International

L’ONU et l’avortement, une coquille vide

Le mardi 23 avril, le Conseil de Sécurité de l’ONU a voté une résolution sur les violences sexuelles envers les femmes lors des conflits armés. Or, sous la pression des gouvernements des États-Unis, de la Russie et de la Chine, le texte a été amputé de toutes les mentions faisant référence au droit des femmes à l’avortement suite aux viols.
Ces gouvernements réactionnaires, avec en tête le plus puissant d’entre eux, celui des États-Unis, crache sur le sort des femmes violées des pays dans lesquels ils provoquent la guerre. Tout ce qui leur importe, c’est flatter leur électorat réactionnaire en défendant les idées les plus rétrogrades et barbares sur les femmes.

Colère des enseignants en Pologne

Depuis le 8 avril, une grève nationale de 300 000 enseignants polonais provoque la fermeture de trois quarts des écoles du pays. C’est l’une des plus importantes grèves qu’ait connu le pays depuis la chute du Mur de Berlin en 1989. Les revendications sont essentiellement salariales : les enseignants polonais gagnent des salaires de misère allant de 420 à 700 euros par mois dans un pays où les frais de subsistance sont les mêmes qu’en Europe occidentale.
Les pourparlers entre le gouvernement et les représentants du plus grand syndicat en grève, le Syndicat des enseignants polonais, ont échoué à plusieurs reprises. Le parti ultra-nationaliste Droit et Justice (PiS) au pouvoir refuse la revendication de 30% de hausse de salaire des enseignants. La ligne gouvernementale du « zéro compromis » est motivée par la crainte que toute concession aux enseignants ne déclenche une extension de la grève à d’autres secteurs de la classe ouvrière polonaise. D’ailleurs, c’est bientôt plus de 40 000 travailleurs sociaux qui pourraient à leur tour se mettre en grève début mai pour les mêmes revendications d’augmentations salariales.
Le 26 avril, les syndicats appelaient à la fin de la grève pour permettre aux étudiants de passer leur baccalauréat. Initialement refusée par les enseignants, l’augmentation de 15% des salaires proposée par le gouvernement a finalement été acceptée par les syndicats. Cependant, les enseignants ne s’avouent pas vaincus et nombreux sont ceux qui comptent reprendre la lutte en septembre lors des élections prochaines.

Un milliard pour Notre-Dame

Bien que l’incendie de Notre Dame de Paris, un chef d’œuvre du travail humain, soit un incident regrettable, la réaction des riches bourgeois français ne pouvait qu’écœurer. Les Pinault, Total, Arnault, Bettencourt-Meyers, etc. ont annoncé spontanément 1 milliard de dons pour la restauration de la cathédrale. Alors même que la misère s’accroît, que les services publics croulent, que la crise du logement s’intensifie, ces capitalistes n’ont aucun mal à sortir de leur portefeuille des centaines de millions comme si de rien n’était. Cela leur coûte peu d’ailleurs, puisqu’ils bénéficieront de réductions d’impôts.
Ce qu’illustre cette prodigalité ciblée, c’est la nature de classe de la société. Les riches peuvent dépenser des milliards tant qu’il ne s’agit pas de les redistribuer aux classes populaires. Ennemis de la classe ouvrière, les capitalistes s’enrichissent grâce à l’exploitation des travailleurs et il leur est donc impensable de leur faire don d’une seule parcelle de leur fortune.

Stop & Strike

31 000 employés américains de 246 magasins Stop & Shop du groupe Delhaize sont entrés en grève pendant 11 jours en avril. C’est l’une des plus importantes grèves que le secteur ait connu depuis près de 20 ans. La direction envisageait de réduire les coûts, notamment en augmentant le prix de l’assurance maladie et en supprimant la prime du dimanche. Elle a été obligée de plier et de retirer complètement son plan de réduction des coûts, tout en augmentant les salaires, prouvant encore par-là que ce sont uniquement les grèves massives, coordonnées et organisées qui sont seules à même de faire reculer les patrons.

De nouveaux massacres…

Au Sri Lanka, les attentats terroristes contre les minorités chrétiennes du 21 avril ont fait plus de 250 morts et 500 blessés. Ces attaques, revendiquées par des groupes djihadistes affiliés à l’État islamique, ont les mêmes conséquences qu’ailleurs : créer un fossé entre les communautés de différentes religion et provoquer le rejet des musulmane.
Les conflits inter-ethniques et religieux ne sont pas nouveaux au Sri Lanka. A l’origine encouragés par l’impérialisme britannique, c’est le gouvernement lui-même qui les a attisés en utilisant le terrorisme d’État contre la minorité tamoule pendant près de 40 ans, enfermant et massacrant les civils par milliers. On ne peut rien espérer d’un gouvernement qui continue, encore aujourd’hui, à maintenir la loi du silence sur les bains de sang qui ont fait près de 100 000 morts.

Notre corps nous appartient !

Après une tentative ratée pour faire passer un projet de loi autorisant l’avortement en Argentine l’été dernier, le sujet est revenu sur le devant de la scène suite à l’horrible histoire de la petite Lucia. Cette enfant de 11 ans s’est retrouvée enceinte, violée par le compagnon de sa grand-mère. Alors qu’elle réclamait un avortement – pourtant autorisé par la loi en cas de viol – les médecins de l’hôpital où elle se trouvait se sont tous déclarés objecteurs de conscience, refusant de l’aider pendant plus d’un mois, jusqu’à ce qu’ils lui fassent subir une césarienne pour tenter de garder le fœtus vivant. Cette prise de pouvoir abjecte des hommes sur le corps d’une petite fille se passe de mots. Il faudra encore aux femmes beaucoup de combats pour que le simple fait de contrôler leur propre corps devienne une réalité.

Glyphosate : Bayer prend la thune

Le 27 mars, l’entreprise Bayer a été condamnée par la justice américaine à indemniser Edwin Hardeman, malade d’un cancer dû à l’utilisation du glyphosate commercialisé par sa filiale Monsanto. Plus de 11 000 procédures ont été lancées contre Bayer aux États-Unis suite aux conséquences de l’utilisation de cet herbicide.
En 2017, les Monsanto Papers ont révélé que la firme connaissait depuis les années 1980 les risques du pesticide pour la santé. Elle les a sciemment dissimulés en achetant des scientifiques pour réaliser des études bidon. Malgré ces révélations, le produit continue à être commercialisé, preuve une fois de plus que les gouvernements privilégient les intérêts de Bayer et de ses actionnaires au détriment de la santé publique !

Algérie : la contestation populaire met le régime en crise

En Algérie, l’immense mobilisation de la population a finalement eu raison du président Bouteflika, qui a remis sa démission le 2 avril. C’est le résultat de l’énorme pression qu’exerce le peuple algérien depuis plus d’un mois mais aussi des pressions d’une partie de l’armée qui, depuis plusieurs jours, demandait que Bouteflika laisse la place.
Le retournement de veste du chef de l’armée, Gaïd Salah, en faveur de la démission de Bouteflika est apparue aux yeux du peuple algérien pour ce qu’elle est : une énième tentative de sauver le système. Très en colère et conscients que leur nombre serait décisif, c’est par millions que, vendredi 29 mars, les Algériens sont descendus dans la rue pour crier : « Gaïd Salah, toi aussi dégage ! ». Les opposants qui avaient collaboré avec le pouvoir étaient aussi la cible des manifestants : « Ce n’est pas aux corrompus d’organiser les élections ».
Des manifestations ont eu lieu dans toutes les villes du pays, même dans des petites localités, réunissant toutes les générations, des travailleurs, des femmes en nombre, des familles et de nombreux enfants, fiers et heureux d’être aussi nombreux.
La liste des entreprises en grève est longue : automobile, textile, alimentation, emballage, tous les secteurs sont touchés. Dans le secteur privé où la précarité est la règle, les pressions patronales sont plus fortes. Malgré tout, les travailleurs de LU, par exemple, se sont eux aussi mis en grève, en dépit des menaces du patron français de licencier les meneurs.
Les travailleurs, les classes populaires des villes et des campagnes, fiers de leur mouvement, soucieux de le préserver et de le faire aller de l’avant, expriment de l’hostilité et de la méfiance vis-à-vis de tous ceux qui veulent parler en leur nom. Cette méfiance est plus que légitime. Un véritable changement de système ne pourra venir que d’eux.

L’UE condamne les migrants

Les navires militaires européens qui pouvaient secourir des migrants à la dérive en Méditerranée centrale, entre la Libye, Malte et les îles italiennes, sont rentrés au port. L’Union européenne vient en effet de mettre fin à leur mission.
Cette opération, dite Sophia, avait été mise en place en 2015 après la série de naufrages catastrophiques où 700 migrants au moins avaient trouvé la mort, et elle a permis de sauver 45 000 migrants en détresse durant ces quatre années, mais on estime à 10 à 20 fois plus le nombre de noyés.
L’Union européenne a maintenant quasiment interdit la mer aux bateaux des ONG, sous la pression du ministre italien Salvini, dont la chasse aux migrants est le fonds de commerce, et avec l’accord tacite des dirigeants européens qui, malgré leurs leçons de morale médiatiques, ont également refusé d’accueillir des réfugiés. En parallèle, l’UE a équipé et payé les garde-côtes libyens pour faire la chasse aux migrants, les ramener de force en Libye où ils sont parqués dans des camps ou réduits en esclavage. Il ne restera de la mission des ONG que quelques observateurs qui pourront au mieux évaluer le nombre de nouveaux morts que cette politique va entraîner.

Condamnés à mort pour pauvreté

Le collectif « les morts de la rue » a recensé 566 personnes mortes des conséquences de la vie à la rue, en 2018 en France. Mais le chiffre réel des morts est sans doute beaucoup plus élevé, tant ces personnes dénuées de tout sont pour la plupart invisibles. Selon l’institut officiel de statistiques français, le nombre réel de morts dues à la vie à la rue serait presque six fois supérieur à ce chiffre. Des hommes, des femmes et des enfants morts dans un parking, une bouche de métro, une cage d’escaliers où ils avaient trouvé refuge pour la nuit. Souvent tout à côté de grands immeubles vides, mais bien gardés. Est-ce vraiment ainsi que nous voulons vivre ?