Belgique

Des écoles en ruine et des travailleurs usés

Mardi 27 février, nombreux étaient les travailleurs des écoles qui ont fait grève. Depuis des années, l’État ferme les écoles, n’augmente pas le nombre de classes alors qu’il y a de plus en plus d’élèves, les établissements se dégradent, les équipements sont défectueux, le matériel incomplet si pas inexistant, l’encadrement est insuffisant… Et le gouvernement veut priver les travailleurs d’une pension digne !? Les travailleurs ont bien raison de faire grève. Il faudra cependant plus d’un jour de lutte pour que le gouvernement recule.

Grève du 27 février

La grève nationale des services publics à l’appel de la CGSP a été bien suivie par les travailleurs à la STIB. L’assemblée générale de la CGSP du 20 février avait voté la grève du 27 février à l’unanimité. De nombreux travailleurs affiliés à la CGSLB et à la CSC ont également fait grève. Plus de trois quarts des bus et des trams et plus de deux tiers des métros ne sont pas sortis des dépôts. Il n’y a pas eu de véritables piquets de grève, seuls quelques délégués syndicaux ont temporairement occupé le terrain à la porte de certains dépôts. Les basses températures n’expliquent pas tout, la CGSP n’a donné aucune directive d’action. Les travailleurs en grève sont restés à la maison alors qu’ils auraient pu participer par exemple à une distribution de tracts.

Les attaques gouvernementales se multiplient : augmentation de l’âge de la pension, diminution du montant de la pension, manque de budget pour reconnaître les métiers pénibles, pénibilité calculée au rabais… Ce ne sont pas les raisons de faire grève qui manquent donc. Bien sûr une journée de grève ne va pas changer immédiatement le rapport de force. Mais nous pourrions profiter de ce rare moment où nous pouvons être tous ensemble pour discuter justement de la nécessité de préparer une mobilisation au-delà d’un jour.

Qui l’eut cru !

Oh, quelle surprise ! Depuis 2007, date de la privatisation du secteur de l’énergie, la facture de gaz -électricité a augmenté de 70%. Et votre salaire, de combien a-t-il augmenté en dix ans ? Votre pouvoir d’achat, il a grandi ? Non, bien sûr !
Et donc, encore une fois, on constate ce que tout le monde sait, une privatisation fait augmenter les prix. Le blabla sur le marché et sa concurrence bienfaisante, eh bien c’est faux, tout simplement. Pas besoin de faire des calculs savants pour le savoir. Les actionnaires privés n’ont aucune raison, contrairement à l’État, de maintenir les prix des services publics à un niveau raisonnable, accessible à la population. L’objectif des actionnaires, c’est de faire du profit.
Et pour ça, il n’y a pas des milliers de façons de s’y prendre : soit la productivité augmente, soit ce sont les prix qui augmentent. En fait, c’est souvent une combinaison des deux.
Dans un premier temps, la concurrence obligera les entreprises à maintenir les augmentations de prix à un niveau acceptable.
Mais les jeux d’achats et de ventes entre les entreprises finissent par tendre vers une situation de monopole et donc d’entente sur les prix. (Oui oui, on sait, l’Europe dit que c’est interdit…). Et là, badaboum, ils peuvent plumer le consommateur qui n’aura pas d’autre choix ! Les privatisations sont vraiment une aubaine pour le patronat.

Gaaarde à vous !

Maggie De Block est décidément au garde à vous devant les organisations patronales. Johann Leten, le représentant de la Voka Limbourg, a expliqué dans la presse que tous les patrons voudraient baisser le nombre de malades de longue durée ! En gros, ils accusent les toubibs de faire des certificats au plus offrant. On comprend que les toubibs se soient indignés. Bon, il est bien possible que la Voka s’excuse devant les médecins. Après tout, ils sont un petit peu du même monde. Mais les patrons ne lâcheront pas l’idée.
Partout le travail est plus dur, il y a des suppressions de postes, plus de stress. Les patrons vont jusqu’à l’os. Partout, ils essayent de grappiller de l’argent pour augmenter leurs profits.
Il est évident qu’il ne faut pas les laisser faire.
Mais on peut déjà imaginer les directions syndicales s’échiner à démontrer que les patrons se trompent, que ce n’est pas rentable (pour eux) à long terme, etc. Remettre au boulot des travailleurs usés moralement et physiquement par une productivité démente, ne doit pas être négociable. Il faut leur dire non, tout de suite et maintenant. D’ailleurs, il serait bon de reprendre cette bonne vieille manière de faire : on se mobilise d’abord, on négocie après !

Silence dans les rangs !

Après les matraques volontaires, genre milice armée, voilà la police à domicile. Avec la NV-A, il y a comme un souffle militaire qui plane dans l’air. Normal, ils ont plein de copains aux crânes rasés.
Voilà l’affaire : De Wever n’aime pas les réfugiés – il n’aime personne sauf les patrons. Il fait les poches de la sécu et les nôtres pour remplir celles de ses copains du Cercle de Lorraine (un endroit réservé aux riches pour manger des petits fours tout en parlant pognon). Mais comme il ne veut pas être pris la main dans le sac, il accuse les réfugiés. Pour joindre le geste à la parole, il veut donner le droit (à qui, ce n’est pas encore très clair) d’envoyer la police chez vous, regarder dans vos tiroirs s’il n’y a pas un réfugié caché. D’office, la po-lice va prendre racine dans votre salon. D’une pierre, deux coups ils vont faire ! Contrôle et répression, c’est pour nous faire bosser sans broncher.

Misère avec le MR, tout comme avec le PS

L’ancien premier ministre Di Rupo a fait parler de lui en caricaturant le slogan du premier ministre Michel  » jobs, jobs, jobs  » en  » misère, misère, misère.  » Ef-fectivement, le gouvernement actuel ne fait rien pour préserver l’emploi et fabrique au contraire de plus en plus de boulots précaires, mal payés, et des chômeurs à la pelle. Mais qu’a fait avant lui le gouvernement Di Rupo ? Exactement la même chose : d’énormes ca-deaux aux patrons sans rien leur imposer en échange, un démantèlement des droits sociaux comme la pension ou les allocations de chômage, le blocage des salaires. Alors, le PS a beau jeu aujourd’hui de faire mine de s’offusquer. Il faut imposer l’interdiction des licencie-ments dans les entreprises qui font des bénéfices mais pour cela les travailleurs ne devront compter que sur leurs propres forces.

Pénurie de médecin en approche

Depuis l’instauration de l’examen de sélection des candidats en médecine dans les universités belges, de plus en plus de jeunes décident de partir faire leurs études à l’étranger. De nombreux étudiants se tournent par exemple vers la Roumanie qui a ouvert une filière d’étude de médecine en langue française.
Tout le monde sait à quoi ressemble le système de santé belge : des salles d’attente toujours bondées, des horaires de médecin démentiels qui doivent souvent se contenter de 5 minutes par patient pour ne pas accumuler de retard et toujours plusieurs mois d’attente pour avoir un rendez-vous chez un spécialiste.
Nous manquons de médecins. Pourtant, les responsable politiques mettent de plus en plus de barrières à leur formation : numerus clausus et maintenant examen d’entrée. C’est une politique irresponsable !

Nouvelle attaque contre les chômeurs

La NVA va déposer une proposition au gouvernement pour diminuer les pensions des futurs chômeurs de plus de 50 ans. Pour ces politiciens bien payés et à la pension assurée, cela ne suffit pas qu’on mette un travailleur à la porte, il faut aussi qu’il ait une pension misérable. Les dirigeants de l’Etat n’ont cure des intérêts des pauvres. Tout ce qui leur importe, c’est d’assurer les paiements au comptant aux banques et c’est pourquoi ils s’en prennent aux plus démunis d’entre eux : les chômeurs.

0% d’impôts, qui dit mieux ?

En 2016, les entreprises ont reçu plus de 13,8 mil-liards d’euros, rien qu’en Belgique. C’est presque le même montant que ce que l’ensemble des entreprises paient comme impôts. Ces cadeaux aux actionnaires, faits avec de l’argent public, augmentent chaque année. Ils sont supposés pousser à des « créations d’emplois ». Mais ils ne font l’objet d’aucun contrôle ! Les patrons empochent, ne paient aucun impôt et on ne leur demande même pas de rembourser quand ils licen-cient à tour de bras !

Au plus offrant

Des hôpitaux ont récemment révélé qu’ils vendaient à une firme privée les données de leurs patients. La firme achète les données médicales, les compile, en tire des statistiques qu’elle revend ensuite aux hôpitaux, pour leur indiquer comment fonctionner à moindre coût, ou aux firmes pharmaceutiques pour les aider à mieux ci-bler leur publicité. Dans notre société où tout s’achète et se vend, il n’y a pas de petit profit. Et tant pis pour notre vie privée. C’est également là que l’on apprend que ces données ne sont collectées et traitées par aucun organisme public pour aider à la recherche médicale. Normal, ça ne rapporte rien.