Belgique

Malades de la rue…

Une étude de l’hôpital Saint-Pierre révèle que les sans-abris ont trois fois plus de risques de contracter le Covid-19 que le reste de la population. Il ne faut pas chercher très loin pour en comprendre les raisons : la promiscuité dans les centres d’accueil et des installations sanitaires qui laissent à désirer. Il n’est pas normal que, dans une société aussi riche que la nôtre, des milliers de personnes continuent à souffrir de la pauvreté et en meurent. Même avec la crise, notre société crée bien assez de richesses pour nourrir, loger et soigner correctement toute la population.

Les jeunes sur le carreau

En un an, le nombre de jeunes au chômage a augmenté de près de 10% en Wallonie et de 17% à Bruxelles. Quant à ceux qui se sont inscrits pour la première au chômage et qui font leur stage d’attente, ils sont près de 30% en plus en Wallonie et de 50% à Bruxelles ! Les patrons font des économies et leurs premières mesures consistent le plus souvent à ne pas renouveler les contrats à durée déterminée, ce qui concerne essentiellement les jeunes. Alors même qu’il faudrait relancer massivement la production pour satisfaire les besoins de tous et mettre au travail les jeunes travailleurs pour soulager les plus âgés, les patrons, au contraire, réduisent les effectifs pour diminuer leurs coûts.  

Pendant des décennies, les actionnaires se sont enrichis sur le dos des travailleurs. Il est temps qu’ils paient la crise de leur poche au lieu de sacrifier nos emplois.

Meurtre policier + amnésie ministérielle = impunité totale

Une fois encore, la police a tué. Et si la veuve de la victime n’avait pas rendu publiques les images vidéo de l’intervention, ce meurtre serait tombé dans l’oubli comme tant d’autres. Les faits remontent à 2018 ! Jozef Chovanec, un Slovaque de 38 ans, malade, cherche à retourner dans son pays. Débarqué sur le tarmac de l’aéroport, il est passé à tabac et emmené en cellule. Dans la nuit, il se frappe la tête à sang contre les murs. Six policiers interviennent. L’un d’eux appuie la poitrine de la victime avec ses genoux et l’étouffe pendant 16 minutes, sous le regard hilare de ses collègues. Une policière trouve même le temps de faire un salut nazi ! Emmené à l’hôpital, Chovanec y décède. La police et la justice ont clairement cherché à étouffer l’affaire. Le ministre de l’Intérieur de l’époque, l’actuel ministre-président flamand Jan Jambon, a quant à lui tenté de jouer les amnésiques avant qu’on lui rappelle ses contacts avec l’ambassadeur de Slovaquie. Les travailleurs n’ont aucune raison de faire confiance à une police barbare gangrenée par le racisme. Ils n’ont rien à attendre non plus de politiciens complices qui mentent en toute impunité !

Les patrons profitent de la crise

Alors que leur bateau coule, les patrons cherchent à maintenir les bénéfices et profitent de la situation pour faire les poches aux travailleurs. La FEB souhaite imposer n’importe quels horaires de travail aux salariés en les « flexibilisant », tout en réduisant les salaires qu’elles leur paieraient de nuit. C’est déjà osé ! Mais ils ne s’arrêtent pas là. Alors qu’ils jettent des milliers de travailleurs sur le pavé, ils voudraient aussi limiter la période de chômage à laquelle ceux-ci ont droit, forçant ainsi par la même occasion les travailleurs qui auront eu la chance de garder leur emploi à tout accepter. Montrons à ces voyous ce qu’on pense de leurs plans, flexibilisons leurs comptes en banque !

Un écosocialisme radioactif

0Maintenant que le brouillard qui enveloppait les discussions entre la N-VA et le PS s’est levé, il dévoile par la même occasion le jeu que mènent les serviteurs de la bourgeoisie. Ceux qui annonçaient en grande pompe l’adoption d’un programme « écosocialiste », sont aussi ceux qui signent pour prolonger une énième fois l’utilisation du nucléaire… se conformant ainsi aux exigences des grands producteurs d’électricité pour qui la transition énergétique n’est qu’une source de dépenses et de diminution des profits. Face à leurs maîtres, les promesses électorales des politiciens s’évaporent aussi vite que l’eau des réacteurs.

L’État bourgeois au service… des bourgeois

Depuis l’été dernier, les bénéficiaires de la Grapa (revenu d’aide sociale pour les personnes âgées) sont contrôlés par leurs facteurs. Cette besogne ignoble que le gouvernement oblige à faire aux travailleurs de la poste a pour but de déterminer si le bénéficiaire habite bien à la résidence déclarée et évidemment à lui en priver si ce n’est pas le cas. Il s’agit comme d’habitude de faire des économies sur le dos des plus faibles.

Une centaine de manifestants se sont rassemblés devant le cabinet de Bacquelaine pour que cette mesure soit supprimée. Ce dernier fait la sourde oreille. 

Il est intolérable que le gouvernement fasse fliquer ainsi les personnes vulnérables qui bénéficient d’une allocation de misère. Il faut que ce contrôle cesse et que les pensions soient toutes augmentées.

Des paroles pour nos soignants… Un cercueil pour nos pensionnés

Qu’elles soient privées ou publiques, les maisons de repos se sont transformées ces derniers mois en de véritables mouroirs. Début juin, Sciensano dénombrait 6 183 décès de résidents de maison de repos causés par le coronavirus, soit deux tiers des victimes du virus ! Avant la crise, la situation n’était déjà pas terrible, le virus l’a rendue carrément insoutenable. Avec des équipes réduites et des horaires à n’en plus finir, les soignants ont dû combattre un ennemi invisible sans matériel et sans tests, au péril de leur propre santé mais aussi de celle de leur famille. Dans certains homes, les employés malades étaient tellement nombreux qu’il a fallu les remplacer par des militaires. Pour ne pas engorger les hôpitaux, les anciens ont été confinés, seuls, dans leur chambre, les condamnant ainsi à une mort certaine dans des homes qui manquaient d’oxygène et d’infirmiers. A part quelques « merci », le personnel soignant des homes n’a toujours rien reçu et nombreux sont ceux qui craignent qu’un scénario semblable se reproduise.

Les symboles de l’oppression coloniale

En Belgique comme aux États-Unis, une des formes que prennent les manifestations contre le racisme, est le déboulonnage des statues de racistes patentés.

Bien sûr, il y a toujours des cœurs chagrins pour qui les statues de Léopold II seraient de l’art, juste de l’art et pour qui ce serait sacrilège de les mettre à bas. Ils n’hésitent pas à comparer avec les nazis qui brulaient les livres !  Ce sont les mêmes qui criaient hourra ! lorsque, lors de la chute du mur de Berlin, des statues de Lénine se sont retrouvées par terre. Et là, il n’était question ni d’art, ni d’histoire. 

Ces blocs de bronze et de pierre ont été mis dans les rues et sur les places par l’État belge pour célébrer le plus grand exploiteur du Congo, et avec lui tout le système esclavagiste. Car oui, ce système capitaliste a été construit avec le sang des populations d’Afrique. Ce n’est pas l’histoire qui est célébrée dans l’espace public, mais bien l’idéologie de la classe sociale au pouvoir. La place de ces bustes est dans les poubelles de l’histoire. 

Après la crise, comme avant, les travailleurs vont devoir se défendre

Pendant la crise du Covid, les commentateurs, journalistes, politiciens se sont relayés sur les ondes pour jurer que plus rien ne serait jamais comme avant, que les leçons seraient apprises, bref, que grâce au Covid le monde allait devenir meilleur.

Ces niaiseries n’ont pas résisté longtemps à l’épreuve des faits : que ce soit à l’échelle de la Belgique ou de la planète, le patronat n’a pas changé d’un iota. Il est en train de profiter de la crise sanitaire pour lancer une série de plans de restructuration probablement encore pires que ceux qui ont suivi la crise de 2008.

En Belgique, la compagnie aérienne Brussels Airlines va recevoir 300 millions d’euros d’aide d’argent public. Cet argent est censé empêcher la « faillite » de l’entreprise. Or dans le même temps, la direction a utilisé le chantage à la fermeture pour imposer gel des salaires, départs en retraite anticipée et chômage technique au personnel naviguant, faisant ainsi un supplément de 500 millions d’euros d’économies.

Pour Lufthansa, la maison mère de Brussels Airlines, c’est le jackpot à encore plus grande échelle : l’entreprise va recevoir 9 milliards d’euros du gouvernement allemand et prévoit 22 000 licenciements.

En France, c’est 15 milliards pour le secteur aéronautique et 8 milliards pour l’automobile. En Italie, le gouvernement va prêter 6 milliards d’euros à Fiat. Dans tous les pays, le même scénario se répète. 

Au bout du compte, le grand patronat compte bien mettre la crise à profit. Certes, les bénéfices ont baissé pendant le confinement et certaines grandes entreprises ont même perdu de l’argent. Mais la grande majorité a passé le cap, grâce à leurs faramineuses réserves, constituées au cours de dizaines d’années d’exploitation des salariés. Ce ne sont que pour des petites entreprises que le coup a pu être fatal. 

Mais comme le montre l’exemple du secteur aérien, les patrons n’ont pas l’intention d’absorber les pertes en prenant sur les profits passés. Non seulement ils vont recevoir des aides publiques mais ils vont tenter d’imposer des sacrifices aux travailleurs, sous prétexte de « sauver l’entreprise », que ce soit en abandonnant une partie de leurs salaires, en acceptant plus de flexibilité ou en travaillant plus. Le patronat espère ainsi, sous la menace de la fermeture, faire accepter aux travailleurs des mesures antisociales qu’ils n’auraient pas espéré faire passer autrement.

C’est ainsi qu’ils espèrent regagner au centuple ce qu’ils ont perdu ces trois derniers mois.

Dès la mi-avril, les bourses européennes ont commencé à remonter et sont quasiment revenues à leur niveau d’avant la crise. Les financiers investissent dans les secteurs qui, à leurs yeux, vont le plus profiter de la situation. Dans les autres secteurs, ils exigeront des restructurations jusqu’à les rendre à nouveau rentables. 

Si les travailleurs se laissent faire, le prix humain sera terrible. Des foyers seront appauvris par le chômage, par les temps partiels et l’intérim. Pour les patrons, les subsides, les réductions d’impôts, etc. Pour les travailleurs, les restructurations et la misère.

Les travailleurs risquent aussi de payer une deuxième fois l’addition : les dizaines de milliards d’euros que le gouvernement Wilmès a mis à disposition des entreprises vont creuser la dette du pays, elle pourrait remonter à 120% du PIB cette année. Or cela fait trente ans que tous les gouvernements successifs justifient leurs plans d’austérité en série au nom de cette dette. Il ne faudra pas attendre longtemps pour que les mêmes recettes indigestes se retrouvent sur la table : dégradation des services publics, coupe dans les budgets sociaux, report de l’âge de la retraite, augmentation du temps de travail, etc. Pour les politiciens au service du patronat, c’est le « business as usual ». 

La crise n’est pas encore finie que les politiciens ont déjà repris leurs petits jeux habituels et les discussions sur la formation du prochain gouvernement vont bon train. Histoire de se rosir un peu, le PS a proposé de suspendre les licenciements jusqu’en octobre. C’est dérisoire. Pour que chacun puisse vivre dignement, il serait vital d’interdire totalement les licenciements, et en premier lieu dans les entreprises qui font des bénéfices. Il faudrait que les travailleurs aient accès aux comptes des entreprises pour savoir où est l’argent et dénoncer les magouilles qui justifient les faillites.

Au lieu d’arroser le patronat à coups de milliards d’euros, qui vont de toute façon finir dans les circuits financiers, il faudrait recruter massivement dans tous les services publics utiles à la population, comme les hôpitaux, les maisons de repos ou les écoles.La classe politique, tous partis confondus, n’a aucune intention de prendre cette voie. Il n’y a que la mobilisation générale des travailleurs qui pourra obliger politiciens et patronat à les respecter.

Un comité d’accueil bien remonté

La tournée médiatique de Wilmès dans les hôpitaux ne s’est pas faite sans accroc… et tant mieux. Le 15 mai, une centaine de travailleurs de l’hôpital Saint-Pierre se sont rassemblés dans la cour pour lui tourner le dos et montrer ainsi leur refus de cette mascarade. C’est à cause de l’impréparation du  gouvernement et des années de restrictions budgétaires qu’ils se sont retrouvés en manque de personnel et de matériel face à la pandémie. Cela faisait plusieurs mois qu’ils revendiquaient de meilleures conditions de travail et, encore aujourd’hui, ils doivent se contenter de pieuses promesses. Leur geste a été accueilli avec beaucoup de sympathie par tous les travailleurs, ils peuvent être fiers de leur mobilisation !