Archives pour la catégorie Entreprises

Ils se sucrent… sur notre dos

Coca-Cola, qui réalise près de 37 milliards d’euros de chiffre d’affaires par an, a décidé de se séparer de 2 200 de ses employés dans le monde. En Belgique, c’est 95 travailleurs qui sont concernés, donc près de la moitié des effectifs. Souvent considéré comme l’un des symboles du capitalisme, ce groupe riche à milliards en applique bien les principes : il fait payer la crise aux travailleurs afin de maintenir ses profits. Alors que le nombre de chômeurs augmente au même rythme que les files aux soupes populaires, il en va de la vie des travailleurs d’interdire les licenciements et même de répartir le travail entre tous, sans perte de salaires ! Les richards n’ont qu’à puiser dans leurs fortunes.

Les damnés du bitume

Lorsqu’ils dépassent les 6 250€ de revenu annuel – donc rien qui leur permette de vivre –, les « auto-entrepreneurs » qui roulent pour les plateformes de livraison comme Uber ou Deliveroo deviennent des « indépendants » contraints de payer les impôts dont leurs vrais employeurs sont exonérés. Pour ces livreurs, qui gagnent seulement 5€ par course environ, les montants à devoir rembourser s’élèvent parfois à plusieurs milliers d’euros ! Les grands gagnants dans l’affaire sont évidemment leurs exploiteurs qui disposent d’une large main-d’œuvre peu chère et corvéable à merci, sur laquelle retombent tous les soucis et tous les risques. 

Halte aux licenciements !

En plus des licenciements d’intérimaires ou de temps partiels, les restructurations s’enchaînent. Dernièrement, c’est WE Fashion et Friesland Campina qui ont annoncé respectivement la fermeture de quatre magasins et d’une usine à Genk. Pour maintenir les profits à flot, les patrons taillent dans les effectifs. Cela leur permet, en plus, de faire gonfler le nombre de chômeurs, donc d’aggraver l’exploitation en mettant la pression sur les salaires et sur les conditions de travail de ceux qui en ont encore un. En plus de jeter à la rue des centaines des nôtres, ces attaques s’adressent à nous tous et nous rappellent que, dans cette société, nous ne sommes bons qu’à construire le profit des capitalistes. Obligeons-les à maintenir l’emploi !

Sous pression

Avec le confinement et les fêtes de fin d’année qui approchent, les livraisons de Bpost prennent du retard avec près de 600 000 colis à livrer par jour au lieu des 270 000 habituels. La société n’a pourtant augmenté ses effectifs que de 10% en engageant 3000 intérimaires alors que la charge de travail a plus que doublé ! Et ce sont bien les travailleurs qui en paient le prix par une intensification du travail… La ministre des entreprises publiques a beau jeu de critiquer Bpost, car l’État, actionnaire majoritaire de Bpost, est lui aussi responsable de cette mauvaise gestion !

Profiteurs licencieurs

Le patron de Ryanair digère mal que les salariés aient refusé toute baisse de salaire. Il voudrait qu’ils soient « solidaires » en ces temps de crise, et qu’ils acceptent de rogner leurs salaires afin de soigner le compte en banque de ce groupe riche à milliards. Les généreuses aides de l’État n’ont pas suffi à l’appétit des actionnaires et ils veulent aussi faire les poches des travailleurs et, pour cela, ils menacent d’en licencier 174. Ces derniers ont déjà su répondre aux attaques de la direction et lui faire mordre le tarmac. Elle n’a pas retenu la leçon, il faudra la lui redonner !

La colère des hôpitaux

Le personnel soignant est à bout. Les travailleurs récupèrent à peine de la première vague, ils sont épuisés et tombent malades les uns après les autres. Jusqu’au 7 octobre, les directions hospitalières les obligeaient à venir travailler même positifs au Covid ! 

Depuis la première vague, le gouvernement n’a rien fait pour améliorer la prise en charge hospitalière. Sa stratégie consiste à user jusqu’à épuisement le personnel et à réquisitionner des étudiants en les payant au rabais – quand ce ne sont pas des « bénévoles ». Il use maintenant de subterfuges en autorisant des travailleurs non qualifiés à réaliser du travail infirmier.

Aujourd’hui, les soignants expriment leur colère dans plusieurs hôpitaux : grève spontanée à l’hôpital Erasme le 19 octobre, mobilisation le 30 octobre au CHU de Liège et action le 6 novembre à l’hôpital de Braine-l’Alleud. C’est la généralisation de telles luttes et protestations qui permettra aux travailleurs de la santé de changer la situation catastrophique des hôpitaux. 

Télétravail : patron maître chez soi

Après avoir été « recommandé », puis « fortement recommandé », le télétravail devient… « la règle » ! Derrière cette nouvelle formule, rien ne change dans les faits. Il appartient, comme avant, à l’employeur de décider du sort de « ses » travailleurs et de l’organisation du travail. En fait, la seule chose « obligatoire » pour le ministre de la Santé et ses congénères, c’est de faire continuer à faire fonctionner les entreprises, essentielles ou non, et sauver les profits. Mais attention, ces messieurs, qui s’aplatissent à plat-ventre devant le patronat, exigent le respect des normes de sécurité dans l’entreprise… Comme si les derniers mois n’avaient pas suffisamment démontré ce que pensent les patrons du bien-être et de la santé des travailleurs !

Employeurs super… contaminateurs

Du mois de mars au mois d’août, sur environ 17 000 entreprises contrôlées, plus de 8 000 ne respectaient pas les règles sanitaires. Et ce chiffre sous-estime certainement la réalité, puisque de nombreux contrôles ont été effectués… par téléphone ! Les patrons qui se sont fait gronder n’ont en général reçu qu’un simple avertissement. Cette clémence et cette nonchalance contrastent avec le zèle qu’a déployé l’État et sa police pour fliquer les travailleurs et les jeunes, et les amendes qu’ils ont distribuées à tour de bras. Il est vrai qu’à les entendre, on attrape le virus partout… sauf au travail ! Mais, comme certains asymptomatiques, les employeurs se révèlent être des super contaminateurs et les travailleurs ne pourront compter que sur leurs propres luttes pour se faire respecter.

Wibra en grève

Les travailleurs des magasins Wibra en Belgique ont débrayé une seconde fois depuis l’annonce de la vente de 81 magasins par le groupe. Cela fait depuis juillet que Wibra est en redressement judiciaire et, après avoir empoché les aides de l’État pendant le confinement, le groupe souhaite, de la même façon que Camaïeu, se débarrasser des magasins les moins rentables en les déclarant en faillite et racheter ceux qui lui rapportent le plus en créant une nouvelle entreprise qui reprend ce qui rapport le plus et efface les dettes fiscales ou sociales. Les travailleurs sont les victimes d’une véritable opération d’optimisation des profits et de restructuration à bon marché : ceux qui seraient licenciés recevraient seulement une prime de la Sécu et aucune indemnité de licenciement. Heureusement, les travailleurs de Wibra ne sont pas prêts à être vendus à si bon compte !

Faire décoller les licenciements… pour faire planer les actionnaires

Après avoir annoncé en juillet qu’il comptait jeter 80 travailleurs sur le pavé, Ryanair a doublé récemment ce chiffre, le faisant passer à 172. La situation est très difficile paraît-il. Mais qui peut sérieusement croire qu’une entreprise qui a empoché plus d’un milliard d’euros de bénéfice net depuis 2015 est en difficulté ? En réalité, Ryanair cherche à maintenir son profit et à faire payer la crise aux pilotes et au personnel de cabine. Mais ces derniers ne sont pas dupes. Ils ont déjà montré qu’ils savaient se battre contre les plans de leurs patrons et actionnaires pour les faire redescendre sur terre ! Ces richards n’ont qu’à puiser dans leurs fortunes pour maintenir l’emploi !