Belgique

L’impunité des riches

Sur une dizaine d’années, les scandales d’évasion fiscale se sont multipliés : Paradise Papers, Swiss Leaks, Lux Leaks,… Parmi les plus récents, il y a les Panama Papers : des milliers de documents d’une société du Panama concernant les fraudes utilisées par des riches du monde entier pour échapper à l’impôt de leur pays. Parmi eux, plus de 700 bourgeois belges.
Les politiciens s’étaient alors indignés, avaient répété leur volonté de sévir, de lutter contre la fraude fiscale, etc. Or, depuis ces promesses, très peu de riches ont été vraiment inquiétés. Des membres de la famille actionnaire d’AB Inbev ont toujours leur société offshore au Panama pour cacher leur argent et Huts, un grand patron flamand, a simplement créé une nouvelle société écran pour remplacer l’ancienne.
Deux ans après, avec la complicité des banques, les grands bourgeois continuent à frauder comme avant et à placer leur magot dans les paradis fiscaux dans l’impunité la plus totale
Et ça, cela continuera tant que les travailleurs ne contrôleront pas eux-mêmes les comptes des banques !

15 milliards d’euros investis dans la destruction et la mort

Gouvernement et opposition se chamaillent au sujet des avions de chasse F16 de l’armée belge. Les responsables de l’armée veulent les remplacer et le ministre NV-A de la défense, Steven Vandeput, a remis des propositions au gouvernement qui s’apprête à dépenser 15 milliards pour acheter ces engins de mort. L’opposition a tout à coup découvert que les vieux avions pourraient être utilisés quelques années de plus, et accuse l’armée d’avoir tu cette information. Outre ce que cela montre une fois de plus sur la transparence de ces messieurs qui nous gouvernent, personne parmi les responsables politiques ne remet en cause le fait de dépenser une telle fortune pour acheter des appareils conçus dans le but de détruire et de tuer. C’est un fameux gâchis, quand on pense à tout ce qu’on pourrait faire d’autre avec cet argent, avec le travail de ceux qui vont construire les avions, avec les recherches de ceux qui ont investi dans ces techniques de pointe.

Morale hypocrite

Emir Kir, le bourgmestre PS de Saint-Josse, a annoncé qu’il voulait faire fermer les vitrines louées à des prostituées sur le territoire de sa Commune. Pour cause d’ « atteinte à la morale », suite à l’ouverture d’une crèche dans le quartier. C’est une belle hypocrisie. Bien sûr qu’il n’est pas acceptable que des filles soient contraintes de vendre leur corps pour survivre. Mais jeter ces filles sur le pavé ne va en rien résoudre leur situation. Ce dont elles ont besoin, c’est d’un travail digne, de papiers pour pouvoir l’exercer légalement, c’est de lieux et de structures qui les protègent vraiment contre ceux qui les exploitent et qui les ont parfois fait venir de loin pour mieux les dominer.

La corruption endémique du capitalisme

20% des cadres d’entreprises belges estiment que les fraudes sont présentes à grande échelle dans le monde des affaires et ont été confrontés eux-mêmes directement à des fraudes. Et encore, ce sont ceux qui l’avouent au cabinet d’audit qui a fait l’enquête !
En réalité lorsque ces fraudes sont découvertes par les directions, il est très rare qu’il y ait de vraies sanctions. « On passe l’éponge » ; on passe de nouveaux règlements de surface qui ne changent rien et on laisse à leur poste de travail les cadres corrompus. Leurs méthodes sont considérées comme efficaces et donc souhaitables.
En fait, la corruption, c’est le lubrifiant qui permet de faire mieux tourner les rouages de l’économie capitaliste. Elle est indissociable de la concurrence, du marché et du système capitaliste, c’est son ADN.

Il faut paralyser les ministères !

Une majorité de travailleurs des prisons sont entrés en grève le 6 juin pour protester contre la réforme de Steven Vandeput qui veut supprimer des jours de congé, le régime de maladie et mettre fin au recrutements de statutaires. Ce sont les employés de tous les ministères qui vont être touchés par ces mesures.
Les dirigeants de l’État n’ont que faire de tous ces employés qui font fonctionner les services publics. En précarisant la condition des fonctionnaires, c’est aux travailleurs qu’ils s’attaquent et aux services qu’ils rendent aux classes populaires. Car c’est ces dernières qui sont touchées en première par les économies faites dans la fonction publique.
Aujourd’hui, c’est essentiellement parmi le personnel pénitentiaire que les travailleurs se battent. Il est à espérer que le reste des ministères participent eux aussi à la lutte. En paralysant les organes de l’Etat, ils priveront les dirigeants des leviers dont ils se servent pour écraser les classes populaires.

Des économies sur le dos des plus faibles

L’Onem a déclaré avoir réalisé 15000 contrôles pendant le premier trimestre 2018, et avoir réclamé le remboursement des allocations versées à plus de 3500 chômeurs. Ce doit être un drame pour ces personnes qui se retrouvent tout à coup à devoir débourser des milliers d’euros, qu’elles ont souvent perçus de bonne foi et dont elles ne disposent certainement plus. Car que ces Messieurs en cravate doivent ignorer, c’est que quand on reçoit des allocations de chômage, ce n’est pas pour les placer sur un compte dans un paradis fiscal ; on a besoin de cet argent pour payer son logement, ses courses, ses frais quotidiens. S’il veut faire des économies, le gouvernement ferait mieux d’aller contrôler les élus et leurs mandats cumulés, ils sont beaucoup plus solvables !

Les « entraves méchantes » aux profits

Depuis quelques années, les attaques judiciaires se multiplient contre les actions syndicales. Dernièrement, deux délégués anversois ont été inculpés « d’entrave méchante à la circulation ». Ils avaient organisé un piquet de grève au port, la police les en avaient violemment dégagés et maintenant, ils risquent entre 5 et 10 ans de prison. Évidemment, cela sera avec un sursis, mais cela pèsera dans le casier judiciaire. L’État use de ses nombreux outils pour décourager les travailleurs à se battre. Au service de la bourgeoisie, les magistrats ne font qu’assurer la bonne marche des affaires et des profits…

Le mépris de De Block pour les malades 

La ministre de la santé Maggie De Block a fait passer une nouvelle mesure pour sanctionner les malades de longue durée. La réforme instaure un système qui fait dépendre le financement des mutuelles de leur efficacité à remettre ces malades à l’emploi. Et cela sous le prétexte de diminuer le nombre de malades de longue durée ! Comme si le fait d’être harcelé par la mutuelle allait guérir les malades… C’est du mépris pur et simple, car cela insinue que ces malades ne le sont pas vraiment. Et cela poussera les mutuelles à essayer de remettre ces personnes au travail coûte que coûte, quelles qu’en soient les conséquences pour leur santé. S’en prendre aux plus faibles, c’est cela la politique du gouvernement.

L’accueil des migrants en Belgique

C’est plus de 3000 personnes qui ont manifesté les 24 mars contre le racisme, la haine et les inégalités. Cette mobilisation nous montre que la population est loin d’accepter la politique du gouvernement envers les réfugiés.
Les associations de particuliers qui aident les migrants ont été l’un des piliers de la manifestation. Ce sont les seules à chercher vraiment une solution pour accueillir les réfugiés. L’Etat qui détient toutes les ressources et moyens pour résoudre cette crise, ne fait rien et même le peu d’initiatives qu’il a prises, il est en train de les saboter. Dans la province du Luxembourg, c’est quatre centres d’accueil des migrants qui vont être fermés et le gouvernement prévoit d’en fermer neuf en tout.
Il n’y a personne dans la classe politique pour défendre une politique d’ouverture aux pauvres des autres pays. Pour le moment, seul André Antoine défend l’ouverture des frontières… parce qu’il faut rajeunir la population. Ces propos utilitaristes sont écœurants !
En attendant, les migrants sont chassés par la police avec des chiens et de drones, comme à Zeebrugge le 30 mars où une septantaine d’entre eux ont été arrêtés.

Feminicides, tuées parce qu’elles sont des femmes

En 2017, trente-huit femmes étaient assassinées simplement parce qu’elles étaient des femmes ; en 2018, elles sont déjà quatorze. Derniers meurtres en date : une femme et sa mère ont été poignardées et égorgées à Herstal.
En 2016, il y a eu environ 17300 plaintes pour violence conjugales et 1500 pour violences sexuelles rien que pour Bruxelles et la Wallonie. Quand on sait que les enquêtes montrent que seulement une femme sur six ose aller porter plainte à la police, le nombre de femmes violées explose : il y aurait 18 viols par jour. Aux niveaux belge et européen, c’est une femme sur trois qui dit avoir été victime de violences physiques ou sexuelles…
Encore un constat qui condamne pour toujours la société dans laquelle nous vivons. Pour les communistes, l’égalité de l’homme et de la femme n’est pas un droit, mais un fait. Si les femmes sont ainsi maltraitées, violentées, abusées, violées, c’est parce que nous vivons dans une société d’exploitation, une société qui repose sur l’injustice et sur l’inégalité. C’est en extirpant les racines de l’exploitation que nous supprimerons pour toujours la barbarie la plus ancienne que l’humanité a connue : la violence faite aux femmes.