International

Liberté d’informer… mais pas trop

Julian Assange, le fondateur de Wikileaks, a été arrêté à l’ambassade d’Équateur à Londres, où il était réfugié depuis 2012. Les États-Unis ont demandé son extradition pour «conspiration». Il a en effet aidé une militaire américaine, Chelsea Manning, à publier des millions de documents de l’armée et de la diplomatie américaine, révélateurs de leurs pratiques malfaisantes.
Trump encensait Wikileaks lorsque le site publiait les mails piratés de sa rivale Hillary Clinton. Mais aujourd’hui, comme tous les autres dirigeants, il tient à protéger les secrets diplomatiques derrière lesquels les puissants de ce monde s’abritent pour faire leurs coups tordus contre les peuples.

Amazon : la propagande patronale et la réalité…

Jeff Bezos, le dirigeant d’Amazon, dont la fortune atteint plus de 100 milliards de dollars, ose se vanter de payer à ses travailleurs des salaires plus élevés que ses concurrents.
Cependant, même à un niveau minimum de 15 dollars de l’heure, les salaires d’Amazon restent dérisoires. D’ailleurs, les travailleurs de quatre centres logistiques allemands n’en sont pas restés là et sont entrés en grève le 15 avril pour obtenir une revalorisation salariale. Espérons qu’ils fassent ravaler sa morgue à leur patron !

Algérie, Soudan : des leçons et un avertissement pour les travailleurs

Depuis plusieurs semaines, en Algérie et au Soudan, la population est parvenue à ébranler les dictatures en place depuis des dizaines d’années, à force de mobilisations massives et déterminées.
En Algérie, après les manifestations qui ont commencé en février, la population a obtenu la démission de Bouteflika, qui était au pouvoir depuis vingt ans. Le nouveau gouvernement a promis la tenue d’un scrutin présidentiel le 4 juillet prochain. Il espère ainsi canaliser l’aspiration au changement exprimée par la population et faire élire un homme qui assurerait la continuité du régime.
Les manifestations qui viennent d’avoir lieu dans tout le pays le 12 avril montrent que la majorité de la population ne veut pas se contenter d’un ravalement de façade et refuse d’accorder la moindre confiance à ceux qui ont dirigé le pays avec Bouteflika en réprimant toute opposition.
Cette méfiance est d’autant plus justifiée qu’au-delà de la clique de privilégiés et d’affairistes qui accaparent le sommet de l’État, c’est tout l’appareil répressif de la dictature, à commencer par l’armée, qui reste en place. Et si pour le moment, l’état-major n’a pas fait le choix de réprimer les manifestations, ses dirigeants n’ont pas hésité dans le passé à faire tirer à de nombreuses reprises sur la population.
Au Soudan, depuis quatre mois, des manifestations se déroulaient contre le renchérissement des produits de première nécessité, comme le sucre et le pain, dont le prix avait été multiplié par trois. Malgré la répression, les manifestations ont continué de s’amplifier. Finalement, le 11 avril, l’armée a décidé de lâcher le dictateur en place depuis 30 ans, organisant un coup d’État pour mettre en place un « Conseil militaire de transition ».
Contre ce qu’ils dénonçaient comme « une photocopie du régime », des milliers de manifestants ont continué de descendre dans la rue, défiant le couvre-feu instauré par les nouvelles autorités et obligeant le chef du Conseil militaire à peine installé à démissionner. « En deux jours, nous avons renversé deux présidents » scandaient fièrement les manifestants soudanais.
Les travailleurs et les classes populaires qui se sont mobilisés massivement en Algérie et au Soudan contre la dictature ont toutes les raisons d’être fiers. Ils ont montré qu’en luttant collectivement et d’une façon déterminée, ils représentent une force énorme.
Mais ce qui se passe aussi bien en Algérie qu’au Soudan nous montre aussi que cette force ne peut être efficace qu’à condition d’être guidée par une politique qui se place du point de vue des intérêts de classe des exploités. Cela nécessite que les exploités se donnent une organisation représentant à la fois ces intérêts et une perspective pour l’ensemble de la société.
La grande bourgeoisie, les classes privilégiées, ont à leur disposition un arsenal politique et des forces de répression pour défendre leur domination. Ces serviteurs politiques ou militaires ont les moyens d’inventer une multitude de subterfuges pour tromper la majorité pauvre de la population et tenter de la conduire vers des voies de garage.
Et si ces subterfuges ne suffisent pas, ils feront appel à la répression. En Algérie, de façon encore un peu déguisée, au Soudan de façon brutale, c’est l’état-major de l’armée qui joue le rôle de centre dirigeant pour offrir une solution à la classe dirigeante.
Eh bien, la principale leçon à en tirer pour les classes exploitées, et avant tout pour le prolétariat, c’est qu’il faut qu’elles disposent d’organisations susceptibles de devenir un état-major face à ceux de la bourgeoisie, à commencer par un parti en lequel elles se reconnaissent et qui sache opposer aux choix politiques de la bourgeoisie une politique favorable aux masses populaires.
L’autre leçon, c’est que la classe privilégiée n’abandonne jamais sans combattre. « Qui a du fer a du pain » disait Blanqui, un grand révolutionnaire du 19ème siècle parlant de l’armement des classes opprimées. La répression du printemps Égyptien en 2011 montre bien le sort que réservent les oppresseurs à un peuple désarmé.
La lutte que mènent aujourd’hui les travailleurs en Algérie et au Soudan, c’est aussi la nôtre en Belgique, celle que nous avons à mener pour renverser le pouvoir politique et économique de la classe privilégiée et pour mettre fin à la mainmise du grand capital sur la vie de la société.

Benoît XVI, sous-pape à réaction

Benoît XVI, l’ancien pape, s’est encore distingué par des propos ouvertement réactionnaires et homophobes mais aussi complétement imbéciles. Il accuse Mai 68, l’émancipation des femmes et des homosexuels d’avoir été à l’origine des débuts de la pédophilie dans l’Église. Même Trump qui ne passe pas pour une lumière est coiffé au poteau ! Les idées d’émancipation font progresser l’humanité, ouvrent les esprits et font reculer l’arriération (y compris religieuse) et non le contraire. A moins que l’ex pape ne veuille dire qu’émoustillés par les seins nus, les curés n’auraient eu d’autres choix que de s’en prendre aux enfants ? L’église et la religion ont toujours eu l’habitude d’accuser les femmes de tous les maux. Au lieu de 68, le pape aurait été plus inspiré d’accuser les sorcières, car les prêtres pédophiles sont au moins aussi anciens que les buchers !

L’ONU et l’avortement, une coquille vide

Le mardi 23 avril, le Conseil de Sécurité de l’ONU a voté une résolution sur les violences sexuelles envers les femmes lors des conflits armés. Or, sous la pression des gouvernements des États-Unis, de la Russie et de la Chine, le texte a été amputé de toutes les mentions faisant référence au droit des femmes à l’avortement suite aux viols.
Ces gouvernements réactionnaires, avec en tête le plus puissant d’entre eux, celui des États-Unis, crache sur le sort des femmes violées des pays dans lesquels ils provoquent la guerre. Tout ce qui leur importe, c’est flatter leur électorat réactionnaire en défendant les idées les plus rétrogrades et barbares sur les femmes.

Colère des enseignants en Pologne

Depuis le 8 avril, une grève nationale de 300 000 enseignants polonais provoque la fermeture de trois quarts des écoles du pays. C’est l’une des plus importantes grèves qu’ait connu le pays depuis la chute du Mur de Berlin en 1989. Les revendications sont essentiellement salariales : les enseignants polonais gagnent des salaires de misère allant de 420 à 700 euros par mois dans un pays où les frais de subsistance sont les mêmes qu’en Europe occidentale.
Les pourparlers entre le gouvernement et les représentants du plus grand syndicat en grève, le Syndicat des enseignants polonais, ont échoué à plusieurs reprises. Le parti ultra-nationaliste Droit et Justice (PiS) au pouvoir refuse la revendication de 30% de hausse de salaire des enseignants. La ligne gouvernementale du « zéro compromis » est motivée par la crainte que toute concession aux enseignants ne déclenche une extension de la grève à d’autres secteurs de la classe ouvrière polonaise. D’ailleurs, c’est bientôt plus de 40 000 travailleurs sociaux qui pourraient à leur tour se mettre en grève début mai pour les mêmes revendications d’augmentations salariales.
Le 26 avril, les syndicats appelaient à la fin de la grève pour permettre aux étudiants de passer leur baccalauréat. Initialement refusée par les enseignants, l’augmentation de 15% des salaires proposée par le gouvernement a finalement été acceptée par les syndicats. Cependant, les enseignants ne s’avouent pas vaincus et nombreux sont ceux qui comptent reprendre la lutte en septembre lors des élections prochaines.

Un milliard pour Notre-Dame

Bien que l’incendie de Notre Dame de Paris, un chef d’œuvre du travail humain, soit un incident regrettable, la réaction des riches bourgeois français ne pouvait qu’écœurer. Les Pinault, Total, Arnault, Bettencourt-Meyers, etc. ont annoncé spontanément 1 milliard de dons pour la restauration de la cathédrale. Alors même que la misère s’accroît, que les services publics croulent, que la crise du logement s’intensifie, ces capitalistes n’ont aucun mal à sortir de leur portefeuille des centaines de millions comme si de rien n’était. Cela leur coûte peu d’ailleurs, puisqu’ils bénéficieront de réductions d’impôts.
Ce qu’illustre cette prodigalité ciblée, c’est la nature de classe de la société. Les riches peuvent dépenser des milliards tant qu’il ne s’agit pas de les redistribuer aux classes populaires. Ennemis de la classe ouvrière, les capitalistes s’enrichissent grâce à l’exploitation des travailleurs et il leur est donc impensable de leur faire don d’une seule parcelle de leur fortune.

Stop & Strike

31 000 employés américains de 246 magasins Stop & Shop du groupe Delhaize sont entrés en grève pendant 11 jours en avril. C’est l’une des plus importantes grèves que le secteur ait connu depuis près de 20 ans. La direction envisageait de réduire les coûts, notamment en augmentant le prix de l’assurance maladie et en supprimant la prime du dimanche. Elle a été obligée de plier et de retirer complètement son plan de réduction des coûts, tout en augmentant les salaires, prouvant encore par-là que ce sont uniquement les grèves massives, coordonnées et organisées qui sont seules à même de faire reculer les patrons.

De nouveaux massacres…

Au Sri Lanka, les attentats terroristes contre les minorités chrétiennes du 21 avril ont fait plus de 250 morts et 500 blessés. Ces attaques, revendiquées par des groupes djihadistes affiliés à l’État islamique, ont les mêmes conséquences qu’ailleurs : créer un fossé entre les communautés de différentes religion et provoquer le rejet des musulmane.
Les conflits inter-ethniques et religieux ne sont pas nouveaux au Sri Lanka. A l’origine encouragés par l’impérialisme britannique, c’est le gouvernement lui-même qui les a attisés en utilisant le terrorisme d’État contre la minorité tamoule pendant près de 40 ans, enfermant et massacrant les civils par milliers. On ne peut rien espérer d’un gouvernement qui continue, encore aujourd’hui, à maintenir la loi du silence sur les bains de sang qui ont fait près de 100 000 morts.

Notre corps nous appartient !

Après une tentative ratée pour faire passer un projet de loi autorisant l’avortement en Argentine l’été dernier, le sujet est revenu sur le devant de la scène suite à l’horrible histoire de la petite Lucia. Cette enfant de 11 ans s’est retrouvée enceinte, violée par le compagnon de sa grand-mère. Alors qu’elle réclamait un avortement – pourtant autorisé par la loi en cas de viol – les médecins de l’hôpital où elle se trouvait se sont tous déclarés objecteurs de conscience, refusant de l’aider pendant plus d’un mois, jusqu’à ce qu’ils lui fassent subir une césarienne pour tenter de garder le fœtus vivant. Cette prise de pouvoir abjecte des hommes sur le corps d’une petite fille se passe de mots. Il faudra encore aux femmes beaucoup de combats pour que le simple fait de contrôler leur propre corps devienne une réalité.