Belgique

On ne négocie pas avec les requins

Les négociations sur l’augmentation des salaires traînent depuis des mois. La FEB veut évidemment minimiser cette hausse tandis que la FGTB revendique une augmentation de 2,4% des salaires et un minimum de 14 € brut/heure.
Mais les patrons se sentent en force et remettent en question les contrats de travail. Actuellement, en cas de licenciement d’un travailleur en contrat de longue durée, le patron doit payer une formation. La FEB veut faire payer aux travailleurs une partie de cette formation par la suppression d’un tiers de leurs indemnités de départ et en même temps, bénéficier d’une déductibilité d’impôts au passage.
Cela ne sert à rien de négocier avec eux. C’est seulement si les travailleurs entrent en lutte que les patrons reculeront ; les contrats, ils n’y toucheront pas, les salaires, ils les augmenteront sans discuter.

Pas de parachute doré ?

Début septembre, on apprenait que la direction de Nethys avait préparé en sous-main la vente de deux de ses filiales pour une bouchée de pain à une société privée dont un des actionnaires n’était autre que le dirigeant principal, Stéphane Moreau. Après tous les scandales, Publifin en ajoutait un autre qui allait (enfin !) coûter sa place au très avide Stéphane Moreau.
Mi-octobre, on apprenait qu’il était viré « sans indemnités ». Cela a évidemment interloqué la presse car, dans cette société, il est normal d’offrir un parachute doré à des dirigeants d’entreprises qui gagnent déjà des fortunes.
Il se trouve que les membres du conseil d’administration voulaient éviter un nouveau scandale. En 2018, une nouvelle loi plafonnait les salaires des hauts dirigeants. Or, Moreau s’était arrangé pour obtenir de juteux avantages en échange de la réduction de son salaire : 8 millions d’euros versés en cash et en assurance groupe. Si ce n’est pas un parachute doré, cela y ressemble fort !
On ne peut qu’être écœuré par l’appétit de profit de ces cliques de dirigeants qui pompent les entreprises publiques telles des sangsues.

Des profits toxiques

Depuis 2012, la dotation pour l’Afsca a diminué de 20% et ses effectifs ont été réduits. En conséquence, il y a eu une diminution des contrôles de 11% entre 2016 et 2018.
L’agence a été créée après la crise de la dioxine en 1999. Depuis, les scandales alimentaires se sont multipliés : lasagnes au cheval, œufs contaminés au Fipronil jusqu’à l’affaire de Veviba en 2018, une entreprise représentant 30% du marché belge de la viande, qui ajoutait des déchets toxiques à ses produits.
Tous ces scandales ont toujours la même origine : la course au profit. Ainsi, les capitalistes peuvent incorporer sans scrupules des substances toxiques à la nourriture pour augmenter la productivité. Peu leur importe la santé des populations, ce qui compte pour eux, c’est le gain.

Drogués aux profits

Le 24 octobre dernier, de nombreux services hospitaliers et de soins à domicile étaient en grève parce que les patrons du secteur refusent de mettre en œuvre un accord social signé… le 25 octobre 2017 !
Les conditions de travail dans le secteur médical ne cessent de se dégrader : aux salaires de misère s’ajoutent les horaires interminables et le matériel défectueux. Cette situation engendre de risques toujours plus importants pour la santé des patients. Mais pour les patrons, seuls importent les profits ; les bouts de papier que sont les accords ils s’en moquent. Au ronron des négociations, les travailleurs ont opposé la grève et ils ont eu mille fois raison !

Pendant que les migrants meurent,
les bourgeois s’enrichissent…

Le 24 octobre dernier, les corps de 39 migrants morts ont été retrouvés dans un camion frigorifique en Angleterre. Il semblerait qu’il s’agit de familles originaires de Chine ou du Vietnam qui auraient payé des dizaines de milliers d’euros à des passeurs pour rejoindre le Royaume Uni mais qui ont fini morts de froid ou asphyxiés. L’ensemble de la classe politique anglaise a exprimé ses condoléances et condamné les passeurs et les trafiquants d’êtres humains.
Ces passeurs sont certainement des criminels mais la compassion des politiciens à l’égard des victimes est hypocrite car si les familles pauvres d’Asie, d’Afrique ou du Moyen Orient en sont réduites à devoir se cacher dans des camions pour passer les frontières, c’est bien parce que ces mêmes politiciens ont mis en place des barrières quasiment infranchissables pour empêcher les migrations. Ce sont eux qui donnent les ordres pour que les migrants interceptés par la police soient renvoyés dans leur pays d’origine manu militari, y compris quand c’est un retour certain vers la guerre, la misère ou la mort.
Ces 39 migrants morts s’ajoutent à tous ceux qui se noient régulièrement dans la Manche, aux dizaines de milliers qui disparaissent chaque année en tentant de traverser la mer méditerranée, sans compter ceux dont on n’entend jamais parler. Ils viennent d’Irak ou de Syrie, en guerre depuis l’invasion par les USA et leurs alliés européens. Ils fuient l’Afghanistan des Talibans, qui ont été financés par les USA pour contrer l’influence russe dans la région. D’autres viennent d’Éthiopie ou de Somalie, des pays en proie à la sécheresse et surtout à des guerres civiles permanentes menées par des chefs de guerre financés et armés en sous-main par des groupes d’intérêts le plus souvent européens ou américains.
Les gouvernements des grandes puissances, en concurrence pour le contrôle des régions stratégiques, en particulier pétrolières, sont la cause de ces migrations du désespoir, mais elles laissent les populations pauvres en supporter les conséquences.
Toute l’Europe est devenue une forteresse au pied de laquelle elles viennent s’échouer, souvent reléguées dans des camps infâmes, sur l’île grecque de Lesbos ou alors en Turquie, payée par l’Europe pour la débarrasser de ces « indésirables ».
En Australie, les migrants sont parqués sur une île au large du continent dans des conditions inhumaines. Aux USA, Trump fait construire son mur pour soi-disant protéger la population américaine contre les « trafiquants de drogue mexicains ». Or, ceux qui fuient le Mexique et les autres pays d’Amérique latine sont le plus souvent des familles pauvres qui espèrent échapper à des régimes corrompus et trouver un emploi stable et un revenu dans l’économie la plus puissante du monde. Et si les pays d’Amérique latine sont pauvres, ce n’est pas à cause de la fatalité, mais de la domination écrasante des trusts américains.
La richesse des multimilliardaires des pays riches s’est construite sur la misère des peuples : ces gens-là ont besoin que les travailleurs soient pauvres, précaires ou déracinés, pour leur imposer leurs conditions de salaire et de travail et en tirer le plus de profit possible.
S’il y a du chômage, c’est parce que les grandes entreprises licencient pour faire baisser leur coûts. Si les salaires sont trop bas pour vivre, c’est parce que le patronat refuse de les augmenter pour maintenir ses profits. S’il n’y plus d’agent pour la sécurité sociale ou les services publics, c’est parce que les grandes fortunes ne paient pas leur quotepart d’impôts. S’il y a de l’insécurité, c’est parce que ce système crée toujours plus de pauvreté et la précarité.
Or les plus grands voleurs, ce sont encore et toujours les grands bourgeois. Que des familles entières vivent dans la précarité et l’angoisse toute leur vie leur importe peu et ils se moquent bien que des pauvres migrants meurent en essayant de rejoindre un eldorado illusoire. Pire encore, des politiciens comme Trump, Salvini ou, le petit Francken, cherchent ouvertement à monter les travailleurs les uns contre les autres, sur base de leur nationalité ou de leur religion.
La réponse à cette politique n’est certainement pas de dresser des murs, mais au contraire d’unir les luttes des travailleurs de toutes origines. Les patrons se moquent bien de la nationalité de ceux qu’ils exploitent et ils profitent de la faiblesse des uns pour exploiter plus les autres. Il est nécessaire que les travailleurs s’unissent pour lutter ensemble contre leur ennemi commun, le capitalisme.

L’État de droit des magouilleurs…

Reynders, le ministre de tous les gouvernements depuis des années, finit sa carrière en Belgique et s’est trouvé une planque à l’Europe. Or, un agent de la Sûreté a révélé toutes les magouilles auxquelles il a été mêlé pendant ces années : fraudes lors du déménagement de la Police Fédérale, vente d’œuvres d’art à des prix surcotés, pots-de-vin pour la construction de l’ambassade belge à Kinshasa, corruption par des marchands d’armes. La liste est longue.
Surprise ? Après deux semaines d’enquête seulement, la Justice a décidé prestement de refermer le dossier. Il faut dire que Reynders entre bientôt en fonction comme commissaire européen… en charge de la Justice !

Les patrons doivent payer

Encore une fois, le déficit de la Sécurité sociale revient sur la table, et encore une fois le patronat veut le faire payer par les travailleurs.
Le débat a été relancé suite à la parution des dernières prévisions qui évaluent le « trou » à 3 milliards pour 2019 et jusqu’à six milliards dans les cinq années suivantes. On est loin des cris de victoire de Charles Michel qui prétendait avoir vaincu le dragon de l’endettement à force de sacrifices imposés aux travailleurs ! Les allocations ont été réduites, l’âge de la pension a été reporté à 67 ans et les salaires rabotés par les sauts d’index. Mais le déficit est toujours là…
Lors de la réunion entre la Ministre des affaires sociales, Maggie de Block, les patrons et les syndicats, ces derniers ont pointé du doigt, comme cause du déficit, les cadeaux fiscaux aux entreprises comme les flexi-jobs, les emplois étudiants ou le tax-shift qui ont réduit la contribution patronale au budget de la sécurité sociale. Évidemment, les patrons nient et la ministre temporise.
Mais si l’on replace ce chiffre dans son contexte, il prend une toute autre signification. La dette publique belge est de 460 milliards d’euros, dont 96% sont dus à des institutions financières belges ou internationales. Donc, premièrement le déficit de la sécu est une goutte d’eau et deuxièmement, la dette profite au patronat. Chaque année, le remboursement de cette dette lui rapporte 40 milliards d’euros, dont 10 milliards rien qu’en intérêts. Chaque travailleur rembourse donc avec ses impôts environ 7 000 euros par an.
Le montant du déficit de la Sécurité sociale n’est rien non plus quand on le compare à d’autres dépenses : le sauvetage des banques lors de la crise financière de 2008 a coûté 30 milliards. La fraude fiscale à grande échelle coûte 25 milliards par an. Pourtant, le nombre de fonctionnaires chargés de pourchasser les fraudeurs a été diminué par deux sous le gouvernement actuel. Les folies et les magouilles du système financier creusent dix fois plus le trou que les pensions, le chômage et les soins de santé de tous les travailleurs de Belgique !
Donc, non, le problème, ce n’est pas les pensions.
Le patronat refuse de parler de nouveaux impôts sous prétexte qu’il en paierait déjà plus qu’assez. C’est en tout cas ce qu’ils ont rappelé lors de cette réunion.
Or, le taux de l’impôt sur les bénéfices des sociétés a été divisé quasiment par deux depuis les années 1980. Il était de 48% à l’époque et il est maintenant officiellement de 25%. Les grosses entreprises, elles, s’arrangent même, grâce à des montages financiers complexes, pour ne payer que 3% de taxes. Chaque année, 250 milliards d’euros filent vers les paradis fiscaux, aux îles Caïmans ou autres Bermudes.
Donc, non, les patrons ne paient pas leur quote-part des dépenses publiques !
En réponse aux syndicats, les organisations patronales ont proposé un nouveau « pacte social » étalé sur 75 ans qui empêcherait la croissance des dépenses liées au vieillissement et réduirait les charges sur les entreprises. Non content de creuser le déficit public, le patronat voudrait encore une fois le faire payer par les travailleurs en reportant l’âge de la pension.
Que cela soit du pipeau, les patrons s’en moquent car de toute façon les gouvernements, de gauche comme de droite, répètent comme des perroquets que le travail coûte trop cher et que les travailleurs doivent se serrer la ceinture.
Mais en réalité, ce n’est pas le travail qui coûte trop cher. D’où vient l’argent qui sert à payer les salaires, les charges sociales et les pensions ? Exclusivement du travail ! Le bénéfice des capitalistes est lui aussi le produit de notre travail. C’est pour cela que nous, les communistes, nous disons que les capitalistes sont des parasites : ils ne créent rien mais ils profitent du fait que les entreprises leur appartiennent pour imposer leurs conditions à des travailleurs qui n’ont pas d’autre moyen de survivre que de se louer pour un salaire.
S’il n’y a pas assez d’argent pour les pensions, les hôpitaux ou les écoles, si les salaires sont trop bas, s’il n’y pas assez de personnel dans les entreprises, c’est exclusivement dû à l’appétit de profit des patrons qui en veulent toujours plus.
Nous savons tous que les gouvernements sont à leur service. Les seuls qui peuvent s’y opposer, ce sont les travailleurs eux-mêmes : ils sont les plus nombreux et ils sont au centre de toute l’économie. Ce qui leur manque, c’est un parti qui organise cette force et mène les luttes nécessaires pour faire payer le patronat.

Enseignement : des blablas mais toujours pas de profs !

Le nouveau gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles n’apporte aucune réponse au problème criant du manque de profs dans les écoles. Il faut savoir qu’on en est au point où il existe au sein de la FWB une « chambre de la pénurie » chargée de gérer les appels au secours des écoles. L’an passé, 14% des cours n’ont pas été donnés faute de profs. Mais que propose le gouvernement ? Assouplir le décret « titres et fonctions » afin de permettre aux écoles d’embaucher des profs temporaires qui n’ont pas le diplôme requis. Or, actuellement, dans le secondaire, un prof d’histoire-géo sur deux et un prof de math sur quatre n’ont pas le diplôme nécessaire pour ces enseignements. Il ne faut pas s’étonner des mauvais résultats des élèves, sauf évidemment ceux dont les parents ont les moyens de payer des cours particuliers… Ce n’est ni en ajoutant des dérogations, ni en saupoudrant des heures supplémentaires, qu’on dispensera un enseignement de qualité aux futures générations.
Il faudrait d’abord massivement former et embaucher des profs, avec un statut stable, un salaire décent et réduire le nombre d’élèves par classe. Cela demande des moyens mais le Ministre du budget de la Fédération, Frédéric Daerden (PS), a déjà pointé qu’elle était en déficit de 600 millions et Di Rupo a confirmé que le programme du gouvernement PS-MR-Écolo ne prévoyait aucun refinancement. En revanche, il a prévu de reporter encore d’un an le nouveau programme de formation des enseignants en quatre ans au lieu de trois, un programme qui est en préparation depuis déjà dix ans mais pour lequel les fonds nécessaires ne seront toujours pas débloqués cette année.
Les politiciens de droite et de gauche se moquent bien de l’enseignement donné aux enfants des couches populaires, il leur suffit que l’école fournisse des travailleurs prêts à l’emploi aux entreprises.

Le cri des patrons : moi d’abord et toujours plus

Le déficit de la Sécurité sociale refait parler de lui. Ce déficit a servi – depuis de longues années – à justifier l’austérité, le rabotage des allocations, le report de l’âge de la pension à 67 ans, l’augmentation des cotisations et la fin du remboursement de certains médicaments. Eh bien, non seulement il n’est pas comblé mais il est plus profond que jamais. Ils est désormais à trois milliards d’euros et annoncé à six milliards dans cinq ans.
Les syndicats ont enfin osé dénoncer la multitude d’exonérations fiscales dont bénéficient les entreprises : flexijobs, emplois étudiants, tax shift et autres gâteries qui leur ont permis d’augmenter leurs profits. La ministre Maggie de Block reconnaît l’existence du déficit mais nie évidemment que les cadeaux fiscaux en soient à l’origine. Les patrons, quant à eux, ont surenchéri : ils demandent encore plus d’exonérations pour « stimuler la création d’emplois supplémentaires ». On croit rêver ! Toutes les exonérations passées n’ont jamais permis de créer un seul emploi, ils ont au contraire restructuré et licencié massivement dans tous les secteurs, ils se sont enrichis et ils en redemandent encore ! Comme si cela ne suffisait pas, les patrons voudraient aussi retarder encore l’âge de la pension pour pouvoir « faire face à l’allongement de l’espérance de vie »… ce serait ridicule si on ne savait pas que le gouvernement actuel, tout comme le prochain, seront servilement disposés à les satisfaire.
Cela annonce des combats à mener pour les travailleurs.

Petits secrets entre copains

Les magouilles autour de Enodia, anciennement Publifin, font à nouveau la une des journaux. On se rappelle que l’an dernier un scandale avait éclaté autour de la rémunération d’administrateurs fantoches, censés représenter les communes membres de l’intercommunale mais qui ne participaient à aucune réunion… C’était une manière pour la direction de l’intercommunale liégeoise de s’acheter la complicité des politiciens et leur silence sur les salaires mirobolants des dirigeants, près de 900 000 euros pour le CEO Stéphane Moreau (ex-PS). Dans la foulée de ces révélations, une série de politiciens ont dû rendre l’argent, voire démissionner.
Ce grand déballage a permis de se rendre compte comment une simple intercommunale était devenue un véritable groupe capitaliste avec des montages financiers complexes et des filiales telles que Voo, BeTV, Les Éditions de l’Avenir, Win (Internet), Elicio (énergie), etc. La toile d’araignée de Publifin s’étendait jusqu’en France, en Serbie et même au Mali !
A l’époque, tout le monde voulait la tête de Moreau, en premier lieu ses propres complices qui espéraient en le sacrifiant pouvoir sauver le système… et eux-mêmes à l’occasion. Beaucoup de têtes sont tombées mais Moreau, exclu du PS, a gardé sa place dans Publifin.
Depuis lors, de nouvelles règles de « bonne gouvernance » sont censées mettre fin aux abus. Évidemment, aucun politicien n’a expliqué pourquoi ces règles n’existaient pas avant. En attendant, des individus bien placés ont ainsi pu se construire des fortunes en jouant aux grands patrons avec l’argent des communes.
Aujourd’hui, alors que l’affaire semblait calmée, un nouveau scandale défraie la chronique : Moreau, encore lui, aurait vendu Voo et Brutélé à un groupe financier américain, la filiale Win à son copain Fornieri et Elicio à la firme CMI en partenariat avec le même Fornieri. Le tout se serait fait dans le plus grand secret. Cerise sur le gâteau, Moreau aurait démissionné de Enodia pour devenir le patron de la société de Fornieri ! On n’est jamais aussi bien servi que par soi-même…
En réalité, c’est bien la direction d’Enodia qui avait chargé Moreau de la revente. Ce qui a déclenché le scandale, c’est que trois mois après la signature des accords de vente, le conseil d’administration d’Enodia n’était pas au courant et l’a appris par des fuites dans la presse ! Les nouvelles règles de gouvernance étaient bafouées avant même d’être mises en application.
Le vrai problème n’est pas que ces messieurs-dames des conseils d’administration aient des secrets les uns pour les autres. D’ailleurs, une fois la température retombée, ils ont tous reconnu que le secret des affaires était tout de même sacro-saint.
C’est justement là que le bât blesse. Il n’est pas normal que l’argent des communes, qui est l’argent prélevé sur les salaires des travailleurs, serve à des investissements capitalistiques sans même que la population soit au courant.
L’affaire Publifin-Moreau n’est pas la première en son genre. Combien d’entreprises publiques ont été vendues pour un franc symbolique à des patrons bien connectés avec la classe politique ? Et combien d’entreprises privées en difficulté ont été « nationalisées » au prix fort pour sauver d’autres patrons avec de l’argent public. Il n’y a qu’à penser à Cockerill achetée cher en 1981 par la Région pour être revendue pour trois francs six sous à Arcelor. Des exemples comme celui-là, il y en a des centaines. Tenter de faire passer cette affaire pour un cas exceptionnel est une tentative de masquer à quel point la politique et les affaires sont liées à tous les niveaux. Les vrais maîtres du monde actuel sont les capitalistes, ils possèdent les entreprises, les terres, les bâtiments, tout ce qui a une valeur. Les politiciens ne sont là que pour assurer le fonctionnement des services communs, comme les transports par exemple, et surtout pour garantir l’ordre social en s’assurant que les travailleurs restent bien à la place qui leur est réservée, en bas de l’échelle.
Les entreprises que possèdent les patrons ne valent rien sans les travailleurs pour les faire fonctionner. Pourtant les travailleurs n’ont rien à dire, sauf à changer de temps en temps les politiciens censés les représenter. Le secret des affaires dont se prévaut le patronat sert surtout à cacher aux travailleurs l’immensité des richesses qu’ils produisent et qui leur échappent, alors qu’elles permettraient largement de satisfaire leurs revendications élémentaires : un salaire et un travail dignes pour tous ! Il faudrait au contraire lever tous les secrets. C’est une des mesures indispensables pour s’opposer à la mainmise des bourgeois sur la société.