Belgique

Une justice à l’image de son palais

Dernièrement, le plafond d’un greffe du palais de justice s’est effondré. Heureusement, personne n’a été blessé. Mais cela en dit long sur l’état de délabrement de la justice. Signe de sa décrépitude, tous les services sont débordés et chaque procédure est interminable.
Les riches peuvent avec leur argent obtenir facilement gain de cause. Pour les pauvres, la justice n’est au contraire que rebuffades répétées.
Depuis toujours, le palais a représenté la justice des riches. Les travailleurs ne s’y sont pas trompés : lors de son inauguration en 1883, les classes populaires des Marolles en saccagèrent l’intérieur et un siècle plus tard, en 1996, les pompiers l’ont arrosé pour “laver” une justice corrompue.
Les employés, quant à eux, y subissent l’insalubrité, respirent les champignons toxiques dus à l’humidité. Ils travaillent à des températures extrêmes dans des infrastructures et du mobilier détériorés. Ils seraient en droit d’exiger de nouveaux locaux.

Préparez les bougies…

On a du mal à y croire : au 21ème siècle, un des pays les plus riches du monde risque de tomber en panne d’électricité ! Engie-Electrabel a en effet annoncé que six des sept centrales nucléaires seront à l’arrêt suite à des fuites et des fissures dans le béton.
Cela n’empêche pas Electrabel, qui s’en est mis plein les poches jusqu’à présent, de pleurer sur son sort et ses prétendues pertes financières. Mais il n’y aura aucune perte car la pénurie est déjà en, train de faire augmenter la facture des ménages, et pas qu’un peu !
Suite à la dénonciation des manques d’entretiens par un sa- larié d’Electrabel, la ministre de l’Énergie, Marghem, a fait semblant de découvrir l’ampleur du sous-investissement alors que cela fait 4 ans qu’elle négocie avec Electrabel de la prolongation des centrales nucléaires !
Comment se fait-il que tout d’un coup 6 centrales soient à ce point délabrées qu’il faille les arrêter ? Et quels autres risques ont été dissimulés ? Quels silences complices le gouvernement a-t-il imposés à l’agence de contrôle nucléaire ?
Le seul moyen de le savoir serait une mobilisation et un contrôle direct par les travailleurs.

Violences policières envers les plus démunis

La politique de répression des migrants menée par le gouvernement mène inévitablement à toujours plus de violence. Les discours de Théo Francken assimilant les migrants à des criminels et ne parlant que de les expulser ou les enfermer font en sorte que les policiers se sentent libres de les violenter en toute impunité. Au moins un migrant sur quatre dit avoir subi des violences policières. Coups, injures racistes, mises à nu abusives et mauvais traitement par le froid, rien ne leur est épargné. Au lieu d’ouvrir des centres d’accueil dignes de ce nom pour les migrants et tous les sans-abris, le secrétaire d’État fait amener, par la police, les migrants de tout le pays au parc Maximilien où la tension ne fait qu’augmenter parmi ces personnes désespérées. Lundi dernier, un SDF qui a voulu se défendre avec un couteau a reçu trois balles et a été hospitalisé dans un état critique. Si la Belgique ne change pas sa politique d’asile, cette situation ne fera qu’empirer.

Non au racket des congés maladie

Ce sont près de dix mille manifestants qui ont défilé entre la gare du nord et la gare centrale vendredi 28 septembre pour protester contre la suppression programmée au 1er janvier 2019 du crédit maladie au sein de la fonction publique fédérale ainsi que des régimes similaires au sein des corps spéciaux. Policiers, pompiers, militaires et fonctionnaires fédéraux ne pourront plus reporter à l’année suivante les jours de congé maladie inutilisés.
Ce sont donc les malades graves et de longue durée qui seront les premières victimes de cette mesure. La situation est d’autant plus révoltante que la surcharge de travail due au manque d’effectif et le stress engendré par la précarité des emplois contribuent continuellement à la dégradation de l’état de santé des travailleurs. Beaucoup de manifestants scandaient : « Nous sommes fatigués ! Nous en avons marre ! ».
Et ce ras-le-bol, ce sont les nombreux pompiers venus des quatre coins de Flandre qui l’ont exprimé le plus radicalement en affrontant les services d’ordre qui interdisaient l’accès au Parlement en bloquant la rue de la Loi.
Des cheminots, des postiers, des chauffeurs de bus et des enseignants notamment, de Bruxelles, de Flandre et de Wallonie, sont venus manifester par solidarité, conscients que cette attaque concerne tous les travailleurs des services publics et forme un tout avec les attaques contre les pensions et le droit de grève.
Les ministres Jambon et Vandeput étaient absents lorsque les délégations syndicales se sont présentées dans leurs ministères pour les rencontrer, montrant ainsi tout leur mépris des travailleurs. Il faut être le plus nombreux possible lors des prochaines mobilisations pour se faire respecter.

Appauvrir les chômeurs n’a jamais créé d’emploi

Cet été, le gouvernement Michel a décidé d’aggraver la dégressivité des allocations de chômage. Actuellement, un travailleur licencié touche au début 65% de son salaire, et puis de moins en moins jusqu’au CPAS et à la misère. Dans une belle unanimité derrière Peeters, le ministre de l’Emploi, tous les partis gouver- nementaux s’accordent pour accélérer la réduction des allocations et donc la descente aux enfers de ceux qui ont perdu leur job et n’ont pas la chance d’en retrouver un tout de suite.
Le prétexte ? Cela aiderait les chômeurs à trouver du travail ! Sous-entendu : si les chômeurs ne trouvent pas de boulot, c’est de leur faute, c’est parce qu’ils n’en bavent pas assez. En réalité, s’il y a du chômage, c’est quand même et surtout parce que les patrons licencient pour faire faire le même travail par moins de travailleurs et à moindre coût.
En surtout, en réduisant les allocations, le gouverne- ment veut réduire le budget de la sécurité sociale et dans la foulée réduire (encore) les impôts des entreprises. Il défend le portefeuille des actionnaires ; l’emploi est le cadet de ses soucis.

De plus en plus de contrats précaires

Comme dans tous les services publics, de moins en moins de travailleurs de la RTBF obtiennent le statut de fonctionnaire. De plus, les CDD remplacent les CDI et les intérims se multiplient… Les directions précarisent les travailleurs pour augmenter la pression sur eux et les licencier plus facilement.
Un préavis de grève a été déposé à la RTBF pour le 18 septembre par la FGTB et la CSC. Cependant, les permanents syndicaux font le service minimum et se contentent d’appeler à une journée d’action. Mais la routine syndicale n’a jamais rien apporté d’autre que d’amères déceptions.

Le travail est dangereux pour la santé

La Cour des comptes vient de publier une analyse des chiffres de la Sécurité sociale en Belgique pour l’année 2017. Par rapport aux années précédentes, les dépenses ont diminué. Celles liées aux allocations de chômage notamment. Par ce qu’il y a moins de chômeurs, plus d’emplois ? Non bien sûr, mais par ce que les di- verses sanctions prévues par notre gouvernement font que les chômeurs reçoivent de moins en moins et s’appauvrissent toujours plus. Corollaire direct de cette situation, les dépenses pour incapacité de travail ont, elles, grimpé en flèche. A force d’accepter de faire tout et n’importe quoi sous la pression et de peur de perdre leur emploi, les travailleurs s’usent au travail et nombre d’entre eux craquent. Parfois, ils sont cassés pour toujours. Il est temps que toute notre peur se transforme en colère, et se tourne contre ceux qui profitent de ce système qui nous tue à petit feu.

Le pacte pour les profits

L’Etat a tellement réduit les investissements publics que même les patrons commencent à broncher. Réduire la sécu et les allocations de chômage c’est une chose qui leur met du baume au cœur. Mais les trains en retard finissent quand même par poser problème aux entreprises. Michel l’a bien compris. Il a créé une « commission spéciale pour les investissements » patronnée par le chef de la VOKA, excusez du peu ! Les montants initiaux ont été jugés tellement insuffisants qu’il est maintenant question de 155 milliards d’ici 2030, dont les patrons prendraient 55% à leur charge. Il faut dire qu’ils estiment que chaque euro qu’ils dépenseront leur rapportera 1,7 euro dans dix ans. Les capitalistes ont besoin que la société se modernise pour servir au mieux leurs intérêts : mobilité, 5G, cybersécurité, recherche technologique, tout ce qui d’une manière ou d’une autre est nécessaire au bon fonctionnement du capitalisme et aux profits. Ils se plaignent de ne pas trouver de travailleurs avec les qualifications dont ils ont besoin. Du coup, ils veulent enfin des investissements dans l’enseignement !
Ce sont les besoins du patronat qui déterminent les dépenses de l’État, pas ceux des travailleurs. Aucune largesse de leur part là-derrière !

Droit de grève : en route vers le passé

C’est la rentrée pour les attaques patronales ! Kris Peeters, le ministre des Affaires Sociales a annoncé vouloir ressortir ce qu’il appelle les « cold cases », c’est-à-dire toutes les attaques contre les travailleurs qui avaient été mises au frigo faute d’accord entre patronat et syndicats.
Au menu, la réforme de la loi Renault qui impose de vagues mineures au patronat en cas de restructuration. Ensuite vient la définition des métiers pénibles qui donnent le droit de partir à la pension plus tôt, et que le patronat veut évidemment réduire à peau de chagrin.
Mais le plat de résistance, le cheval de bataille de Peeters, c’est la « modernisation » du droit de grève. Un mot qui signifie dans la bouche de Peeters l’inter- diction de fait des piquets de grève. Et en dessert (pour les patrons), il y aurait dans chaque entreprise une sorte de bouc émissaire syndical, qui serait responsable des « débordements » de la base. En gros, on nous limerait les dents et si on mord quand même, ce serait nos propres camarades qui en subiraient les conséquences.
C’est évidemment inacceptable mais cela montre bien à quel point le patronat se sent fort, pour se permettre d’attaquer les travailleurs sans sembler craindre leur réaction. Et s’il se sent fort, c’est justement parce que les travailleurs ne se mobilisent pas assez ! C’est pour cela que le gouvernement tient tellement à limiter le droit de grève : c’est une des seules formes de résistance des travailleurs !
Il y a 130 ans, le gouvernement belge a voté des lois permettant d’arrêter les meneurs syndicalistes pour leur discours. Le patronat de l’époque se sentait fort et faisait envoyer les gendarmes contre les travailleurs. Pourtant, ce sont justement les mobilisations ouvrières qui ont fait ressortir aussitôt les camarades de prison. C’est uniquement quand le patronat subit la force du mouvement ouvrier qu’il cède, car ça lui fait mal et ça lui fait peur.
Moins le monde du travail se bat, plus le patronat attaque !

L’impunité des riches

Sur une dizaine d’années, les scandales d’évasion fiscale se sont multipliés : Paradise Papers, Swiss Leaks, Lux Leaks,… Parmi les plus récents, il y a les Panama Papers : des milliers de documents d’une société du Panama concernant les fraudes utilisées par des riches du monde entier pour échapper à l’impôt de leur pays. Parmi eux, plus de 700 bourgeois belges.
Les politiciens s’étaient alors indignés, avaient répété leur volonté de sévir, de lutter contre la fraude fiscale, etc. Or, depuis ces promesses, très peu de riches ont été vraiment inquiétés. Des membres de la famille actionnaire d’AB Inbev ont toujours leur société offshore au Panama pour cacher leur argent et Huts, un grand patron flamand, a simplement créé une nouvelle société écran pour remplacer l’ancienne.
Deux ans après, avec la complicité des banques, les grands bourgeois continuent à frauder comme avant et à placer leur magot dans les paradis fiscaux dans l’impunité la plus totale
Et ça, cela continuera tant que les travailleurs ne contrôleront pas eux-mêmes les comptes des banques !