Migrants : les barbelés de la honte

Cet été, le navire Open Arms, qui venait de secourir une centaine de migrants en détresse, est resté bloqué trois semaines en mer, avec l’interdiction formelle d’entrer dans les eaux territoriales italiennes. Certains réfugiés, n’en pouvant plus, ont tenté de rejoindre la côte à la nage. La justice italienne a finalement levé l’interdiction et permis le débarquement, mais elle a interdit au navire de repartir. Plus récemment, l’Ocean Viking, s’est retrouvé bloqué deux semaines avec 356 réfugiés qu’il a finalement pu débarquer à Malte. C’est actuellement le dernier navire qui continue à porter secours aux migrants. En effet, les opérations de secours de l’Union Européenne ont été arrêtées et les embarcations en détresse sont simplement signalées aux garde-côtes libyens qui emmènent les migrants dans des camps d’internement où ils sont réduits en esclavage.
Tout cela est démesuré, chaque navire est présenté par les démagogues à la Salvini comme une invasion, et il n’est pas le seul. Il faut des semaines de négociation pour que les pays européens se répartissent quelques dizaines de réfugiés. Quant aux ONG, elles sont accusées de trafic d’êtres humains et tous les prétextes sont bons pour bloquer leurs navires ou les décourager.
Chaque année, ce ne sont pourtant que quelques dizaines de milliers de migrants au plus qui parviennent en Europe, majoritairement des Syriens, des Afghans et des Irakiens qui fuient leurs pays encore ravagés par la guerre. C’est une goutte d’eau par rapport aux 750 millions d’Européens. C’est bien moins que les migrations du vingtième siècle, qui avait vu des centaines de milliers d’Espagnols fuir la dictature de Franco puis l’exode de millions de personnes lors de la dernière guerre mondiale.
Et même s’il y en avait plus, est-ce que cela justifierait de condamner à la mort par la noyade ceux qui fuient la dictature des Talibans, les bombes syriennes ou la sécheresse en Afrique ?
L’Europe se présente comme un modèle d’humanisme et ses responsables ne se privent pas de critiquer la manière dont Trump enferme les migrants mexicains dans des camps où les enfants sont séparés de leurs parents. Mais, qu’ils soient provocateurs comme Salvini ou Francken, ou hypocrites comme Macron, les dirigeants européens entretiennent tous la peur et le racisme pour tenter de convaincre les couches populaires européennes frappées par le chômage, la pauvreté et la précarité, que leurs malheurs sont causés par d’autres travailleurs et ainsi détourner leur colère des vrais responsables, les capitalistes « bien de chez nous ».

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