n’a lâché que 20 % après la grève de mai. Ils dénoncent aussi l’arbitraire et la corruption pour obtenir des commandes.
Comme toute la population, les camionneurs subissent l’effondrement du rial, la monnaie iranienne, après l’annonce de l’embargo américain. Les pires mesures de rétorsion, l’interdiction d’acheter du pétrole iranien et d’utiliser le système bancaire international lié au dollar, n’entreront en vigueur que le 4 novembre, mais les effets économiques et politiques sont déjà là.
Entre février et septembre, le rial a perdu 72 % de sa valeur par rapport au dollar. Le retrait des entreprises occidentales, comme Total qui ne veut pas risquer les sanctions américaines, Air France ou British Airways qui suspendent leurs vols vers Téhéran, accélère le retrait de capitaux étrangers et la pénurie de devises. Cela se répercute sur toute l’économie : la production automobile a chuté de 38 % pour le seul mois d’août. Les dignitaires du régime ayant le monopole du commerce avec l’étranger, Rohani, président de la République islamique, ayant imposé jusqu’en août un taux de change officiel du rial avec le dollar très avantageux, les affairistes proches des mollahs se sont gavés. Ils ont acheté à bas prix des dollars revendus au prix fort sur le marché noir ou encore des téléphones portables importés puis revendus sur le marché intérieur.
Pendant que les riches achètent de l’or et des voitures pour protéger leurs économies, les classes populaires se serrent la ceinture. L’inflation annuelle officielle est passée de 8 à 18 % en six mois. Le prix des fruits et légumes a augmenté de 50 % et même les yaourts sont devenus une denrée inaccessible à certaines familles. Pour l’instant c’est aux mollahs qu’elles en veulent : « Ils ont envoyé leurs enfants aux États-Unis et au Canada, et ils nous appauvrissent un peu plus tous les jours », peut-on entendre sur les marchés de Téhéran. La propagande du régime visant à détourner la colère des classes populaires exclusivement vers les États-Unis responsables directs de l’embargo semble ne plus marcher.
Même si les sanctions américaines devaient accélérer la chute d’un régime de plus en plus contesté, comme Trump le prétend, les travailleurs et les pauvres doivent s’organiser eux-mêmes s’ils ne veulent pas payer le prix fort de la catastrophe économique.
Pendant que les riches achètent de l’or, les classes populaires se serrent la ceinture
morts.

L’impunité des riches

Sur une dizaine d’années, les scandales d’évasion fiscale se sont multipliés : Paradise Papers, Swiss Leaks, Lux Leaks,… Parmi les plus récents, il y a les Panama Papers : des milliers de documents d’une société du Panama concernant les fraudes utilisées par des riches du monde entier pour échapper à l’impôt de leur pays. Parmi eux, plus de 700 bourgeois belges.
Les politiciens s’étaient alors indignés, avaient répété leur volonté de sévir, de lutter contre la fraude fiscale, etc. Or, depuis ces promesses, très peu de riches ont été vraiment inquiétés. Des membres de la famille actionnaire d’AB Inbev ont toujours leur société offshore au Panama pour cacher leur argent et Huts, un grand patron flamand, a simplement créé une nouvelle société écran pour remplacer l’ancienne.
Deux ans après, avec la complicité des banques, les grands bourgeois continuent à frauder comme avant et à placer leur magot dans les paradis fiscaux dans l’impunité la plus totale
Et ça, cela continuera tant que les travailleurs ne contrôleront pas eux-mêmes les comptes des banques !

Gaza : halte au massacre 
des Palestiniens !

En tirant à balles réelles sur des habitants désarmés de la bande de Gaza qui protestaient le 14 mai contre le transfert à Jérusalem de l’ambassade américaine, l’armée israélienne a causé la mort d’au moins 59 Palestiniens, dont huit enfants de moins de 16 ans, et fait plus de 2 400 blessés.
Au moins 40 000 Palestiniens s’étaient massés en différents points le long de la clôture israélienne, pour la septième semaine de la Marche du retour organisée pour commémorer la Nakba (« catastrophe » en arabe). Celle-ci désigne l’exode de plus de 700 000 Palestiniens chassés de leurs maisons et de leurs terres au moment de la création d’Israël. Les manifestants entendaient aussi dénoncer le blocus imposé depuis plus de dix ans à la bande de Gaza, condamnant plus des deux tiers de ses habitants à vivre de l’aide humanitaire. En décidant le 12 mai de fermer l’unique point de passage des marchandises vers Gaza, aggravant ainsi la situation déjà dramatique des Gazaouis, le gouvernement israélien s’est livré à une nouvelle provocation.
L’inauguration de la nouvelle ambassade américaine à Jérusalem donnait une autre raison aux Palestiniens d’exprimer leur colère. Conquise en 1967 à l’issue de la guerre des Six-Jours, la partie orientale de Jérusalem, peuplée très majoritairement de Palestiniens, avait été officiellement annexée en 1980 par Israël. Depuis, les autorités israéliennes n’ont jamais cessé de mener une politique de colonisation visant à en chasser les Palestiniens. Un récent rapport de l’Union européenne a estimé qu’entre 1967 et 2016 Israël avait conduit à Jérusalem une « politique de déportation silencieuse », notamment en révoquant les permis de milliers de résidents palestiniens, dans le but de préserver une « majorité juive substantielle ». En décidant, en décembre dernier, le transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem, Trump apportait son soutien ouvert à cette politique des dirigeants israéliens.
Depuis la création d’Israël, les dirigeants américains ont apporté un soutien indéfectible à l’État israélien, qui est pour eux un allié privilégié, gendarme de l’ordre impérialiste dans la région. Mais, soucieux de ne pas trop mettre les États arabes alliés des États-Unis en difficulté vis-à-vis de leur population, ils avaient aussi cherché à se donner une image de médiateurs entre Israéliens et Palestiniens.
Depuis son accession au pouvoir, par ses déclarations et ses prises de position, Trump ne se donne même plus cette peine et il encourage ainsi le gouvernement d’Israël, l’un des plus à droite de l’histoire du pays, à poursuivre sa politique de colonisation d’une façon encore plus brutale et arrogante vis-à-vis des Palestiniens.
Depuis les premiers rassemblements à la frontière entre Gaza et Israël le 30 mars, les forces israéliennes auraient tué au moins 107 Palestiniens dans l’enclave et blessé environ 12 000 personnes. Cette répression s’inscrit dans la continuité de la politique des gouvernements israéliens, une politique criminelle et sanglante qui alimente depuis 70 ans la révolte légitime des Palestiniens. Elle condamne aussi la population israélienne à vivre en permanence sur le pied de guerre, la transformant en gardiens de prison ou en bourreaux, comme cela a encore été le cas dans les massacres à la frontière de Gaza.