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Le mythe de la gratuité scolaire

Chaque année, à la rentrée des classes, on a droit au même constat désolant : si l’école est en théorie gratuite, les frais de scolarité, eux, coûtent très cher. C’est la galère dans de nombreuses familles pour payer le matériel ou les activités scolaires, surtout que depuis le covid, il faut aussi du matériel informatique. Chaque année, les politiciens font mine de découvrir le problème mais refusent d’augmenter les subsides publics.

Les prix augmentent, et les salaires ?

Les prix de l’électricité et du gaz sont en train de flamber. En un an, ils ont augmenté respectivement de 15 % et de 40 % ! Et tout cela s’ajoute notamment à l’augmentation du diesel ou à celle des produits alimentaires qu’on a connue en début d’année. Les factures ne cessent de gonfler, contrairement à nos salaires… et c’est bien ça le problème !    

Les profits abondent, les salaires fondent

Les entreprises belges cotées en bourse sont à la fête. Les vingt plus grosses ont augmenté leurs bénéfices de 87% au cours du deuxième trimestre de l’année. En y incluant les autres, la hausse atteint les 160% ! A l’inverse, les salaires stagnent alors que les prix ne cessent de monter. Dans la plupart des secteurs, les salaires moyens des nouveaux engagés sont inférieurs à ceux payés en 2019. Les patrons et leurs larbins politiques vont une fois encore exiger des travailleurs qu’ils se serrent la ceinture. C’est hors de question ! 

Pension minimum… minimum !

De Croo a vidé de son contenu la promesse d’une pension minimum à 1500 euros : seuls ceux qui auront travaillé au moins 20 ans y auront droit. Chômeurs, femmes au foyer et malades de longue durée resteront avec leur pension de misère ! Et tout ça pour « inciter les gens à travailler », dit-il. Quels propos de bourgeois méprisant et malhonnête, car le boulot, c’est le patronat qui le contrôle ! ! Le PS, lui, se contente de discuter de détails : il propose 15 ans au lieu de 20. Rien d’étonnant pour un parti qui a organisé la chasse aux chômeurs en son temps. 

La vérité, c’est qu’ils refusent tous de faire payer le patronat pour augmenter les pensions.  Ce qu’il nous faut, c’est une vraie pension pour tous. Pour l’avoir, on ne peut compter que sur nous-mêmes. Nous devrons nous battre pour puiser directement l’argent où il se trouve : dans la poche des plus riches.

Vers un permis d’intoxiquer ?

L’Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire procède actuellement au rappel de nombreux produits. Glaces, sauces, épices, fromages à tartiner, saucissons, la liste s’allonge de jour en jour. Tous contiennent des traces d’oxyde d’éthylène, un pesticide cancérigène interdit en Europe. La fédération de l’industrie alimentaire se plaint du dommage financier qu’elle subit. Au nom de ses profits, elle revendique un assouplissement de la réglementation sur la sécurité alimentaire. Le capitalisme est un poison. Il ne recule devant rien pour amasser toujours plus. 

Tests PCR : les labos s’en frottent les mains

Depuis le début de la pandémie de Covid, l’État belge a déboursé 838 millions d’euros en tests PCR. Ceux-ci lui sont facturés entre 40 et 50 euros par les labos privés qui se sont ainsi faits un sacré pactole, surtout que les grands groupes ont déjà largement rentabilisés leurs machines à tester. La politique de remboursement des États a été essentiellement conçue pour les favoriser. Pourtant, des alternatives publiques à moindre coût existaient. Mais dans la jungle capitaliste, les lois favorisent toujours les plus gros. Et elles délient comme par magie le cordon des dépenses publiques. 

Des vraies pensions, un point c’est tout !

Ethias et Belfius ont annoncé récemment ne plus être intéressées par les pensions complémentaires des agents contractuels des services publics. Cela fait des années que les patrons profitent du système des pensions complémentaires qui leur permet de payer moins cher les pensions en profitant d’exonérations fiscales. En plus, les banques ont pu spéculer en bourse avec le montant des dépôts et encaisser ainsi de beaux dividendes. Maintenant que ça ne leur rapporte plus assez elles cherchent à s’en débarrasser. Ces combines ne profitent qu’aux patrons. Ce qu’il nous faut à nous, travailleurs, ce sont de vraies pensions. Après avoir trimé toute une vie pour les riches, le minimum, c’est qu’ils nous paient une retraite décente !

Zwijndrecht : c’est au pollueur de payer

Pendant plus d’une décennie, l’usine 3M de Zwijndrecht a pollué la région avec un agent toxique et non dégradable. L’ampleur de cette pollution a longtemps été minimisée. Elle est aujourd’hui mise en lumière par les travaux du périphérique routier d’Anvers. Les habitants des environs ont reçu pour instruction de ne plus consommer les produits de leur jardin. Les politiciens, au courant depuis longtemps, se renvoient la patate chaude. Quant aux coûts d’assainissement du sol, l’entreprise 3M cherche à s’en décharger sur la population. Il n’en est pas question ! C’est à 3M qui s’est fait du fric en polluant de payer la dépollution des terrains. 

Les sans-papiers font partie de la classe ouvrière

Quatre cent septante sans-papiers ont entamé une grève de la faim depuis le 23 mai. Ils sont répartis en deux sites, l’église du béguinage, au centre-ville, et le campus de la VUB. Après plus d’un mois sans manger, beaucoup d’entre eux sont dans un état grave.

Venus de pays devenus invivables, ayant traversé les pires horreurs pour trouver un endroit où vivre et travailler en paix, ceux qu’on appelle les « migrants » servent ici de main-d’œuvre exploitable à merci par un patronat sans scrupule, dans la restauration ou le bâtiment. Outre des horaires à rallonge et des conditions de travail indignes, ils doivent rester aux aguets face à des contrôles qui peuvent avoir lieu à tout moment, dans une gare, une station de métro ou au coin d’une rue.

Ils n’ont aucun droit face à leurs patrons et sont confrontés à l’arbitraire total de l’administration en matière de papiers. Ils ne demandent aujourd’hui que des règles et des critères clairs pour obtenir un titre de séjour, mais en réalité il faudrait qu’ils soient tous régularisés, ainsi que tous les autres sans-papiers.

Il est inacceptable que des êtres humains en soient réduits à risquer leur santé voire leur vie pour une revendication aussi basique. Voilà qui en dit long sur la barbarie de notre société.

Face à eux, le secrétaire d’État à l’Asile et la Migration, Sammy Mahdi, un CD&V, refuse catégoriquement de régulariser les sans-papiers en grève de la faim. Pour lui, ils sont tout simplement dans l’illégalité. Or, il refuse tout autant que les règles pour obtenir des papiers soient clarifiées, car cela leur donnerait un « droit » dont il ne veut pas entendre parler.

Mahdi reprend à son compte les pires arguments qu’on entend depuis des dizaines d’années à l’encontre des sans-papiers. Selon lui, si on régularisait ces quatre cent-là, il y en aurait des centaines de milliers d’autres qui se mettraient à faire des grèves de la faim pour obtenir des papiers ! Dégoulinant d’hypocrisie, Mahdi prétend s’inquiéter pour leur santé et que c’est pour leur bien qu’il refuse de négocier. Il faudrait d’abord que ce sinistre personnage explique ce qui peut bien pousser des gens à une telle extrémité. Contrairement à ce qu’il insinue, une grève de la faim n’est pas un « truc » pour avoir des papiers, c’est un acte grave, désespéré !

Tout ce que Mahdi a à dire aux grévistes de la faim c’est : « vous n’avez pas de papiers, taisez-vous, acceptez votre sort en silence, acceptez de devoir attendre des années avant de pouvoir, peut-être, vivre une vie normale et sinon, ce sera le renvoi dans votre pays. »

Mahdi agite la vieille rengaine de l’invasion par les migrants qui a été inventée par l’extrême-droite pour monter les travailleurs les uns contre les autres. Elle a été reprise depuis par les autres partis, qui trouvent bien pratique de faire porter la responsabilité du chômage ou du déficit de la Sécurité sociale sur les travailleurs d’origine étrangère plutôt que sur les licenciements décidés par des patrons bien de chez nous.

Quant aux autres politiciens qui, comme Nollet, proposent de convoquer des « conférences interministérielles », ils se moquent bien du sort des sans-papiers. Tous adhèrent, d’une manière ou d’une autre, à ce discours qui fait de l’immigration un problème.

« On ne peut pas accueillir toute la misère du monde » ? Mais ce sont les pays capitalistes qui ont semé la misère dans le monde entier, par la colonisation, par l’esclavage, par les guerres de conquête qu’ils ont menées pour prendre le contrôle de ressources minières ou pétrolières. Ils n’ont pas hésité à soutenir les pires dictatures, puis à les renverser quand cela les arrangeait, quitte à ce que cela mène à des années de guerre civile. Syrie, Irak, Afghanistan, Myanmar ne sont que les plus récents, la liste est infinie

Ce serait la moindre des choses que d’accorder des papiers à tous ceux qui fuient ces guerres et cette misère, car ils ont autant le droit que d’autres de vivre dignement de leur travail. Ceux-là mêmes qui ont créé cette misère veulent fermer la porte à leurs victimes.

Surtout, ce sont les mêmes qui exploitent les travailleurs ici ou là-bas, qui s’enrichissent de la misère des uns comme des autres. Ce sont les même capitalistes avides et les mêmes politiciens serviles qui demandent aux travailleurs, avec ou sans papiers, de se taire en attendant des jours meilleurs.

Les sans-papiers font partie de la classe ouvrière, ils se battent pour leurs droits. Il faut les soutenir !

L’inviolabilité du domicile, ça vaut aussi pour les sans-papiers !

Le secrétaire d’Etat à l’Asile et à la Migration, Sammy Mahdi (CD&V), tente à son tour d’ouvrir une brèche dans le droit à l’inviolabilité du domicile. Dans un nouveau projet de loi, il souhaite autoriser la police d’entrer chez les sans-papiers qui refusent de quitter le territoire. Le secrétaire d’État cherche ainsi à faire passer un projet déjà soumis en son temps par Francken et enterré grâce une large mobilisation populaire. Les sans-papiers sont avant tout nos camarades de travail. A nous de nous remobiliser pour protéger leur domicile comme nous défendrions les nôtres.