Entreprises

Grève chez Mecamold

Les travailleurs de Mecamold à Herstal, société de fabrication de moules de pneu, se sont mis en grève fin novembre avec occupation du site.
Ils rejettent les conditions du plan de relance du groupe Keravalon qui a racheté Mecamold en mai dernier : près d’un tiers de la centaine d’emplois supprimés, gel des salaires et saut d’index, blocage de l’évolution barémique, passage de 36 à 37h en moyenne par semaine, journée de 12 h et semaine de 60 h en cas de pic de production.
Et enfin, le plus odieux de tout, la prime de départ de 750 euros brut par mois et par année d’ancienneté ne sera accordée à ceux qui quittent l’entreprise que si ceux qui restent acceptent ces conditions de surexploitation !
Les travailleurs de Mecamold ont intérêt à maintenir la pression en continuant de se mobiliser s’ils ne veulent pas être renvoyés au XIXe siècle !

La gale fait son apparition à la STIB

À la suite de l’épidémie de gale, les organisations syndicales du dépôt Stib de Haren ont demandé l’augmentation du nombre de travailleurs affectés au lavage, soit un minimum de 15 agents en plus. Cela permettrait un nettoyage quotidien du poste de conduite et du compartiment voyageur. Mais ce n’est pas au goût de la direction qui dit vouloir d’abord analyser la demande. On sait ce que valent de telles promesses.
Grâce à la technique éculée consistant à faire des analyses à perte de vue, la direction temporise. Les travailleurs ne doivent pas se laisser berner, il y va non seulement de notre santé mais aussi de notre dignité.

Grève à Bpost

Les syndicats de la poste avaient planifié 5 journées d’action à la poste entre le 7 et le 13 novembre sous forme de grève tournante des différents services : centres de tri, transports, facteurs, centrales téléphoniques et traitement des colis. Le ras-le-bol est général face au sous-effectif chronique, à la surcharge de travail et aux pressions à la productivité.
Mais après 4 jours de grève, un communiqué commun des directions syndicales et de la direction de Bpost a annoncé la reprise du travail sous prétexte que des « avancées » avaient été réalisées. En réalité, sur les 1000 emplois promis, seulement 100 sont en CDI !
Les travailleurs ne s’en sont pas laissés conter et ont rejeté le préaccord. Ils ont profité du préavis de grève qui courrait toujours pour continuer les actions en multipliant les piquets de grève. Les directions syndicales, les dirigeants de la poste, les politiciens, tout le monde s’y est mis pour appeler à la fin des actions en prétextant qu’elles mettaient l’entreprise en danger.
Mais c’est bien la maximisation du profit des actionnaires qui est un danger pour la santé, pour la vie des travailleurs. Alors oui, les travailleurs ont eu bien raison de ne pas se contenter des cacahuètes habituelles que le patron a lâchées pour faire reprendre le boulot et de continuer à mettre la pression par leur mobilisation.

Restructuration chez Mestdagh

Mestdagh menace de licenciements massifs si son plan de restructuration n’est pas accepté : suppression de 340 emplois, flexibilité et polyvalence accrues avec une prime dérisoire, ouverture le dimanche, etc.
Mestdagh prétend perdre de l’argent, ce qui est impossible à vérifier tant les comptes des grandes entreprises sont rendus volontairement opaques pour cacher aux travailleurs et à l’opinion publique où va l’argent. Mais quand bien même ce serait vrai, ce n’est pas aux travailleurs de payer les revers du marché, l’incompétence des dirigeants ou surtout l’appétit insatiable des actionnaires pour les profits. Ce sont ces derniers justement qui doivent être forcés de payer avec leur fortune pour le maintien de l’emploi et des salaires.

Arrêt de travail chez GSK

Le personnel de l’entreprise pharmaceutique GSK a décidé de ne pas reprendre le travail après les assemblées tenues lundi 26 novembre à propos du système de primes et du recours accru à la sous-traitance.
De nombreux ouvriers et employés ainsi que des cadres ont arrêté la production pendant 24 heures sur les sites de Wavre et Rixensart. Tout le personnel est concerné par la sous-traitance d’une série d’activités : nettoyage, vaccins, tests qualité, etc. Avec, à terme, la menace de licenciements.
Par ailleurs, les conditions de travail sont de plus en plus dures, il faut faire toujours plus avec moins de moyens, les plus anciens craquent physiquement et psychiquement sous la pression. La direction ne recule devant rien pour augmenter la productivité, elle instaure la concurrence entre les sites de production et au sein de chaque site, entre tous les salariés.
Les travailleurs ont eu bien raison d’exprimer leur opposition à la politique patronale par un arrêt de travail. C’est cette mobilisation qui peut permettre d’améliorer les conditions de travail et de préserver les emplois.

Restructuration chez IKEA

La direction mondiale de la multinationale suédoise prévoit la suppression de 7 500 emplois dans le monde dont près de 120 en Belgique, principalement au siège de l’entreprise à Zaventem. Les magasins ne sont pas touchés pour le moment mais la direction Belgique ne l’exclut pas dans l’avenir, alors que le personnel est déjà en sous-effectif.
Le prétexte invoqué est le retard numérique de l’entreprise dans un marché où les ventes en ligne progressent rapidement. Mais pourquoi le développement des commandes en ligne et des points de retrait au centre-ville devrait se faire au détriment de l’emploi ?
En réalité, le digital est un bon prétexte pour faire baisser les coût salariaux ; c’est donc en fait le taux de profit des actionnaires que la direction veut redresser en jetant des milliers de travailleurs au chômage.

Stop au Scotch !

Il ne s’agit pas d’une campagne contre l’alcool au volant, il s’agit d’exiger de la direction de la STIB qu’elle fournisse mieux que du papier collant pour entretenir les véhicules. Les mécaniciens en ont marre des bricolages à la Macgyver. Quand la direction parle de l’image de la STIB, il y a vraiment de quoi se marrer ! Quoique. Des rafistolages vite fait avec du Scotch ont déjà fait des accidents. Et ça ne nous fait pas rigoler.

Empêcher les patrons de nous renvoyer au XIXe siècle

Les coursiers à vélo qui travaillent à travers l’Europe pour les entreprises de livraison de plats cuisinés comme Deliveroo ou Uber (Eats) en ont marre de leurs conditions de travail. Les mobilisations ont commencé début 2018 en Belgique alors que des dizaines d’actions dont des grèves avaient déjà eu lieu en 2017 dans d’autres pays européens.
Malgré leurs différences de statut en fonction des pays, tantôt indépendants comme en Belgique, tantôt employés comme aux Pays-Bas, les coursiers à vélo s’organisent progressivement au niveau européen avec l’aide de syndicats et rêvent d’une mobilisation comme chez Ryanair.
D’abord, les livreurs à vélo exigent un salaire horaire et la fin du paiement à la course. Ensuite, ils exigent la garantie de l’emploi et la fin de la précarité totale : je te prends, je te jette. Enfin, ils exigent une véritable sécurité sociale et la fin d’un système d’assurance où l’accident de travail incapacitant mène à la misère noire.
Il n’y a rien à attendre des politiciens et des États européens qui sont tous au service des patrons. Ils leur taillent des législations sur mesure pour leur permettre de surexploiter toujours plus de travailleurs. En Belgique, la « loi de relance économique et de cohésion sociale » permet à Deliveroo et Uber (Eats) de bénéficier d’une défiscalisation à hauteur de 500 euros par mois et de recruter 2500 coursiers sans payer aucune charge patronale.
Les travailleurs des entreprises de livraison à vélo ne doivent compter que sur leur mobilisation et leur capacité à faire peur aux patrons et dirigeants européens. Après Ryanair, Deliveroo, Uber (Eats)… à qui le tour ?