International

En Inde, tapis rouge pour le patronat, matraques pour les travailleurs

Le gouvernement nationaliste de Modi n’a pas lésiné sur les moyens pour sauver les profits capitalistes. Comme en Belgique, les entreprises bénéficient de prêts avantageux, de délais de remboursement et d’exemptions fiscales. Les travailleurs, quant à eux, n’ont eu droit qu’au mépris et à la matraque. Une fois le confinement décrété, entreprises, usines et chantiers ont été fermés, y compris les sociétés de transports. En perdant leur maigre salaire, il devenait impossible pour de nombreux travailleurs habitant la capitale de payer leur loyer ou leur nourriture. Plusieurs centaines de milliers d’entre eux, originaires de la campagne, tentèrent d’abord de rentrer à pieds dans des villages parfois très éloignés pour travailler dans les champs. Pour plus d’une cinquantaine de personnes, ce voyage fut le dernier ; la fatigue et la faim eurent raison de leurs efforts. Devant ce scandale dénoncé dans les médias, des travailleurs ont manifesté leur colère et quelques bus furent enfin mis à leur disposition. Des milliers de personnes affluèrent donc dans les gares routières, créant un terrain propice pour la propagation du coronavirus. La seule réponse du gouvernement face à ces marées humaines fut la matraque, soit pour leur faire rebrousser chemin, soit pour les faire entrer dans les bus pleins à craquer. Depuis, ces quelques bus continuent leurs aller-retours et permettent à une partie des travailleurs d’échapper à la misère urbaine. Mais pour l’autre partie, la plus pauvre, coincée en ville faute de pouvoir payer le ticket de bus, l’enfer continue. Sans toit, ni toilettes, ni douches, le gouvernement ne leur donne que des miettes pour survivre

USA : Noir = pauvre = malade.

Aux États-Unis, le coronavirus cause de très nombreux décès dans la communauté afro-américaine. Dans l’état d’Illinois, par exemple, alors que les Noirs ne représentent que 14 % de la population, ils comptent pour 41 % des morts dus au virus. Et il ne s’agit pas là d’un cas isolé, les chiffres se répètent partout dans le pays. Bien entendu, cela ne s’explique pas par une disposition génétique particulière à la communauté noire américaine, mais plutôt par sa situation sociale précaire. Nombre d’entre eux logent dans des habitations insalubres et trop étroites, qui causent des maladies respiratoires et facilitent la transmission du virus. Mal nourris, les cas de surpoids, de diabète et de problèmes cardiaques sont nombreux. Bien souvent, ils occupent des métiers surexposés et mal payés, qui les empêchent d’accéder à des soins médicaux de qualité bien trop coûteux. Bref, toutes ces injustices contribuent à aggraver les effets du coronavirus et le rendent donc d’autant plus mortel. On entend souvent dire que pauvres et riches sont logés à la même enseigne face à cette nouvelle catastrophe qui touche la planète, mais force est de constater que cela est un mensonge. Comme d’habitude quand des crises éclatent, ce sont les plus opprimés qui paient la facture la plus lourde dans cette société révoltante.

Moi d’abord

L’impréparation de l’ensemble des pays face à la pandémie – pourtant annoncée depuis des mois par l’Organisation Mondiale de la Santé, a créé une ruée sur les équipements de protection. On a vu des businessmen américains racheter, sur la piste de décollage, des cargaisons de masques à destination de l’Europe. La Turquie a interdit à ses entreprises de livrer des masques achetés et payés par la Belgique. Ou encore la république tchèque a intercepté des masques destinés à l’Italie, pourtant bien plus touchée par l’épidémie.
« Moi d’abord », c’est ça, la devise du capitalisme.

Le virus, un nouveau prétexte pour licencier

Le coronavirus se propage inlassablement, profitant de l’incapacité des gouvernements à le contenir, et crée des secousses dans divers secteurs de l’économie mondiale, particulièrement le tourisme, le textile, l’automobile, les transports et le luxe. Comme à chaque fois en temps de crise, les patrons veulent nous faire avaler leurs émouvantes histoires sur les difficultés qu’ils traversent et sur l’impossibilité qu’ils ont de maintenir l’emploi. Cette fois, c’est le coronavirus qui leur sert de bonne excuse. La larme à l’œil, ils annoncent la mise au chômage technique et le licenciement de nombreux travailleurs et les gouvernements, quant à eux, tendent le mouchoir et appellent à la solidarité. Il ne s’agit là que d’une comédie qui vise à faire payer la crise aux travailleurs et à maintenir les profits. En 2019, les entreprises ont versé la somme astronomique de 1 430 milliards d’euros de dividendes à leurs actionnaires. Il y a donc largement de quoi continuer à maintenir l’emploi des travailleurs sur le dos desquels ces fortunes s’établissent.

Macron au service des patrons

En France, face à l’opposition contre la loi sur les retraites, le gouvernement a annoncé recourir à l’article 49.3 de la constitution qui lui permet de faire passer des lois sans vote des parlementaires. Le Premier ministre a prétendu que les 29 273 amendements déposés par l’opposition relevaient d’une politique d’obstruction et pas d’un vrai débat. La comédie de la pseudo-démocratie parlementaire n’a pas fait pas long feu devant l’impatience de ce valet du capitalisme qu’est Macron à sabrer dans les retraites des travailleurs.
Quant à la population laborieuse, elle a déjà majoritairement exprimé son refus de la nouvelle loi par des semaines de grève dans les transports, par des manifestations de centaines de milliers de travailleurs des secteurs public et privé.
Suite aux manifestations des gilets jaunes, Macron avait lancé un « grand débat national » qui était censé donner à chacun la possibilité de s’exprimer. Comme on s’en doutait, ce n’était que du pipeau car, quand la population laborieuse s’exprime clairement et majoritairement contre le démantèlement du système de retraites, le gouvernement ressort la matraque et fait passer la loi en force.
Puisque ce gouvernement, comme celui de Belgique, n’entend que la voix des patrons, il faudra faire entendre celle des travailleurs encore plus fort.

Au 21ème siècle, les femmes doivent encore se battre pour leurs droits !

A l’occasion de la journée du 8 mars, des manifestations ont eu lieu sur toute la planète, au Chili, en Espagne, en Europe, au Mexique, au Brésil, etc. Dans des pays comme le Pakistan ou l’Irak, elles ont bravé tous les interdits pour exprimer leur colère.
En colère, il y a effectivement de quoi l’être. Partout des femmes se font violer, molester, frapper sans que leurs agresseurs soient poursuivis.
Et quand ce n’est pas de la violence physique, il y a les inégalités sociales criantes : salaires moins élevés, temps partiels imposés. Ce sont elles qui font les boulots les plus pénibles et, en rentrant à la maison, elles doivent encore faire le ménage et nourrir le mari et les enfants. Et quand le mari s’en va, elles restent avec les enfants et les fins de mois difficiles.
Depuis quelques années, le mouvement #MeToo, par exemple, a été l’occasion de lever le voile sur la violence et l’hypocrisie de la société envers les femmes, y compris dans les milieux privilégiés. Mais pour une femme qui ose parler, au risque de subir la haine et le rejet, combien de milliers de femmes « normales » ont dû subir en silence les coups ou la misère ?
Le scandale du César octroyé à Polanski, poursuivi aux USA pour le viol d’une mineure, montre bien que la société n’a pas encore vraiment évolué. Ce n’est que le sommet de l’iceberg. Il faudra encore bien des combats pour que la moitié de l’humanité retrouve la place qui lui est due.

En France : Tous Ensemble

Ce jeudi 9 janvier, jour de grève et de manifestation, a été l’occasion pour les travailleurs de tous secteurs de rejoindre dans la grève ceux qui tiennent depuis 35 jours à la RATP, à la SNCF et ailleurs. Après les va-cances scolaires, le mouvement a repris dans l’éduca-tion et a touché les raffineries. Les manifestations de ce jour ont rassemblé 1 million de travailleurs, bien plus largement que les seuls services publics. Malgré les dé-sagréments, le mouvement de grève est largement sou-tenu dans la population car tous comprennent qu’il s’agit d’un hold-up généralisé du patronat sur les re-traites des travailleurs. Il faut qu’il s’étende encore pour obtenir le retrait du projet de démolition des retraites de Macron.

La rougeole tue !

Dans une bonne partie de l’Europe, la rougeole était sous contrôle. Jusqu’en 2019, on ne comptait qu’une dizaine de cas par an en Belgique. Or, cette année, c’est une vraie épidémie, près de 300 personnes sont tombées malades rien qu’en Belgique.
Depuis plusieurs années, on a vu l’apparition dans les milieux intellectuels d’un mouvement réactionnaire qui rejette l’utilisation des vaccins sous prétexte qu’ils ne sont pas « naturels » et qu’ils sont produits par des capitalistes avides de profit. Oui, les capitalistes s’enrichissent grâce aux vaccins mais ils sont néanmoins efficaces et ils ont permis de faire chuter le taux de mortalité. D’ailleurs, la rougeole sévit toujours hors d’Europe et, faute de vaccins, c’est près de 134 000 vies qu’elle a fauchées en 2015. Si les anti-vaccins veulent absolument de leur « liberté vaccinale », qu’ils aillent vivre dans le désert où ils ne contamineront personne en tombant malade !

Le capitalisme promet la liberté mais il n’a que la misère à offrir

Voilà trente ans que le mur de Berlin est tombé. Ce « mur de la honte » coupait en deux Berlin Ouest et Est et matérialisait la division entre la République fédérale d’Allemagne, capitaliste, et la République démocratique allemande, qui appartenait au bloc soviétique. Il avait été érigé en 1961 pour empêcher le passage des berlinois de l’Est vers l’Ouest, attirés par les promesses du « paradis » capitaliste.
Durant l’été 1989, cent mille est-allemands avait fui à l’Ouest et les manifestations contre le régime de l’Est se multipliaient, contraignant le gouvernement de l’Est à autoriser le passage du mur à Berlin. Ce fut un immense moment de fraternisation entre les habitants des deux parties de la ville. Personne dans la foule ne songeait encore à réunifier les deux Allemagnes. Partout dans le monde la presse encensait la victoire de la « démocratie ».
Cependant, le gouvernement ouest-allemand d’Helmut Kohl y vit immédiatement l’opportunité de reprendre le contrôle de la partie est du pays. Début 1990, il décréta qu’un mark de l’Est vaudrait autant qu’un mark de l’Ouest. Les marchandises produites à l’Est devenaient du coup quatre fois plus chères à l’exportation et surtout hors de prix pour ses clients du bloc soviétique, qui en absorbaient habituellement 80%. Coupée de son marché, l’économie est-allemande ne pouvait que s’effondrer et tomber sous la coupe de l’ouest. En cinq ans, des régions entières ont été transformées en déserts économiques, toute l’industrie de l’est a été récupérée par les capitalistes ouest-allemands et 2,5 millions de travailleurs se sont retrouvés au chômage, dans un pays où cela n’existait auparavant pas.
Trente ans plus tard, l’est de l’Allemagne reste la zone la plus pauvre du pays. La précarité y sévit, le chômage y est plus haut et les salaires plus bas. L’unification a enrichi les riches occidentaux mais n’a tenu aucune promesse, ni démocratique, ni économique, vis-à-vis des travailleurs.
Certes, le régime de l’Est était une dictature. C’est ce qui a été mis en avant par tous les prétendus démocrates de la planète quand le mur est tombé. Mais au moins, chacun y avait droit à un logement, à un travail et à une pension. Les soins de santé et les études y étaient gratuits. Il y avait la queue dans les magasins et bien des marchandises occidentales y étaient introuvables. Mais la table était toujours garnie et il ne fallait pas envoyer cent lettres de motivation pour trouver un emploi.
En Allemagne de l’est, les services secrets, la Stasi, contrôlait les faits et gestes de tous les citoyens, étouffant toute contestation dans l’œuf. Mais est-ce que les pays occidentaux sont plus démocratiques ? Aux États-Unis, la NSA enregistre et surveille toutes les communications électroniques de la planète. La lutte contre le terrorisme a justifié dans tous les pays de nouvelles attaques contre la vie privée. Et on a pu mesurer cette année encore la violence que la police est prête à utiliser contre les manifestants.
Pour un mur qui est tombé en 1989, combien ont été érigés depuis : entre Israël et la Palestine, entre les USA et le Mexique et des barbelés tout autour de l’Europe !
Mais rien de tout cela n’empêche les politiciens bourgeois qui se partagent le pouvoir sans tenir aucun compte des besoins réels de la population de continuer à prétendre que le capitalisme est un modèle de démocratie.
Le fait que la RDA, comme les autres pays du bloc de l’Est, se parait des couleurs du communisme a certainement contribué à dégoûter bien des travailleurs de cet idéal. Bien que ces régimes n’aient rien à voir avec le communisme, les intellectuels, les politiciens et les journalistes bourgeois ne se sont pas gênés pour associer communisme et dictature. Ils ont ainsi pu faire passer la chute du mur pour la chute du communisme et démoraliser ainsi toute une génération de travailleurs qui ne voient plus vers qui ou quoi se tourner pour s’organiser et se défendre. C’est une des raisons qui explique le soutien qu’obtient aujourd’hui l’extrême droite parmi la classe ouvrière en Allemagne et dans toute l’Europe.
Chômage, pauvreté, recul des luttes, démoralisation des travailleurs et montée de l’extrême droite, la chute du mur a été une catastrophe pour la classe ouvrière.
Donc, non, la chute du mur de Berlin n’a pas ouvert une nouvelle ère de liberté ! Pour que ce mot ait une signification pour tous, il faudra que le monde du travail exproprie les grands bourgeois, les industriels et les banquiers pour prendre en main la direction de l’économie et la gérer démocratiquement en fonction des besoins de tous.

Une démonstration de force des cheminots en France

C’est grâce au sang-froid et à la détermination de son conducteur que le pire a été évité, quand la rame qu’il conduisait a percuté un convoi exceptionnel bloqué sur les voies, à la hauteur d’un passage à niveau. Choqué et blessé lui-même, il s’est démené pour assurer la sécurité des 70 passagers. Les systèmes de sécurité ne fonctionnant pas, il a marché plus d’un kilomètre pour aller disposer des torches à l’avant et à l’arrière du train afin de signaler l’accident et d’éviter que l’arrivée d’un autre train ne provoque un suraccident. Il est ensuite retourné dans le train pour rassurer les passagers et s’occuper des voyageurs blessés.
Un mouvement s’est spontanément propagé chez les conducteurs et contrôleurs de la région, le soir-même de l’accident. Ils ont fait valoir leur « droit de retrait », qui permet à tout travailleur de refuser de travailler quand il existe un danger grave pour sa sécurité ou sa santé.
Puis le mouvement s’est répandu comme une traînée de poudre à l’échelle du pays dans les heures qui ont suivi. Chaque cheminot pouvait s’identifier au conducteur, rescapé miraculeux de la collision, et obligé, pour éviter la catastrophe, de surmonter à lui seul toutes les défaillances de la SNCF en matière de sécurité. Car les cheminots de tous les services vivent au quotidien les suppressions insupportables d’effectifs, la recherche effrénée des gains de productivité au mépris de la santé et de la sécurité des cheminots et de celle des voyageurs.
Pour que les milliards continuent à arroser le grand patronat, les gouvernements étouffent les services indispensables à la population à coup de réductions d’effectifs et de budgets. Ce sont des économies criminelles car elles mettent en danger la vie des travailleurs et de la population. Et cela n’arrive pas qu’à la SNCF et pas qu’en France. Dans les hôpitaux et dans les services d’urgence, combien de drames ne sont évités que grâce au dévouement des salariés ?
Cela n’a pas empêché les médias de relayer jusqu’à la nausée la campagne du gouvernement contre les cheminots. À les entendre, les cheminots seraient des irresponsables ayant décidé, sans aucune raison valable, de prendre en otage les voyageurs.
Mais du côté des cheminots, le sentiment qui dominait partout était la surprise et la fierté d’avoir su réagir à l’unisson et d’avoir relevé la tête.