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Une démonstration de force des cheminots en France

C’est grâce au sang-froid et à la détermination de son conducteur que le pire a été évité, quand la rame qu’il conduisait a percuté un convoi exceptionnel bloqué sur les voies, à la hauteur d’un passage à niveau. Choqué et blessé lui-même, il s’est démené pour assurer la sécurité des 70 passagers. Les systèmes de sécurité ne fonctionnant pas, il a marché plus d’un kilomètre pour aller disposer des torches à l’avant et à l’arrière du train afin de signaler l’accident et d’éviter que l’arrivée d’un autre train ne provoque un suraccident. Il est ensuite retourné dans le train pour rassurer les passagers et s’occuper des voyageurs blessés.
Un mouvement s’est spontanément propagé chez les conducteurs et contrôleurs de la région, le soir-même de l’accident. Ils ont fait valoir leur « droit de retrait », qui permet à tout travailleur de refuser de travailler quand il existe un danger grave pour sa sécurité ou sa santé.
Puis le mouvement s’est répandu comme une traînée de poudre à l’échelle du pays dans les heures qui ont suivi. Chaque cheminot pouvait s’identifier au conducteur, rescapé miraculeux de la collision, et obligé, pour éviter la catastrophe, de surmonter à lui seul toutes les défaillances de la SNCF en matière de sécurité. Car les cheminots de tous les services vivent au quotidien les suppressions insupportables d’effectifs, la recherche effrénée des gains de productivité au mépris de la santé et de la sécurité des cheminots et de celle des voyageurs.
Pour que les milliards continuent à arroser le grand patronat, les gouvernements étouffent les services indispensables à la population à coup de réductions d’effectifs et de budgets. Ce sont des économies criminelles car elles mettent en danger la vie des travailleurs et de la population. Et cela n’arrive pas qu’à la SNCF et pas qu’en France. Dans les hôpitaux et dans les services d’urgence, combien de drames ne sont évités que grâce au dévouement des salariés ?
Cela n’a pas empêché les médias de relayer jusqu’à la nausée la campagne du gouvernement contre les cheminots. À les entendre, les cheminots seraient des irresponsables ayant décidé, sans aucune raison valable, de prendre en otage les voyageurs.
Mais du côté des cheminots, le sentiment qui dominait partout était la surprise et la fierté d’avoir su réagir à l’unisson et d’avoir relevé la tête.

General Motors USA : reprise après six semaines de grève

Après six semaines de grève, les travailleurs de General Motors aux États-Unis ont majoritairement voté pour la reprise du travail.
La grève avait commencé le 15 septembre, à l’appel du syndicat des travailleurs de l’automobile, l’UAW. Elle concernait l’ensemble des 46 000 salariés de GM dans le pays, employés dans 33 usines réparties dans neuf États et dans 22 magasins de pièces détachées.
Elle concernait les horaires de travail et les salaires, mais aussi les pensions, l’assurance maladie, etc. Depuis 2007, en faisant un chantage à la faillite, la direction de GM avait imposé des nouveaux statuts plus désavantageux pour les nouveaux embauchés, dont les salaires sont la moitié de ceux des anciens embauchés.
Ce système, dit à deux vitesses, a été au cœur de la mobilisation des grévistes, en colère contre ce recul pour les plus jeunes, et contre la division qu’elle induit entre travailleurs. Ces quatre dernières années, GM a fait près de 30 milliards de dollars de profits. Elle veut encore fermer quatre usines. Trop, c’était trop !
Les travailleurs ont obtenu jusqu’à 10 000 euros de primes et un recul partiel sur le double statut. Au-delà des gains matériels, le plus important est qu’il y a eu une réaction des travailleurs. Dans l’automobile, c’est la plus longue grève nationale depuis 1970. Et le soutien élevé dont les grévistes ont bénéficié, sur les piquets et ailleurs, montre que les travailleurs d’autres entreprises considéraient que ce combat était le leur

Amérique latine : dans la tourmente de la crise

Les manifestations qui se sont multipliées en Amérique latine sont en partie la conséquence des politiques menées depuis une quarantaine d’années, marquées par le démantèlement des entreprises publiques, vendues aux grandes entreprises locales ou aux multinationales. Elles se sont accompagnées de licenciements massifs de travailleurs et d’un endettement qui n’a cessé de croître.
Les dictatures des années 1966 et 1970 ont ouvert la voie. Les militaires chiliens au pouvoir à partir de 1973 ont offert à des économistes nord-américains un terrain expérimental pour mettre fin à toute régulation de l’économie, ouverte à la voracité des grands capitaux. Cela a amplifié les inégalités au Chili.
En Argentine, les militaires ont agi dans la même direction, léguant à la population une dette sans cesse croissante. Celle-ci a fait la fortune des établissements financiers et poussé dans la misère une grande partie de la population.
Il ne faut pas oublier que l’Amérique latine est, depuis toujours, dépendante des fluctuations des cours des matières premières : le pétrole pour le Venezuela et l’Équateur ; le gaz pour la Bolivie ; le cuivre pour le Chili ; la production agricole pour le Brésil et l’Argentine.
Comme on peut le constater aujourd’hui, aucun pays n’échappe aux conséquences de la crise du système capitaliste. Et les populations ne supportent plus de les payer.
Les années 2000-2011 ont été marquées par l’arrivée au Venezuela et en Bolivie de gouvernements qui se voulaient un peu plus favorables aux classes populaires. C’était d’autant plus possible que le cours du pétrole était à un sommet. En Argentine, Brésil ou Équateur, des gouvernements de centre-gauche ont voulu aller dans le même sens, menant des politiques d’aides sociales qui ont fait baisser en partie la pauvreté. Ce tournant à gauche a été bien modeste et aucun ne s’en est pris sérieusement à la dictature du capital. Puis quand les uns et les autres ont été en difficulté, la droite a pu revenir aux affaires et détricoter les programmes sociaux.
Une grande partie des classes populaires, du nord au sud de l’Amérique latine, se dresse aujourd’hui contre les conséquences de ces attaques, mais sans qu’aucune force politique leur présente une véritable alternative.


Au Chili, c’est l’augmentation du prix du ticket de métro de Santiago qui a été la goutte de trop dans une ville où le coût du transport peut représenter 20 % du salaire ouvrier et près de 40 % des pensions. La mobilisation des jeunes a tout de suite été populaire. Mais quand le président Sebastian Piñera a fait déployer la police puis l’armée contre eux, loin de démobiliser les manifestants, cela a réveillé le cauchemar de la dictature militaire et a fait descendre des milliers de personnes dans les rues de Santiago, faisant retentir des concerts de casseroles, aux cris de « Dehors, les militaires ! ». La révolte a gagné tout le pays et le président a reculé. Il a annoncé des mesures en faveur des plus pauvres, dont l’augmentation de 20 % du minimum retraite et le gel des tarifs de l’électricité.

La très sainte mafia…

Après le scandale international des prêtres catholiques pédophiles, le Vatican est maintenant sous le coup d’une quasi-faillite financière. Les malversations, les fraudes, les détournements et les blanchiments d’argent, etc. bref, tout ce que le capitalisme génère comme pourriture dans son sillage est révélée en pleine lumière au Vatican. Ainsi, sur les millions qui sont récoltés officiellement pour aider les pauvres, 80% n’arrivent jamais à destination, détournés sans vergogne. Tous ces prêtres en soutane, prêchant la morale au monde entier, ont une mentalité de profiteurs parasites.

Une démonstration de force des cheminots

Suite à un accident à un passage à niveau en France, les conducteurs et les contrôleurs ont refusé de prendre leur service. Le mouvement s’est répandu comme une traînée de poudre à l’échelle du pays. Chaque cheminot pouvait s’identifier au conducteur, rescapé miraculeux et obligé de surmonter à lui seul les défaillances de la SNCF en matière de sécurité. Ils vivent tous au quotidien les suppressions d’effectifs, la recherche effrénée de la productivité au mépris de la santé et de la sécurité.

Chili : explosion de colère

Une augmentation du prix du ticket de métro de Santiago a provoqué une révolte populaire dans tout le pays. L’ordre du président Piñera de déployer des soldats dans les rues a réveillé le cauchemar de la dictature militaire mais au lieu de décourager les manifestants, cela en a encouragé des milliers d’autres à descendre dans les rues de Santiago, faisant retentir des concerts de casseroles, aux cris de « Dehors, les militaires ! ». Le gouvernement a reculé. Il a annoncé, le 23 octobre, des mesures en faveur des plus pauvres, dont l’augmentation de 20 % du minimum retraite et le gel des tarifs de l’électricité. Mais cela ne suffira sans doute pas à satisfaire la population.

Impérialisme et nationalisme relancent la guerre en Syrie

L’annonce par Trump du retrait des forces américaines du nord de la Syrie a donné le feu vert à une invasion par la Turquie de cette zone frontalière, essentiellement peuplée par des Kurdes. Alors que les combats avaient en grande partie cessé en Syrie, cette intervention ouvre un nouveau front, avec son lot de massacres et de misère pour les populations locales, forcées de fuir sous les bombardements des canons et des avions turcs. Cent mille réfugiés ont déjà dû s’enfuir. Une fois de plus, les calculs politiques des puissances impérialistes vont mettre la région à feu et à sang.
Les Kurdes sont répartis sur plusieurs pays, la Turquie, l’Irak, l’Iran et la Syrie. En Irak, ils disposent d’une certaine autonomie régionale mais dans les autres pays, ils sont privés de tous droits et opprimés. Pendant la guerre qui a opposé l’État syrien aux milices regroupées sous la bannière de l’organisation État Islamique (EI), les Kurdes de Syrie se sont engagés aux côtés de la coalition dirigée par les États-Unis et ont contribué à sa victoire. C’est ce qui leur a permis de prendre de fait le contrôle de la région autonome du Rojava, à majorité kurde et aujourd’hui attaquée par la Turquie.
Or, en même temps qu’ils s’appuyaient sur les milices kurdes syriennes contre l’EI, les États-Unis étaient alliés à la Turquie dont le président, Erdoğan, mène une politique corrompue qui ne bénéficie qu’à ses riches amis et qui est de plus en plus remise en cause par les travailleurs turcs. Depuis toujours, Erdoğan utilise l’arme du nationalisme afin de détourner l’attention de la population turque des problèmes économiques et pour tenter de la rassembler derrière son combat contre le « terrorisme kurde ».
Pour éviter un conflit entre ses alliés turcs et kurdes, les États-Unis avaient posté des soldats américains dans une zone tampon au nord de la Syrie. En retirant ces troupes, Trump a livré les Kurdes, soldats comme civils, à l’armée turque.
Pour les Kurdes, c’est une trahison et ce n’est pas la première. En 1991 déjà, lors de l’invasion du Koweït, les États-Unis avaient appelé les Irakiens à se soulever contre Saddam Hussein, mais quand les Kurdes l’ont fait, ils se sont retrouvés seuls et les dirigeants américains ont laissé Saddam les réprimer dans le sang.
Aujourd’hui, alors que la bataille contre l’EI semble gagnée, les États-Unis privilégient l’alliance avec la puissance économique et militaire de la Turquie. Cela pèse bien plus aux yeux de Trump que le droit des Kurdes à l’autodétermination.
En signe de protestation, certains pays européens ont décrété un embargo sur les exportations d’armes vers la Turquie. Une partie des politiciens américains, y compris dans le Parti républicain de Trump, ont poussé à des sanctions contre la Turquie. Évidemment, ce n’est ni pour des raisons humanitaires, ni pour les droits des Kurdes. Ce qui les gêne, c’est qu’en quittant la zone, Trump laisse le champ libre à la Russie et à la Syrie dans une zone stratégique du point de vue pétrolier. En outre, la folie nationaliste et meurtrière d’Erdoğan risque de remettre le feu aux poudres de façon incontrôlable, voire même de remettre l’EI en selle.
Néanmoins, les réactions des uns et des autres, y compris celle des Nations Unies, sont bien timides et se limitent le plus souvent à de grandes déclarations de principe ou à des demandes polies à Erdoğan pour « qu’il n’exagère pas ».
Ce qui détermine la politique des pays impérialistes, ce ne sont pas les valeurs morales, mais leurs intérêts économiques. Les guerres en Palestine, en Afghanistan, en Irak, en Syrie, en Bosnie ont toutes été le reflet de la concurrence des superpuissances – USA, Russie et Europe – pour le contrôle économique ou militaire de ces régions. Aucune d’entre elles n’a jamais hésité à allumer un incendie si cela pouvait ébranler le pouvoir de l’autre. Les peuples dans tout ça ne sont que des pions et les familles décimées, séparées, réfugiées, ne sont que des dommages collatéraux.
Ces Trump et ces Erdoğan de tous bords veulent jeter les peuples les uns contre les autres dans une guerre fratricide. Ce nationalisme est un poison pour les travailleurs, qui les détourne de leur ennemi commun, le capitalisme, car c’est au bout du compte lui qui engendre la misère et la guerre. C’est pourquoi Marx disait déjà il y a deux siècles : « Travailleurs de tous les pays, unissez-vous ».

L’empêchement de Trump : du cinéma de politiciens

Le Parti démocrate des États-Unis s’est lancé dans une procédure de destitution à l’égard de Trump. Il l’accuse de trahison pour avoir demandé des renseignements à l’État ukrainien sur le fils de son rival Biden en échange de menus services. Cette procédure n’a aucune chance d’aboutir. Il s’agit juste d’une manœuvre des Démocrates dans la campagne électorale pour la présidentielle de 2020.
Les Républicains à la sauce Trump ou autre comme les Démocrates se battent pour accéder au pouvoir afin de servir au mieux les intérêts des trusts américains. Une guéguerre qui ne concerne en rien les travailleurs.

Algérie : le chef de l’armée veut resserrer l’étau

Sept mois après le début de la contestation en Algérie, le chef de l’état-major Ahmed Gaïd Salah, nouvel homme fort du pays depuis la démission d’Abdelaziz Bouteflika, use de la force et de l’intimidation pour tenter d’imposer l’élection présidentielle du 12 décembre et en finir avec le mouvement.
Les restrictions aux libertés d’expression et de manifestation sont accompagnées d’une vague d’arrestations, en particulier à Alger, où la police procède à des interpellations à chaque manifestation. Rien qu’à la prison d’El Harrach à Alger, une centaine de personnes seraient en détention pour attroupement sans autorisation.
Dans ce contexte, l’ordre donné à la gendarmerie d’empêcher l’accès à la capitale aux manifestants venant des autres régions du pays, n’a fait qu’attiser la colère. Si cela fait déjà des mois que l’accès à la capitale le vendredi est rendu difficile par la suppression des trains de banlieue et les barrages filtrants des gendarmes, ce bouclage d’Alger revendiqué et médiatisé a été vécu comme une menace et une provocation.
Vendredi 20 septembre, la réponse des manifestants a été cinglante. Malgré les menaces, ils ont défilé massivement à Alger et dans une quarantaine de villes. Dans la capitale, les familles, les jeunes des quartiers populaires de Belcourt, Bab El Oued et la Casbah étaient présents en nombre, affichant leur fierté d’être toujours mobilisés, accueillant les manifestants des autres villes au cri de « Bienvenue aux autres wilayas ! ». Certains étaient venus en voiture la veille, d’autres par la mer, d’autres à pied en suivant les voies de chemin de fer. Avec détermination, ils ont répondu à Gaïd Salah : « Une démocratie, pas une caserne ! », « Gaïd Salah dégage ! », « Pas d’élection avec le gang ! »
La décision de placer un ex-ministre de Bouteflika à la tête de l’autorité « indépendante » chargée de superviser les élections nourrit le sentiment que le système se protège pour que rien ne change. Ce sentiment est renforcé par un quotidien dégradé par la hausse du chômage et une inflation galopante qui touche de plein fouet les classes populaires. Ces dernières semaines, l’émigration a repris de plus belle. Empruntant des embarcations de fortune, de nombreux jeunes sont morts en mer, laissant des familles dans le désarroi.
Pour défendre leurs droits démocratiques, comme leur droit à une existence digne, les travailleurs et les classes populaires sont conscients qu’ils n’ont d’autre choix que de s’organiser et d’amplifier leur mobilisation.

Égypte : “Sissi, dégage !”

Six ans après le coup d’État qui a porté le maréchal Sissi au pouvoir en Égypte, des centaines de manifestants ont contesté sa dictature, les 20, 21 et 22 septembre.
Après la diffusion virale sur les réseaux sociaux de la vidéo d’un entrepreneur égyptien en exil accusant le pouvoir de corruption, et dénonçant concrètement Sissi et ses proches se faisant construire par exemple de somptueuses villas, des manifestants se sont rassemblés par centaines. Au Caire place Tahrir, à Alexandrie, Suez, Mahalla et d’autres villes ouvrières, ils ont scandé « Sissi, dégage ! » et « Dites-le, n’ayez pas peur, Sissi doit partir ». Ils ont bravé les lois qui, depuis 2013, interdisent toute manifestation ou rassemblement. Depuis cette date, des centaines de sentences de mort ont été prononcées par les tribunaux militaires, 60 000 arrestations ont eu lieu, sans compter les disparitions forcées, tabassages et tortures. Systématiquement, les ouvriers débrayant pour réclamer leurs arriérés de salaire sont arrêtés, aussitôt qualifiés de terroristes et poursuivis à ce titre. Et cependant des travailleurs et des jeunes, des opposants, ont eu le courage de braver la police, les nuages de lacrymogènes, les tirs à balles de caoutchouc et même réelles.
Aussitôt, le black-out a été instauré. Des sites d’information comme celui de la BBC ou Facebook Messenger ont été coupés et le service du renseignement égyptien a averti les journalistes étrangers pour leur dire qu’il les surveillait de près.
Sissi et l’armée au pouvoir ont du mal à maintenir la fiction de la bonne situation des cent millions d’Égyptiens. L’austérité s’est accrue avec la suppression de subventions sur le carburant et des produits de base. En juillet, un tiers de la population a été recensée au-dessous du seuil de pauvreté, fixé à 1,30 euro par jour. Récemment encore, des ouvriers ont été arrêtés à Ismaïlia, dans le nord-est du pays, pour avoir manifesté contre leur patron et contre la perte de pouvoir d’achat face à l’inflation. Accusés de blocage des rues, ils n’ont été libérés qu’une semaine plus tard par la justice.
En visite à New York au moment des manifestations, le dictateur a pu faire mine d’ignorer les refrains scandés dans la nuit égyptienne. Mais la situation des travailleurs et de la population pauvre est source de colère, présente et à venir.