Archives pour la catégorie International

Birmanie : la lutte continue

Après le coup d’état qui a envoyé l’ancienne présidente Aung San Suu Kyi en prison le 1er février, la contestation ne faiblit pas et nombreux sont les travailleurs qui continuent de s’opposer à l’armée malgré la répression. Particulièrement brutale dans les quartiers ouvriers, qui animent la révolte notamment grâce aux jeunes ouvrières du textile, elle ne parvient pas à enrayer le mouvement alors qu’une grève générale a été décrétée depuis plus d’un mois. Les travailleurs refusent une dictature qui aggravera encore leur sort et montrent ainsi leur détermination à combattre non seulement les militaires, mais aussi leurs donneurs d’ordre : les capitalistes.

Propriété privée contre nécessité publique

Alors que la pandémie se poursuit et que l’on se trouve au seuil d’une troisième vague, les vaccins continuent à faire défaut. Bien qu’ils aient été produits grâce aux efforts de techniciens et de chercheurs inspirés par les précédentes découvertes scientifiques et payés en bonne partie grâce aux subsides publiques, les vaccins sont la propriété exclusive de quelques entreprises. Celles-ci gardent jalousement « leur » recette secrète et fixent librement les prix en organisant la production comme bon leur semble afin de pouvoir en tirer le maximum de profits. Nous voilà confrontés aujourd’hui au résultat de cette appropriation scandaleuse.

France : à quand l’abolition du droit de cuissage ?

La Cour européenne des droits de l’homme est saisie d’une plainte contre l’État français pour une décision judiciaire particulièrement abjecte. La plaignante a été condamnée à un divorce à ses torts exclusifs parce qu’elle refusait d’avoir encore des relations sexuelles avec son époux ! Cette sanction, qui n’est pas la première du genre, continue tout simplement à légaliser le droit au viol et la servitude conjugale. À l’international, la France peut encore chercher à faire illusion avec sa diplomatie soi-disant féministe. À l’intérieur, elle continue à être régie par une mentalité misogyne et patriarcale. Et ce n’est pas avec un ministre de l’Intérieur visé par des accusations de viol que cela changera.

De la Commune de 1871 à aujourd’hui : la même guerre de classes

Il y a 150 ans, le 18 mars 1871, le petit peuple parisien s’insurgeait et proclamait la Commune. Pour ceux qui ne se résignent pas à la domination de la bourgeoisie, c’est, encore aujourd’hui, un fait extraordinaire et enthousiasmant.

La Commune de Paris a été, en France, le premier et le seul pouvoir ouvrier. Du 18 mars au 28 mai 1871, pendant 72 jours, le peuple ouvrier, artisan et boutiquier de Paris – on dirait aujourd’hui le monde du travail – s’est gouverné lui-même.

La bourgeoisie prétend toujours être la seule classe capable de diriger. La Commune a prouvé que les classes laborieuses, les petites gens, n’avaient pas besoin de rois, de politiciens, de chefs ou de patrons pour organiser la vie sociale. Elle a fait ce qu’aucun gouvernement bourgeois n’a jamais fait et ne fera jamais : elle a dirigé la société pour qu’elle réponde aux besoins du plus grand nombre.

En septembre 1870, la France connut une formidable ébullition politique suite à la défaite contre l’armée prussienne, à la chute de Napoléon III et à la proclamation de la République. Les assemblées et les clubs s’étaient multipliés un peu partout. Et surtout, à Paris, le peuple ouvrier s’était armé et organisé au sein des bataillons de la garde nationale pour se défendre.

Pour le gouvernement républicain bourgeois, c’était la menace d’une révolution ouvrière qu’il fallait tuer dans l’œuf. Lorsqu’il tenta de le faire, le 18 mars 1871, en enlevant les canons gardés dans les quartiers populaires, il déclencha l’insurrection.

Le peuple de Paris organisa alors son propre gouvernement : la Commune. Il choisit des responsables issus de ses rangs, des ouvriers et des militants connus pour leur dévouement aux travailleurs. Aux finances, un ouvrier relieur, Eugène Varlin ; à la commission du travail, Léo Frankel, un ouvrier bijoutier hongrois…

C’en était fini des privilèges, des sinécures et des passe-droits ! Membres de la Commune, chefs de bataillons, fonctionnaires municipaux… tous les responsables étaient élus. Ils trouvaient tout naturel d’être rétribués comme les ouvriers qualifiés, naturel aussi de rendre des comptes. Ils ne s’enfermaient pas dans les palais dorés de la République comme cela se fait aujourd’hui, ils vivaient parmi la population et ils étaient ainsi contrôlés et révocables à tout moment.

Le peuple faisait confiance à ses élus, mais surtout, les élus faisaient confiance au peuple et s’appuyaient sur son action. Associations de quartier, syndicats, coopératives… mille et une initiatives étaient prises pour régler les problèmes des classes laborieuses, et nombre de femmes, comme l’institutrice Louise Michel ou l’ouvrière Victorine Brocher, y tinrent les premiers rôles.

Il fallait nourrir de toute urgence la population ? Des cantines collectives furent mises sur pied. Il fallait donner un toit à des milliers de familles ? Les Communards décidèrent un moratoire sur les loyers et réquisitionnèrent les logements vacants. Il n’y avait plus de travail ? Ils chargèrent les associations ouvrières de faire tourner les ateliers abandonnés. Il fallait éduquer les enfants ? Les églises furent réquisitionnées et transformées en écoles, des volontaires sollicités…

Le petit peuple de Paris pouvait compter sur un gouvernement qui prenait fait et cause pour le locataire contre le propriétaire, pour l’ouvrier contre le capitaliste, pour le pauvre contre le riche.

Une telle démonstration était intolérable pour la bourgeoisie. Le gouvernement de Thiers écrasa la Commune, fusillant sans autre forme de procès quelque 20 000 Communards.

Aujourd’hui, la société fonctionne à l’inverse des principes de la Commune : le gouvernement dirige au service exclusif d’une minorité richissime, pour les profits et la propriété privée de cette poignée de parasites. C’est ce qui rend la société incapable de trouver les solutions aux maux dramatiques qu’elle génère : le chômage, les crises économiques ou la crise écologique.

C’est ce qui fait que, dans cette pandémie, aucun gouvernement ne veut transformer les vaccins en biens communs de l’humanité, ni réquisitionner les usines et les laboratoires pour les produire en masse. C’est ce qui rend les pouvoirs publics incapables de réquisitionner les logements vacants et, à plus forte raison, d’exproprier les capitalistes qui ferment des usines et transforment des régions entières en déserts industriels.Non, la Commune n’appartient pas au passé. Elle nous rappelle qu’un autre monde est possible, que l’émancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes.

Du sang sur le ballon

Depuis l’ouverture des chantiers de la coupe du monde au Qatar en 2010, plus de 6 500 travailleurs y ont trouvé la mort. Forcés de travailler sous un soleil de plomb plus de 60 heures par semaine et pour des salaires de misère qui ne sont pas toujours versés, de nombreux ouvriers suent sang et eau afin de permettre aux patrons de la construction d’honorer les juteux contrats qu’ils ont signés. 

Un vaccin lucratif

Si les entreprises pharmaceutiques se sont lancées dans la course aux vaccins contre le Covid, c’est uniquement pour en tirer un maximum de profits : les capitalistes ne font pas dans l’humanitaire. Investir dans la santé n’est, au fond, qu’une bonne affaire. Et les bénéfices s’annoncent colossaux ! Pfizer et Moderna, premiers à avoir été homologués, ont pu vendre à des prix très élevés et arrivent donc en tête de classement. Ils s’attendent respectivement à engranger 15 et 8,4 milliards de dollars supplémentaires rien que pour l’année 2021 ! Voilà de quoi maintenir les actionnaires en bonne santé.

Un coup de semonce

La procédure de confirmation du nouveau président américain, Joe Biden, a été interrompue par une foule furieuse de partisans de Trump, arborant des casquettes à son effigie et parfois armés, qui a envahi le Capitole de Washington, où se trouvent l’assemblée nationale et le Sénat. Cela ne s’était jamais vu en deux cent ans d’histoire des États-Unis.

La police a été complètement débordée. Il a fallu des heures pour que la garde nationale soit appelée en renfort et elle est arrivée au compte-gouttes. Il était frappant de voir la mollesse avec laquelle la police a fait évacuer les lieux, repoussant lentement des émeutiers qui n’avaient pas trop l’air de s’en faire. Il n’y a eu que quelques dizaines d’arrestations et ni blindés ni hélicoptères militaires comme c’est le cas lors des manifestations de Black Lives Matter. On ne peut s’empêcher de penser que si les manifestants avaient été noirs, ils auraient été tués avant même de s’approcher du bâtiment. 

En tout cas, les responsables de la police ne peuvent pas prétendre ne pas avoir été au courant, puisque cela fait des semaines que Trump appelle ses troupes à manifester contre le résultat des élections et qu’elles ont déjà montré ce dont elles étaient capables dans leurs débordements contre le port du masque ou en attaquant les manifestants de Black Lives Matter, sans d’ailleurs jamais être inquiétées par la justice. 

Les “ultras” de Trump sont un mélange hétéroclite de tout ce que le capitalisme américain rejette par en bas : petits patrons menacés par le grand commerce, indépendants anti-impôts qui voudraient exploiter leurs salariés sans contraintes, fermiers ruinés et toute une clique de suprématistes blancs, pro-nazis et tenants de diverses sectes complotistes. 

Certes, on peut trouver choquant que le président de la plus grande puissance du monde, qui donne des leçons de « démocratie » au monde entier, appelle ses supporters à monter à l’assaut du congrès parce qu’il refuse de reconnaître sa défaite aux élections. L’ancien président Bush a comparé la situation à celle d’une « république bananière » ! Une partie des élus républicains, ceux dont la base électorale est plus modérée, ont fini par lâcher Trump plus ou moins ouvertement. Après trois ans, onze mois et vingt jours de soutien sans faille, on ne peut pas vraiment parler de courage politique !

Ce coup d’éclat de Trump, qui pourrait le faire passer, une fois de plus, pour un fou furieux, est un calcul politique. Il fait passer un message à ses électeurs auxquels il dit « je vous ai compris » et je suis avec vous contre le système. En même temps, il fait une démonstration de force vis-à-vis des autres républicains qui seraient un peu trop pressés de retourner leur veste. 

Ce n’est donc pas parce que Trump va quitter le pouvoir que sa politique ne va pas continuer. Car Trump n’est pas un clown de foire arrivé là par accident. Les gesticulations, c’est pour la galerie, c’est pour démontrer sa capacité à récolter des voix sur son nom ; mais, en réalité, il a été soutenu dès le début et continue à être soutenu par une partie importante de la grande bourgeoisie américaine, celle qui domine le monde et qui compte sur lui pour maintenir l’ordre social dans un pays où les inégalités sont parmi les plus importantes du monde. Il est en ce sens comparable à un Orban ou à un Bolsonaro qui, eux aussi, jouent aux amis du peuple avec un programme économique et politique anti-ouvrier. Trump s’attaque à la Chine au nom de l’emploi américain, alors que la première menace sur l’emploi vient des patrons américains eux-mêmes.

Il n’y a pas et ne peut pas y avoir de réelle démocratie dans un système capitaliste, quand une minorité de grandes familles ultra-riches tient entre ses mains le pouvoir économique, a quasiment un droit de vie et de mort sur des millions de travailleurs, et le pouvoir de faire ou défaire les présidents. Malgré tout, la démocratie, même à la sauce bourgeoise, est un cadre qui permet aux travailleurs de s’organiser et de défendre leurs droits, leurs emplois et leurs salaires. 

 En revanche, cette attaque montre la fragilité des acquis démocratiques et qu’une partie de la grande bourgeoisie est prête à soutenir des politiciens avec un programme répressif. Les ultras de Trump seront les premiers recrutés pour briser les grèves ou assassiner militants politiques et syndicalistes.

Biden, s’il n’est pas aussi riche que Trump, sert tout autant les intérêts patronaux. Il a déjà promis d’injecter des milliers de milliards de dollars dans l’économie, qui serviront avant tout à augmenter les profits des grands actionnaires. Contre les attaques directes d’un Trump et de ses nervis ou celles, plus doucereuses, d’un Biden, les travailleurs ne peuvent compter que sur eux-mêmes, leur détermination et leur mobilisation.

Les réactionnaires contre l’IVG en Pologne

Jeudi 22 octobre, la Cour constitutionnelle polonaise a jugé inconstitutionnelle une des clauses de la loi sur l’IVG, qui permet aux femmes enceintes d’un fœtus présentant des malformations « graves et irréversibles » d’avorter.

La loi sur l’IVG en Pologne était déjà parmi les plus restrictives. Chaque année, deux cent mille femmes avortent illégalement, à l’étranger pour les plus fortunées, et dans des conditions dangereuses et éprouvantes pour les autres.

Dès le lendemain de la sentence et tout le week-end suivant, des centaines de milliers de femmes et d’hommes ont manifesté dans une douzaine de grandes villes. On ne peut que les soutenir et espérer que le pouvoir réactionnaire soit contraint de reculer.

Non à tous les semeurs de haine !

En France, un enseignant a été assassiné pour avoir montré à ses élèves les caricatures de Mahomet de Charlie Hebdo dans le contexte d’un débat sur la liberté d’expression. Deux semaines plus tard, trois personnes ont été tuées dans une église à Nice. 

Le gouvernement, les politiciens de droite et d’extrême droite profitent de ces crimes pour redoubler de démagogie et jeter la suspicion sur tous les musulmans, voire tous les migrants.

L’extrême droite islamiste et les crimes qu’elle inspire creuse un fossé entre musulmans et non-musulmans, elle veut imposer une dictature à ceux-là mêmes qu’elle prétend représenter et défendre.

Qu’ils proviennent des réactionnaires français ou islamistes, les courants fascistes creusent le fossé dans la population et divisent les travailleurs. Leur objectif est semblable: réduire toute contestation au silence, imposer leur ordre moral, tout en préservant l’ordre social capitaliste.

Les migrants se noient… sous bonne garde

L’Union européenne, à travers son agence de garde-frontière « Frontex », vient d’investir 100 millions d’euros pour l’achat de drones militaires. Au lieu de faire sillonner les mers par des bateaux, ce qui oblige l’agence à porter secours aux migrants qui s’échouent, c’est désormais par drone que l’UE souhaite les contrôler ou les refouler. Elle fait ainsi d’une pierre deux coups : elle arrose les capitalistes de l’armement grâce à de juteux contrats et laissent les migrants à la mer ou aux mains des garde-côtes libyens, ce qui revient presque à la même chose.