Entreprises

Grève à Swissport

Le 22 août dernier, les travailleurs de la plus importante société de manutention de bagages de l’aéroport de Bruxelles se sont mis en grève. C’est plusieurs tonnes qu’ils déplacent normalement chaque jour en équipe. Or, selon les syndicats, au lieu des trente-huit équipes prévues normalement pour l’été, seule une trentaine étaient effectivement au travail. Pour faire des économies, la direction de Swissport avait décidé de ne pas augmenter les effectifs en plein rush. Les bagagistes en ont eu assez qu’on leur casse leur dos et leur santé ; ils ont cessé le travail. La direction a glapi devant cette grève « sauvage » tandis que la presse s’est empressée de mettre dos à dos bagagistes et voyageurs. Cela n’a pas arrêté les grévistes. Le lendemain, la direction signait l’accord où elle s’engageait à augmenter les effectifs et accordait une prime financière. Cette grève prouve encore qu’elle est l’outil le plus efficace pour lutter contre la politique d’exploitation patronale.

Bpost : une loi contre les travailleurs…

Une récente modification de la loi permet aux patrons de Bpost de faire travailler les employés jusqu’à 9 ou 10 heures par jour, aussi souvent qu’ils le désirent. Ces heures supplémentaires prestées seront récupérables… dans l’année. Tout bénéfice pour le patron qui peut user les travailleurs à plein rendement toute l’année, en fonction du volume de travail, sans devoir embaucher, et au plus grand mépris de la santé des travailleurs et de leur vie de famille.
Bien sur cette loi n’est qu’un « cadre » dans lequel patron et syndicats peuvent soi-disant négocier « librement ». Eh bien, c’est déjà fait ! Car les syndicats avaient déjà accepté, depuis janvier, cette modification de l’organisation du travail, avant même qu’elle ne soit légale. Le patron n’a plus eu qu’à passer commande, auprès du gouvernement, de la loi dont il avait besoin pour appliquer cet « accord ». Pour faire entendre haut et fort leur « désaccord » de se tuer à la tâche, les travailleurs devront compter sur leur propres forces.

Grève de la CGSP les 9 et 10 octobre

Pour protester contre ces perspectives de privatisation, ainsi que contre les économies faites sur le dos des services publics, les attaques sur les pensions et les conditions de travail, la CGSP appelle à la grève le mardi 10 octobre. A côté des traditionnels petits couplets nauséabonds des journalistes sur « les citoyens pris en otage », même Thierry Bodson, le président de la FGTB annonce que « la grève est malheureusement inévitable. » Malheureusement pour qui ? La grève, c’est l’arme des travailleurs et nous pouvons en être fiers ! Et elle est nécessaire, si nous voulons mettre un frein aux attaques contre l’ensemble du monde du travail.
Nous savons tous qu’il ne suffira pas d’un jour de grève pour faire reculer le gouvernement, mais plus les travailleurs seront nombreux à faire grève, plus il y aura de chances que le mouvement s’élargisse et commence à réellement faire peur aux ministres et aux patrons.

Caterpillar : le stress doit changer de camp !

Depuis quatre mois que la fermeture de l’usine de Gosselies a été annoncée, les travailleurs viennent au boulot avec des pieds de plomb ou bien ne viennent pas du tout. Sur les 2200 travailleurs, plusieurs centaines se sont mis en congé maladie. Ils ont fait des sacrifices et maintenant ils vont être licenciés. C’est bien la preuve, s’il en fallait une, que concéder aux efforts demandés par le patron ne garantit pas l’avenir.
Le 18 novembre à Genève, plusieurs centaines de travailleurs de Caterpillar en Europe sont venus manifester contre les fermetures et les licenciements devant le siège social du groupe. Mais pour négocier avec la direction, il faudrait une mobilisation dans et autour de l’usine de Gosselies. L’opinion publique n’est pas d’accord avec les licenciements dans les entreprises qui font des milliards de bénéfices et soutiendrait les actions des travailleurs. Et au-delà de la frontière, la menace qui plane sur les autres sites du groupe est favorable aussi à des mouvements de solidarité.

Grève à NLMK

Les travailleurs de la sidérurgie de l’usine NMLK à La Louvière ont fait grève mardi 25 octobre pour protester contre une hausse de production. Les horaires s’allongent, les salaires ne suivent pas et la sécurité n’est plus assurée vu le sous-effectif. Les travailleurs de la sous-traitance sont particulièrement touchés. Le patron, lui, se préoccupe de communication en organisant des visites guidées de l’usine. Il parle de « situation meilleure » mais prétende que l’entreprise n’est « pas encore sortie du rouge », histoire de justifier les sacrifices des salariés. Les travailleurs ont bien raison de mettre la pression pour exiger des embauches et des augmentations salariales.

Travailleurs sacrifiés chez Crelan

Les plans de restructuration se succèdent dans les banques et les assurances. Après ING, Axa ou P&V, c’est le patron de la banque coopérative Crelan qui annonce la suppression de 160 emplois à temps plein sur 4 ans. Il minimise l’impact social en parlant de départs naturels, de sous-traitance, de mobilité interne… Mais ce sont des dizaines de licenciements secs en perspective. Sans compter que la direction va revoir à la baisse les conditions salariales des employés restants. Les justifications sont toujours les mêmes : taux d’intérêt très bas, réglementation bancaire toujours plus coûteuse, taxes bancaires « exorbitantes », digitalisation. En réalité, les actionnaires, les bourgeois capitalistes, veulent toujours plus de profits et n’hésitent pas à plonger les familles des travailleurs dans la pauvreté pour s’enrichir.

La SNCB à la pointe de l’antisocial

A chaque grève dans les transports publics, le patronat et le gouvernement reviennent à la charge pour imposer un service minimum. Le plan actuel du ministre Bellot est de porter le délai de préavis à 12 jours et surtout d’obliger les travailleurs à se déclarer grévistes au moins cinq jours à l’avance, faute de quoi ils seraient sévèrement sanctionnés s’ils faisaient grève quand même. En outre, les cheminots présents sur des piquets bloquants seraient tenus financièrement responsables des retards des trains.
C’est évidemment inacceptable. Le gouvernement prend le prétexte de la « continuité du service public » pour priver les cheminots du seul moyen de se défendre. Mais il ne s’arrêtera pas là et ce sera ensuite le tour de tous les autres travailleurs, jusqu’à faire du droit de grève une coquille vide.

Restructuration chez C.P. Bourg

La direction de l’équipementier a annoncé le licenciement de 88 travailleurs sur 225 à Ottignies. L’entreprise avait déjà procédé à des licenciements en 2009 et 2013. Toujours les mêmes prétextes : « la crise de 2008 », « la concurrence asiatique » ; toujours les mêmes promesses : « un plan de redéploiement », « des nouveaux produits ». Le groupe est bénéficiaire, mais pas assez pour les capitalistes qui le possèdent. Demander plus d’investissement dans la recherche et le développement, comme les politiciens et certains syndicalistes, est illusoire. Les richesses produites par les travailleurs sont dans les poches des propriétaires capitalistes et c’est là qu’ils doivent aller ensemble chercher l’argent pour s’assurer un avenir.

Surexploitation chez Deliveroo

Les coursiers à vélo de la société de livraison sont pressés comme des citrons et traités comme des pions. Les managers comparent les performances de vitesse et de réactivité des « bikers » pour faire honte aux plus lents. Le mépris du patron va jusqu’à organiser un concours interne pour décerner des maillots jaunes ou à pois. La moyenne générale des salaires horaires est inférieure aux 10 euros promis sur le site de recrutement. La fiche de paie est obscure, sans décompte des heures prestées ni des pourboires, et les « erreurs » sont fréquentes. Les salaires sont souvent payés avec des semaines de retard. Les protestataires sur les conditions de travail et les salaires sont priés d’aller voir ailleurs. Mais depuis le mouvement de grève au Royaume-Uni, des actions sont dans les esprits ici aussi !

Une résistance légitime

Le groupe Magotteaux avait annoncé fin juin le licenciement collectif de 14 travailleurs sur 22. Les travailleurs de Megacéram et Céramac ont bloqué le site de leur entreprise à La Louvière fin août pour obtenir des indemnités de licenciement plus importantes et exiger le respect de la procédure Renault. Les travailleurs veulent connaître les avantages fiscaux dont a bénéficié la société en Belgique et à l’étranger. Ils ont bien raison de se mobiliser pour exercer une pression sur le patron, c’est le seul moyen d’obtenir des concessions !