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Pas une deuxième fois !

Les infrastructures des écoles tombent en ruine à Bruxelles et en Wallonie. Selon les estimations, c’est près d’un milliard d’euros qu’il faut débloquer pour les rénovations.
Ce n’est pas un nouveau constat, ce délabrement est le résultat de décennies de désinvestissements scolaires.
Or, on apprend maintenant que le ministre Daerden veut faire appel à l’épargne des particuliers pour financer la rénovation… C’est le comble ! Alors même que l’État se sert déjà bien suffisamment dans les poches des travailleurs au travers des impôts, il faudrait aussi maintenant puiser dans nos économies ? Les travailleurs contribuent bien à assez au fonctionnement de la société, il est temps d’aller chercher l’argent où il est : dans les poches des patrons.

Privés de soins de santé

Un Belge sur vingt ne s’est rendu chez aucun médecin sur l’année 2018. Ce n’est évidemment pas parce qu’ils bénéficieraient d’une meilleure santé que les autres mais parce que les soins de santé sont trop chers pour eux et qu’ils sont obligés de faire une croix dessus. Il n’est pas normal que, dans une société riche, il existe encore des gens qui ne peuvent pas se payer des soins de santé !

Il y a encore beaucoup à faire…

Une enquête réalisée par Amnesty et SOS Viol révèle qu’une personne sur deux en Belgique a été victime de violences sexuelles. 20% des femmes ont été victimes d’un viol, ce qui est aussi le cas pour un jeune sur quatre.
Encore une fois, on ne peut que constater que notre société reste barbare…
Il y a 110 ans, la révolutionnaire Clara Zetkin créait la journée internationale des femmes pour qu’elles mettent fin à leur oppression. Elle liait l’émancipation des femmes à celles de tous les opprimés et c’est pourquoi elle avait épousé le mouvement communiste. Elle avait compris qu’on ne pouvait mettre fin à l’oppression des femmes qu’en abattant toutes les autres.

Lâche la grappe, Bacquelaine !

Depuis l’été dernier, les bénéficiaires de la Grapa (revenu d’aide sociale pour les personnes âgées) sont contrôlés par leurs facteurs. Cette besogne ignoble que le gouvernement oblige à faire aux travailleurs de la poste a pour but de déterminer si le bénéficiaire habite bien à la résidence déclarée et évidemment à le priver de son allocation si ce n’est pas le cas. Il s’agit comme d’habitude de faire des économies sur le dos des plus faibles.
Une centaine de manifestants se sont rassemblés devant le cabinet de Bacquelaine pour que cette mesure soit supprimée. Ce dernier fait la sourde oreille.
Il est intolérable que le gouvernement fasse fliquer ainsi les personnes vulnérables qui bénéficient d’une allocation de misère. Il faut que ce contrôle cesse et que les pensions soient toutes augmentées.

Au 21ème siècle, les femmes doivent encore se battre pour leurs droits !

A l’occasion de la journée du 8 mars, des manifestations ont eu lieu sur toute la planète, au Chili, en Espagne, en Europe, au Mexique, au Brésil, etc. Dans des pays comme le Pakistan ou l’Irak, elles ont bravé tous les interdits pour exprimer leur colère.
En colère, il y a effectivement de quoi l’être. Partout des femmes se font violer, molester, frapper sans que leurs agresseurs soient poursuivis.
Et quand ce n’est pas de la violence physique, il y a les inégalités sociales criantes : salaires moins élevés, temps partiels imposés. Ce sont elles qui font les boulots les plus pénibles et, en rentrant à la maison, elles doivent encore faire le ménage et nourrir le mari et les enfants. Et quand le mari s’en va, elles restent avec les enfants et les fins de mois difficiles.
Depuis quelques années, le mouvement #MeToo, par exemple, a été l’occasion de lever le voile sur la violence et l’hypocrisie de la société envers les femmes, y compris dans les milieux privilégiés. Mais pour une femme qui ose parler, au risque de subir la haine et le rejet, combien de milliers de femmes « normales » ont dû subir en silence les coups ou la misère ?
Le scandale du César octroyé à Polanski, poursuivi aux USA pour le viol d’une mineure, montre bien que la société n’a pas encore vraiment évolué. Ce n’est que le sommet de l’iceberg. Il faudra encore bien des combats pour que la moitié de l’humanité retrouve la place qui lui est due.

Dioxine, le retour

Vingt ans après la crise des œufs à la dioxine, une nouvelle affaire de pollution risque d’empoisonner l’atmosphère : les parcs à mitraille, qui broient et recyclent les voitures, rejettent dans l’atmosphère des doses de dioxine et d’autres cancérigènes des centaines de fois supérieurs à la norme. A Courcelles, les habitants ne doivent plus consommer légumes et œufs issus de leurs potagers. Cela fait des années que ça dure et c’est seulement maintenant que la région s’apprête à prendre des mesures.
Selon les industriels du secteur, c’est injuste car les régions et pays environnants n’appliquent pas de normes aussi strictes. Ils réclament donc de pouvoir faire aussi pire qu’ailleurs en matière d’empoisonnement des populations. Le capitaliste est vraiment édifiant !

Un système malade qui se prive de médecins

La pénurie de médecins ne cesse de s’aggraver en Belgique alors que les salles d’attente déjà bondées les forcent à réduire les temps de consultation et à rallonger leurs journées. Il faut attendre plusieurs mois pour obtenir un rendez-vous chez un spécialiste qui, en plus, coûte de plus en plus cher. Dans certaines villes, les médecins ayant dépassé l’âge de la retraite ne peuvent se décider à la prendre et à abandonner leurs patients, alors qu’aucun remplaçant ne se présente à eux. Et pourtant, chaque année, de nombreux étudiants ayant réussi leurs examens se voient refuser la possibilité d’exercer le métier en raison des limitations imposées par le « numerus clausus » en vigueur depuis 1996.

Non au contrôle des anciens

Depuis août 2019, le gouvernement a formé un partenariat avec Bpost afin que les facteurs contrôlent si un bénéficiaire de la Grapa – allocation sociale pour les personnes âgées – réside bien à son domicile déclaré. Le but avoué de ce flicage des pensionnés est de faire la chasse aux retraités qui trouvent un moyen de bénéficier du statut d’isolé, plus avantageux que celui de cohabitant. La différence est maigre mais pour eux, c’est salutaire.
Alors même que les revenus de la Grapa sont ridiculement bas et permettent à peine aux personnes âgées de survivre, le gouvernement fait tout pour faire la chasse à une population qui est parmi la plus fragilisée dans cette société.
Fin janvier, des associations ont obtenu la condamnation de ce nouveau système mais ce n’est pas un bout de papier qui va faire reculer le ministre. Il faudra d’autres manifestations comme celle du 28 janvier.

Un constat bien connu…

Une nouvelle enquête de l’Observatoire de la santé et du social de Bruxelles fait pour une énième fois le même constat : les riches ont une meilleure santé que les pauvres. Ainsi, l’espérance de vie à Saint-Josse est de 5 ans inférieure à celle de Woluwé-Saint-Pierre. Un Bruxellois gagnant moins de 16 000 euros par an a deux fois plus de risques de contracter une maladie qu’un autre qui gagne plus de 23 000 euros. Par ailleurs, il y a trois fois plus de risques de troubles dépressifs chez les pauvres que chez les riches.
Il ne faut pas être grand clerc pour savoir que les pauvres vivent moins bien que les riches. Or, dans une société de classes, il ne peut en être autrement et toutes les mesures des politiciens ne seront que des pansements sur une jambe de bois. C’est pour ça qu’il faut changer de société.

Prolétaires de tous les pays, unissez-vous

Le 18 janvier dernier, le Parti Socialiste a exclu Emir Kir, le bourgmestre de Saint-Josse.
Des militants du PS s’étaient en effet émus que les idées de Kir et ses relations avec des maires turcs membres du parti turc d’extrême-droite MHP soient en opposition avec les quelques principes que le PS continue à défendre.
Par opportunisme, le PS a placé sur ses listes des candidats de diverses origines, turque, marocaine ou congolaise, pour attirer les voix des électeurs de ces communautés, en entretenant l’idée fausse que les travailleurs seraient mieux défendus par quelqu’un venu du même pays ou de la même région qu’eux.
Tout cela n’est ni nouveau, ni propre au parti socialiste, la classe politique n’a pas attendu qu’il y ait des communautés étrangères pour développer cette politique. L’argument régionaliste a, par exemple, été utilisé tant au Nord qu’au Sud du pays pour faire croire que les travailleurs seraient mieux défendus en Wallonie par des politiciens wallons, et réciproquement en Flandre.
Il y a longtemps que le PS ne défend plus aucune des idées de la lutte des classes et cherche encore moins à les populariser auprès de son électorat. Il doit néanmoins entretenir son image de parti censé défendre les couches populaires alors, de temps en temps, comme ce qui vient de se passer avec Kir, les compromis passés avec des politiciens arrivistes lui font une mauvaise publicité et il doit revenir en arrière.
Ce que l’histoire montre, c’est que les politiciens bourgeois ne défendent jamais les travailleurs, ils défendent la bourgeoisie. Cela est vrai pour les politiciens d’origine belge et ce n’est pas différent pour les politiciens d’origine étrangère. Dans chaque pays, il y des travailleurs et des bourgeois, des exploiteurs et des exploités. Poser la question en termes d’origine, de religion ou de nationalité, c’est occulter la division de la société en classes sociales.
Certes, il est compréhensible que des populations immigrées de fraîche date cherchent à se regrouper auprès des premiers arrivés, ne serait-ce qu’en raison de leur communauté de langue et pour s’entraider face à un contexte hostile. Mais cela mène à un émiettement de la classe ouvrière dont le patronat est le premier à profiter : déjà au 19ème siècle, Marx et Engels constataient que la domination de la bourgeoisie n’est fondée que sur la concurrence des ouvriers entre eux, sur la division à l’infini du prolétariat, sur la possibilité d’opposer entre elles les diverses catégories d’ouvriers.
Face à cela, le mouvement ouvrier du siècle passé a tenté de surmonter les barrières de la langue, de la religion et de l’origine pour unir les travailleurs. Pour ces générations de travailleurs, l’intégration ne signifiait pas de s’identifier à une « nation belge » dépassée ni de renoncer à sa culture, mais de s’intégrer dans la classe des travailleurs, pour défendre ensemble les salaires, les emplois et, pourquoi pas, un autre avenir.
Cette lutte pour l’unité de la classe ouvrière s’est heurtée à tous les préjugés hérités du passé mais elle a donné lieu à de grandes luttes sociales où les travailleurs se sont retrouvés côte à côte, toutes origines confondues. Depuis lors, les partis dits « de gauche » se sont complètement ralliés au capitalisme et n’ont rien fait contre le chômage et la pauvreté. Ils ont repris le discours général anti-immigration, certes sous une forme « adoucie », mais qui sous-entend que les problèmes des travailleurs viendraient de leurs frères de classe d’origine étrangère, alors qu’en réalité ils sont le résultat de la course au profit menée par les capitalistes.
L’aggravation de la situation économique des travailleurs, combinée avec le recul des idées révolutionnaires, les laisse isolés et sans espoir. Lorsque le sentiment d’appartenir à une même classe sociale s’affaiblit ainsi, cela ouvre la porte à toutes sortes de démagogues qui s’appuient les uns sur le nationalisme, les autres sur le racisme ou la religion. Les Trump, Le Pen, Erdogan, Netanyahou et autres De Wever ont en commun les mêmes idées réactionnaires qui ne peuvent que diviser et affaiblir les travailleurs pour le plus grand bénéfice des bourgeois.
Les travailleurs de toutes origines n’ont rien à attendre des politiciens bourgeois, rien à espérer des divisions nationalistes ou religieuses. En revanche, ils ont tout intérêt à mettre de côté leurs différences et s’appuyer sur ce qu’ils ont en commun pour lutter ensemble pour leurs droits et contre cette société capitaliste.
La devise « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous » n’a jamais autant été d’actualité !