Belgique

Les « entraves méchantes » aux profits

Depuis quelques années, les attaques judiciaires se multiplient contre les actions syndicales. Dernièrement, deux délégués anversois ont été inculpés « d’entrave méchante à la circulation ». Ils avaient organisé un piquet de grève au port, la police les en avaient violemment dégagés et maintenant, ils risquent entre 5 et 10 ans de prison. Évidemment, cela sera avec un sursis, mais cela pèsera dans le casier judiciaire. L’État use de ses nombreux outils pour décourager les travailleurs à se battre. Au service de la bourgeoisie, les magistrats ne font qu’assurer la bonne marche des affaires et des profits…

Le mépris de De Block pour les malades 

La ministre de la santé Maggie De Block a fait passer une nouvelle mesure pour sanctionner les malades de longue durée. La réforme instaure un système qui fait dépendre le financement des mutuelles de leur efficacité à remettre ces malades à l’emploi. Et cela sous le prétexte de diminuer le nombre de malades de longue durée ! Comme si le fait d’être harcelé par la mutuelle allait guérir les malades… C’est du mépris pur et simple, car cela insinue que ces malades ne le sont pas vraiment. Et cela poussera les mutuelles à essayer de remettre ces personnes au travail coûte que coûte, quelles qu’en soient les conséquences pour leur santé. S’en prendre aux plus faibles, c’est cela la politique du gouvernement.

L’accueil des migrants en Belgique

C’est plus de 3000 personnes qui ont manifesté les 24 mars contre le racisme, la haine et les inégalités. Cette mobilisation nous montre que la population est loin d’accepter la politique du gouvernement envers les réfugiés.
Les associations de particuliers qui aident les migrants ont été l’un des piliers de la manifestation. Ce sont les seules à chercher vraiment une solution pour accueillir les réfugiés. L’Etat qui détient toutes les ressources et moyens pour résoudre cette crise, ne fait rien et même le peu d’initiatives qu’il a prises, il est en train de les saboter. Dans la province du Luxembourg, c’est quatre centres d’accueil des migrants qui vont être fermés et le gouvernement prévoit d’en fermer neuf en tout.
Il n’y a personne dans la classe politique pour défendre une politique d’ouverture aux pauvres des autres pays. Pour le moment, seul André Antoine défend l’ouverture des frontières… parce qu’il faut rajeunir la population. Ces propos utilitaristes sont écœurants !
En attendant, les migrants sont chassés par la police avec des chiens et de drones, comme à Zeebrugge le 30 mars où une septantaine d’entre eux ont été arrêtés.

Feminicides, tuées parce qu’elles sont des femmes

En 2017, trente-huit femmes étaient assassinées simplement parce qu’elles étaient des femmes ; en 2018, elles sont déjà quatorze. Derniers meurtres en date : une femme et sa mère ont été poignardées et égorgées à Herstal.
En 2016, il y a eu environ 17300 plaintes pour violence conjugales et 1500 pour violences sexuelles rien que pour Bruxelles et la Wallonie. Quand on sait que les enquêtes montrent que seulement une femme sur six ose aller porter plainte à la police, le nombre de femmes violées explose : il y aurait 18 viols par jour. Aux niveaux belge et européen, c’est une femme sur trois qui dit avoir été victime de violences physiques ou sexuelles…
Encore un constat qui condamne pour toujours la société dans laquelle nous vivons. Pour les communistes, l’égalité de l’homme et de la femme n’est pas un droit, mais un fait. Si les femmes sont ainsi maltraitées, violentées, abusées, violées, c’est parce que nous vivons dans une société d’exploitation, une société qui repose sur l’injustice et sur l’inégalité. C’est en extirpant les racines de l’exploitation que nous supprimerons pour toujours la barbarie la plus ancienne que l’humanité a connue : la violence faite aux femmes.

Des écoles en ruine et des travailleurs usés

Mardi 27 février, nombreux étaient les travailleurs des écoles qui ont fait grève. Depuis des années, l’État ferme les écoles, n’augmente pas le nombre de classes alors qu’il y a de plus en plus d’élèves, les établissements se dégradent, les équipements sont défectueux, le matériel incomplet si pas inexistant, l’encadrement est insuffisant… Et le gouvernement veut priver les travailleurs d’une pension digne !? Les travailleurs ont bien raison de faire grève. Il faudra cependant plus d’un jour de lutte pour que le gouvernement recule.

Grève du 27 février

La grève nationale des services publics à l’appel de la CGSP a été bien suivie par les travailleurs à la STIB. L’assemblée générale de la CGSP du 20 février avait voté la grève du 27 février à l’unanimité. De nombreux travailleurs affiliés à la CGSLB et à la CSC ont également fait grève. Plus de trois quarts des bus et des trams et plus de deux tiers des métros ne sont pas sortis des dépôts. Il n’y a pas eu de véritables piquets de grève, seuls quelques délégués syndicaux ont temporairement occupé le terrain à la porte de certains dépôts. Les basses températures n’expliquent pas tout, la CGSP n’a donné aucune directive d’action. Les travailleurs en grève sont restés à la maison alors qu’ils auraient pu participer par exemple à une distribution de tracts.

Les attaques gouvernementales se multiplient : augmentation de l’âge de la pension, diminution du montant de la pension, manque de budget pour reconnaître les métiers pénibles, pénibilité calculée au rabais… Ce ne sont pas les raisons de faire grève qui manquent donc. Bien sûr une journée de grève ne va pas changer immédiatement le rapport de force. Mais nous pourrions profiter de ce rare moment où nous pouvons être tous ensemble pour discuter justement de la nécessité de préparer une mobilisation au-delà d’un jour.

Qui l’eut cru !

Oh, quelle surprise ! Depuis 2007, date de la privatisation du secteur de l’énergie, la facture de gaz -électricité a augmenté de 70%. Et votre salaire, de combien a-t-il augmenté en dix ans ? Votre pouvoir d’achat, il a grandi ? Non, bien sûr !
Et donc, encore une fois, on constate ce que tout le monde sait, une privatisation fait augmenter les prix. Le blabla sur le marché et sa concurrence bienfaisante, eh bien c’est faux, tout simplement. Pas besoin de faire des calculs savants pour le savoir. Les actionnaires privés n’ont aucune raison, contrairement à l’État, de maintenir les prix des services publics à un niveau raisonnable, accessible à la population. L’objectif des actionnaires, c’est de faire du profit.
Et pour ça, il n’y a pas des milliers de façons de s’y prendre : soit la productivité augmente, soit ce sont les prix qui augmentent. En fait, c’est souvent une combinaison des deux.
Dans un premier temps, la concurrence obligera les entreprises à maintenir les augmentations de prix à un niveau acceptable.
Mais les jeux d’achats et de ventes entre les entreprises finissent par tendre vers une situation de monopole et donc d’entente sur les prix. (Oui oui, on sait, l’Europe dit que c’est interdit…). Et là, badaboum, ils peuvent plumer le consommateur qui n’aura pas d’autre choix ! Les privatisations sont vraiment une aubaine pour le patronat.

Gaaarde à vous !

Maggie De Block est décidément au garde à vous devant les organisations patronales. Johann Leten, le représentant de la Voka Limbourg, a expliqué dans la presse que tous les patrons voudraient baisser le nombre de malades de longue durée ! En gros, ils accusent les toubibs de faire des certificats au plus offrant. On comprend que les toubibs se soient indignés. Bon, il est bien possible que la Voka s’excuse devant les médecins. Après tout, ils sont un petit peu du même monde. Mais les patrons ne lâcheront pas l’idée.
Partout le travail est plus dur, il y a des suppressions de postes, plus de stress. Les patrons vont jusqu’à l’os. Partout, ils essayent de grappiller de l’argent pour augmenter leurs profits.
Il est évident qu’il ne faut pas les laisser faire.
Mais on peut déjà imaginer les directions syndicales s’échiner à démontrer que les patrons se trompent, que ce n’est pas rentable (pour eux) à long terme, etc. Remettre au boulot des travailleurs usés moralement et physiquement par une productivité démente, ne doit pas être négociable. Il faut leur dire non, tout de suite et maintenant. D’ailleurs, il serait bon de reprendre cette bonne vieille manière de faire : on se mobilise d’abord, on négocie après !

Silence dans les rangs !

Après les matraques volontaires, genre milice armée, voilà la police à domicile. Avec la NV-A, il y a comme un souffle militaire qui plane dans l’air. Normal, ils ont plein de copains aux crânes rasés.
Voilà l’affaire : De Wever n’aime pas les réfugiés – il n’aime personne sauf les patrons. Il fait les poches de la sécu et les nôtres pour remplir celles de ses copains du Cercle de Lorraine (un endroit réservé aux riches pour manger des petits fours tout en parlant pognon). Mais comme il ne veut pas être pris la main dans le sac, il accuse les réfugiés. Pour joindre le geste à la parole, il veut donner le droit (à qui, ce n’est pas encore très clair) d’envoyer la police chez vous, regarder dans vos tiroirs s’il n’y a pas un réfugié caché. D’office, la po-lice va prendre racine dans votre salon. D’une pierre, deux coups ils vont faire ! Contrôle et répression, c’est pour nous faire bosser sans broncher.

Misère avec le MR, tout comme avec le PS

L’ancien premier ministre Di Rupo a fait parler de lui en caricaturant le slogan du premier ministre Michel  » jobs, jobs, jobs  » en  » misère, misère, misère.  » Ef-fectivement, le gouvernement actuel ne fait rien pour préserver l’emploi et fabrique au contraire de plus en plus de boulots précaires, mal payés, et des chômeurs à la pelle. Mais qu’a fait avant lui le gouvernement Di Rupo ? Exactement la même chose : d’énormes ca-deaux aux patrons sans rien leur imposer en échange, un démantèlement des droits sociaux comme la pension ou les allocations de chômage, le blocage des salaires. Alors, le PS a beau jeu aujourd’hui de faire mine de s’offusquer. Il faut imposer l’interdiction des licencie-ments dans les entreprises qui font des bénéfices mais pour cela les travailleurs ne devront compter que sur leurs propres forces.