International

L’empêchement de Trump : du cinéma de politiciens

Le Parti démocrate des États-Unis s’est lancé dans une procédure de destitution à l’égard de Trump. Il l’accuse de trahison pour avoir demandé des renseignements à l’État ukrainien sur le fils de son rival Biden en échange de menus services. Cette procédure n’a aucune chance d’aboutir. Il s’agit juste d’une manœuvre des Démocrates dans la campagne électorale pour la présidentielle de 2020.
Les Républicains à la sauce Trump ou autre comme les Démocrates se battent pour accéder au pouvoir afin de servir au mieux les intérêts des trusts américains. Une guéguerre qui ne concerne en rien les travailleurs.

Algérie : le chef de l’armée veut resserrer l’étau

Sept mois après le début de la contestation en Algérie, le chef de l’état-major Ahmed Gaïd Salah, nouvel homme fort du pays depuis la démission d’Abdelaziz Bouteflika, use de la force et de l’intimidation pour tenter d’imposer l’élection présidentielle du 12 décembre et en finir avec le mouvement.
Les restrictions aux libertés d’expression et de manifestation sont accompagnées d’une vague d’arrestations, en particulier à Alger, où la police procède à des interpellations à chaque manifestation. Rien qu’à la prison d’El Harrach à Alger, une centaine de personnes seraient en détention pour attroupement sans autorisation.
Dans ce contexte, l’ordre donné à la gendarmerie d’empêcher l’accès à la capitale aux manifestants venant des autres régions du pays, n’a fait qu’attiser la colère. Si cela fait déjà des mois que l’accès à la capitale le vendredi est rendu difficile par la suppression des trains de banlieue et les barrages filtrants des gendarmes, ce bouclage d’Alger revendiqué et médiatisé a été vécu comme une menace et une provocation.
Vendredi 20 septembre, la réponse des manifestants a été cinglante. Malgré les menaces, ils ont défilé massivement à Alger et dans une quarantaine de villes. Dans la capitale, les familles, les jeunes des quartiers populaires de Belcourt, Bab El Oued et la Casbah étaient présents en nombre, affichant leur fierté d’être toujours mobilisés, accueillant les manifestants des autres villes au cri de « Bienvenue aux autres wilayas ! ». Certains étaient venus en voiture la veille, d’autres par la mer, d’autres à pied en suivant les voies de chemin de fer. Avec détermination, ils ont répondu à Gaïd Salah : « Une démocratie, pas une caserne ! », « Gaïd Salah dégage ! », « Pas d’élection avec le gang ! »
La décision de placer un ex-ministre de Bouteflika à la tête de l’autorité « indépendante » chargée de superviser les élections nourrit le sentiment que le système se protège pour que rien ne change. Ce sentiment est renforcé par un quotidien dégradé par la hausse du chômage et une inflation galopante qui touche de plein fouet les classes populaires. Ces dernières semaines, l’émigration a repris de plus belle. Empruntant des embarcations de fortune, de nombreux jeunes sont morts en mer, laissant des familles dans le désarroi.
Pour défendre leurs droits démocratiques, comme leur droit à une existence digne, les travailleurs et les classes populaires sont conscients qu’ils n’ont d’autre choix que de s’organiser et d’amplifier leur mobilisation.

Égypte : “Sissi, dégage !”

Six ans après le coup d’État qui a porté le maréchal Sissi au pouvoir en Égypte, des centaines de manifestants ont contesté sa dictature, les 20, 21 et 22 septembre.
Après la diffusion virale sur les réseaux sociaux de la vidéo d’un entrepreneur égyptien en exil accusant le pouvoir de corruption, et dénonçant concrètement Sissi et ses proches se faisant construire par exemple de somptueuses villas, des manifestants se sont rassemblés par centaines. Au Caire place Tahrir, à Alexandrie, Suez, Mahalla et d’autres villes ouvrières, ils ont scandé « Sissi, dégage ! » et « Dites-le, n’ayez pas peur, Sissi doit partir ». Ils ont bravé les lois qui, depuis 2013, interdisent toute manifestation ou rassemblement. Depuis cette date, des centaines de sentences de mort ont été prononcées par les tribunaux militaires, 60 000 arrestations ont eu lieu, sans compter les disparitions forcées, tabassages et tortures. Systématiquement, les ouvriers débrayant pour réclamer leurs arriérés de salaire sont arrêtés, aussitôt qualifiés de terroristes et poursuivis à ce titre. Et cependant des travailleurs et des jeunes, des opposants, ont eu le courage de braver la police, les nuages de lacrymogènes, les tirs à balles de caoutchouc et même réelles.
Aussitôt, le black-out a été instauré. Des sites d’information comme celui de la BBC ou Facebook Messenger ont été coupés et le service du renseignement égyptien a averti les journalistes étrangers pour leur dire qu’il les surveillait de près.
Sissi et l’armée au pouvoir ont du mal à maintenir la fiction de la bonne situation des cent millions d’Égyptiens. L’austérité s’est accrue avec la suppression de subventions sur le carburant et des produits de base. En juillet, un tiers de la population a été recensée au-dessous du seuil de pauvreté, fixé à 1,30 euro par jour. Récemment encore, des ouvriers ont été arrêtés à Ismaïlia, dans le nord-est du pays, pour avoir manifesté contre leur patron et contre la perte de pouvoir d’achat face à l’inflation. Accusés de blocage des rues, ils n’ont été libérés qu’une semaine plus tard par la justice.
En visite à New York au moment des manifestations, le dictateur a pu faire mine d’ignorer les refrains scandés dans la nuit égyptienne. Mais la situation des travailleurs et de la population pauvre est source de colère, présente et à venir.

A Chirac, la bourgeoisie reconnaissante…

Chirac décédé, tous les politiciens français, de toutes les couleurs politiques, jusqu’à Mélenchon et Le Pen, se sont déchaînés pour faire l’éloge du personnage à la télé comme à la radio. Même « L’Humanité », le journal du parti communiste français lui a rendu hommage.
En Belgique, Reynders, Demotte, Charles Michel, Di Rupo, Verhofstadt et tous les autres y ont été de leur couplet.
Pour le monde du travail, Chirac fut un homme politique comme tous les autres gouvernants, multipliant les attaques : contre les retraites, vol d’un jour férié aux salariés sous prétexte de jour de « solidarité » envers les retraités, etc. Il fut aussi celui qui flatta les préjugés racistes les plus odieux en parlant « du bruit et de l’odeur » pour désigner les familles immigrées.
Bref, un digne représentant de la classe des bourgeois qu’il a servie quand il était au pouvoir et qui, aujourd’hui, lui rend l’oraison funèbre qu’il a mérité.

Haine contre Greta Thunberg

Depuis son intervention à l’ONU, la jeune militante écologiste Greta Thunberg a vu les attaques verbales contre elle monter d’un cran. Journalistes et politiciens l’accusent d’être une psychopathe, ou d’être manipulée, sans compter tous ceux qui cherchent à la décrédibiliser parce qu’elle est trop jeune, ou autiste ou même simplement… une fille. Il est en effet facile de s’attaquer au messager quand on ne veut pas que les choses changent. Tant que l’écologie permet de justifier l’augmentation des taxes, les politiciens en veulent bien ; tant qu’elle ne vise qu’à culpabiliser les individus qui consomment mal ou trop, ils la tolèrent. Mais pas question de toucher à la liberté des capitalistes de produire et de polluer.

Thomas Cook : des bénéfices pour les vautours, le désastre pour les salariés

La faillite de Thomas Cook, le géant mondial du voyage organisé, va laisser ses 22 000 salariés sur le carreau et faire passer un très mauvais moment aux 600 000 voyageurs qui doivent être rapatriés.
Cette faillite n’aura surpris que les voyageurs et les salariés car cela faisait de longs mois que les dirigeants et les actionnaires de la compagnie savaient qu’elle était en crise. Pendant toute cette période, les dirigeants ont touché des millions d’euros de primes et de salaires – 9 millions par an, rien que pour le CEO. La compagnie n’a pas hésité à continuer à vendre des voyages et à laisser partir les touristes jusqu’à la dernière minute, alors qu’il était évident que les hôtels ne seraient pas payés et les retours pas assurés.
Sur les marchés financiers, les traders-vautours se préparaient depuis ce printemps déjà à dépecer ce qu’il resterait de la compagnie au moment où elle fermerait définitivement. Ceux qui ont ainsi misé sur la faillite vont empocher plus de 200 millions d’euros ! Quant aux actionnaires, cela ne leur coûtera pas grand-chose, ils avaient tous déjà récupéré leur mise, et aucun compte ne leur sera demandé pour le désastre social que leur appétit du gain aura causé.

Grève à General Motors

Près de 50 000 salariés de General Motors aux États-Unis ont fait grève le 16 septembre à l’appel du syndicat de l’automobile UAW. C’est la première grève de cette ampleur depuis plus de 10 ans chez ce constructeur. Elle entre dans le cadre de la négociation d’un nouveau contrat collectif pour les années à venir entre les directions syndicales et le patron. Ce contrat comprend entre autres le montant que l’entreprise va payer pour les soins de santé des travailleurs et combien elle s’engage à payer de pensions. Car aux USA, ce sont des choses qui ne sont pas décidées ni organisées par les gouvernements, mais bien par les entreprises ! Cynique, General Motors refuse de payer les soins de santés, ferme 4 usines aux États-Unis alors que l’entreprise a empoché 8 milliards de dollars de profits l’an dernier, et 35 milliards en Amérique du Nord ces 3 dernières années.

Multinationales = méga fraude fiscale

La Commission Européenne continue de poursuivre la Belgique pour ses pratiques d’ « Excess Rulings », qui lui permet de réduire les impôts de grandes entreprises multinationales en échange de leur installation en Belgique. On parle de 700 millions d’euros de manque à gagner pour les caisses publiques. Ce qui gêne la commission c’est que ce sont des aides d’État déguisées. Ce qui nous dérange c’est que ces entreprises ultra-richissimes ne paient quasiment aucun impôt avec la complicité du même gouvernement qui continue à imposer l’austérité aux familles populaires.

Migrants : les barbelés de la honte

Cet été, le navire Open Arms, qui venait de secourir une centaine de migrants en détresse, est resté bloqué trois semaines en mer, avec l’interdiction formelle d’entrer dans les eaux territoriales italiennes. Certains réfugiés, n’en pouvant plus, ont tenté de rejoindre la côte à la nage. La justice italienne a finalement levé l’interdiction et permis le débarquement, mais elle a interdit au navire de repartir. Plus récemment, l’Ocean Viking, s’est retrouvé bloqué deux semaines avec 356 réfugiés qu’il a finalement pu débarquer à Malte. C’est actuellement le dernier navire qui continue à porter secours aux migrants. En effet, les opérations de secours de l’Union Européenne ont été arrêtées et les embarcations en détresse sont simplement signalées aux garde-côtes libyens qui emmènent les migrants dans des camps d’internement où ils sont réduits en esclavage.
Tout cela est démesuré, chaque navire est présenté par les démagogues à la Salvini comme une invasion, et il n’est pas le seul. Il faut des semaines de négociation pour que les pays européens se répartissent quelques dizaines de réfugiés. Quant aux ONG, elles sont accusées de trafic d’êtres humains et tous les prétextes sont bons pour bloquer leurs navires ou les décourager.
Chaque année, ce ne sont pourtant que quelques dizaines de milliers de migrants au plus qui parviennent en Europe, majoritairement des Syriens, des Afghans et des Irakiens qui fuient leurs pays encore ravagés par la guerre. C’est une goutte d’eau par rapport aux 750 millions d’Européens. C’est bien moins que les migrations du vingtième siècle, qui avait vu des centaines de milliers d’Espagnols fuir la dictature de Franco puis l’exode de millions de personnes lors de la dernière guerre mondiale.
Et même s’il y en avait plus, est-ce que cela justifierait de condamner à la mort par la noyade ceux qui fuient la dictature des Talibans, les bombes syriennes ou la sécheresse en Afrique ?
L’Europe se présente comme un modèle d’humanisme et ses responsables ne se privent pas de critiquer la manière dont Trump enferme les migrants mexicains dans des camps où les enfants sont séparés de leurs parents. Mais, qu’ils soient provocateurs comme Salvini ou Francken, ou hypocrites comme Macron, les dirigeants européens entretiennent tous la peur et le racisme pour tenter de convaincre les couches populaires européennes frappées par le chômage, la pauvreté et la précarité, que leurs malheurs sont causés par d’autres travailleurs et ainsi détourner leur colère des vrais responsables, les capitalistes « bien de chez nous ».

Brexit : le clown sinistre

Depuis le 24 juillet, Boris Johnson a remplacé Theresa May au poste de Premier ministre britannique, avec la promesse que le Brexit sera effectif dès le soir du 31 octobre prochain, « que ça passe ou que ça casse ».
Entre une ministre de l’Intérieur favorable à la peine de mort, une secrétaire à la Santé qui est contre le droit à l’avortement, un ministre des Affaires étrangères pour la réduction des congés payés et la fin des réglementations sur la durée du travail, il est clair que c’est un gouvernement purement réactionnaire qui vient d’être mis en place.
Johnson veut le Brexit pour le 31 octobre au soir. Sauf qu’il ne veut pas qu’il se fasse sur la base de l’accord de retrait signé entre Theresa May et l’UE. La seule issue possible serait un départ sans accord, qui impliquerait la suspension immédiate de tous les liens privilégiés existant entre l’UE et la Grande-Bretagne, en particulier en matière de commerce, de finances, de transport, etc.
Sans doute y a-t-il déjà eu des négociations dans les coulisses pour prévoir des solutions provisoires évitant la paralysie de l’économie. Mais nul ne peut dire si elles empêcheront une réaction en chaîne et une crise économique généralisée.
Une partie de la classe politique anglaise ne veut pas prendre un tel risque. Afin d’empêcher les députés de contester son projet, Johnson a décrété une suspension du parlement pour cinq semaines. Cela soulève l’indignation de l’opposition et au sein de son propre parti. Tous parlent d’une grave atteinte à la démocratie. C’est faire beaucoup d’honneur à ces règles dites démocratiques, tellement élastiques et manipulables qu’elles autorisent tout et son contraire.
Ce qui est certain en revanche, c’est que quelle que soit la forme finale du Brexit, il coûtera très cher en subventions en faveur la bourgeoisie. On verra alors Johnson et ses acolytes de tout bord se tourner vers la classe ouvrière pour lui faire payer la note. C’est contre cela que la classe ouvrière britannique doit se préparer à se défendre, sans compter sur une nouvelle élection ou un nouveau référendum.