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Le bouchon saute !

Un mouvement de grève a éclaté sur le site d’AB-Inbev à Jupille quand les ouvriers ont appris que dix salariés avaient contracté le virus sur le site et que la direction ne leur en avait pas soufflé mot pour ne pas perturber la production. C’était la goutte de trop, celle qui démontre que pour les patrons, les travailleurs ne sont que de la chair à profit, juste bons à fabriquer leurs fortunes quitte à en crever. Grâce à leur mouvement, ils ont contraint la direction à faire contrôler le respect des mesures sanitaires… Enfin ! Ils devront rester vigilants et ne rien attendre de l’État à la botte des capitalistes : l’absence d’inspection le démontre suffisamment. Ils sont les seuls à pouvoir faire respecter les mesures sanitaires au patron. Bravo à eux !

Makro : manœuvres d’escrocs

Makro Belgique, qui a moins profité du coronavirus que ses concurrents, souhaite rattraper son retard en se débarrassant de 100 à 200 travailleurs intérimaires et en contrats temporaires « trop coûteux » sous prétexte de « sécuriser l’emploi en CDI et de sauver l’entreprise ». Ce couplet, souvent entonné par les patrons, n’est en réalité qu’une basse manœuvre qui cherche à diviser les travailleurs en fonction de la durée de leur contrat et à faire accepter aux travailleurs en CDI d’alourdir leur charge de travail sans gagner un sou de plus. Patrons et actionnaires parlent souvent du « coût du travail », mais le travail crée les richesses qu’ils pillent ! S’il faut se débarrasser de quelqu’un, c’est bien d’eux !

Pas de restauration des emplois

L’entreprise Sodexho vient d’annoncer qu’elle veut supprimer 380 emplois sur les 4000 que compte l’entreprise. Le patron a beau verser des larmes de crocodile sur les emplois perdus et déplorer que la crise qui l’obligerait à prendre cette mesure ; il n’empêche qu’il n’a pas proposé d’aller puiser dans son portefeuille pour compenser les pertes de l’entreprise.

Noyé par la misère

Un migrant soudanais, Abdulfatah Hamdallah, s’est noyé dans la Manche fin août. On venait de lui refuser des papiers en France et il tentait une ultime traversée pour tenter sa chance en Grande-Bretagne. Les migrants sont des milliers à traverser les mers et risquer leur vie pour venir vivre en Europe. On ne compte plus les centaines d’entre eux qui meurent noyés en Méditerranée chaque année. Contrairement à ce que prétend la démagogie nationaliste, il y a bien suffisamment d’espace et de richesses en Europe pour accueillir les êtres humains qui fuient la misère et la guerre de leur pays d’origine. 

Malades de la rue…

Une étude de l’hôpital Saint-Pierre révèle que les sans-abris ont trois fois plus de risques de contracter le Covid-19 que le reste de la population. Il ne faut pas chercher très loin pour en comprendre les raisons : la promiscuité dans les centres d’accueil et des installations sanitaires qui laissent à désirer. Il n’est pas normal que, dans une société aussi riche que la nôtre, des milliers de personnes continuent à souffrir de la pauvreté et en meurent. Même avec la crise, notre société crée bien assez de richesses pour nourrir, loger et soigner correctement toute la population.

Les jeunes sur le carreau

En un an, le nombre de jeunes au chômage a augmenté de près de 10% en Wallonie et de 17% à Bruxelles. Quant à ceux qui se sont inscrits pour la première au chômage et qui font leur stage d’attente, ils sont près de 30% en plus en Wallonie et de 50% à Bruxelles ! Les patrons font des économies et leurs premières mesures consistent le plus souvent à ne pas renouveler les contrats à durée déterminée, ce qui concerne essentiellement les jeunes. Alors même qu’il faudrait relancer massivement la production pour satisfaire les besoins de tous et mettre au travail les jeunes travailleurs pour soulager les plus âgés, les patrons, au contraire, réduisent les effectifs pour diminuer leurs coûts.  

Pendant des décennies, les actionnaires se sont enrichis sur le dos des travailleurs. Il est temps qu’ils paient la crise de leur poche au lieu de sacrifier nos emplois.

Meurtre policier + amnésie ministérielle = impunité totale

Une fois encore, la police a tué. Et si la veuve de la victime n’avait pas rendu publiques les images vidéo de l’intervention, ce meurtre serait tombé dans l’oubli comme tant d’autres. Les faits remontent à 2018 ! Jozef Chovanec, un Slovaque de 38 ans, malade, cherche à retourner dans son pays. Débarqué sur le tarmac de l’aéroport, il est passé à tabac et emmené en cellule. Dans la nuit, il se frappe la tête à sang contre les murs. Six policiers interviennent. L’un d’eux appuie la poitrine de la victime avec ses genoux et l’étouffe pendant 16 minutes, sous le regard hilare de ses collègues. Une policière trouve même le temps de faire un salut nazi ! Emmené à l’hôpital, Chovanec y décède. La police et la justice ont clairement cherché à étouffer l’affaire. Le ministre de l’Intérieur de l’époque, l’actuel ministre-président flamand Jan Jambon, a quant à lui tenté de jouer les amnésiques avant qu’on lui rappelle ses contacts avec l’ambassadeur de Slovaquie. Les travailleurs n’ont aucune raison de faire confiance à une police barbare gangrenée par le racisme. Ils n’ont rien à attendre non plus de politiciens complices qui mentent en toute impunité !

Les avions au sol ? Aux patrons de payer !

Les licenciements continuent dans les compagnies aériennes. Fin août, après American Airlines, c’est la compagnie australienne Qantas qui a annoncé 2500 suppressions de postes, en plus des 6000 déjà évoqués dans le passé. Il y a moins de voyageurs à cause du Covid ? Certes, mais il n’y a pas de raison que ce soient les salariés qui paient : les actionnaires des compagnies devraient prendre sur leurs profits passés, sur l’argent que ces mêmes salariés leur ont fait gagner pendant des années. Ces soi-disant « entrepreneurs » veulent les profits mais pas les risques.

Biélorussie : la classe ouvrière mobilisée

En Biélorussie, Loukachenko dirige l’État d’une main de fer depuis vingt-six ans. 

Le scrutin truqué du 9 août était censé prolonger son mandat pour 5 ans mais la fraude a été tellement caricaturale qu’un certain nombre de simples citoyens ont aussitôt tenu à crier leur colère. La férocité des forces antiémeute, les morts, les blessés et les arrestations, ont mis le feu aux poudres. En quelques jours, le régime s’est trouvé rejeté de toutes parts, ou presque.

Ce rejet a pris une nette tournure ouvrière avec l’irruption sur la scène de grévistes de l’automobile, de la construction, de la chimie, des mines, notamment. Défilant en cortèges imposants ou votant la grève en assemblée générale et élisant leurs comités de grève dans les usines, les travailleurs donnent désormais à la contestation générale sa physionomie et sa force, en paralysant l’économie jusqu’à un certain point.

Loukachenko ne s’y est pas trompé quand, voulant reprendre la main, il s’est tourné vers les ouvriers de MTZ, la plus grande usine d’engins agricoles, militaires et de chantier de Biélorussie. Espérait-il les mettre dans sa poche ? En tout cas, il en a été pour ses frais : c’est sous les huées qu’ils ont accueilli ses propos doucereux, ses menaces et appels à reprendre le travail.

Profitant d’une conjoncture favorable, le régime a longtemps posé en protecteur de « ses » travailleurs. Mais depuis une dizaine d’années, son masque est tombé. Généralisation des contrats précaires ; contrats d’un an renouvelables avec interdiction pour le travailleur de partir avant terme ; salaires gelés ; conditions de travail aggravées et sanctions contre ceux qui ne s’y plient pas ; apparition du chômage, etc.

Ces mesures, dont beaucoup ont été prises sur simple décret présidentiel, et le fait que Loukachenko a traité par-dessus la jambe les risques du Covid-19, ont focalisé le mécontentement sur sa personne.

Un passage de relais au sommet se ferait avec la bénédiction de Poutine, comme des principaux gouvernements de l’Union européenne, tous inquiets de voir se développer une situation explosive à leurs frontières. D’autant que des travailleurs de pays voisins pourraient se reconnaître dans le combat de leurs frères et sœurs de Biélorussie, qui affrontent les sbires en armes d’un régime qui veut leur faire payer les effets de la crise.

L’opposition a mis sur pied un Conseil de coordination censé préparer la relève du pouvoir – elle est composée de libéraux purs et durs qui, sous couvert de liberté et de démocratie, vont continuer à s’en prendre aux travailleurs. Leur leader, Tikhanovskaïa, appelle les travailleurs à rester dans la légalité et prône un « dialogue constructif » avec le pouvoir, ce même pouvoir qui matraque à tout-va et licencie les grévistes. Soin programme : un retour « à la normale », celle du capitalisme bien entendu…

Les patrons profitent de la crise

Alors que leur bateau coule, les patrons cherchent à maintenir les bénéfices et profitent de la situation pour faire les poches aux travailleurs. La FEB souhaite imposer n’importe quels horaires de travail aux salariés en les « flexibilisant », tout en réduisant les salaires qu’elles leur paieraient de nuit. C’est déjà osé ! Mais ils ne s’arrêtent pas là. Alors qu’ils jettent des milliers de travailleurs sur le pavé, ils voudraient aussi limiter la période de chômage à laquelle ceux-ci ont droit, forçant ainsi par la même occasion les travailleurs qui auront eu la chance de garder leur emploi à tout accepter. Montrons à ces voyous ce qu’on pense de leurs plans, flexibilisons leurs comptes en banque !