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Les malades de longue durée n’ont pas à en baver

Le ministre Vandenbroucke veut remettre au boulot les malades de longue durée. Des sanctions sont prévues en cas de refus. La remise au travail de 4500 d’entre eux rapporterait 25 millions par an. C’est une goutte d’eau à côté des milliards planqués dans les paradis fiscaux. Mais voilà, entre taxer les riches et s’attaquer aux travailleurs malades, le gouvernement n’a pas hésité. Les malades de longue durée n’ont pas à payer pour la cupidité des riches évadés.       

Les empoisonneurs

Une étude menée récemment par la Région wallonne a révélé une nouvelle fois toutes les horreurs que l’on trouve dans notre corps, ainsi que dans celui de nos enfants : perturbateurs endocriniens, métaux lourds, insecticides, pesticides, herbicides… la liste est longue ! Un quart des échantillons contenaient du glyphosate, le fameux herbicide utilisé dans l’agriculture, et tous contenaient des reprotoxiques potentiellement cancéreux. Pour faire un maximum de blé, les capitalistes sont prêts à nous faire tout avaler ! 

Les révélations passent, la fraude reste

Après les Panama et les Paradise Papers, les Pandora Papers nous rappellent une évidence : les paradis fiscaux ne se sont jamais aussi bien portés. Sur les 29 000 sociétés écrans révélées, 1 217 sont belges, qui ont planqué chacune plusieurs millions d’euros. Et comme d’habitude, les politiciens font mine de s’en indigner, en attendant que la polémique passe. L’évasion fiscale n’est pas une simple dérive du système. C’est le fonctionnement normal du capitalisme, nourri par l’appât du profit et protégé par le secret des affaires. 

Assistants médecins : corvéables à merci ?

En juin, le gouvernement avait été contraint d’envoyer des inspecteurs du travail dans les hôpitaux après plusieurs grèves des assistants médecins. Les inspecteurs avaient ainsi pu constater les horaires délirants imposés aux assistants : de 60 à plus de 90 heures/semaine, sans qu’ils gagnent un euro de plus ! Quatre mois plus tard…rien n’a changé. Les hôpitaux dont les budgets sont toujours aussi ridicules, continuent de profiter d’eux comme d’une main-d’œuvre économique et servile. Au final, l’envoi de l’inspection n’avait qu’un seul but : faire diversion pour essouffler le mouvement de grève. Personne n’est dupe. Les assistants prévoient déjà de nouveaux débrayages. 

Inondations : assureurs mauvais payeurs

Les sinistrés des inondations sont en colère, et il y a de quoi. Certains assureurs n’ont versé aucune avance. D’autres en ont versées, puis plus rien. La plupart font durer les démarches pour décourager les assurés. Un objectif : indemniser le moins possible. Ces sociétés brassent des milliards chaque année. Mais à la première catastrophe, elles se cachent derrière la paperasse et les plafonds d’intervention prévus par la loi. Ces inondations ne sont pas seulement la conséquence du dérèglement climatique. Elles sont surtout révélatrices de la pourriture qu’est le capitalisme.  

Les aides aux patrons, la facture aux travailleurs

La Secrétaire d’État au Budget a annoncé la couleur : cesser les dépenses Covid au plus vite et… économiser trois milliards d’euros en 2022 ! Ainsi, après avoir copieusement arrosé les petits et surtout les grands patrons, le gouvernement veut renflouer les caisses sur notre dos. Pour payer la note, les services publics seront encore rabotés. Tant pis pour l’enseignement, les transports et la santé qui, même après le Covid, devront continuer à se contenter de cacahuètes ! Et le reste des économies, le gouvernement ira le chercher directement dans la poche des travailleurs… comme toujours.

Deux poids, deux mesures

Ce 21 septembre, les 17 syndicalistes condamnés en 2015 pour « entrave méchante à la circulation » font appel au jugement. Pour rappel, ils avaient été poursuivis parce qu’ils auraient empêché un chirurgien de se rendre au bloc et que le patient était décédé. Aujourd’hui, l’attaque et le prétexte apparaissent comme encore plus bidons qu’à l’époque. Avec le Covid, c’est plus de 25 000 morts qu’ont causé les politiciens qui se sont succédé au gouvernement et qui ont enchaîné les économies dans les soins de santé ! Sont-ils poursuivis en justice pour autant ? 

Les augmentations ne se gagnent pas sur le papier mais dans la rue

La FGTB appelle à une manifestation nationale ce vendredi 24 septembre contre la loi sur la marge salariale.

Cette loi, votée en 1996, vise à limiter les augmentations de salaires en Belgique en les alignant sur les salaires des pays voisins. Depuis lors, chaque année, l’augmentation des salaires que peuvent demander les salariés est limitée par la loi. Ce système a été mis en place sous le gouvernement Dehaene 2 auquel participait le PS. La loi a été durcie en 2017 par le gouvernement Michel et la norme salariale est devenue impérative alors qu’elle était auparavant indicative.

Ces lois sont toujours présentées comme devant servir à protéger l’emploi. C’est grotesque car cela veut dire que si les travailleurs ne trouvent pas d’emploi, c’est parce qu’ils demandent des salaires trop élevés et qu’il est donc logique que les patrons cherchent ailleurs des salariés qui leur coûteront moins cher. Toute la logique de ces lois injustes est que les travailleurs peuvent bien limiter leur salaire alors qu’il est inimaginable de demander aux patrons de limiter leurs profits.

La même chose est vraie pour les pensions : les travailleurs peuvent bien accepter de travailler deux ans de plus, mais jamais un gouvernement ne demandera au patronat de cotiser plus, parce que tous les efforts de tous les gouvernements vont justement dans le sens de réduire les cotisations patronales.

Ce que la loi sur les salaires de 1996 a de particulier, c’est d’ériger en règle de base le principe de la concurrence entre les travailleurs des différents pays. Il n’était évidemment pas nouveau que les patrons utilisent les différences de salaires entre pays pour mettre les travailleurs en concurrence, mais la loi en a fait la règle : pour sauver leur emploi, les travailleurs d’un pays doivent être moins chers que ceux des pays voisins.

Même si la FGTB est seule à appeler à la manifestation du 24 septembre, les autres syndicats demandent eux aussi une modification de la loi. Mais leurs demandes à tous se limitent essentiellement à revenir à avant 2017, quand la marge de négociation était plus souple, et à changer les règles de calcul. La CSC souhaite, une « discussion honnête » pour fixer la norme. La FGTB, comme la CGSLB, voudraient intégrer d’autres éléments dans le calcul. Aucun des trois ne remet en cause le principe même d’une norme salariale, tous acceptent le principe que les travailleurs doivent se plier à la concurrence voulue par le patronat. Alors que les syndicats prétendent unir tous les travailleurs et mettre en avant la solidarité de tous, ils trouvent normal que les travailleurs belges doivent coûter moins cher que leurs voisins. Certes, aucun syndicat ne le dit aussi crûment, mais quand ils avancent comme argument que les travailleurs sont plus productifs en Belgique qu’en France ou en Allemagne pour justifier un assouplissement de la norme, cela veut bien dire qu’ils rentrent dans le jeu de la concurrence capitaliste.

Alors, oui, il faut participer à cette manifestation, il faut nous mobiliser contre cette loi qui maintient des millions de travailleurs la tête sous l’eau. Mais pas pour la remplacer par une version adoucie qui redonne simplement l’illusion que les syndicats vont pouvoir obtenir quelque chose de la part du patronat simplement parce que la loi a changé. 

Il n’y a pas de « discussion honnête » possible avec le patronat car son seul objectif est la maximisation des profits. C’est à ce niveau que se place la concurrence entre les entreprises, à celle qui en fera le plus, sous peine d’être exclue du marché des capitaux. Cette concurrence capitaliste élimine toute possibilité d’un équilibre entre patronat et travailleurs. Cela supposerait qu’il existe un niveau de profit « raisonnable » qui mettrait tout le monde d’accord. C’est une illusion.

Donc, même si la loi changeait comme le demandent les syndicats, ça ne voudra certainement pas dire que les salaires vont augmenter ! Loi ou pas, le patronat cherchera encore et toujours à raboter les salaires, éviter les taxes, réduire ses cotisations sociales, etc. Contrairement à ce que laissent entendre les syndicats, ce ne sont pas les lois qui font la force du patronat, mais à l’inverse, c’est la faiblesse du monde du travail qui permet au gouvernement de graver les dictats patronaux dans la loi. 

Pour que cela change, il faudra nous imposer au patronat, par des grèves et des mobilisations. Les augmentations ne se gagnent pas sur le papier mais dans la rue.

Une catastrophe pas si naturelle que ça…

En juillet, des milliers de familles ont tout perdu à cause des inondations. Il y a eu près de 40 000 immeubles touchés ; des villes et des villages entiers le long de la Vesdre et de l’Ourthe ont été dévastées… Près de 200 communes ont été touchées.

Dès le 10 juillet, le système d’alerte européen pour les inondations notifiait à la Belgique de hauts risques d’inondations. Le barrage d’Eupen aurait dû être vidé préventivement avant la catastrophe pour pouvoir contenir les précipitations. L’État aurait pu mobiliser de manière préventive la protection civile et l’armée, informer la population, évacuer les immeubles les plus menacés… Il n’en a rien fait. 

Les années précédentes, les services de secours ont été considérablement réduits et désorganisés. En 2017, le gouvernement a supprimé quatre des six casernes de la protection civile et réduit de 30% les effectifs. Sur les 18 000 pompiers que compte la Belgique, seuls 6 000 sont des professionnels à temps plein, les autres sont des bénévoles qui n’ont pu aider que de manière limitée les sinistrés. Cela fait des années que les pompiers dénoncent leur sous-effectif et le manque de matériel.

Plusieurs mois après la catastrophe, l’intervention de l’État pour le relogement et la reconstruction reste totalement insuffisante. Pour le moment, seulement 2 milliards d’euros ont été débloqués, soit moins de la moitié de ce qui a été dépensé pour acheter des avions de chasse ! Dès les premiers jours de l’inondation, les milliers de logements et résidences secondaires vides qui appartiennent aux riches auraient dû être saisis pour reloger les sinistrés de manière décente… Le gouvernement, au service des plus riches, s’est bien gardé d’y toucher. 

Dans une société dirigée par les travailleurs, tous les logements vides auraient été réquisitionnés dès les premiers jours des inondations pour loger les sinistrés. Comme les capitaux n’auraient plus été dans les mains d’une minorité, ils auraient été utilisés pour embaucher massivement et se fournir en matériaux de construction. Les entreprises de construction auraient été saisies pour fournir un effort coordonné national et international de reconstruction. Cette dernière aurait alors été l’affaire de quelques semaines. 

A plus long terme, les travailleurs auraient mis fin à la spéculation foncière qui pousse à construire en zone inondable. Ils auraient adapté les moyens de la protection civile aux nécessités de la prévention des catastrophes et pris les mesures nécessaires pour diminuer les risques liés aux inondations (interdiction de construction en zone inondable, suppression du bétonnage des sols, création de zones humides, etc.).

La prise en mains du pouvoir par les travailleurs est une nécessité historique, dictée par l’incapacité du capitalisme à dépasser sa soif de profits et à gérer rationnellement la planète et l’économie humaine dans l’intérêt de tous. La gestion calamiteuse des crises récentes, que ce soit le Covid, ou la crise climatique, en rappellent toute l’urgence.