Belgique

Les travailleurs ne peuvent compter que sur eux-mêmes !

Devant l’absence de mesures de protection prises par leurs patrons ou l’État, certains travailleurs ont refusé de continuer à travailler comme si de rien n’était. C’est le cas des chauffeurs de bus TEC de la région Liège-Verviers qui n’ont attendu l’accord de personne pour débrayer alors que leur direction prenait visiblement son temps pour réagir à la situation et améliorer la protection des chauffeurs. Dans le secteur des aides ménagères, l’inquiétude et la colère étaient grandes également et les syndicats n’ont pas tardé à signaler les risques auxquels les travailleurs/euses étaient confrontés. Pas question pour eux d’accepter un chômage temporaire car leurs salaires sont scandaleusement bas. A côté de l’artillerie lourde déployée par le gouvernement pour soutenir les patrons, les mesures qui concernent les travailleurs sont tout à fait dérisoires. L’État a effectivement ouvert la tirelire bien large pour sauver les patrons et assurer la continuité de leurs affaires. Devant les risques sanitaires que courent les travailleurs, il est nécessaire de mettre fin à toute activité non essentielle, et ce, sans perte de salaires.

Migrants et sans-papier, logés à la même enseigne…

Pendant que le gouvernement pointe du doigt ceux qui refusent de respecter les consignes de confinement, il ne souffle pas un mot sur ceux qu’il empêche de se protéger. Pour les migrants en transit et les sans-papiers à qui l’État refuse des conditions de vie humaines et qui vivent en partie dans la rue, il est impossible de respecter les règles de prévention et d’hygiène de base. Cette situation est d’autant plus inadmissible quand on sait qu’il s’agit d’individus dont la santé est particulièrement fragile en raison de l’insalubrité de leur environnement. La fermeture des bureaux de l’Office des étrangers va encore faire grimper le nombre de migrants sans-abris puisqu’il est désormais impossible à ceux qui sont récemment arrivés de déposer leur dossier et donc d’être pris en charge. La Région bruxelloise, après avoir fait disperser par la police ceux qui s’étaient rassemblés au parc Maximilien afin « de veiller au bon respect des distances entre les personnes dans les parcs de la ville », n’a rien trouvé de mieux à leur conseiller que de se rendre dans les centres d’hébergement existants et déjà bondés ! Pour les demandeurs d’asile dont la procédure d’accueil est en cours, la situation n’est pas meilleure : entassés par centaines dans les centres Fedasil, ils risquent, eux aussi, d’être « confinés » dans de véritables mouroirs.

 

Le gouvernement est démasqué !

Le gouvernement enchaîne les déboires dans la question de la livraison des masques. Une première cargaison d’un million de masques a d’abord disparu à Trieste, probablement parce que le vendeur avait trouvé, avant leur arrivée en Belgique, un meilleur acheteur. Ensuite, après avoir encore attendu quelques jours de trop, les premiers masques ont enfin été livrés, et ce, en partie grâce à la charité du propriétaire d’Alibaba, le multimilliardaire Jack Ma. Mais la saga ne s’arrête pas là. Un lot supplémentaire de cinq millions de masques a été annoncé à grands renforts de publicité. Or, au lieu de voir arriver des masques FFP2 et FFP3, seuls à offrir une protection suffisante contre le virus, les travailleurs de la santé ont vu arriver à la place de simples masques chirurgicaux ! C’est pitoyable de la part du gouvernement et une catastrophe de plus pour les travailleurs qui doivent continuer à travailleur sans protection.

En fait, dès les premiers signes de contagion de masse en Chine, plusieurs virologues avaient déjà averti le gouvernement de la nécessité de constituer des stocks de masques avant qu’il ne soit trop tard, mais il fallait alors apparemment mieux attendre… Qu’est-ce que De Block espérait ? Que rien ne se passerait ? Et qu’elle pourrait encore se vanter d’avoir fait des économies ?  Cette politique révèle aujourd’hui l’incapacité d’un gouvernement qui expose tous les travailleurs, et particulièrement ceux de la santé, aux dangers du coronavirus.

Pas une deuxième fois !

Les infrastructures des écoles tombent en ruine à Bruxelles et en Wallonie. Selon les estimations, c’est près d’un milliard d’euros qu’il faut débloquer pour les rénovations.
Ce n’est pas un nouveau constat, ce délabrement est le résultat de décennies de désinvestissements scolaires.
Or, on apprend maintenant que le ministre Daerden veut faire appel à l’épargne des particuliers pour financer la rénovation… C’est le comble ! Alors même que l’État se sert déjà bien suffisamment dans les poches des travailleurs au travers des impôts, il faudrait aussi maintenant puiser dans nos économies ? Les travailleurs contribuent bien à assez au fonctionnement de la société, il est temps d’aller chercher l’argent où il est : dans les poches des patrons.

Privés de soins de santé

Un Belge sur vingt ne s’est rendu chez aucun médecin sur l’année 2018. Ce n’est évidemment pas parce qu’ils bénéficieraient d’une meilleure santé que les autres mais parce que les soins de santé sont trop chers pour eux et qu’ils sont obligés de faire une croix dessus. Il n’est pas normal que, dans une société riche, il existe encore des gens qui ne peuvent pas se payer des soins de santé !

Il y a encore beaucoup à faire…

Une enquête réalisée par Amnesty et SOS Viol révèle qu’une personne sur deux en Belgique a été victime de violences sexuelles. 20% des femmes ont été victimes d’un viol, ce qui est aussi le cas pour un jeune sur quatre.
Encore une fois, on ne peut que constater que notre société reste barbare…
Il y a 110 ans, la révolutionnaire Clara Zetkin créait la journée internationale des femmes pour qu’elles mettent fin à leur oppression. Elle liait l’émancipation des femmes à celles de tous les opprimés et c’est pourquoi elle avait épousé le mouvement communiste. Elle avait compris qu’on ne pouvait mettre fin à l’oppression des femmes qu’en abattant toutes les autres.

Lâche la grappe, Bacquelaine !

Depuis l’été dernier, les bénéficiaires de la Grapa (revenu d’aide sociale pour les personnes âgées) sont contrôlés par leurs facteurs. Cette besogne ignoble que le gouvernement oblige à faire aux travailleurs de la poste a pour but de déterminer si le bénéficiaire habite bien à la résidence déclarée et évidemment à le priver de son allocation si ce n’est pas le cas. Il s’agit comme d’habitude de faire des économies sur le dos des plus faibles.
Une centaine de manifestants se sont rassemblés devant le cabinet de Bacquelaine pour que cette mesure soit supprimée. Ce dernier fait la sourde oreille.
Il est intolérable que le gouvernement fasse fliquer ainsi les personnes vulnérables qui bénéficient d’une allocation de misère. Il faut que ce contrôle cesse et que les pensions soient toutes augmentées.

Dioxine, le retour

Vingt ans après la crise des œufs à la dioxine, une nouvelle affaire de pollution risque d’empoisonner l’atmosphère : les parcs à mitraille, qui broient et recyclent les voitures, rejettent dans l’atmosphère des doses de dioxine et d’autres cancérigènes des centaines de fois supérieurs à la norme. A Courcelles, les habitants ne doivent plus consommer légumes et œufs issus de leurs potagers. Cela fait des années que ça dure et c’est seulement maintenant que la région s’apprête à prendre des mesures.
Selon les industriels du secteur, c’est injuste car les régions et pays environnants n’appliquent pas de normes aussi strictes. Ils réclament donc de pouvoir faire aussi pire qu’ailleurs en matière d’empoisonnement des populations. Le capitaliste est vraiment édifiant !

Un système malade qui se prive de médecins

La pénurie de médecins ne cesse de s’aggraver en Belgique alors que les salles d’attente déjà bondées les forcent à réduire les temps de consultation et à rallonger leurs journées. Il faut attendre plusieurs mois pour obtenir un rendez-vous chez un spécialiste qui, en plus, coûte de plus en plus cher. Dans certaines villes, les médecins ayant dépassé l’âge de la retraite ne peuvent se décider à la prendre et à abandonner leurs patients, alors qu’aucun remplaçant ne se présente à eux. Et pourtant, chaque année, de nombreux étudiants ayant réussi leurs examens se voient refuser la possibilité d’exercer le métier en raison des limitations imposées par le « numerus clausus » en vigueur depuis 1996.

Non au contrôle des anciens

Depuis août 2019, le gouvernement a formé un partenariat avec Bpost afin que les facteurs contrôlent si un bénéficiaire de la Grapa – allocation sociale pour les personnes âgées – réside bien à son domicile déclaré. Le but avoué de ce flicage des pensionnés est de faire la chasse aux retraités qui trouvent un moyen de bénéficier du statut d’isolé, plus avantageux que celui de cohabitant. La différence est maigre mais pour eux, c’est salutaire.
Alors même que les revenus de la Grapa sont ridiculement bas et permettent à peine aux personnes âgées de survivre, le gouvernement fait tout pour faire la chasse à une population qui est parmi la plus fragilisée dans cette société.
Fin janvier, des associations ont obtenu la condamnation de ce nouveau système mais ce n’est pas un bout de papier qui va faire reculer le ministre. Il faudra d’autres manifestations comme celle du 28 janvier.