Entreprises

Les actionnaires et leurs mercenaires

Le nouveau patron de Brussels Airlines a affiché clairement ses objectifs : 160 millions d’euros d’économies récurrentes et 8% de marge bénéficiaire. C’est toujours la même recette : licenciements déguisés en départs « volontaires ». Mais qui voudrait quitter son travail alors que le chômage sévit et que l’âge de la pension a été reporté ? Ce licencieur de première classe, qui a déjà mis près de mille personnes à la porte de BNP Paribas Fortis, ne veut pas entendre parler de plan social, il préfère licencier en douce, par petits paquets.
Les actionnaires choisissent leur tactique et leurs hommes de mains, parfois des patrons cyniques et calculateurs comme celui-ci, parfois d’autres plus agressifs qui licencient brutalement en masse. L’un dans l’autre, ça ne change rien pour les travailleurs : il faut s’organiser pour défendre emplois et salaire, puis jeter dehors les capitalistes et leurs mercenaires.

GSK : en route vers le paradis patronal

Le mois passé, l’entreprise pharmaceutique GSK a annoncé un plan de restructuration qui vise à supprimer 720 emplois à Wavre. Lors des conseils d’entreprise qui ont suivi l’annonce, la direction de cette firme aux 500 millions de bénéfices, a dû livrer le fond de sa pensée : sous-traitance et encore sous-traitance. C’est le rêve des patrons : la sous-traitance leur permet de diviser les travailleurs et de les mettre encore plus en concurrence les uns avec les autres. Employés, ouvriers, même combat, c’est aux travailleurs de transformer ce rêve en cauchemar !

Les patrons échappent à la Justice

Après l’affaire du PDG Carlos Ghosn, qui a réussi à s’échapper des mains de la Justice japonaise grâce à une coûteuse évasion digne de James Bond, un autre patron, Pierre Salik, vient lui aussi d’acheter sa liberté. Ce dernier était soupçonné de corruption pour avoir soudoyé des fonctionnaires afin de bénéficier d’une carte de résident de Monaco, même s’il habitait en Belgique – et ainsi ne plus payer d’impôts. L’homme d’affaires carolo s’est tiré d’affaire de façon moins rocambolesque que Ghosn puisqu’il a usé d’une méthode tout à fait légale. En effet, la Justice a créé une procédure pour les riches, la « transaction pénale », leur permettant d’acheter un acquittement en échange du paiement d’une amende. Dans une société dominée par la bourgeoisie, les riches n’ont qu’à ouvrir leur portefeuille pour que tout soupçon à leur égard s’évapore comme par magie.

Non à la dictature patronale

A l’approche des élections sociales, de grandes entreprises cherchent à se débarrasser des gêneurs. Facq, Walibi ou TNT ont licencié des délégués pour les empêcher de se représenter aux élections sociales. Certes, les patrons ont dû payer le prix fort, mais apparemment, ils préfèrent payer que de garder des délégués plus combatifs que d’autres et ainsi avoir « la paix » pour exploiter sereinement les autres travailleurs. C’est aussi un signal sinistre qui est envoyé aux salariés : si vous rouspétez, si vous ne marchez pas droit, c’est la porte ! Et les patrons comptent bien sur la peur de ne pas retrouver un emploi pour décourager les candidats empêcheurs de tourner en rond…
La FEB a pris la défense de ces pratiques répressives avec son habituelle hypocrisie : « nous ne contestons pas le fondement de la loi… mais les contraintes sont disproportionnées ». En réalité, plus le temps passe, plus les patrons se sentent pousser des ailes et ne supportent plus la moindre entrave à leur dictature. Mais les travailleurs sont toujours là et leurs luttes collectives peuvent faire changer la peur de camp !

Profits et dividendes

Proximus vient de verser près de 500 millions d’euros à ses actionnaires alors même que ses profits ont diminué. Cela signifie que la société s’endette pour garder le dividende versé aux actionnaires au même niveau. Il est bien entendu que ce différentiel la direction essaiera de le faire payer aux travailleurs. Il ne dépend que d’eux qu’elle n’y arrive pas.

Orchestrer le chemin de la misère

La direction de la chaîne Orchestra Prémaman, spécialisé dans la puériculture et les vêtements pour bébés, a annoncé la fermeture de 34 magasins sur les 53 qu’elle possède en Belgique. Cela ferait plus de 200 travailleurs licenciés ! Pendant des années, leur travail a rapporté gros aux actionnaires d’Orchestra, permettant à ceux-ci de racheter toujours plus d’enseignes, de s’enrichir toujours plus. Aujourd’hui, confrontés à des difficultés financières, ces derniers n’hésitent pas à jeter ces salariés sur le pavé. Ce sont des patrons dont il faut se débarrasser et pas les travailleurs, ceux qui fabriquent depuis des années les produits dont les familles ont encore et toujours besoin aujourd’hui.

Titres services : des profits pour pas un rond !

Une partie des travailleurs des titres services ont fait grève ce mercredi 8 janvier car les patrons de ce secteur refusent de payer l’augmentation de salaire de 1,1% pourtant prévue par la convention collective. Déjà que 11 euros de l’heure, ce n’est vraiment pas lourd !
En réalité, les patrons ne veulent pas lâcher les 1,1% tant que l’État ne s’engage pas à les leur payer ! Car le fond de l’affaire, c’est quand même que les profits de ces entreprises de titres services sont entièrement finan-cés par l’État. Pour chaque travailleur, elles reçoivent 25 000 euros d’argent public. Il faut encore ajouter les 9 euros de l’heure payés par le client. Sur un salaire de 11 euros de l’heure, autant dire que c’est un business juteux ! Les salaires dans les titres services sont misé-rables et les travailleurs ont bien raison de se mettre en grève. Et une grève, c’est aussi l’occasion pour ces tra-vailleurs de se rencontrer, de se sentir forts ensemble.

Du poing sur la table !

Depuis le 18 décembre, la direction de Coca-Cola Belgique voudrait jeter 130 travailleurs sur le pavé. Elle nous sort encore la bonne vieille soupe des négocia-tions interminables pour le bien commun et, comme d’habitude, les syndicats, eux, se dirigent vers cette voie de garage. Ce n’est pas ça qu’il faut aux travail-leurs ! Les grèves et l’enthousiasme de 1996, lors de la fermeture des Forges de Clabecq, ont montré que c’est lorsque les travailleurs tapent du poing sur la table que les patrons reculent.

Allô ? Non, c’est non !

Depuis plus d’une semaine, des salariés de Proximus mènent des actions de grève, certaines spontanées, d’autres à l’appel des syndicats. C’est l’unanimité contre le plan abject de la direction qui vise à licencier les travailleurs dont elle ne veut plus pour en embaucher des plus jeunes, moins chers et plus flexibles. Lors de l’annonce du plan, en janvier dernier, il s’agissait de 1900 licenciement. Le chiffre a diminué depuis mais pour les travailleurs, c’était non et c’est toujours non.

Une démonstration de force des cheminots en France

C’est grâce au sang-froid et à la détermination de son conducteur que le pire a été évité, quand la rame qu’il conduisait a percuté un convoi exceptionnel bloqué sur les voies, à la hauteur d’un passage à niveau. Choqué et blessé lui-même, il s’est démené pour assurer la sécurité des 70 passagers. Les systèmes de sécurité ne fonctionnant pas, il a marché plus d’un kilomètre pour aller disposer des torches à l’avant et à l’arrière du train afin de signaler l’accident et d’éviter que l’arrivée d’un autre train ne provoque un suraccident. Il est ensuite retourné dans le train pour rassurer les passagers et s’occuper des voyageurs blessés.
Un mouvement s’est spontanément propagé chez les conducteurs et contrôleurs de la région, le soir-même de l’accident. Ils ont fait valoir leur « droit de retrait », qui permet à tout travailleur de refuser de travailler quand il existe un danger grave pour sa sécurité ou sa santé.
Puis le mouvement s’est répandu comme une traînée de poudre à l’échelle du pays dans les heures qui ont suivi. Chaque cheminot pouvait s’identifier au conducteur, rescapé miraculeux de la collision, et obligé, pour éviter la catastrophe, de surmonter à lui seul toutes les défaillances de la SNCF en matière de sécurité. Car les cheminots de tous les services vivent au quotidien les suppressions insupportables d’effectifs, la recherche effrénée des gains de productivité au mépris de la santé et de la sécurité des cheminots et de celle des voyageurs.
Pour que les milliards continuent à arroser le grand patronat, les gouvernements étouffent les services indispensables à la population à coup de réductions d’effectifs et de budgets. Ce sont des économies criminelles car elles mettent en danger la vie des travailleurs et de la population. Et cela n’arrive pas qu’à la SNCF et pas qu’en France. Dans les hôpitaux et dans les services d’urgence, combien de drames ne sont évités que grâce au dévouement des salariés ?
Cela n’a pas empêché les médias de relayer jusqu’à la nausée la campagne du gouvernement contre les cheminots. À les entendre, les cheminots seraient des irresponsables ayant décidé, sans aucune raison valable, de prendre en otage les voyageurs.
Mais du côté des cheminots, le sentiment qui dominait partout était la surprise et la fierté d’avoir su réagir à l’unisson et d’avoir relevé la tête.