Archives pour la catégorie International

Le secret de la richesse

Une étude menée aux USA a récemment dévoilé aux yeux de tous ce que les travailleurs savent bien : dans ce monde, pour devenir riche, il faut être né… dans une famille riche ! L’étude montre comment ces grandes familles héritent de fortunes toujours plus grandes, en transmettant leurs méthodes mafieuses de génération en génération. Mais, en fin de compte, elle oublie de mentionner quel est le véritable secret de la richesse : l’exploitation des travailleurs. Des milliards et des milliards d’euros, sans même lever le petit doigt !

Levée des brevets : Joe Biden, le cynisme du capitalisme

Le soutien du président américain à la levée des brevets sur les vaccins anti-Covid a pris tout le monde de court. Mais c’est hypocrite. Les sociétés américaines Pfizer et Moderna, qui ont une longueur d’avance sur leurs concurrents, ont déjà engrangé de juteux bénéfices grâce à des vaccins coûteux. Même en cas de levée de tous les brevets, elles seraient bien moins impactées que les autres. Par ailleurs, les États-Unis continuent à bloquer l’exportation de composants indispensables en limitant ainsi la production mondiale. En matière de cynisme, on ne peut pas faire mieux.

Le big pharma s’accroche à ses brevets

De nombreuses voix réclament la levée des droits de propriété intellectuelle sur les vaccins anti-Covid. Seule une telle mesure permettrait de produire rapidement et à moindres frais les doses nécessaires à la population mondiale. Sans surprise, les sociétés pharmaceutiques s’y opposent, en criant à la mise en péril du secteur. L’apparition rapide des vaccins ne doit pourtant rien au big pharma et à ses brevets. La recherche a été essentiellement financée avec de l’argent public. Les grandes sociétés se contentent d’en empocher les profits, sans avoir pris le moindre risque. Au plus grand plaisir de leurs actionnaires qui, une fois encore, se sucrent sur notre dos.

L’UE tue discrètement à ses frontières

La politique d’asile de l’Union européenne est, d’année en année, toujours plus criminelle. En 2020, les États membres de l’UE et l’agence Frontex ont refoulé, au mépris de leurs propres lois, au moins 40 000 réfugiés. Plus de 2 000 d’entre eux sont morts à la suite d’un de ces refoulements ! Cette Europe des riches a beau se parer des plus grandes vertus humanistes ; sa réalité, bien moins reluisante, est faite de racisme et de rejet des pauvres.

Solidarité avec le peuple palestinien opprimé !

Les habitants de Gaza sont à nouveau soumis à un déluge de feu et ils pleurent leurs morts. Comme toujours, l’État israélien a pris pour prétexte des tirs de roquettes du Hamas et il prétend opérer des bombardements « ciblés ». Mais qui peut croire un tel mensonge ?

La bande de Gaza est un territoire de 40 km de long sur 10 km de large, l’un des plus densément peuplés au monde. Comment les bombes pourraient-elles faire le tri entre les civils et les militants du Hamas, alors qu’il n’y a pas de refuges sécurisés, pas d’échappatoires possibles ? Tirer des roquettes sur Israël, comme le fait le Hamas, est une politique aveugle et terroriste. Mais bombarder une zone comme Gaza l’est à bien plus grande échelle. C’est du terrorisme d’État.

Renvoyer les deux camps dos à dos alors qu’un État prétendument démocratique et surarmé s’acharne à détruire un territoire déjà dévasté, c’est accepter la loi du plus fort. Et c’est surtout tourner le dos à la révolte mille fois légitime des Palestiniens !

Cette révolte est sans cesse étouffée et réprimée par l’État israélien. Mais elle est aussi récupérée et détournée politiquement par le Hamas.

Cette nouvelle révolte n’est d’ailleurs pas venue de Gaza ni du Hamas. Elle est venue de familles qui se sont opposées à leur expulsion dans un quartier de Jérusalem-Est. Elle a ensuite embrasé des villes mixtes comme Lod, Jaffa ou Saint-Jean d’Acre, ainsi que la Cisjordanie. C’est pour en prendre le contrôle que le Hamas a déclenché des tirs de roquettes sur Israël.

Le Hamas a confisqué la parole aux manifestants et a transformé la mobilisation des masses en affrontement entre deux appareils d’État, de façon à imposer sa politique, ses méthodes, sa domination au peuple palestinien. Alors, si les Palestiniens ont pour ennemi l’État israélien, ils ont le Hamas pour adversaire.

Avec les affrontements violents et haineux qui se sont multipliés entre groupes sionistes d’extrême-droite et jeunes Palestiniens, nombre de Juifs israéliens réalisent aujourd’hui qu’ils sont sous la menace d’une guerre communautaire dont ils payent déjà le prix. Mais comment s’en étonner ?

Depuis 70 ans, le gouvernement colonise de nouvelles terres en Cisjordanie et rend impossible la création d’un État palestinien viable. Il a annexé Jérusalem-Est, imposé le blocus de Gaza et enfermé ses habitants dans une prison à ciel ouvert. Il impose une politique d’apartheid en Israël, où Juifs et Arabes ne disposent pas des mêmes droits. Et régulièrement, lorsque la révolte se fait trop menaçante, il fait la guerre aux Palestiniens.

Depuis des années, pour se maintenir au pouvoir, Netanyahou s’appuie sur l’extrême-droite suprémaciste juive, lui offre des ministères, ferme les yeux sur ses violences et soutient toutes ses entreprises de colonisation. Cette surenchère réactionnaire a conduit à ce face-à-face glaçant où les uns hurlaient « Mort aux Arabes », quand les autres criaient « Mort aux Juifs ». Il est à souhaiter que cela serve d’électrochoc, car il n’y a pas d’autre avenir pour les deux peuples que de s’entendre. Est-ce possible ? Oui, à condition de combattre la politique coloniale d’Israël soutenue par les grandes puissances.

Les dirigeants d’Israël ont bâti leur État en niant le droit des Palestiniens à disposer du leur et ils se sont fait le relais régional des puissances impérialistes, en premier lieu les États-Unis. C’est pourquoi il ne faut pas compter sur la prétendue « communauté internationale » pour faire une quelconque pression sur le gouvernement israélien. Biden et Merkel soutiennent ouvertement Netanyahou, Macron a interdit les manifestations de soutien à la Palestine et le Conseil de Sécurité de l’ONU demande timidement un cessez-le-feu.

Les dirigeants israéliens et palestiniens conduisent leur peuple dans une impasse sanglante avec la complicité des puissances impérialistes. Il faut que ceux qui s’en rendent compte soient de plus en plus nombreux au sein des deux peuples.La solution ne pourra surgir que des Israéliens et des Palestiniens qui cherchent les moyens de vivre ensemble sur la même terre. Pour cela, ils doivent s’opposer à ceux qui les entraînent dans une guerre entre communautés. Ils doivent se battre ensemble contre l’oppression dont est victime le peuple palestinien. Et affirmer que les deux peuples doivent disposer des mêmes droits, car « Un peuple qui en opprime un autre ne peut être un peuple libre ». 

Football : la Super League du pognon

Douze des plus gros clubs manifestent l’intention de créer une nouvelle compétition fermée. Le projet garantirait à ces sociétés commerciales, lourdement endettées, de juteuses rentrées, sans devoir les partager avec les autres. L’UEFA et les ligues nationales n’ont pas tardé à les menacer des pires sanctions : exclusion des championnats nationaux, interdiction pour les joueurs d’être sélectionnés en équipe nationale. A grands renforts d’arguments nationalistes et de professions de foi sur l’éthique sportive, ces institutions mafieuses arrivent bien mal à cacher leur principale préoccupation : continuer à se faire un maximum de thunes sans qu’on ne vienne mettre le nez dans leurs magouilles. Et le foot dans tout ça ?

Le FMI, le petit chaperon rouge fiscal

Le Fonds Monétaire International, garant de l’ordre capitaliste mondial, recommande à présent l’instauration d’une taxe temporaire sur les plus hauts revenus. Nos réformateurs crient victoire. Il n’y a pourtant rien à en attendre. Dans le passé, les cadeaux fiscaux et les baisses d’impôts octroyés aux capitalistes étaient justifiés par la promesse d’investissements dans la production et les services utiles à la population, mais ces investissements n’ont jamais vu le jour. Une partie de la bourgeoisie craint maintenant le retour de bâton et propose de s’acheter une nouvelle « paix sociale ». Ce qui implique de revenir à un impôt sur la fortune. Mais les travailleurs n’ont pas être dupes de ce nouveau tour de passe-passe. Les capitalistes chercheront tôt ou tard à récupérer sur leur dos ce qu’ils pourraient lâcher maintenant pour sauver leur boutique.

Une goutte de justice dans un océan d’injustice

Derek Chauvin, le policier qui a étranglé et tué George Floyd l’an dernier, a été reconnu coupable de meurtre. Pour des millions de Noirs américains, ce procès était celui du racisme de la police aux États-Unis. Chaque année, plus de mille personnes, essentiellement des Noirs et des Hispaniques, sont tuées par des policiers. On ne compte plus les cas où les policiers tirent sur des personnes désarmées, ou dans le dos. Pourtant, seulement une infime partie d’entre eux, moins de 2%, doit rendre des comptes à la justice. Quant aux condamnations, quand il y en a, elles se limitent le plus souvent à des blâmes ou des peines symboliques.

Dans le cas de Floyd, le policier est resté neuf minutes avec le genou sur son cou, ignorant ses suppliques, devant des dizaines de témoins dont certains ont filmé la scène. Cela a été une étincelle qui a provoqué des émeutes dans la plupart des grands villes américaines. 

C’est la pression de ce mouvement qui a forcé le procès à aller jusqu’au bout. Chose rare, la direction de la police de la ville s’est désolidarisée de Chauvin, alors que d’habitude la hiérarchie couvre les policiers violents. Jusqu’à Biden, le nouveau président, qui a exprimé son « soulagement » à l’annonce du verdict. Il est d’autant plus soulagé qu’une autre issue aurait probablement provoqué des émeutes raciales dans tout le pays. 

Les Noirs américains sont majoritairement les descendants des esclaves qui ont été arrachés de force et par dizaines de millions à leurs pays d’origine pour travailler dans les plantations de riz, de tabac puis de coton. La fin de l’esclavage en 1865 n’a pas signifié la fin de leur exploitation : d’esclaves dans les champs, ils sont devenus ouvriers dans les usines. Même si une partie d’entre eux a gravi les échelons, la majorité est restée pauvre, cantonnée par un racisme systémique dans les couches inférieures de la société.

Depuis que l’exploitation existe, que ce soit dans l’empire romain esclavagiste, dans l’Europe féodale des seigneurs ou sous le capitalisme, les pauvres ont toujours constitué une classe « dangereuse » pour les couches dominantes : quand la richesse des uns se nourrit de la misère des autres, il est prévisible que la colère éclate un jour… C’est à ça que servent avant tout la justice et la police : maintenir l’ordre social par la force, réprimer le voleur de pommes tout comme les révoltes collectives des pauvres.

Les shérifs qui, hier, faisaient la chasse aux esclaves en fuite ou qui écrasaient leurs révoltes, répriment aujourd’hui leurs descendants avec la même haine, parce qu’ils sont noirs mais surtout parce qu’ils sont pauvres, c’est ce que dit la couleur de leur peau. C’est pour la même raison que les policiers français ou belges ciblent les jeunes dès qu’ils n’ont pas la peau assez blanche. 

Ce racisme de la police reflète le mélange de haine et de peur des riches vis-à-vis des classes pauvres.

En leur temps, les bourgeois du 16ème siècle sont allés chercher des esclaves en Afrique. Le patronat du 20ème siècle est, lui, allé chercher des villageois dans les colonies d’Afrique du nord pour leur faire faire les travaux les plus dangereux. Sans traditions syndicales ni liens en Europe, sans aucune famille et personne sur qui compter, ces travailleurs se trouvaient à la totale merci du patron. Le patronat comptait ainsi créer des divisions entre les travailleurs, appuyé en ce sens par les politiciens qui n’ont eu de cesse de parler du soi-disant « problème » de l’immigration et d’enfoncer le clou de la peur du chômage et de la pression sur les bas salaires. Les luttes collectives des travailleurs pour leurs salaires, pour des droits égaux pour tous, ont en partie permis de contrer ces tentatives.

Quoi qu’il en soit, les travailleurs immigrés en Europe étaient ainsi désignés comme une cible parfaite pour la répression policière, comme les Noirs aux États-Unis.

Il ne peut pas y avoir d’égalité dans une société basée sur une injustice fondamentale, celle de l’exploitation de l’immense partie de la population par une classe parasite de grands bourgeois. Mais en s’enrichissant sur le dos des travailleurs, la bourgeoisie se crée un ennemi redoutable et irréductible, la classe ouvrière. Dans cette lutte de classes, la police n’est que le bras armé de la bourgeoisie qui lui assure sa suprématie en cas de révoltes sociales. C’est pour cette raison que, quoi qu’elles fassent, la police et l’armée de métier bénéficieront toujours de la bienveillance des couches dirigeantes.

La bataille gagnée aux États-Unis ne peut que nous réjouir, elle a été obtenue par la mobilisation populaire, mais les systèmes judiciaire et politique américains n’ont pas changé. Et, tant que durera la société capitaliste, tant qu’il y aura des riches et des pauvres, la police continuera à réprimer les seconds pour protéger les premiers.

Birmanie : la lutte continue

Après le coup d’état qui a envoyé l’ancienne présidente Aung San Suu Kyi en prison le 1er février, la contestation ne faiblit pas et nombreux sont les travailleurs qui continuent de s’opposer à l’armée malgré la répression. Particulièrement brutale dans les quartiers ouvriers, qui animent la révolte notamment grâce aux jeunes ouvrières du textile, elle ne parvient pas à enrayer le mouvement alors qu’une grève générale a été décrétée depuis plus d’un mois. Les travailleurs refusent une dictature qui aggravera encore leur sort et montrent ainsi leur détermination à combattre non seulement les militaires, mais aussi leurs donneurs d’ordre : les capitalistes.

Propriété privée contre nécessité publique

Alors que la pandémie se poursuit et que l’on se trouve au seuil d’une troisième vague, les vaccins continuent à faire défaut. Bien qu’ils aient été produits grâce aux efforts de techniciens et de chercheurs inspirés par les précédentes découvertes scientifiques et payés en bonne partie grâce aux subsides publiques, les vaccins sont la propriété exclusive de quelques entreprises. Celles-ci gardent jalousement « leur » recette secrète et fixent librement les prix en organisant la production comme bon leur semble afin de pouvoir en tirer le maximum de profits. Nous voilà confrontés aujourd’hui au résultat de cette appropriation scandaleuse.