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Une « générosité » toute bourgeoise

Le gouvernement voudrait nous faire croire qu’il va refinancer la santé avec une taxe sur les « épaules les plus larges ». Mais que les bourgeois se rassurent, le taux de la taxe est de… 0,15%. Pas de quoi écorner les fortunes qui dorment dans les banques belges, ni renflouer solidement le secteur de la santé qui craque de partout. Sans compter que les riches jouent franc jeu ne vont pas se priver d’utiliser toutes les combines possibles pour cacher leur magot ici ou ailleurs. Les travailleurs de la santé, comme les autres, n’ont rien à attendre des gouvernements à la solde de la bourgeoisie pour leur venir en aide.

Profiteurs licencieurs

Le patron de Ryanair digère mal que les salariés aient refusé toute baisse de salaire. Il voudrait qu’ils soient « solidaires » en ces temps de crise, et qu’ils acceptent de rogner leurs salaires afin de soigner le compte en banque de ce groupe riche à milliards. Les généreuses aides de l’État n’ont pas suffi à l’appétit des actionnaires et ils veulent aussi faire les poches des travailleurs et, pour cela, ils menacent d’en licencier 174. Ces derniers ont déjà su répondre aux attaques de la direction et lui faire mordre le tarmac. Elle n’a pas retenu la leçon, il faudra la lui redonner !

Prime « de découragement » pour la santé

Le gouvernement a annoncé fièrement qu’il verserait avant la fin de l’année une prime unique de 985 euros bruts afin « d’encourager » le personnel de la santé. Ils auront dû attendre de nombreux mois pour voir arriver enfin du concret de la part du gouvernement, plus généreux en paroles qu’en actes ! Or cette prime ne s’adresse qu’aux soignants des hôpitaux au niveau fédéral. Rien n’est prévu pour le personnel d’entretien, pour les travailleurs des maisons de repos ou des maisons psychiatriques, ou pour les nombreux indépendants qui travaillent dans le secteur. C’est donc une bien maigre compensation pour ceux qui se sacrifient et s’épuisent depuis le mois de mars dans des conditions épouvantables.

Hausse des inégalités scolaires

Une étude récente est venue appuyer ce que les enseignants disent depuis des mois : la crise sanitaire, a accru les inégalités scolaires. Comme toujours, ce sont les classes populaires qui paient le prix fort en temps de crise, et les enfants n’y échappent pas ! Déjà parqués en temps normal dans des établissements vétustes, amiantés et exigus, confrontés à une pénurie de professeurs ainsi qu’à un manque de matériel électronique, la situation s’est empirée depuis mars. Résultat des comptes : un retard scolaire d’environ six mois en moyenne. Mais l’éducation devra encore se contenter de quelques miettes et de beaux discours, quand le patronat, lui, encaisse les millions.

Aux USA comme ailleurs, la perspective des travailleurs, c’est la lutte

Deux semaines après la proclamation du résultat quasi-définitif des élections américaines, Trump refuse toujours obstinément de reconnaître sa défaite. Il ne se passe pas un jour sans qu’il tweete un mensonge de plus sur les « élections truquées » et qu’il prétende que c’est lui qui a gagné, tout en multipliant les actions en justice contre les résultats.

Les politiciens et les médias se font l’écho de ces fanfaronnades de mauvais perdant et s’inquiètent du fait qu’elles sapent la confiance dans la démocratie. Mais quelle confiance ? Les capitalistes, les grands bourgeois se moquent bien de la démocratie, car leur richesse ne dépend d’aucun électeur et ils n’ont de comptes à rendre à personne. Dans un système où le vrai pouvoir est concentré entre les mains des plus riches, les élections ne peuvent être qu’une illusion visant à faire croire à la population qu’elle a son mot à dire et qu’en choisissant un président, elle est responsable de son propre malheur… jusqu’aux prochaines élections.

Néanmoins, quand le dirigeant de la plus grande démocratie du monde, celle qui est censée donner le ton au reste de la planète, se moque ouvertement du processus électoral et menace de l’usurper, il donne un signal encourageant à tous les candidats dictateurs de la planète, les Bolsonaro, Erdoğan et Orban de tous les pays, et cela n’est jamais bon pour les travailleurs.

En donnant une légitimité aux soupçons les plus farfelus, Trump encourage aussi les complotistes de tous bords et les milices armées d’extrême-droite aux États-Unis. Du Ku Klux Klan aux Proud Boys et autres American Legion, l’histoire des États-Unis regorge de ces groupes, racistes et fascistes, fanatiques de la gâchette et qui ne demandent qu’à se lâcher contre les Noirs et les hispaniques aujourd’hui, ou contre des travailleurs en grève demain. Trump les a invités à se « tenir prêts » tout en se gardant bien de dire ce qu’il entend par là. Avant les élections, cela pouvait passer pour une flatterie vis-à-vis de son électorat le plus réactionnaire. Mais de là à penser que Trump préparerait un coup d’État ou une guerre civile, il y a quand même un fossé. Certes, Trump travaille pour lui-même et il est prêt à tout pour rempiler. Mais il doit défendre au bout du compte l’intérêt général de la grande bourgeoisie américaine et rien n’indique qu’elle soit prête à passer à une dictature ouverte contre les travailleurs, avec ce que cela implique de risques de déstabilisation et de luttes sociales. 

En tout cas, il serait illusoire, voire même dangereux, de penser que Biden et les Démocrates soient d’une protection quelconque contre cette extrême-droite violente. Certes, les Démocrates se disent opposés à ces milices, mais ils ne proposent aucune autre alternative que la justice et la police, qui sont elles-mêmes souvent sympathisantes de ces idées nauséabondes.

Dans les années 1930, les militants de la fédération syndicale CIO ont cessé d’appeler la police ou le FBI et ont fait taire eux-mêmes les milices fascistes de l’American Legion. Plus tard, ce sont les mobilisations des années ‘50 et ‘60 qui ont fait ravaler leur morgue aux clowns sinistres du KKK.

Même si on en parle peu dans les médias européens, le monde du travail américain a su se faire entendre à bien des reprises. En 2019, par exemple, 46 000 ouvriers de General Motors ont fait six semaines de grève et ont obtenu des primes ; une série de grèves des enseignants de plusieurs États américains leur ont permis d’obtenir des augmentations de salaires et elles ont culminé avec la grève des enseignants de 900 écoles de Los Angeles ; il y a eu aussi cette grève des 31 000 salariés de la chaîne de supermarchés Stop & Shop. On pourrait en citer encore bien d’autres. L’année 2020 a été marquée par le mouvement Black Lives Matter, en réaction aux nombreux assassinats de Noirs par la police. Ce mouvement n’a pas la nature ouvrière, ni l’ampleur, des grandes révoltes des années 1960 qui ont fait trembler l’Amérique, mais il rassemble néanmoins toute une jeunesse qui ne supporte plus le racisme arrogant de la police et du gouvernement.

Ces luttes montrent que même au pays du capitalisme conquérant, les travailleurs ne sont pas prêts à se laisser faire. Ce sont par ces luttes que les travailleurs américains, quelle que soit leur origine, pourront, on l’espère, s’unir et faire reculer le patronat, malgré les futures capitulations des Démocrates, et claper leur bec à Trump et à ses sbires.

Les réactionnaires contre l’IVG en Pologne

Jeudi 22 octobre, la Cour constitutionnelle polonaise a jugé inconstitutionnelle une des clauses de la loi sur l’IVG, qui permet aux femmes enceintes d’un fœtus présentant des malformations « graves et irréversibles » d’avorter.

La loi sur l’IVG en Pologne était déjà parmi les plus restrictives. Chaque année, deux cent mille femmes avortent illégalement, à l’étranger pour les plus fortunées, et dans des conditions dangereuses et éprouvantes pour les autres.

Dès le lendemain de la sentence et tout le week-end suivant, des centaines de milliers de femmes et d’hommes ont manifesté dans une douzaine de grandes villes. On ne peut que les soutenir et espérer que le pouvoir réactionnaire soit contraint de reculer.

Non à tous les semeurs de haine !

En France, un enseignant a été assassiné pour avoir montré à ses élèves les caricatures de Mahomet de Charlie Hebdo dans le contexte d’un débat sur la liberté d’expression. Deux semaines plus tard, trois personnes ont été tuées dans une église à Nice. 

Le gouvernement, les politiciens de droite et d’extrême droite profitent de ces crimes pour redoubler de démagogie et jeter la suspicion sur tous les musulmans, voire tous les migrants.

L’extrême droite islamiste et les crimes qu’elle inspire creuse un fossé entre musulmans et non-musulmans, elle veut imposer une dictature à ceux-là mêmes qu’elle prétend représenter et défendre.

Qu’ils proviennent des réactionnaires français ou islamistes, les courants fascistes creusent le fossé dans la population et divisent les travailleurs. Leur objectif est semblable: réduire toute contestation au silence, imposer leur ordre moral, tout en préservant l’ordre social capitaliste.

Les migrants se noient… sous bonne garde

L’Union européenne, à travers son agence de garde-frontière « Frontex », vient d’investir 100 millions d’euros pour l’achat de drones militaires. Au lieu de faire sillonner les mers par des bateaux, ce qui oblige l’agence à porter secours aux migrants qui s’échouent, c’est désormais par drone que l’UE souhaite les contrôler ou les refouler. Elle fait ainsi d’une pierre deux coups : elle arrose les capitalistes de l’armement grâce à de juteux contrats et laissent les migrants à la mer ou aux mains des garde-côtes libyens, ce qui revient presque à la même chose.