Archives pour la catégorie Belgique

Énième épisode de brutalité policière

Face au rassemblement de plusieurs milliers de jeunes au Bois de la Cambre ce 1er avril, la police n’a pas lésiné sur les moyens : huit autopompes, des cavaliers et la brigade canine. Les images montrent la brutalité de l’intervention policière. Le gouvernement profite de la crise pour renforcer la répression et, si elle s’est abattue cette fois-ci sur la tête de quelques jeunes, demain elle sera dirigée contre les travailleurs en lutte.

Violences sexuelles à l’université : la fin de l’omerta

Un collectif féministe a décidé de mettre fin à la loi du silence qui régnait à l’université catholique de Louvain sur les agressions sexuelles. Sur leur compte Instagram, les témoignages affluent sur les attouchements, harcèlements et viols, commis le plus souvent par des auteurs connus des victimes. Dans certains cas, ces violences émanent de membres du corps académique. L’université prétend ne rien pouvoir faire s’il n’y a pas de plainte à la police. Mais combien de jeunes filles auraient le courage de porter plainte là où, à l’université comme au palais de justice, les fonctions d’autorité continuent à être monopolisées par des hommes ?

Grande distribution : c’est au tour des patrons de passer à la caisse

La grève nationale du 29 mars a été particulièrement bien suivie dans la grande distribution. De quoi faire sortir Comeos, la fédération du commerce, de ses gonds. Selon elle, la grande distribution ne se porterait pas aussi bien qu’on le dit. La bonne blague. Le seul groupe Delhaize a fait 1,4 milliards d’euros de bénéfice et son patron a augmenté son salaire de 1,6 million d’euros l’an dernier. Les travailleurs ne se contenteront certainement pas d’une petite prime Covid de 500 euros après avoir pris tous les risques en première ligne, ni des miettes d’une norme salariale plafonnée à 0,4% pour les deux années à venir. C’est au tour des patrons de passer à la caisse !

Après la grève, préparons la suite !

La grève nationale du 29 mars dernier a été extrêmement bien suivie. Dans les transports en commun, la Stib, De Lijn et les TEC étaient quasiment à l’arrêt. A la SNCB, seule une partie des trains circulait. La grande distribution, les services et l’industrie étaient quasi-complètement fermés.

Ce n’était pas évident de s’en rendre compte car la grève n’a pas été très visible : sous prétexte de Covid, les piquets étaient limités à quatre personnes et il n’y a eu ni rassemblements ni manifestations. Il est regrettable que les syndicats aient été dans ce sens, appelant les travailleurs à rester chez eux plutôt qu’à se retrouver aux piquets, pour discuter des revendications, des actions et renforcer la solidarité entre travailleurs. 

Malgré tout, la réussite de la grève montre que les travailleurs sont nombreux à être fâchés, contre le patronat et contre le gouvernement. Ceux-ci avaient pourtant tout fait pour démobiliser, accusant les grévistes de mettre en danger la future reprise économique. Une reprise bien théorique et qui, si on les laisse faire, ne profitera de toute façon qu’aux plus riches.

Alors, oui, les travailleurs ont raison d’être en colère car le refus patronal d’augmenter les salaires de plus que 0,4 misérables pourcents prend une dimension particulière en ces temps de pandémie.

La « loi de compétitivité » derrière laquelle le patronat et le gouvernement se retranchent pour refuser les augmentations date de 1996 et elle a été durcie en 2017. Elle prétend interdire les augmentations de salaires supérieures à la moyenne des pays voisins. C’est ainsi que les travailleurs de France, de Belgique ou d’Allemagne se voient opposer le même argument : impossible de vous augmenter car vous êtes déjà plus chers que vos camarades. Cela va évidemment toujours dans le même sens, celui de bloquer les salaires en mettant en concurrence les travailleurs des différents pays.

 C’est une loi absolument injuste, comme toutes les lois de ce régime de pseudo-démocratie bourgeoise. Il n’y a aucune règle qui limite les profits des patrons ou qui les empêche de se verser des dividendes pharaoniques ! Mais comme toutes les lois que font les politiciens au service des bourgeois, elle peut être défaite pour peu qu’ils trouvent face à eux une mobilisation de l’ensemble des travailleurs.

Cette fois-ci, le mécontentement des travailleurs n’est pas seulement dirigé contre l’avarice patronale, mais aussi contre la manière dont le gouvernement a géré la pandémie.

Il est évident que le poids des mesures ne pèse pas de la même manière sur toutes les épaules. Les travailleurs ont plus souvent été confinés dans un petit appartement que dans une villa quatre façades avec jardin ! Les entreprises de la grande distribution ont continué à fonctionner et engranger des profits tandis que leurs salariés n’avaient même pas de mesures de protection adéquates. Bien des travailleurs se retrouvés au chômage économique avec un salaire amputé, voire pas de salaire du tout pour ceux qui devaient se débrouiller au noir. Les patrons, eux, ont reçu des aides financières et vont bientôt être arrosés par les milliards d’euros du plan européen de relance, plan que les travailleurs paient de leurs impôts ! 

Depuis lors, les différentes branches patronales, de l’industrie et du commerce, font des pieds et des mains pour rouvrir, se moquant bien de ce qui arrivera à ceux qui attraperont le virus dans leurs magasins. Mais dans la presse, ce sont eux qu’on plaint et ce sont eux qui ont un relais au gouvernement, en particulier via le MR.

L’hypocrisie a été à son sommet ce mois-ci, lorsque le gouvernement a annulé la possibilité de se réunir en extérieur à plus de quatre personnes, tandis qu’il restait possible de s’entasser dans les transports en commun. Le nombre de voyageurs dans les trains est limité pour aller à la mer, mais pas pour venir travailler !

 « L’équipe des onze millions » ce sont des mots, la réalité c’est que même la gestion de la pandémie est imprégnée par la lutte des classes.

Tout le monde en a assez des restrictions, mais la solution n’est pas dans les mesures individualistes : rouvrir restaurants et commerces, se réunir pour faire la fête au bois, quitte à relancer l’épidémie. La classe ouvrière n’a jamais progressé de cette manière mais à travers des actions collectives et solidaires. C’est la différence entre les bourgeois et les prolétaires, les premiers prônent l’individu et se moquent des dégâts sociaux, sanitaires ou écologiques causés par leurs profits tandis que les travailleurs savent qu’ils ne peuvent s’en sortir que tous ensemble.

La réussite de la grève doit nous encourager à renforcer la mobilisation. Patronat et gouvernement attendent de voir la suite pour serrer la vis ou céder du terrain.  La balle est dans le camp des travailleurs.

Grève du 29 mars : seule la lutte paie

Devant l’intransigeance des patrons, qui refusent de lâcher plus que 0,4 % d’augmentation salariale  après avoir empoché les millions d’euros d’aide de l’État, les directions syndicales se sont résolues à appeler les travailleurs à la grève ce lundi 29 mars. En cette période de crise, patrons et actionnaires sont plus obstinés que jamais à ne rien rogner sur leurs bénéfices et, pour les maintenir, mènent une véritable guerre aux travailleurs. Si nous voulons améliorer nos salaires et, plus généralement, nos conditions de travail, il est nécessaire que nous les fassions trembler en leur montrant que, tous unis, notre force est mille fois plus grande que la leur. Ce n’est que quand ils craignent de tout perdre qu’ils se montrent généreux. Cette journée de grève, même si elle est largement insuffisante, est une occasion de nous préparer à cette lutte.

Propriété privée contre nécessité publique

Alors que la pandémie se poursuit et que l’on se trouve au seuil d’une troisième vague, les vaccins continuent à faire défaut. Bien qu’ils aient été produits grâce aux efforts de techniciens et de chercheurs inspirés par les précédentes découvertes scientifiques et payés en bonne partie grâce aux subsides publiques, les vaccins sont la propriété exclusive de quelques entreprises. Celles-ci gardent jalousement « leur » recette secrète et fixent librement les prix en organisant la production comme bon leur semble afin de pouvoir en tirer le maximum de profits. Nous voilà confrontés aujourd’hui au résultat de cette appropriation scandaleuse.

Notre santé n’est pas à vendre

Après un an de pandémie Covid, les chiffres de contamination sont à nouveau en augmentation. La hausse est particulièrement sensible sur les lieux de travail, qui constituent 40% des foyers. Bien que le télétravail soit obligatoire partout où c’est possible, l’intensité du trafic automobile prouve qu’il est manifestement de moins en moins appliqué. Plus préoccupant encore, près de 20% des entreprises contrôlées par l’inspection du travail ne respectent toujours pas les règles sanitaires les plus basiques comme la distanciation physique. Il est plus que temps de dénoncer ces patrons rapaces qui sacrifient la santé de leurs travailleurs pour plus de profits !

Banques alimentaires : travailleurs et étudiants font la file

En 2020, plus de 175 000 personnes ont dû, chaque mois, faire appel aux banques alimentaires pour pouvoir se nourrir. C’est 15% de plus qu’en 2019, sans compter qu’il reste encore un quart de demandes en attente. Avec la crise du Covid-19, de nouveaux publics ont fait leur apparition dans les files : travailleurs précaires licenciés sans allocations, étudiants sans ressources, indépendants ayant perdu leurs économies. Les capitalistes prétendent que leur système est le seul capable de faire reculer la pauvreté. Voilà le résultat !

Unis et organisés, les travailleurs peuvent abattre le capitalisme

Il est impossible de ne pas voir que la crise sanitaire se double déjà d’une crise économique et sociale, dont le pire reste peut-être à venir. Tandis que le gouverne-ment ouvre largement sa bourse aux organisations pa-tronales qui se plaignent haut et fort, des millions de travailleurs subissent la crise sans aucun soutien : ceux qui ont perdu leur emploi ou qui doivent survivre au chômage partiel ou économique, les intérimaires ou les travailleurs au noir qui n’ont plus rien et ne peuvent même pas prétendre à une allocation, etc. Les chiffres du chômage augmentent, de même que la pauvreté et les files devant les banques alimentaires.
Avoir un emploi n’a jamais réellement protégé de la pauvreté ; aujourd’hui, c’est clair. Quant à la santé des travailleurs, la manière dont cette crise a été gérée a bien montré que c’était le cadet des soucis du gouvernement comme du patronat.
Il faudrait être naïf pour espérer qu’ils fassent quoi que ce soit pour limiter la casse sociale – au contraire, leur intention est de maintenir le blocage des salaires en 2021.
La nourriture, l’énergie, les médicaments pourraient être accessibles à tous mais leur production dépend des profits qu’ils peuvent en tirer et pas des besoins de la population, quitte à laisser les épidémies se répandre.
En plus de traiter les humains comme des marchan-dises, le capitalisme a créé une course effrénée aux pro-fits où celui qui en fera le plus pourra éliminer ou ra-cheter ses concurrents. C’est cette fuite en avant qui a gonflé la finance, créé des bulles boursières et qui a été la cause de toutes les crises économiques. Les capita-listes cherchent à y échapper en créant de nouveaux produits, en ouvrant de nouveaux marchés, en utilisant les jeux financiers. Mais la crise les rattrape toujours et alors, avec la complicité des États, ils la font à chaque fois payer aux travailleurs – ici par des plans d’austérité, ailleurs par des guerres.
Les gouvernements se présentent comme des protec-teurs face aux crises. Mais, évidemment, ils sont com-plices. La démocratie actuelle n’est qu’un mot creux. La puissance réelle, économique, est aux mains des capita-listes, l’État n’est là que pour organiser les affaires pu-bliques. Il n’est pas un arbitre au-dessus de la mêlée mais le concierge des capitalistes.
Les socialistes, censés défendre les travailleurs, les ont menés dans une impasse. Sous prétexte de chercher une voie pacifique, ils leur ont demandé de faire des concessions, soi-disant pour éviter le pire. Les travail-leurs ont fait les concessions, mais le pire est arrivé quand même. Il n’y a pas de voie pacifique car le pa-tronat ne veut pas de paix avec le monde du travail, il lui mène une guerre sans pitié, c’est la lutte des classes.
Voilà pourquoi les communistes pensent qu’il est né-cessaire d’en finir avec le capitalisme.
Le communisme est, au fond, une idée simple : mettre en commun les outils de production et organiser le fonctionnement de l’économie de façon collective et consciente, en répartissant le travail entre tous de façon à satisfaire les besoins légitimes de chacun.
Il est évident que cette idée est à l’opposé du capita-lisme. Pour qu’elle puisse se réaliser, il faut renverser le système économique et politique actuel. Il faut que le pouvoir passe des mains d’une minorité dans celles de la majorité. Et cela ne se fera pas sans une lutte entre les travailleurs et les capitalistes.
Ce n’est pas facile. Les capitalistes sont organisés, ils ont le pouvoir, ils disposent des médias et surtout ils profitent de leur monopole sur le travail pour mettre le couteau sous la gorge des travailleurs. L’État est à leur service, avec sa justice, sa police et, au besoin, son ar-mée. On voit avec quel zèle la moindre manifestation est réprimée.
Mais de leur côté, les travailleurs ont pour eux leur nombre et leur rôle central dans l’économie : ce sont eux qui produisent toutes les richesses. Ce sont donc eux les seuls à pouvoir changer les choses.
Pour cela, ils doivent arracher le pouvoir économique à ceux qui l’ont aujourd’hui, leur reprendre la gestion des usines, des mines, des terres, de l’énergie et des transports. Alors, il deviendra possible de commencer à réfléchir collectivement à la meilleure manière de gérer l’économie.
Une telle transformation se prépare, s’organise. C’est le rôle d’un parti communiste, qui reste à construire. Les communistes ne sont pas des politiciens, mais des travailleurs conscients de la nécessité de changer le monde, conscients qu’on ne peut pas s’accorder avec le patronat et qu’il faut absolument rétablir un rapport de force favorable aux travailleurs pour à terme mettre en place une société juste et égale, pour les hommes et les femmes de tous les pays.

Faisons trembler les patrons !

Afin de s’opposer à l’insultante marge salariale de 0,4 % prévue dans le cadre de la négociation de l’AIP, les directions syndicales n’ont rien trouvé de mieux que d’organiser quelques ridicules petites actions dispersées un peu partout dans le pays. Ces méthodes ne datent pas d’hier, mais le covid fournit aujourd’hui le bon prétexte pour permettre aux bonzes syndicaux de ne pas appeler à mener des combats plus sérieux. Ceux qui sont trop occuper à discutailler à la table des négociations ne comprennent pas que les patrons ne reculent que devant la force. Pour y parvenir, les travailleurs ont de puissantes armes : les grèves et les manifestations de masses !