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Le virus, un nouveau prétexte pour licencier

Le coronavirus se propage inlassablement, profitant de l’incapacité des gouvernements à le contenir, et crée des secousses dans divers secteurs de l’économie mondiale, particulièrement le tourisme, le textile, l’automobile, les transports et le luxe. Comme à chaque fois en temps de crise, les patrons veulent nous faire avaler leurs émouvantes histoires sur les difficultés qu’ils traversent et sur l’impossibilité qu’ils ont de maintenir l’emploi. Cette fois, c’est le coronavirus qui leur sert de bonne excuse. La larme à l’œil, ils annoncent la mise au chômage technique et le licenciement de nombreux travailleurs et les gouvernements, quant à eux, tendent le mouchoir et appellent à la solidarité. Il ne s’agit là que d’une comédie qui vise à faire payer la crise aux travailleurs et à maintenir les profits. En 2019, les entreprises ont versé la somme astronomique de 1 430 milliards d’euros de dividendes à leurs actionnaires. Il y a donc largement de quoi continuer à maintenir l’emploi des travailleurs sur le dos desquels ces fortunes s’établissent.

Macron au service des patrons

En France, face à l’opposition contre la loi sur les retraites, le gouvernement a annoncé recourir à l’article 49.3 de la constitution qui lui permet de faire passer des lois sans vote des parlementaires. Le Premier ministre a prétendu que les 29 273 amendements déposés par l’opposition relevaient d’une politique d’obstruction et pas d’un vrai débat. La comédie de la pseudo-démocratie parlementaire n’a pas fait pas long feu devant l’impatience de ce valet du capitalisme qu’est Macron à sabrer dans les retraites des travailleurs.
Quant à la population laborieuse, elle a déjà majoritairement exprimé son refus de la nouvelle loi par des semaines de grève dans les transports, par des manifestations de centaines de milliers de travailleurs des secteurs public et privé.
Suite aux manifestations des gilets jaunes, Macron avait lancé un « grand débat national » qui était censé donner à chacun la possibilité de s’exprimer. Comme on s’en doutait, ce n’était que du pipeau car, quand la population laborieuse s’exprime clairement et majoritairement contre le démantèlement du système de retraites, le gouvernement ressort la matraque et fait passer la loi en force.
Puisque ce gouvernement, comme celui de Belgique, n’entend que la voix des patrons, il faudra faire entendre celle des travailleurs encore plus fort.

Au 21ème siècle, les femmes doivent encore se battre pour leurs droits !

A l’occasion de la journée du 8 mars, des manifestations ont eu lieu sur toute la planète, au Chili, en Espagne, en Europe, au Mexique, au Brésil, etc. Dans des pays comme le Pakistan ou l’Irak, elles ont bravé tous les interdits pour exprimer leur colère.
En colère, il y a effectivement de quoi l’être. Partout des femmes se font violer, molester, frapper sans que leurs agresseurs soient poursuivis.
Et quand ce n’est pas de la violence physique, il y a les inégalités sociales criantes : salaires moins élevés, temps partiels imposés. Ce sont elles qui font les boulots les plus pénibles et, en rentrant à la maison, elles doivent encore faire le ménage et nourrir le mari et les enfants. Et quand le mari s’en va, elles restent avec les enfants et les fins de mois difficiles.
Depuis quelques années, le mouvement #MeToo, par exemple, a été l’occasion de lever le voile sur la violence et l’hypocrisie de la société envers les femmes, y compris dans les milieux privilégiés. Mais pour une femme qui ose parler, au risque de subir la haine et le rejet, combien de milliers de femmes « normales » ont dû subir en silence les coups ou la misère ?
Le scandale du César octroyé à Polanski, poursuivi aux USA pour le viol d’une mineure, montre bien que la société n’a pas encore vraiment évolué. Ce n’est que le sommet de l’iceberg. Il faudra encore bien des combats pour que la moitié de l’humanité retrouve la place qui lui est due.

En France : Tous Ensemble

Ce jeudi 9 janvier, jour de grève et de manifestation, a été l’occasion pour les travailleurs de tous secteurs de rejoindre dans la grève ceux qui tiennent depuis 35 jours à la RATP, à la SNCF et ailleurs. Après les va-cances scolaires, le mouvement a repris dans l’éduca-tion et a touché les raffineries. Les manifestations de ce jour ont rassemblé 1 million de travailleurs, bien plus largement que les seuls services publics. Malgré les dé-sagréments, le mouvement de grève est largement sou-tenu dans la population car tous comprennent qu’il s’agit d’un hold-up généralisé du patronat sur les re-traites des travailleurs. Il faut qu’il s’étende encore pour obtenir le retrait du projet de démolition des retraites de Macron.

La rougeole tue !

Dans une bonne partie de l’Europe, la rougeole était sous contrôle. Jusqu’en 2019, on ne comptait qu’une dizaine de cas par an en Belgique. Or, cette année, c’est une vraie épidémie, près de 300 personnes sont tombées malades rien qu’en Belgique.
Depuis plusieurs années, on a vu l’apparition dans les milieux intellectuels d’un mouvement réactionnaire qui rejette l’utilisation des vaccins sous prétexte qu’ils ne sont pas « naturels » et qu’ils sont produits par des capitalistes avides de profit. Oui, les capitalistes s’enrichissent grâce aux vaccins mais ils sont néanmoins efficaces et ils ont permis de faire chuter le taux de mortalité. D’ailleurs, la rougeole sévit toujours hors d’Europe et, faute de vaccins, c’est près de 134 000 vies qu’elle a fauchées en 2015. Si les anti-vaccins veulent absolument de leur « liberté vaccinale », qu’ils aillent vivre dans le désert où ils ne contamineront personne en tombant malade !

Le capitalisme promet la liberté mais il n’a que la misère à offrir

Voilà trente ans que le mur de Berlin est tombé. Ce « mur de la honte » coupait en deux Berlin Ouest et Est et matérialisait la division entre la République fédérale d’Allemagne, capitaliste, et la République démocratique allemande, qui appartenait au bloc soviétique. Il avait été érigé en 1961 pour empêcher le passage des berlinois de l’Est vers l’Ouest, attirés par les promesses du « paradis » capitaliste.
Durant l’été 1989, cent mille est-allemands avait fui à l’Ouest et les manifestations contre le régime de l’Est se multipliaient, contraignant le gouvernement de l’Est à autoriser le passage du mur à Berlin. Ce fut un immense moment de fraternisation entre les habitants des deux parties de la ville. Personne dans la foule ne songeait encore à réunifier les deux Allemagnes. Partout dans le monde la presse encensait la victoire de la « démocratie ».
Cependant, le gouvernement ouest-allemand d’Helmut Kohl y vit immédiatement l’opportunité de reprendre le contrôle de la partie est du pays. Début 1990, il décréta qu’un mark de l’Est vaudrait autant qu’un mark de l’Ouest. Les marchandises produites à l’Est devenaient du coup quatre fois plus chères à l’exportation et surtout hors de prix pour ses clients du bloc soviétique, qui en absorbaient habituellement 80%. Coupée de son marché, l’économie est-allemande ne pouvait que s’effondrer et tomber sous la coupe de l’ouest. En cinq ans, des régions entières ont été transformées en déserts économiques, toute l’industrie de l’est a été récupérée par les capitalistes ouest-allemands et 2,5 millions de travailleurs se sont retrouvés au chômage, dans un pays où cela n’existait auparavant pas.
Trente ans plus tard, l’est de l’Allemagne reste la zone la plus pauvre du pays. La précarité y sévit, le chômage y est plus haut et les salaires plus bas. L’unification a enrichi les riches occidentaux mais n’a tenu aucune promesse, ni démocratique, ni économique, vis-à-vis des travailleurs.
Certes, le régime de l’Est était une dictature. C’est ce qui a été mis en avant par tous les prétendus démocrates de la planète quand le mur est tombé. Mais au moins, chacun y avait droit à un logement, à un travail et à une pension. Les soins de santé et les études y étaient gratuits. Il y avait la queue dans les magasins et bien des marchandises occidentales y étaient introuvables. Mais la table était toujours garnie et il ne fallait pas envoyer cent lettres de motivation pour trouver un emploi.
En Allemagne de l’est, les services secrets, la Stasi, contrôlait les faits et gestes de tous les citoyens, étouffant toute contestation dans l’œuf. Mais est-ce que les pays occidentaux sont plus démocratiques ? Aux États-Unis, la NSA enregistre et surveille toutes les communications électroniques de la planète. La lutte contre le terrorisme a justifié dans tous les pays de nouvelles attaques contre la vie privée. Et on a pu mesurer cette année encore la violence que la police est prête à utiliser contre les manifestants.
Pour un mur qui est tombé en 1989, combien ont été érigés depuis : entre Israël et la Palestine, entre les USA et le Mexique et des barbelés tout autour de l’Europe !
Mais rien de tout cela n’empêche les politiciens bourgeois qui se partagent le pouvoir sans tenir aucun compte des besoins réels de la population de continuer à prétendre que le capitalisme est un modèle de démocratie.
Le fait que la RDA, comme les autres pays du bloc de l’Est, se parait des couleurs du communisme a certainement contribué à dégoûter bien des travailleurs de cet idéal. Bien que ces régimes n’aient rien à voir avec le communisme, les intellectuels, les politiciens et les journalistes bourgeois ne se sont pas gênés pour associer communisme et dictature. Ils ont ainsi pu faire passer la chute du mur pour la chute du communisme et démoraliser ainsi toute une génération de travailleurs qui ne voient plus vers qui ou quoi se tourner pour s’organiser et se défendre. C’est une des raisons qui explique le soutien qu’obtient aujourd’hui l’extrême droite parmi la classe ouvrière en Allemagne et dans toute l’Europe.
Chômage, pauvreté, recul des luttes, démoralisation des travailleurs et montée de l’extrême droite, la chute du mur a été une catastrophe pour la classe ouvrière.
Donc, non, la chute du mur de Berlin n’a pas ouvert une nouvelle ère de liberté ! Pour que ce mot ait une signification pour tous, il faudra que le monde du travail exproprie les grands bourgeois, les industriels et les banquiers pour prendre en main la direction de l’économie et la gérer démocratiquement en fonction des besoins de tous.

Une démonstration de force des cheminots en France

C’est grâce au sang-froid et à la détermination de son conducteur que le pire a été évité, quand la rame qu’il conduisait a percuté un convoi exceptionnel bloqué sur les voies, à la hauteur d’un passage à niveau. Choqué et blessé lui-même, il s’est démené pour assurer la sécurité des 70 passagers. Les systèmes de sécurité ne fonctionnant pas, il a marché plus d’un kilomètre pour aller disposer des torches à l’avant et à l’arrière du train afin de signaler l’accident et d’éviter que l’arrivée d’un autre train ne provoque un suraccident. Il est ensuite retourné dans le train pour rassurer les passagers et s’occuper des voyageurs blessés.
Un mouvement s’est spontanément propagé chez les conducteurs et contrôleurs de la région, le soir-même de l’accident. Ils ont fait valoir leur « droit de retrait », qui permet à tout travailleur de refuser de travailler quand il existe un danger grave pour sa sécurité ou sa santé.
Puis le mouvement s’est répandu comme une traînée de poudre à l’échelle du pays dans les heures qui ont suivi. Chaque cheminot pouvait s’identifier au conducteur, rescapé miraculeux de la collision, et obligé, pour éviter la catastrophe, de surmonter à lui seul toutes les défaillances de la SNCF en matière de sécurité. Car les cheminots de tous les services vivent au quotidien les suppressions insupportables d’effectifs, la recherche effrénée des gains de productivité au mépris de la santé et de la sécurité des cheminots et de celle des voyageurs.
Pour que les milliards continuent à arroser le grand patronat, les gouvernements étouffent les services indispensables à la population à coup de réductions d’effectifs et de budgets. Ce sont des économies criminelles car elles mettent en danger la vie des travailleurs et de la population. Et cela n’arrive pas qu’à la SNCF et pas qu’en France. Dans les hôpitaux et dans les services d’urgence, combien de drames ne sont évités que grâce au dévouement des salariés ?
Cela n’a pas empêché les médias de relayer jusqu’à la nausée la campagne du gouvernement contre les cheminots. À les entendre, les cheminots seraient des irresponsables ayant décidé, sans aucune raison valable, de prendre en otage les voyageurs.
Mais du côté des cheminots, le sentiment qui dominait partout était la surprise et la fierté d’avoir su réagir à l’unisson et d’avoir relevé la tête.

General Motors USA : reprise après six semaines de grève

Après six semaines de grève, les travailleurs de General Motors aux États-Unis ont majoritairement voté pour la reprise du travail.
La grève avait commencé le 15 septembre, à l’appel du syndicat des travailleurs de l’automobile, l’UAW. Elle concernait l’ensemble des 46 000 salariés de GM dans le pays, employés dans 33 usines réparties dans neuf États et dans 22 magasins de pièces détachées.
Elle concernait les horaires de travail et les salaires, mais aussi les pensions, l’assurance maladie, etc. Depuis 2007, en faisant un chantage à la faillite, la direction de GM avait imposé des nouveaux statuts plus désavantageux pour les nouveaux embauchés, dont les salaires sont la moitié de ceux des anciens embauchés.
Ce système, dit à deux vitesses, a été au cœur de la mobilisation des grévistes, en colère contre ce recul pour les plus jeunes, et contre la division qu’elle induit entre travailleurs. Ces quatre dernières années, GM a fait près de 30 milliards de dollars de profits. Elle veut encore fermer quatre usines. Trop, c’était trop !
Les travailleurs ont obtenu jusqu’à 10 000 euros de primes et un recul partiel sur le double statut. Au-delà des gains matériels, le plus important est qu’il y a eu une réaction des travailleurs. Dans l’automobile, c’est la plus longue grève nationale depuis 1970. Et le soutien élevé dont les grévistes ont bénéficié, sur les piquets et ailleurs, montre que les travailleurs d’autres entreprises considéraient que ce combat était le leur

Amérique latine : dans la tourmente de la crise

Les manifestations qui se sont multipliées en Amérique latine sont en partie la conséquence des politiques menées depuis une quarantaine d’années, marquées par le démantèlement des entreprises publiques, vendues aux grandes entreprises locales ou aux multinationales. Elles se sont accompagnées de licenciements massifs de travailleurs et d’un endettement qui n’a cessé de croître.
Les dictatures des années 1966 et 1970 ont ouvert la voie. Les militaires chiliens au pouvoir à partir de 1973 ont offert à des économistes nord-américains un terrain expérimental pour mettre fin à toute régulation de l’économie, ouverte à la voracité des grands capitaux. Cela a amplifié les inégalités au Chili.
En Argentine, les militaires ont agi dans la même direction, léguant à la population une dette sans cesse croissante. Celle-ci a fait la fortune des établissements financiers et poussé dans la misère une grande partie de la population.
Il ne faut pas oublier que l’Amérique latine est, depuis toujours, dépendante des fluctuations des cours des matières premières : le pétrole pour le Venezuela et l’Équateur ; le gaz pour la Bolivie ; le cuivre pour le Chili ; la production agricole pour le Brésil et l’Argentine.
Comme on peut le constater aujourd’hui, aucun pays n’échappe aux conséquences de la crise du système capitaliste. Et les populations ne supportent plus de les payer.
Les années 2000-2011 ont été marquées par l’arrivée au Venezuela et en Bolivie de gouvernements qui se voulaient un peu plus favorables aux classes populaires. C’était d’autant plus possible que le cours du pétrole était à un sommet. En Argentine, Brésil ou Équateur, des gouvernements de centre-gauche ont voulu aller dans le même sens, menant des politiques d’aides sociales qui ont fait baisser en partie la pauvreté. Ce tournant à gauche a été bien modeste et aucun ne s’en est pris sérieusement à la dictature du capital. Puis quand les uns et les autres ont été en difficulté, la droite a pu revenir aux affaires et détricoter les programmes sociaux.
Une grande partie des classes populaires, du nord au sud de l’Amérique latine, se dresse aujourd’hui contre les conséquences de ces attaques, mais sans qu’aucune force politique leur présente une véritable alternative.


Au Chili, c’est l’augmentation du prix du ticket de métro de Santiago qui a été la goutte de trop dans une ville où le coût du transport peut représenter 20 % du salaire ouvrier et près de 40 % des pensions. La mobilisation des jeunes a tout de suite été populaire. Mais quand le président Sebastian Piñera a fait déployer la police puis l’armée contre eux, loin de démobiliser les manifestants, cela a réveillé le cauchemar de la dictature militaire et a fait descendre des milliers de personnes dans les rues de Santiago, faisant retentir des concerts de casseroles, aux cris de « Dehors, les militaires ! ». La révolte a gagné tout le pays et le président a reculé. Il a annoncé des mesures en faveur des plus pauvres, dont l’augmentation de 20 % du minimum retraite et le gel des tarifs de l’électricité.

La très sainte mafia…

Après le scandale international des prêtres catholiques pédophiles, le Vatican est maintenant sous le coup d’une quasi-faillite financière. Les malversations, les fraudes, les détournements et les blanchiments d’argent, etc. bref, tout ce que le capitalisme génère comme pourriture dans son sillage est révélée en pleine lumière au Vatican. Ainsi, sur les millions qui sont récoltés officiellement pour aider les pauvres, 80% n’arrivent jamais à destination, détournés sans vergogne. Tous ces prêtres en soutane, prêchant la morale au monde entier, ont une mentalité de profiteurs parasites.