Actualité

Haine contre Greta Thunberg

Depuis son intervention à l’ONU, la jeune militante écologiste Greta Thunberg a vu les attaques verbales contre elle monter d’un cran. Journalistes et politiciens l’accusent d’être une psychopathe, ou d’être manipulée, sans compter tous ceux qui cherchent à la décrédibiliser parce qu’elle est trop jeune, ou autiste ou même simplement… une fille. Il est en effet facile de s’attaquer au messager quand on ne veut pas que les choses changent. Tant que l’écologie permet de justifier l’augmentation des taxes, les politiciens en veulent bien ; tant qu’elle ne vise qu’à culpabiliser les individus qui consomment mal ou trop, ils la tolèrent. Mais pas question de toucher à la liberté des capitalistes de produire et de polluer.

Enseignement : des blablas mais toujours pas de profs !

Le nouveau gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles n’apporte aucune réponse au problème criant du manque de profs dans les écoles. Il faut savoir qu’on en est au point où il existe au sein de la FWB une « chambre de la pénurie » chargée de gérer les appels au secours des écoles. L’an passé, 14% des cours n’ont pas été donnés faute de profs. Mais que propose le gouvernement ? Assouplir le décret « titres et fonctions » afin de permettre aux écoles d’embaucher des profs temporaires qui n’ont pas le diplôme requis. Or, actuellement, dans le secondaire, un prof d’histoire-géo sur deux et un prof de math sur quatre n’ont pas le diplôme nécessaire pour ces enseignements. Il ne faut pas s’étonner des mauvais résultats des élèves, sauf évidemment ceux dont les parents ont les moyens de payer des cours particuliers… Ce n’est ni en ajoutant des dérogations, ni en saupoudrant des heures supplémentaires, qu’on dispensera un enseignement de qualité aux futures générations.
Il faudrait d’abord massivement former et embaucher des profs, avec un statut stable, un salaire décent et réduire le nombre d’élèves par classe. Cela demande des moyens mais le Ministre du budget de la Fédération, Frédéric Daerden (PS), a déjà pointé qu’elle était en déficit de 600 millions et Di Rupo a confirmé que le programme du gouvernement PS-MR-Écolo ne prévoyait aucun refinancement. En revanche, il a prévu de reporter encore d’un an le nouveau programme de formation des enseignants en quatre ans au lieu de trois, un programme qui est en préparation depuis déjà dix ans mais pour lequel les fonds nécessaires ne seront toujours pas débloqués cette année.
Les politiciens de droite et de gauche se moquent bien de l’enseignement donné aux enfants des couches populaires, il leur suffit que l’école fournisse des travailleurs prêts à l’emploi aux entreprises.

Le cri des patrons : moi d’abord et toujours plus

Le déficit de la Sécurité sociale refait parler de lui. Ce déficit a servi – depuis de longues années – à justifier l’austérité, le rabotage des allocations, le report de l’âge de la pension à 67 ans, l’augmentation des cotisations et la fin du remboursement de certains médicaments. Eh bien, non seulement il n’est pas comblé mais il est plus profond que jamais. Ils est désormais à trois milliards d’euros et annoncé à six milliards dans cinq ans.
Les syndicats ont enfin osé dénoncer la multitude d’exonérations fiscales dont bénéficient les entreprises : flexijobs, emplois étudiants, tax shift et autres gâteries qui leur ont permis d’augmenter leurs profits. La ministre Maggie de Block reconnaît l’existence du déficit mais nie évidemment que les cadeaux fiscaux en soient à l’origine. Les patrons, quant à eux, ont surenchéri : ils demandent encore plus d’exonérations pour « stimuler la création d’emplois supplémentaires ». On croit rêver ! Toutes les exonérations passées n’ont jamais permis de créer un seul emploi, ils ont au contraire restructuré et licencié massivement dans tous les secteurs, ils se sont enrichis et ils en redemandent encore ! Comme si cela ne suffisait pas, les patrons voudraient aussi retarder encore l’âge de la pension pour pouvoir « faire face à l’allongement de l’espérance de vie »… ce serait ridicule si on ne savait pas que le gouvernement actuel, tout comme le prochain, seront servilement disposés à les satisfaire.
Cela annonce des combats à mener pour les travailleurs.

Thomas Cook : des bénéfices pour les vautours, le désastre pour les salariés

La faillite de Thomas Cook, le géant mondial du voyage organisé, va laisser ses 22 000 salariés sur le carreau et faire passer un très mauvais moment aux 600 000 voyageurs qui doivent être rapatriés.
Cette faillite n’aura surpris que les voyageurs et les salariés car cela faisait de longs mois que les dirigeants et les actionnaires de la compagnie savaient qu’elle était en crise. Pendant toute cette période, les dirigeants ont touché des millions d’euros de primes et de salaires – 9 millions par an, rien que pour le CEO. La compagnie n’a pas hésité à continuer à vendre des voyages et à laisser partir les touristes jusqu’à la dernière minute, alors qu’il était évident que les hôtels ne seraient pas payés et les retours pas assurés.
Sur les marchés financiers, les traders-vautours se préparaient depuis ce printemps déjà à dépecer ce qu’il resterait de la compagnie au moment où elle fermerait définitivement. Ceux qui ont ainsi misé sur la faillite vont empocher plus de 200 millions d’euros ! Quant aux actionnaires, cela ne leur coûtera pas grand-chose, ils avaient tous déjà récupéré leur mise, et aucun compte ne leur sera demandé pour le désastre social que leur appétit du gain aura causé.

Grève à General Motors

Près de 50 000 salariés de General Motors aux États-Unis ont fait grève le 16 septembre à l’appel du syndicat de l’automobile UAW. C’est la première grève de cette ampleur depuis plus de 10 ans chez ce constructeur. Elle entre dans le cadre de la négociation d’un nouveau contrat collectif pour les années à venir entre les directions syndicales et le patron. Ce contrat comprend entre autres le montant que l’entreprise va payer pour les soins de santé des travailleurs et combien elle s’engage à payer de pensions. Car aux USA, ce sont des choses qui ne sont pas décidées ni organisées par les gouvernements, mais bien par les entreprises ! Cynique, General Motors refuse de payer les soins de santés, ferme 4 usines aux États-Unis alors que l’entreprise a empoché 8 milliards de dollars de profits l’an dernier, et 35 milliards en Amérique du Nord ces 3 dernières années.

Proximus : Leroy part les poches pleines

La patronne de Proximus, Dominique Leroy, a annoncé sa démission de l’entreprise. C’est elle qui a lancé un plan de restructuration visant à licencier 1 900 travailleurs, plan qu’elle ne négociera même pas vu qu’elle s’en va. Elle a gagné 950 000 euros en 2018, auxquels s’ajoutent 250 000 euros de bénéfices sur les actions Proximus qu’elle a revendues. Si elle a gagné autant c’est justement pour rentabiliser l’entreprise, y compris en licenciant des travailleurs et en externalisant des services. Dans cette société ceux qui détruisent des vies sont récompensés et ceux qui perdent leur emploi sont dénoncés.

Multinationales = méga fraude fiscale

La Commission Européenne continue de poursuivre la Belgique pour ses pratiques d’ « Excess Rulings », qui lui permet de réduire les impôts de grandes entreprises multinationales en échange de leur installation en Belgique. On parle de 700 millions d’euros de manque à gagner pour les caisses publiques. Ce qui gêne la commission c’est que ce sont des aides d’État déguisées. Ce qui nous dérange c’est que ces entreprises ultra-richissimes ne paient quasiment aucun impôt avec la complicité du même gouvernement qui continue à imposer l’austérité aux familles populaires.

Petits secrets entre copains

Les magouilles autour de Enodia, anciennement Publifin, font à nouveau la une des journaux. On se rappelle que l’an dernier un scandale avait éclaté autour de la rémunération d’administrateurs fantoches, censés représenter les communes membres de l’intercommunale mais qui ne participaient à aucune réunion… C’était une manière pour la direction de l’intercommunale liégeoise de s’acheter la complicité des politiciens et leur silence sur les salaires mirobolants des dirigeants, près de 900 000 euros pour le CEO Stéphane Moreau (ex-PS). Dans la foulée de ces révélations, une série de politiciens ont dû rendre l’argent, voire démissionner.
Ce grand déballage a permis de se rendre compte comment une simple intercommunale était devenue un véritable groupe capitaliste avec des montages financiers complexes et des filiales telles que Voo, BeTV, Les Éditions de l’Avenir, Win (Internet), Elicio (énergie), etc. La toile d’araignée de Publifin s’étendait jusqu’en France, en Serbie et même au Mali !
A l’époque, tout le monde voulait la tête de Moreau, en premier lieu ses propres complices qui espéraient en le sacrifiant pouvoir sauver le système… et eux-mêmes à l’occasion. Beaucoup de têtes sont tombées mais Moreau, exclu du PS, a gardé sa place dans Publifin.
Depuis lors, de nouvelles règles de « bonne gouvernance » sont censées mettre fin aux abus. Évidemment, aucun politicien n’a expliqué pourquoi ces règles n’existaient pas avant. En attendant, des individus bien placés ont ainsi pu se construire des fortunes en jouant aux grands patrons avec l’argent des communes.
Aujourd’hui, alors que l’affaire semblait calmée, un nouveau scandale défraie la chronique : Moreau, encore lui, aurait vendu Voo et Brutélé à un groupe financier américain, la filiale Win à son copain Fornieri et Elicio à la firme CMI en partenariat avec le même Fornieri. Le tout se serait fait dans le plus grand secret. Cerise sur le gâteau, Moreau aurait démissionné de Enodia pour devenir le patron de la société de Fornieri ! On n’est jamais aussi bien servi que par soi-même…
En réalité, c’est bien la direction d’Enodia qui avait chargé Moreau de la revente. Ce qui a déclenché le scandale, c’est que trois mois après la signature des accords de vente, le conseil d’administration d’Enodia n’était pas au courant et l’a appris par des fuites dans la presse ! Les nouvelles règles de gouvernance étaient bafouées avant même d’être mises en application.
Le vrai problème n’est pas que ces messieurs-dames des conseils d’administration aient des secrets les uns pour les autres. D’ailleurs, une fois la température retombée, ils ont tous reconnu que le secret des affaires était tout de même sacro-saint.
C’est justement là que le bât blesse. Il n’est pas normal que l’argent des communes, qui est l’argent prélevé sur les salaires des travailleurs, serve à des investissements capitalistiques sans même que la population soit au courant.
L’affaire Publifin-Moreau n’est pas la première en son genre. Combien d’entreprises publiques ont été vendues pour un franc symbolique à des patrons bien connectés avec la classe politique ? Et combien d’entreprises privées en difficulté ont été « nationalisées » au prix fort pour sauver d’autres patrons avec de l’argent public. Il n’y a qu’à penser à Cockerill achetée cher en 1981 par la Région pour être revendue pour trois francs six sous à Arcelor. Des exemples comme celui-là, il y en a des centaines. Tenter de faire passer cette affaire pour un cas exceptionnel est une tentative de masquer à quel point la politique et les affaires sont liées à tous les niveaux. Les vrais maîtres du monde actuel sont les capitalistes, ils possèdent les entreprises, les terres, les bâtiments, tout ce qui a une valeur. Les politiciens ne sont là que pour assurer le fonctionnement des services communs, comme les transports par exemple, et surtout pour garantir l’ordre social en s’assurant que les travailleurs restent bien à la place qui leur est réservée, en bas de l’échelle.
Les entreprises que possèdent les patrons ne valent rien sans les travailleurs pour les faire fonctionner. Pourtant les travailleurs n’ont rien à dire, sauf à changer de temps en temps les politiciens censés les représenter. Le secret des affaires dont se prévaut le patronat sert surtout à cacher aux travailleurs l’immensité des richesses qu’ils produisent et qui leur échappent, alors qu’elles permettraient largement de satisfaire leurs revendications élémentaires : un salaire et un travail dignes pour tous ! Il faudrait au contraire lever tous les secrets. C’est une des mesures indispensables pour s’opposer à la mainmise des bourgeois sur la société.

Les copains d’abord !

Les scandales de Publifin et du Samusocial ont montré jusqu’où les politiciens peuvent aller pour puiser dans les fonds publics de quoi remplir leurs poches. On apprend maintenant que le demi-frère d’Olivier Chastel vient d’être nommé à un poste très avantageux et très bien rémunéré dans une intercommunale de Charleroi grâce à ses liens familiaux avec l’ancien président de parti.
Le népotisme est affaire courante dans les sociétés de classe. Le “entre nous” est de rigueur et les postes sont attribués directement ou de manière plus insidieuse à ceux qui appartiennent aux classes privilégiées. Ainsi, les politiciens sont les plus aptes à donner à leurs proches une place confortable dans l’appareil d’Etat.
Après coup, ces politiques peuvent crier sur tous les toits “Mea culpa, mea culpa” quand ils sont découverts mais c’est plus fort qu’eux, ils recommencent !

Contre-attaque à la Fnac

Fin février, la direction de la Fnac a annoncé vouloir licencier 56 personnes, soit plus d’un dixième de son personnel en Belgique. Des négociations patron-syndicats ont alors commencé et se sont déroulées sur plusieurs mois. En juin, les employés de quatre magasins, exaspérés par les atermoiements de la direction, entraient en grève. Finalement, ce 2 septembre, la direction a envoyé des lettres de licenciement à 26 travailleurs. Parmi eux, de nombreux délégués combatifs, dont elle veut se débarrasser en premier. A nouveau, les travailleurs ont répondu par la grève. Que le patron essaie de faire fonctionner ses magasins sans eux ! Ses 214 millions de bénéfices, la Fnac les fait uniquement grâce à eux. Ce ne sont pas des licenciements qu’ils devraient avoir mais bien les 214 millions de bénéfices que les actionnaires se font sur leur dos.