Archives pour la catégorie International

Turquie, l’étau de l’inflation

La Turquie connaît une inflation galopante qui, d’après les statistiques officielles, atteint les 80%, un chiffre assurément sous-estimé. Les deux hausses de salaire décrétées depuis le début de l’année n’ont même pas compensé les précédentes envolées de prix. Les classes populaires sont écrasées par une politique délibérée de dévaluation monétaire ne profitant qu’aux banques et aux exportateurs. Face à la colère sourde qui gronde, Erdoğan n’a plus d’autres ficelles que de se répandre en diatribes martiales et de redoubler la répression contre les voix critiques.

Grande-Bretagne : les travailleurs ne se laissent pas faire

La classe ouvrière anglaise subit de plein fouet les effets de l’inflation. Les spéculations liées à la guerre en Ukraine s’ajoutent aux effets catastrophiques du Brexit pour les travailleurs. Des études estiment qu’un million de personnes de plus seraient poussées dans la pauvreté cet hiver, incapables d’assumer l’augmentation de 80% des factures d’électricité et une inflation générale de plus de 13%.

Que ce soit le Labour (socialiste) ou les Tories (libéral), les gouvernements successifs n’ont eu de cesse de démanteler les services publics depuis 30 ans : privatisation des transports ferroviaires, sous-financement des hôpitaux, etc. Cela fait que les services de base, comme simplement se rendre à son travail, sont inefficaces et chers ; il faut des mois pour avoir rendez-vous chez un médecin, ou alors passer chez un privé qui coûte plusieurs fois le prix. Cela fait aussi que les filets de sécurité n’existent pas et que les travailleurs qui ont un bas salaire ou qui n’ont droit qu’au chômage se retrouvent dans des situations de misère noire, contraints de vendre leurs meubles pour payer leurs factures.

Face à ça, les travailleurs anglais ont réagi.

Les 2000 dockers du port de Felixstowe, le plus important port marchand du Royaume Uni, ont fait une semaine de grève, du jamais vu depuis plus de 30 ans. Alors que leur entreprise a distribué 45 millions d’euros aux actionnaires, les dockers n’ont pas accepté l’indexation de 7% de leurs salaires : c’est moins que l’inflation, qui a déjà dépassé 10% en juillet ! La grève est suspendue mais les syndicats ont annoncé qu’elle allait reprendre. Pareil pour les plus de 100 000 postiers qui ont fait grève pour rejeter les misérables 2% proposés par la direction, comparés aux 450 millions d’euros empochés par les actionnaires.

A Édimbourg, en Ecosse, ce sont les éboueurs qui ont mené une grève qui leur a déjà permis d’obtenir une augmentation de 2300€ par an, soit 11% de leurs salaires.

Ces premiers mouvements, qu’ils soient couronnés de succès ou pas, ont encouragé l’ensemble des travailleurs anglais et, à la suite de votes massifs en faveur de la grève, les syndicats ont annoncé des mouvements chez les infirmières, les enseignants, les employés territoriaux et dans le secteur privé.

Liz Truss, la nouvelle première ministre, qui est une admiratrice de Boris Johnson, a dit que les travailleurs anglais devraient travailler plus dur. Elle a déjà leur réponse. Ils vont se battre plus durement contre sa politique.

Le Labour Party, qui est l’équivalent du parti socialiste en Angleterre, a une longue tradition de trahison des luttes. Sa direction refuse de soutenir les grèves – son dirigeant, Keith Starmer, a déclaré que c’était une question entre salariés et employeurs et que son parti n’avait pas à prendre position ; il a même interdit aux élus du parti de se montrer sur les piquets. Un certain nombre d’entre eux l’ont fait quand même et plus de 600 ont signé une lettre en faveur des grèves. Mais même s’il y a au sein du Labour une aile gauche, proche des syndicats, qui se montre plus proche des travailleurs, ce ne sont que des postures qui visent à ne pas se couper de leur base électorale dans les régions ouvrières. Ce ne sont pas eux qui vont faire sérieusement obstacle aux attaques de Liz Truss, en qui le patronat a trouvé une représentante offensive, que l’on compare déjà à la « dame de fer » Margaret Thatcher de triste mémoire.

Quant aux syndicats anglais, ils sont traditionnellement mous et corporatistes. Si aujourd’hui ils parlent d’unir les luttes et de synchroniser les mouvements, c’est sous la pression de la base. En pratique, ils continuent à ne pas le faire et les journées d’actions sont disséminées selon les secteurs. La raison en est que, comme les syndicats du continent, ils cherchent avant tout à se positionner comme interlocuteurs crédibles auprès du gouvernement et pas comme réels représentants des besoins des travailleurs.C’est pour cela qu’en Grande Bretagne, comme ici, il est d’une urgence vitale que les travailleurs recréent leurs propres organisations, leurs propres partis, qui soient sous leur contrôle direct et qui se préoccupent en premier lieu d’organiser des luttes d’ensemble pour des revendications communes à tous : des emplois, des salaires, des services publics. Nous savons que ces revendications exigeront des luttes dures et que le patronat utilisera tous les moyens pour les contrer. Alors, il faudra aussi contester le pouvoir du patronat sur la société et à terme balayer le système capitaliste lui-même.

Mort de Gorbatchev,
chouchou des bourgeois

La mort de Mikhaïl Gorbatchev, le dernier dirigeant de l’Union soviétique, fait l’objet d’une pluie d’hommages le dépeignant comme un grand réformateur pacifiste épris de liberté. Il fut surtout le chef d’une caste de bureaucrates corrompus qui avait depuis longtemps confisqué le pouvoir à la classe ouvrière. Quant à ses fameuses réformes, elles visèrent avant tout à sauver les bases d’un vaste système de prédation. Ces parasites les plus rapaces finirent par se coaliser pour s’en partager les dépouilles en se reconvertissant en dictateurs bourgeois nationalistes. 

En Turquie, la réaction religieuse en action

Alors que la Turquie s’enfonce dans une crise économique toujours plus profonde, la propagande religieuse du régime Erdoğan n’hésite plus à surenchérir dans une offensive réactionnaire tous azimut contre les homosexuels, les femmes, les Kurdes et les milieux laïcs. Récemment, un concert de K-pop prévu pour célébrer l’amitié turco-coréenne a été annulé sous prétexte de promouvoir un mode de vie trop efféminé. Une stratégie qui vise à détourner l’attention des classes populaires des vrais problèmes et leurs principaux responsables !

Frontex, l’agence de la honte

Un document interne de l’agence européenne Frontex avoue comment celle-ci couvre depuis des mois le refoulement de réfugiés depuis la Grèce en les faisant passer pour des opérations de prévention au départ de la Turquie. Cette réalité, déjà documentée par de multiples témoignages et vidéos, prouve une fois de plus l’hypocrisie et la duplicité criminelle des dirigeants européens si prompts à dénoncer les violations des droits de l’homme partout dans le monde, sauf chez eux. Et ce n’est pas la démission d’un directeur bouc émissaire qui y changera quelque chose !

Afrique du Sud : un 1er mai de lutte

A l’occasion du 1er mai, les mineurs sud-africains ont donné une bonne leçon au président de la république Ramaphosa, un ancien syndicaliste devenu un gros capitaliste. Invité à s’exprimer à un rassemblement syndical organisé dans la ville minière de Rustenburg, il a été copieusement chahuté par les mineurs grévistes en lutte pour l’augmentation de leurs salaires, avant de devoir piteusement quitter la tribune. 

Dix ans après le massacre de 34 des leurs par la police appelée par le même Ramaphosa, les mineurs n’ont rien oublié, et encore moins leur ennemi de classe. 

Shell ou Petrobras, le capital amasse

Le groupe pétrolier britannique Shell vient d’annoncer un bénéfice net de 7,1 milliards d’euros pour le premier trimestre de cette année, soit une hausse de 26%. Le géant pétrolier brésilien Petrobras fait encore plus fort. Il a multiplié son bénéfice net par 38 sur la même période pour atteindre les 8,4 milliards d’euros, et annonce déjà de nouvelles augmentations de prix. Pendant que les classes populaires peinent à payer leurs factures d’énergie, les multinationales se gavent toujours plus au seul profit d’une petite poignée d’actionnaires.  

Aux USA, nouvelles menaces sur le droit à l’avortement  

La Cour Suprême des États-Unis s’apprêterait à revenir sur le droit à l’avortement dans l’ensemble du pays. Chaque État pourrait ainsi enlever ce droit aux femmes encore plus facilement. La pression des milieux réactionnaires et religieux s’accentue partout. En fait, il est déjà bien difficile d’avorter dans de nombreux États. La Cour Suprême risque d’aggraver encore la situation ! 

C’est en luttant massivement que les femmes avaient obtenu le droit d’avorter en 1973. C’est en luttant encore qu’elles pourront le protéger des bigots et le faire appliquer réellement.

La guerre, c’est bon pour les marchands de canons

Fin février, quelques jours après le début de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, De Croo annonçait 10 milliards de plus pour la défense. En voilà un qui a bien choisi son moment ! Une semaine plus tard, il rajoutait encore un milliard. Et sur le coup, le libéral n’est pas tout seul. Même écolo est partant. Avec ces mesures, le budget de la défense augmentera de 10%. Il va sans dire que ce ne sera le cas ni pour celui de la santé, ni pour celui de l’enseignement. Avec cette guerre, le monde entier va accroitre sa militarisation et se transformer en poudrière. Et bien sûr, ce sont les travailleurs qui vont payer la note.

Écofin c’est dans la poche

La justice est en souffrance, sauf quand il s’agit des voleurs de pommes ! En revanche, les voleurs en col blancs, ceux qui fraudent pour conserver leur fortune ou augmenter leur magot, ne sont pas inquiétés. Le système sait reconnaitre les siens. Les juges financiers se comptent sur les doigts de la main. Alors, évidemment, les blanchisseurs d’argent sale passent entre les mailles du filet. Une enquête sur cinq est mise au frigo, aux oubliettes, à la poubelle, circulez, il n’y a rien à voir !Il est vrai qu’entre ceux qui fraudent et ceux qui ne payent pas d’impôts parce qu’ils ont de bons avocats, il n’y a pas beaucoup de différence…