International

Notre corps nous appartient !

Après une tentative ratée pour faire passer un projet de loi autorisant l’avortement en Argentine l’été dernier, le sujet est revenu sur le devant de la scène suite à l’horrible histoire de la petite Lucia. Cette enfant de 11 ans s’est retrouvée enceinte, violée par le compagnon de sa grand-mère. Alors qu’elle réclamait un avortement – pourtant autorisé par la loi en cas de viol – les médecins de l’hôpital où elle se trouvait se sont tous déclarés objecteurs de conscience, refusant de l’aider pendant plus d’un mois, jusqu’à ce qu’ils lui fassent subir une césarienne pour tenter de garder le fœtus vivant. Cette prise de pouvoir abjecte des hommes sur le corps d’une petite fille se passe de mots. Il faudra encore aux femmes beaucoup de combats pour que le simple fait de contrôler leur propre corps devienne une réalité.

Glyphosate : Bayer prend la thune

Le 27 mars, l’entreprise Bayer a été condamnée par la justice américaine à indemniser Edwin Hardeman, malade d’un cancer dû à l’utilisation du glyphosate commercialisé par sa filiale Monsanto. Plus de 11 000 procédures ont été lancées contre Bayer aux États-Unis suite aux conséquences de l’utilisation de cet herbicide.
En 2017, les Monsanto Papers ont révélé que la firme connaissait depuis les années 1980 les risques du pesticide pour la santé. Elle les a sciemment dissimulés en achetant des scientifiques pour réaliser des études bidon. Malgré ces révélations, le produit continue à être commercialisé, preuve une fois de plus que les gouvernements privilégient les intérêts de Bayer et de ses actionnaires au détriment de la santé publique !

Algérie : la contestation populaire met le régime en crise

En Algérie, l’immense mobilisation de la population a finalement eu raison du président Bouteflika, qui a remis sa démission le 2 avril. C’est le résultat de l’énorme pression qu’exerce le peuple algérien depuis plus d’un mois mais aussi des pressions d’une partie de l’armée qui, depuis plusieurs jours, demandait que Bouteflika laisse la place.
Le retournement de veste du chef de l’armée, Gaïd Salah, en faveur de la démission de Bouteflika est apparue aux yeux du peuple algérien pour ce qu’elle est : une énième tentative de sauver le système. Très en colère et conscients que leur nombre serait décisif, c’est par millions que, vendredi 29 mars, les Algériens sont descendus dans la rue pour crier : « Gaïd Salah, toi aussi dégage ! ». Les opposants qui avaient collaboré avec le pouvoir étaient aussi la cible des manifestants : « Ce n’est pas aux corrompus d’organiser les élections ».
Des manifestations ont eu lieu dans toutes les villes du pays, même dans des petites localités, réunissant toutes les générations, des travailleurs, des femmes en nombre, des familles et de nombreux enfants, fiers et heureux d’être aussi nombreux.
La liste des entreprises en grève est longue : automobile, textile, alimentation, emballage, tous les secteurs sont touchés. Dans le secteur privé où la précarité est la règle, les pressions patronales sont plus fortes. Malgré tout, les travailleurs de LU, par exemple, se sont eux aussi mis en grève, en dépit des menaces du patron français de licencier les meneurs.
Les travailleurs, les classes populaires des villes et des campagnes, fiers de leur mouvement, soucieux de le préserver et de le faire aller de l’avant, expriment de l’hostilité et de la méfiance vis-à-vis de tous ceux qui veulent parler en leur nom. Cette méfiance est plus que légitime. Un véritable changement de système ne pourra venir que d’eux.

L’UE condamne les migrants

Les navires militaires européens qui pouvaient secourir des migrants à la dérive en Méditerranée centrale, entre la Libye, Malte et les îles italiennes, sont rentrés au port. L’Union européenne vient en effet de mettre fin à leur mission.
Cette opération, dite Sophia, avait été mise en place en 2015 après la série de naufrages catastrophiques où 700 migrants au moins avaient trouvé la mort, et elle a permis de sauver 45 000 migrants en détresse durant ces quatre années, mais on estime à 10 à 20 fois plus le nombre de noyés.
L’Union européenne a maintenant quasiment interdit la mer aux bateaux des ONG, sous la pression du ministre italien Salvini, dont la chasse aux migrants est le fonds de commerce, et avec l’accord tacite des dirigeants européens qui, malgré leurs leçons de morale médiatiques, ont également refusé d’accueillir des réfugiés. En parallèle, l’UE a équipé et payé les garde-côtes libyens pour faire la chasse aux migrants, les ramener de force en Libye où ils sont parqués dans des camps ou réduits en esclavage. Il ne restera de la mission des ONG que quelques observateurs qui pourront au mieux évaluer le nombre de nouveaux morts que cette politique va entraîner.

Condamnés à mort pour pauvreté

Le collectif « les morts de la rue » a recensé 566 personnes mortes des conséquences de la vie à la rue, en 2018 en France. Mais le chiffre réel des morts est sans doute beaucoup plus élevé, tant ces personnes dénuées de tout sont pour la plupart invisibles. Selon l’institut officiel de statistiques français, le nombre réel de morts dues à la vie à la rue serait presque six fois supérieur à ce chiffre. Des hommes, des femmes et des enfants morts dans un parking, une bouche de métro, une cage d’escaliers où ils avaient trouvé refuge pour la nuit. Souvent tout à côté de grands immeubles vides, mais bien gardés. Est-ce vraiment ainsi que nous voulons vivre ?

Brexit : La ronde des démagogues

Un million de Britanniques environ ont manifesté samedi 23 mars contre le Brexit, lors d’une des marches les plus massives que le pays ait connues. Le Parlement se déchire depuis des mois pour savoir s’il doit ratifier l’accord négocié avec l’Union européenne (UE). Et nul ne sait si et quand le Brexit aura lieu, ni quelles en seront les conséquences.
Il est d’ores et déjà manifeste que, pour les travailleurs britanniques, le bilan n’est pas celui que promettaient les démagogues. Le pays, disaient-ils, retrouverait sa souveraineté. À les entendre, l’argent donné à l’UE serait désormais utilisé pour améliorer le service de santé, et le niveau de vie progresserait. Trois ans après, l’avenir radieux promis par les marchands d’illusions s’est transformé en cauchemar.
Les économies des différents pays européens sont maintenant entremêlées et, une fois qu’on a fait une omelette, on ne reconstitue pas aisément les œufs. Chaque bien manufacturé est fabriqué dans plusieurs pays. Par exemple, dans l’automobile britannique, la majorité des pièces traversent plusieurs fois la Manche avant d’être assemblées, pour des voitures souvent vendues… sur le continent européen. Avec le Brexit, les multinationales réorganisent leur production à l’échelle européenne et des dizaines de milliers de suppressions d’emplois sont programmées. Alors que plus de 10 000 camions franchissent la Manche chaque jour, rétablir des contrôles douaniers serait lourd de conséquences. Aussi les Britanniques font déjà des stocks de médicaments, qui viennent aux trois quarts du continent, et pour lesquels, comme dans le cas de l’insuline, des retards d’acheminement peuvent être dramatiques.
Les partisans du Brexit dénonçaient l’immigration européenne. Mais, comme ici, de nombreux secteurs, du bâtiment à l’agriculture, des hôpitaux à la restauration, seraient incapables de fonctionner sans les immigrés. En opposant les Britanniques aux étrangers, en renforçant le racisme et la xénophobie, le Brexit a divisé les travailleurs et les a donc affaiblis face aux capitalistes.
En Irlande du Nord, longtemps ravagée par une guerre civile, le rétablissement d’une frontière avec la République d’Irlande, au sud, menace de rouvrir des plaies encore à vif.
En 2016, de nombreux Britanniques ont été abusés par les politiciens favorables au Brexit qui s’avère tourner à la catastrophe pour eux. Cela n’empêche pas des politiciens de continuer à défendre le même genre d’idées en Italie, en Hongrie ou en France.
Bien sûr, l’Union européenne n’a pas été construite pour les peuples. Tout y a été fait pour les capitaux et la finance. Les grandes banques et les multinationales d’Europe de l’Ouest ont maintenant accès à un vaste marché de plus de 500 millions d’habitants. Les pays les plus riches ont assis leur domination économique sur les pays les plus pauvres. Et c’est cette unification capitaliste que défendent les partis pro-européens.
L’UE n’a pas unifié les peuples. Elle n’a pas harmonisé les droits des salariés. Aujourd’hui, en Europe de l’Est, le salaire minimum reste partout inférieur à 500 euros. La Grèce, l’Espagne et le Portugal ont été ravagés par le chômage. Même les droits des femmes n’ont pas bénéficié de la construction européenne. Les Irlandaises ont dû se battre pour le droit à l’avortement, qu’elles n’ont obtenu que tout récemment, et les Maltaises et les Polonaises en sont privées.
Alors, le bilan de l’UE n’est certes pas glorieux. Mais celui des différents États nationaux n’est pas meilleur ! Les attaques contre le monde du travail ont été décidées par les gouvernements de chaque pays.
À l’approche des élections européennes, les pro et anti-UE s’affrontent. C’est une mise en scène et un faux combat. Le gouvernement de Salvini veut obliger les chômeurs à accepter n’importe quel emploi, tout comme Macron le fait avec ses décrets anti-chômeurs et Michel avec ses Flexi-jobs.
En réalité, la seule opposition qui compte, c’est celle entre les travailleurs et le grand capital. Quelle que soit leur nationalité, les travailleurs d’Europe, les travailleurs du monde ont les mêmes intérêts : défendre leur emploi, leur salaire et leur pension ; contrôler l’économie afin qu’elle fonctionne pour le bien de tous.

Le machisme de la profession médicale

En France la semaine dernière, le président du Syngof, Bertrand de Rochambeau, a adressé un mail aux 1.600 adhérents de ce syndicat de gynécologue leur demandant de se tenir prêts à faire une « grève de l’IVG ». Pour quel motif ? Faire pression sur la ministre de la santé concernant l’assurance des médecins condamnés à des dommages pour erreur médicale. Une affaire de gros sous donc, qui n’a aucun rapport avec la pratique de l’IVG. Ces déclarations et ces menaces sont scandaleuses et inadmissibles. Et elles n’arrivent pas par hasard. Ce médecin s’est déjà distingué par le passé par ses propos hostiles à la pratique de l’IVG. Nous n’avons pas à accepter que des hommes profitent de leur situation professionnelle pour imposer leurs choix sur notre corps. Messieurs les gynécologues, si vous ne voulez pas soigner des femmes, changez de métier !

Notre corps nous appartient !

Après une tentative ratée pour faire passer un projet de loi autorisant l’avortement en Argentine l’été dernier, le sujet est revenu sur le devant de la scène suite à l’horrible histoire de la petite Lucia. Cette enfant de 11 ans s’est retrouvée enceinte, violée par le compagnon de sa grand-mère. Alors qu’elle réclamait un avortement – pourtant autorisé par la loi en cas de viol – les médecins de l’hôpital où elle se trouvait se sont tous déclarés objecteurs de conscience, refusant de l’aider pendant plus d’un mois, jusqu’à ce qu’ils lui fassent subir une césarienne pour tenter de garder le fœtus vivant. Cette prise de pouvoir abjecte des hommes sur le corps d’une petite fille se passe de mots. Il faudra encore aux femmes beaucoup de combats pour que le simple fait de contrôler leur propre corps devienne une réalité.

Grève mondiale pour le climat

Une grève mondiale pour le climat est organisée pour le 15 mars prochain, à l’initiative des mouvements de jeunes pour le climat. Après 8 semaines de manifestations en Belgique, ces jeunes nous montrent quelles réserves d’énergie et d’envie de changement ils ont en eux. Face à eux, les politiciens oscillent entre réprobation et bienveillance hypocrite mais ni les uns ni les autres n’ont envie de prendre des mesures concrètes car, pour cela, il faudrait s’opposer aux intérêts de la bourgeoisie. Et ça, ils n’ont pas envie de le faire. C’est pourtant bien la logique du profit capitaliste qui a provoqué les rejets de CO2, les catastrophes industrielles et la dissémination de micro-particules plastiques dans les eaux de toute la planète.
C’est ce qui fait dire à beaucoup de jeunes manifestants qu’on doit changer de système faute de pouvoir changer de planète. Pour « changer de système », il faudra renverser le capitalisme et supprimer la loi du profit, cette même loi qui impose aux travail- leurs de devoir constamment lutter pour défendre leur travail et leur salaire. Voilà pourquoi il y a tout intérêt à joindre la défense du climat et celle des acquis sociaux.

Le retour des maladies oubliées

On constate depuis quelques années une augmentation des cas de rougeole en Belgique, comme un peu partout en Europe. C’est une maladie grave qui peut être mortelle et dont on a un peu oublié la virulence depuis que, dans les années soixante, un vaccin en a très fort limité la propagation. Mais, alors que l’OMS se bat pour augmenter la couverture vaccinale jusque dans les régions les plus reculées, dans notre pays riche le taux de vaccination… diminue ! Des parents refusent en effet de faire vacciner leurs enfants suite à des controverses ayant eu lieu sur de possibles effets secondaires. Pourtant toutes les études récentes ont démontré que ces vaccins étaient sûrs et n’avaient aucun lien avec l’apparition de maladies telles que l’autisme. Il n’est pas toujours facile de s’y retrouver, d’autant que les firmes pharmaceutiques, guidées par la recherche du profit et non par la santé publique, n’inspirent aucune confiance. Des pseudo-scientifiques et des hommes politiques, comme Donald Trump, entretiennent la confusion en propageant de fausses informations. Il n’empêche que ne pas se faire vacciner ou ne pas faire vacciner ses enfants, aujourd’hui, c’est faire preuve d’une bonne dose d’individualisme. Car en agissant ainsi on contribue à la propagation de la maladie, qui fait surtout des victimes parmi les plus vulnérables d’entre nous : nourrissons, personnes dénutries ou à l’immunité déficiente.