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Attention au revers !

C’est de nouveau le ping-pong. On arrive au terminus et hop, on doit repartir. C’est particulièrement lourd sur le service Simonis à Roi Baudouin pour remplacer la ligne 6. Nous avons droit à nos pauses. Il faut les revendiquer et reprendre le travail sereinement. Il n’est pas question que la direction continue à croire qu’on peut continuer comme ça. 

La menace…

Les codes 51 pèsent encore sur tous ceux qui ont fait valoir leur droit de retrait. Il ne faut pas rester seul face à la direction. Discuter, se voir, se rassembler, prendre des décisions ensemble, voir nos délégués. Rien ne nous prémunit des sanctions sauf notre volonté de résister collectivement.

Les sous avant nous

Alors même que la priorité devrait être donnée à la gestion du flux des passagers, au contrôle des masques dans chaque transport, la direction a décidé de réaffecter le service Contrôle à la vérification des tickets des voyageurs. Ce n’est vraiment pas le moment ! Le service Contrôle serait beaucoup plus utile à la collectivité s’il contrôlait que les voyageurs portent bien un masque.  

Mais la direction compte les sous et elle va les chercher dans les poches des passagers.

Investir dans notre santé

Avec des bombes à retardement de virus que sont les transports en commun, il faut que, nous chauffeurs, soyons protégés au mieux. Il est tout à fait possible d’isoler complètement le poste de conduite pour éviter la propagation des gouttelettes aérosols porteuses du virus avec du plexiglass. Alors, il paraît que les permanents sont d’accord avec Meuh meuh, mais nous on n’a rien signé ! 

Des quotas et pas de bla bla !

L’épidémie n’est toujours pas terminée. Et il est toujours possible qu’il y ait un rebond. En tout cas, les transports en commun pourraient y jouer un rôle. Il n’est pas normal que, sous prétexte que chacun porte un masque, les usagers puissent être collés comme des sardines. Il faut empêcher que nos bus, trams et métro redeviennent des vecteurs du coronavirus. 

Les quotas doivent être rétablis ! Tout ce qui intéresse la direction, c’est le chiffre, pas la santé publique. 

Des paroles pour nos soignants… Un cercueil pour nos pensionnés

Qu’elles soient privées ou publiques, les maisons de repos se sont transformées ces derniers mois en de véritables mouroirs. Début juin, Sciensano dénombrait 6 183 décès de résidents de maison de repos causés par le coronavirus, soit deux tiers des victimes du virus ! Avant la crise, la situation n’était déjà pas terrible, le virus l’a rendue carrément insoutenable. Avec des équipes réduites et des horaires à n’en plus finir, les soignants ont dû combattre un ennemi invisible sans matériel et sans tests, au péril de leur propre santé mais aussi de celle de leur famille. Dans certains homes, les employés malades étaient tellement nombreux qu’il a fallu les remplacer par des militaires. Pour ne pas engorger les hôpitaux, les anciens ont été confinés, seuls, dans leur chambre, les condamnant ainsi à une mort certaine dans des homes qui manquaient d’oxygène et d’infirmiers. A part quelques « merci », le personnel soignant des homes n’a toujours rien reçu et nombreux sont ceux qui craignent qu’un scénario semblable se reproduise.

Les symboles de l’oppression coloniale

En Belgique comme aux États-Unis, une des formes que prennent les manifestations contre le racisme, est le déboulonnage des statues de racistes patentés.

Bien sûr, il y a toujours des cœurs chagrins pour qui les statues de Léopold II seraient de l’art, juste de l’art et pour qui ce serait sacrilège de les mettre à bas. Ils n’hésitent pas à comparer avec les nazis qui brulaient les livres !  Ce sont les mêmes qui criaient hourra ! lorsque, lors de la chute du mur de Berlin, des statues de Lénine se sont retrouvées par terre. Et là, il n’était question ni d’art, ni d’histoire. 

Ces blocs de bronze et de pierre ont été mis dans les rues et sur les places par l’État belge pour célébrer le plus grand exploiteur du Congo, et avec lui tout le système esclavagiste. Car oui, ce système capitaliste a été construit avec le sang des populations d’Afrique. Ce n’est pas l’histoire qui est célébrée dans l’espace public, mais bien l’idéologie de la classe sociale au pouvoir. La place de ces bustes est dans les poubelles de l’histoire. 

Après la crise, comme avant, les travailleurs vont devoir se défendre

Pendant la crise du Covid, les commentateurs, journalistes, politiciens se sont relayés sur les ondes pour jurer que plus rien ne serait jamais comme avant, que les leçons seraient apprises, bref, que grâce au Covid le monde allait devenir meilleur.

Ces niaiseries n’ont pas résisté longtemps à l’épreuve des faits : que ce soit à l’échelle de la Belgique ou de la planète, le patronat n’a pas changé d’un iota. Il est en train de profiter de la crise sanitaire pour lancer une série de plans de restructuration probablement encore pires que ceux qui ont suivi la crise de 2008.

En Belgique, la compagnie aérienne Brussels Airlines va recevoir 300 millions d’euros d’aide d’argent public. Cet argent est censé empêcher la « faillite » de l’entreprise. Or dans le même temps, la direction a utilisé le chantage à la fermeture pour imposer gel des salaires, départs en retraite anticipée et chômage technique au personnel naviguant, faisant ainsi un supplément de 500 millions d’euros d’économies.

Pour Lufthansa, la maison mère de Brussels Airlines, c’est le jackpot à encore plus grande échelle : l’entreprise va recevoir 9 milliards d’euros du gouvernement allemand et prévoit 22 000 licenciements.

En France, c’est 15 milliards pour le secteur aéronautique et 8 milliards pour l’automobile. En Italie, le gouvernement va prêter 6 milliards d’euros à Fiat. Dans tous les pays, le même scénario se répète. 

Au bout du compte, le grand patronat compte bien mettre la crise à profit. Certes, les bénéfices ont baissé pendant le confinement et certaines grandes entreprises ont même perdu de l’argent. Mais la grande majorité a passé le cap, grâce à leurs faramineuses réserves, constituées au cours de dizaines d’années d’exploitation des salariés. Ce ne sont que pour des petites entreprises que le coup a pu être fatal. 

Mais comme le montre l’exemple du secteur aérien, les patrons n’ont pas l’intention d’absorber les pertes en prenant sur les profits passés. Non seulement ils vont recevoir des aides publiques mais ils vont tenter d’imposer des sacrifices aux travailleurs, sous prétexte de « sauver l’entreprise », que ce soit en abandonnant une partie de leurs salaires, en acceptant plus de flexibilité ou en travaillant plus. Le patronat espère ainsi, sous la menace de la fermeture, faire accepter aux travailleurs des mesures antisociales qu’ils n’auraient pas espéré faire passer autrement.

C’est ainsi qu’ils espèrent regagner au centuple ce qu’ils ont perdu ces trois derniers mois.

Dès la mi-avril, les bourses européennes ont commencé à remonter et sont quasiment revenues à leur niveau d’avant la crise. Les financiers investissent dans les secteurs qui, à leurs yeux, vont le plus profiter de la situation. Dans les autres secteurs, ils exigeront des restructurations jusqu’à les rendre à nouveau rentables. 

Si les travailleurs se laissent faire, le prix humain sera terrible. Des foyers seront appauvris par le chômage, par les temps partiels et l’intérim. Pour les patrons, les subsides, les réductions d’impôts, etc. Pour les travailleurs, les restructurations et la misère.

Les travailleurs risquent aussi de payer une deuxième fois l’addition : les dizaines de milliards d’euros que le gouvernement Wilmès a mis à disposition des entreprises vont creuser la dette du pays, elle pourrait remonter à 120% du PIB cette année. Or cela fait trente ans que tous les gouvernements successifs justifient leurs plans d’austérité en série au nom de cette dette. Il ne faudra pas attendre longtemps pour que les mêmes recettes indigestes se retrouvent sur la table : dégradation des services publics, coupe dans les budgets sociaux, report de l’âge de la retraite, augmentation du temps de travail, etc. Pour les politiciens au service du patronat, c’est le « business as usual ». 

La crise n’est pas encore finie que les politiciens ont déjà repris leurs petits jeux habituels et les discussions sur la formation du prochain gouvernement vont bon train. Histoire de se rosir un peu, le PS a proposé de suspendre les licenciements jusqu’en octobre. C’est dérisoire. Pour que chacun puisse vivre dignement, il serait vital d’interdire totalement les licenciements, et en premier lieu dans les entreprises qui font des bénéfices. Il faudrait que les travailleurs aient accès aux comptes des entreprises pour savoir où est l’argent et dénoncer les magouilles qui justifient les faillites.

Au lieu d’arroser le patronat à coups de milliards d’euros, qui vont de toute façon finir dans les circuits financiers, il faudrait recruter massivement dans tous les services publics utiles à la population, comme les hôpitaux, les maisons de repos ou les écoles.La classe politique, tous partis confondus, n’a aucune intention de prendre cette voie. Il n’y a que la mobilisation générale des travailleurs qui pourra obliger politiciens et patronat à les respecter.

Ce n’est pas mieux ailleurs

Le permanent de la CGSP s’est particulièrement distingué comme un lécheur de botte de patrons. Et donc, beaucoup d’affiliés ont changé de syndicat. Bien sûr, c’est compréhensible. Ce n’est pas la première fois que ça arrive et ce ne sera certainement pas la dernière. 

Le problème, c’est que l’herbe n’est pas plus verte ailleurs. Car les 3 bureaucraties syndicales, c’est chou vert et vert chou. 

Au contraire, il faut secouer le cocotier mais surtout, il faut s’organiser entre nous de manière démocratique et quelle que soit notre affiliation syndicale. Ce sera nous qui déciderons de quand et comment on s’oppose à la direction et plus les permanents. Les syndicats, il ne faut pas les quitter, sauf s’ils nous jettent dehors ! 

Business as usual

Lorsqu’en mai, beaucoup d’entre nous ont refusé de bosser et de faire usage de leur droit de retrait, la direction nous a immédiatement pointés en absence illégale. On n’en attendait pas moins de sa part. 

Côté direction syndicale, c’était aussi ‘business as usual’. Les permanents ont fait passer nos revendications à la trappe et ils ont fait ‘oui-oui’ devant la direction. C’est tout juste s’ils n’ont pas proposé de faire eux-mêmes la chasse aux meneurs. C’est comme ça qu’ils appellent ceux qui ne restent pas dans le rang !  

Camarades, on ne le dira jamais assez. Quand on part à la bataille, il faut qu’on s’organise nous-mêmes, qu’on décide de manière démocratique par un vote quand on démarre et quand on s’arrête. Sinon, ça finit en eau de boudin et c’est bien dommage.