International

Élections européennes – France

Le parti d’extrême droite Rassemblement national est arrivé en tête avec 23,3 % des voix.
Dans ces élections, le RN a eu en partie les voix, à droite, de ceux qui se sont détournés du parti Les Républicains, le parti de la droite durablement discrédité par les scandales. Qu’une partie de l’électorat de droite issu des milieux les plus réactionnaires de l’opinion, parmi les catholiques intégristes, les racistes et les nostalgiques des guerres coloniales, puisse voter à l’extrême droite, ce n’est pas un phénomène nouveau.
Mais c’est souvent dans les quartiers populaires et dans les villes ouvrières que l’extrême droite a eu des succès. Une fraction importante, sinon majoritaire dans les quartiers les plus pauvres, a exprimé son mécontentement en s’abstenant. Mais d’autres ont apporté leurs voix à la liste de Le Pen, en donnant à ce vote le sens d’une protestation sociale contre Macron. D’autres listes avaient appelé à faire de cette élection européenne un référendum anti-Macron. Mais, le RN apparaissant comme celui qui était le plus en situation d’arriver en tête, il a bénéficié d’un effet « vote utile » contre Macron. Tous ceux qui ont réduit l’élection à un vote sanction contre le président ont ainsi contribué à faire le jeu du RN. La campagne empreinte de nationalisme de la France insoumise de Mélenchon, sur la nécessité de rétablir les frontières du pays avec l’Europe, a contribué à effacer celle qui la différenciait politiquement du RN aux yeux des électeurs des milieux populaires.
Plus largement, l’électoralisme des partis de gauche, du PS et du PC, leurs trahisons et leurs reniements répétés chaque fois qu’ils se sont retrouvés au pouvoir, tout cela a contribué à effacer les réflexes de classe des travailleurs et à les désorienter politiquement.
Ainsi, au sein des classes populaires, certains ont voté pour l’extrême droite en croyant que c’était le moyen d’exprimer leur opposition à Macron sans forcément exprimer leur adhésion aux idées de celle-ci. Mais ainsi ils ont permis à un mouvement profondément antiouvrier de se renforcer. Les succès électoraux de l’extrême droite risquent de faire reculer encore davantage parmi les travailleurs la conscience que les capitalistes et leurs représentants sont les véritables responsables des reculs catastrophiques imposés à toute la société.

Éthique en toc

Non contents d’empoisonner la population avec son Round-Up, Monsanto a envoyé ses espions pour ficher les « opposants », journalistes, politiciens et scientifiques qui ont contribué à l’interdiction de ce produit à base de Glyphosate cancérigène. La maison mère, Bayer, s’est excusée et a juré la main sur le cœur que de telles pratiques étaient « contraires à son éthique ». Il faut croire que l’éthique des patrons est soluble dans le profit.

Travailleuses en lutte !

Des travailleuses de l’hôtel NH Collection de Marseille sont en grève depuis mi-avril. Elles réclament de meilleures conditions de travail, un treizième mois et le paiement d’heures impayées. La direction d’Elior, la société sous-traitante pour laquelle elles travaillent, a toujours répondu par le mépris à leurs revendications. Elle ont donc installé un piquet à l’entrée de l’hôtel. Le patron s’est directement saisi de la justice pour harceler les grévistes, jusqu’à faire venir la police avec casques et boucliers pour disperser le piquet. Elle n’a d’ailleurs pas hésiter à les brutaliser. Cependant, les travailleuses sont bien décidées à continuer à se battre et la justice n’a pas encore réussi à briser leur volonté.

Les profits sur la mort

Une nouvelle enquête menée par des journalistes révèle que des armes belges sont utilisées par l’Arabie Saoudite dans la guerre au Yémen. Certains membres du gouvernement plaident aujourd’hui en faveur de la suspension des livraisons à l’Arabie Saoudite alors qu’ils lui ont envoyé des armes pendant des décennies. Pour justifier le passé, ils expliquent que la licence d’exportation avait été octroyée pour fournir des armes à vocation défensive et qu’aujourd’hui, cela a changé. Quelle hypocrisie ! Dans les mains de cette dictature, connue notamment pour son soutien aux djihadistes du monde entier, ces armes ne peuvent servir qu’à réprimer, assassiner et massacrer.
Les industriels de l’armement et les dirigeants belges sont complices de la mort de milliers de civils au Moyen-Orient, mais peu leur importe, du moment que les profits soient au rendez-vous !

Élections européennes – Grèce

Avec 23,81 % des voix, Syriza, le parti du Premier ministre Tsipras est devancé de presque dix points par la Nouvelle démocratie (33,10 %), le parti de droite classique dirigé par Kyriakos Mitsotakis.
La gauche autour du Pasok, l’ancien parti social-démocrate, n’a recueilli que 7,67 %. Le Parti communiste grec est à 5,7 %, un peu moins qu’en 2014. L’extrême droite se maintient globalement avec 4,9 % pour l’Aube Dorée et 4,10% au nouveau venu nationaliste La Solution grecque.
Tsipras n’a pourtant pas ménagé sa peine pour tenter de convaincre les Grecs avec la fin officielle des plans d’austérité, son gouvernement était le seul à garantir les quelques mesures envers les plus démunis (l’augmentation de 50 euros pour les pensions de retraite à 500 euros, baisse de la TVA sur les produits alimentaires) dont, selon lui, un échec de Syriza aurait sonné la fin.
Épuisée par des années d’austérité, laminée par le chômage à près de 19 % et par la fuite à l’étranger de centaines de milliers de jeunes, la population n’avait pas de raisons de croire à ces nouvelles promesses.
Si Tsipras a rendu service à quelqu’un, c’est bien à la bourgeoisie, aux hommes d’affaires et aux politiciens européens et grecs, et aussi finalement à ses adversaires politiques. Mitsotakis a profité du discrédit du chef du gouvernement pour ranimer le parti traditionnel de la droite, pourtant tout autant responsable de la catastrophe sociale et économique. Il était lui-même un des ministres du dernier gouvernement de droite avant Tsipras. Il a pu faire une campagne axée sur « la stabilité, le refus de l’insécurité et de l’accord de Prespes », l’accord signé par les gouvernements grec et macédonien qui reconnaît officiellement à ce pays le nom de République de Macédoine du Nord. Jouant sur le nationalisme, Mitsotakis a rassemblé les voix de ceux qui refusent catégoriquement que le nom de Macédoine s’applique à autre chose qu’à une région grecque.
Tsipras réclamait un vote de confiance dans une élection où, pour la première fois, les jeunes pouvaient voter dès 17 ans. Devant l’échec, il a annoncé des élections législatives, anticipées à fin juin ou début juillet au lieu d’octobre. Elles risquent d’enregistrer encore une fois la faillite d’un gouvernement de gauche qui n’a rien su faire d’autre que de gérer les conséquences de la crise économique.

PSA : de quel côté est la justice ?

En France, 900 emplois sont menacés à l’usine de PSA de Poissy. Les travailleurs ne comptent pas se laisser licencier et se sont mis en grève pour forcer le patron à conserver l’emploi.
Or, la direction s’est empressée de répliquer et a fait convoquer par le tribunal neuf militants syndicaux de la CGT pour avoir soi-disant séquestré un chef d’équipe. Ils sont menacés de 6 mois de prison avec sursis !
La justice est une arme aux mains des patrons. Elle n’a aucun problème à enfermer les ouvriers qui se battent pour leur avenir, mais ne compte pas s’attaquer aux employeurs licencieurs qui condamnent des centaines de travailleurs à la misère.
Les patrons espèrent intimider les travailleurs et mettre fin à leur mobilisation. Cependant, les plus engagés ne sont pas dupes et ils étaient nombreux à manifester devant le tribunal pour soutenir leurs camarades.

Liberté d’informer… mais pas trop

Julian Assange, le fondateur de Wikileaks, a été arrêté à l’ambassade d’Équateur à Londres, où il était réfugié depuis 2012. Les États-Unis ont demandé son extradition pour «conspiration». Il a en effet aidé une militaire américaine, Chelsea Manning, à publier des millions de documents de l’armée et de la diplomatie américaine, révélateurs de leurs pratiques malfaisantes.
Trump encensait Wikileaks lorsque le site publiait les mails piratés de sa rivale Hillary Clinton. Mais aujourd’hui, comme tous les autres dirigeants, il tient à protéger les secrets diplomatiques derrière lesquels les puissants de ce monde s’abritent pour faire leurs coups tordus contre les peuples.

Amazon : la propagande patronale et la réalité…

Jeff Bezos, le dirigeant d’Amazon, dont la fortune atteint plus de 100 milliards de dollars, ose se vanter de payer à ses travailleurs des salaires plus élevés que ses concurrents.
Cependant, même à un niveau minimum de 15 dollars de l’heure, les salaires d’Amazon restent dérisoires. D’ailleurs, les travailleurs de quatre centres logistiques allemands n’en sont pas restés là et sont entrés en grève le 15 avril pour obtenir une revalorisation salariale. Espérons qu’ils fassent ravaler sa morgue à leur patron !

Algérie, Soudan : des leçons et un avertissement pour les travailleurs

Depuis plusieurs semaines, en Algérie et au Soudan, la population est parvenue à ébranler les dictatures en place depuis des dizaines d’années, à force de mobilisations massives et déterminées.
En Algérie, après les manifestations qui ont commencé en février, la population a obtenu la démission de Bouteflika, qui était au pouvoir depuis vingt ans. Le nouveau gouvernement a promis la tenue d’un scrutin présidentiel le 4 juillet prochain. Il espère ainsi canaliser l’aspiration au changement exprimée par la population et faire élire un homme qui assurerait la continuité du régime.
Les manifestations qui viennent d’avoir lieu dans tout le pays le 12 avril montrent que la majorité de la population ne veut pas se contenter d’un ravalement de façade et refuse d’accorder la moindre confiance à ceux qui ont dirigé le pays avec Bouteflika en réprimant toute opposition.
Cette méfiance est d’autant plus justifiée qu’au-delà de la clique de privilégiés et d’affairistes qui accaparent le sommet de l’État, c’est tout l’appareil répressif de la dictature, à commencer par l’armée, qui reste en place. Et si pour le moment, l’état-major n’a pas fait le choix de réprimer les manifestations, ses dirigeants n’ont pas hésité dans le passé à faire tirer à de nombreuses reprises sur la population.
Au Soudan, depuis quatre mois, des manifestations se déroulaient contre le renchérissement des produits de première nécessité, comme le sucre et le pain, dont le prix avait été multiplié par trois. Malgré la répression, les manifestations ont continué de s’amplifier. Finalement, le 11 avril, l’armée a décidé de lâcher le dictateur en place depuis 30 ans, organisant un coup d’État pour mettre en place un « Conseil militaire de transition ».
Contre ce qu’ils dénonçaient comme « une photocopie du régime », des milliers de manifestants ont continué de descendre dans la rue, défiant le couvre-feu instauré par les nouvelles autorités et obligeant le chef du Conseil militaire à peine installé à démissionner. « En deux jours, nous avons renversé deux présidents » scandaient fièrement les manifestants soudanais.
Les travailleurs et les classes populaires qui se sont mobilisés massivement en Algérie et au Soudan contre la dictature ont toutes les raisons d’être fiers. Ils ont montré qu’en luttant collectivement et d’une façon déterminée, ils représentent une force énorme.
Mais ce qui se passe aussi bien en Algérie qu’au Soudan nous montre aussi que cette force ne peut être efficace qu’à condition d’être guidée par une politique qui se place du point de vue des intérêts de classe des exploités. Cela nécessite que les exploités se donnent une organisation représentant à la fois ces intérêts et une perspective pour l’ensemble de la société.
La grande bourgeoisie, les classes privilégiées, ont à leur disposition un arsenal politique et des forces de répression pour défendre leur domination. Ces serviteurs politiques ou militaires ont les moyens d’inventer une multitude de subterfuges pour tromper la majorité pauvre de la population et tenter de la conduire vers des voies de garage.
Et si ces subterfuges ne suffisent pas, ils feront appel à la répression. En Algérie, de façon encore un peu déguisée, au Soudan de façon brutale, c’est l’état-major de l’armée qui joue le rôle de centre dirigeant pour offrir une solution à la classe dirigeante.
Eh bien, la principale leçon à en tirer pour les classes exploitées, et avant tout pour le prolétariat, c’est qu’il faut qu’elles disposent d’organisations susceptibles de devenir un état-major face à ceux de la bourgeoisie, à commencer par un parti en lequel elles se reconnaissent et qui sache opposer aux choix politiques de la bourgeoisie une politique favorable aux masses populaires.
L’autre leçon, c’est que la classe privilégiée n’abandonne jamais sans combattre. « Qui a du fer a du pain » disait Blanqui, un grand révolutionnaire du 19ème siècle parlant de l’armement des classes opprimées. La répression du printemps Égyptien en 2011 montre bien le sort que réservent les oppresseurs à un peuple désarmé.
La lutte que mènent aujourd’hui les travailleurs en Algérie et au Soudan, c’est aussi la nôtre en Belgique, celle que nous avons à mener pour renverser le pouvoir politique et économique de la classe privilégiée et pour mettre fin à la mainmise du grand capital sur la vie de la société.

Benoît XVI, sous-pape à réaction

Benoît XVI, l’ancien pape, s’est encore distingué par des propos ouvertement réactionnaires et homophobes mais aussi complétement imbéciles. Il accuse Mai 68, l’émancipation des femmes et des homosexuels d’avoir été à l’origine des débuts de la pédophilie dans l’Église. Même Trump qui ne passe pas pour une lumière est coiffé au poteau ! Les idées d’émancipation font progresser l’humanité, ouvrent les esprits et font reculer l’arriération (y compris religieuse) et non le contraire. A moins que l’ex pape ne veuille dire qu’émoustillés par les seins nus, les curés n’auraient eu d’autres choix que de s’en prendre aux enfants ? L’église et la religion ont toujours eu l’habitude d’accuser les femmes de tous les maux. Au lieu de 68, le pape aurait été plus inspiré d’accuser les sorcières, car les prêtres pédophiles sont au moins aussi anciens que les buchers !