Entreprises

Les profits d’abord

Selon le SPF Emploi, au premier trimestre de cette année, une trentaine d’entreprises privées ont mis en place une procédure de licenciements collectifs, menaçant plus de 2000 emplois. Et ces chiffres ne font pas mention des suppressions d’emplois chez Proximus ! C’est donc près de 4000 postes qui sont en passe d’être liquidés. C’est autant de travailleurs qui se retrouvent au chômage, avec des revenus réduits et qui sont contraints de se serrer la ceinture. Quant à ceux qui restent dans l’entreprise, les patrons leur font subir le chantage à l’emploi pour augmenter leur charge de travail et réduire leur salaire.
Ils n’ont d’autre objectif que d’augmenter encore les profits, avec la peau des salariés.

Amazon : la propagande patronale et la réalité…

Jeff Bezos, le dirigeant d’Amazon, dont la fortune atteint plus de 100 milliards de dollars, ose se vanter de payer à ses travailleurs des salaires plus élevés que ses concurrents.
Cependant, même à un niveau minimum de 15 dollars de l’heure, les salaires d’Amazon restent dérisoires. D’ailleurs, les travailleurs de quatre centres logistiques allemands n’en sont pas restés là et sont entrés en grève le 15 avril pour obtenir une revalorisation salariale. Espérons qu’ils fassent ravaler sa morgue à leur patron !

Proximus : on ne les convaincra pas !

En janvier, Proximus annonçait son intention de supprimer 1900 emplois. Depuis, syndicats et direction ont multiplié les réunions pour arriver à un accord. Le 15 avril, lors d’une commission paritaire, les syndicats ont déposé quarante propositions pour l’avenir de l’entreprise destinées à convaincre le patron de ne pas licencier. Le patron n’a pas besoin des syndicats pour savoir ce qui est bon pour ses profits et il n’a cure des intérêts des travailleurs. Il ne sert à rien d’essayer de le convaincre sur tel ou tel plan. Ce ne sont pas les bons conseils des syndicats qui feront revenir le patron sur sa décision mais bien la lutte des travailleurs.

Stib : Les mécaniciens disent Non !

Il y a trop peu de mécaniciens le matin pour le bureau de sortie des bus de Haren. Avant la mise en place des équipes de nuit, ils étaient une dizaine à travailler dans l’atelier, maintenant ils ne sont plus que cinq.
La goutte d’eau a été la tentative de la direction de ne plus permettre aux ouvriers de s’arranger entre eux pour les horaires.
C’en était trop et les mécaniciens ont débrayé le jeudi 4 avril pendant deux heures. Une réunion s’est tenue le 9 avril entre les organisations syndicales et la direction, qui a brandi la menace des absences injustifiées. Sur ce point, elle a dû reculer et a accepté de négocier. Mais elle compte bien revenir à la charge.
Si la direction a reculé, c’est parce que les mécaniciens se sont mobilisés et qu’ils l’ont fait de leur propre initiative. C’est bien plus efficace que les négociations dans les bureaux !

Les pilotes en première ligne

Le 26 avril, les pilotes de l’entreprise Scandinavian Airlines System (SAS) sont entrés en grève simultanément en Suède, en Norvège et au Danemark. Leurs conditions de travail se sont détériorées ces dernières années, les horaires sont toujours plus imprévisibles et l’insécurité de l’emploi augmente.
Ils réclament des augmentations salariales et une meilleure organisation des horaires de travail. Des mois de négociations entre syndicats et direction n’ont abouti à rien et les pilotes sont finalement entrés en grève.
Ces dernières années, les travailleurs du ciel ont toujours été plus nombreux à enclencher des luttes contre leur direction, que cela soit chez RyanAir, Skeyes, Brussels Airlines, Swissport, AviaPartner, etc. Ils ont d’ailleurs souvent fait reculer leurs directions et ravaler leur morgue à leur patron, comme cela a été le cas chez RyanAir.
Les travailleurs du ciel pourraient bientôt unifier leurs luttes et alors, c’est une sacrée frousse qu’ils pourraient ficher aux patrons !

On n’enferme pas les luttes !

Les agents pénitentiaires de plusieurs prisons entreront à nouveau en grève les 7 et 8 mai prochains. Ils dénoncent le manque de personnel, la surpopulation dans les prisons et la vétusté des bâtiments.
Ces problèmes sont récurrents et les gardiens sont déjà entrés en grève à plusieurs reprises ces dernières années. Suite à la longue grève de 2016 (59 jours de débrayage), le ministre de la justice, Koen Geens, s’était engagé à assurer le maintien de 7075 équivalents temps plein. Revoyant le chiffre à la baisse en 2018, il garantissait la conservation de 6825 équivalents temps plein. Or, sur les 3 ans, ce chiffre n’a jamais été atteint !
Le ministre a purement et simplement laissé tomber ses promesses d’embauche. Koens Geen semble bien vouloir tenir sa promesse de briser les mouvements de grève des gardiens en instaurant le service minimum. Les travailleurs pénitentiaires semblent eux bien décidés à ne pas se laisser faire.

Skeyes : non au service minimum !

Du 12 mars à début avril, les contrôleurs aériens de Skeyes sont à plusieurs reprises entrés en grève pour dénoncer le manque de personnel, l’organisation et la charge de travail, la gestion des horaires, etc. Depuis, de nombreux agents se sont déclarés malades tandis que d’autres refusaient de remplacer leurs collègues absents. Face à la pénurie, la direction a été obligée de fermer à plusieurs reprises l’espace aérien.
Crucke, le ministre wallon en charge des aéroports, après avoir menacé les grévistes de régionalisation et de privatisation de l’entreprise, veut instaurer le service minimum. Le vendredi 25 avril, la justice condamnait Skeyes à assurer son service tout le week-end, sous peine d’amende de 250 000 euros par heure d’interruption. Le ministre de la Mobilité, Bellot, quant à lui, menace de ne pas renouveler le contrat de gestion de Skeyes sur le contrôle de l’espace aérien.
Tous ces représentants de la bourgeoisie déplorent les millions perdus dans les aéroports par les compagnies aériennes et se moquent totalement du bien-être des travailleurs. Ils ont comme objectif de casser l’un des seuls outils de lutte efficace des travailleurs : la grève. Car, ce qui compte pour eux, ce n’est évidemment pas de satisfaire les revendications des grévistes mais bien de briser le mouvement au plus tôt.

Colère des enseignants en Pologne

Depuis le 8 avril, une grève nationale de 300 000 enseignants polonais provoque la fermeture de trois quarts des écoles du pays. C’est l’une des plus importantes grèves qu’ait connu le pays depuis la chute du Mur de Berlin en 1989. Les revendications sont essentiellement salariales : les enseignants polonais gagnent des salaires de misère allant de 420 à 700 euros par mois dans un pays où les frais de subsistance sont les mêmes qu’en Europe occidentale.
Les pourparlers entre le gouvernement et les représentants du plus grand syndicat en grève, le Syndicat des enseignants polonais, ont échoué à plusieurs reprises. Le parti ultra-nationaliste Droit et Justice (PiS) au pouvoir refuse la revendication de 30% de hausse de salaire des enseignants. La ligne gouvernementale du « zéro compromis » est motivée par la crainte que toute concession aux enseignants ne déclenche une extension de la grève à d’autres secteurs de la classe ouvrière polonaise. D’ailleurs, c’est bientôt plus de 40 000 travailleurs sociaux qui pourraient à leur tour se mettre en grève début mai pour les mêmes revendications d’augmentations salariales.
Le 26 avril, les syndicats appelaient à la fin de la grève pour permettre aux étudiants de passer leur baccalauréat. Initialement refusée par les enseignants, l’augmentation de 15% des salaires proposée par le gouvernement a finalement été acceptée par les syndicats. Cependant, les enseignants ne s’avouent pas vaincus et nombreux sont ceux qui comptent reprendre la lutte en septembre lors des élections prochaines.

Stop & Strike

31 000 employés américains de 246 magasins Stop & Shop du groupe Delhaize sont entrés en grève pendant 11 jours en avril. C’est l’une des plus importantes grèves que le secteur ait connu depuis près de 20 ans. La direction envisageait de réduire les coûts, notamment en augmentant le prix de l’assurance maladie et en supprimant la prime du dimanche. Elle a été obligée de plier et de retirer complètement son plan de réduction des coûts, tout en augmentant les salaires, prouvant encore par-là que ce sont uniquement les grèves massives, coordonnées et organisées qui sont seules à même de faire reculer les patrons.

Le Contrôle qualité

Cette année, la direction a mis en place ce qu’elle appelle des “contrôles qualité”. Elle prétend que les mécaniciens refont plusieurs fois le même boulot et perdent inutilement du temps. C’est absurde ! Les ouvriers mettent un point d’honneur à ce que le travail soit bien fait. Mais il n’y a pas assez de mécanos et il faut souvent laisser les bus sortir avec de multiples défauts. Voilà le vrai problème !