Caterpillar: les travailleurs ne peuvent compter que sur eux-mêmes

caterpillar2L’annonce, ce vendredi 2 septembre, de la fermeture prochaine du site de Caterpillar a été un choc pour les travailleurs de l’entreprise et pour beaucoup de travailleurs en Belgique.
Ce sont 2200 emplois directs et près de 4000 emplois indirects qui risquent de disparaître et ce, pour une seule raison : l’appétit de profit des actionnaires.
Caterpillar n’est pas une PME en difficulté. C’est un groupe international qui vient de faire 550 millions de dollars de profits, rien que sur le dernier trimestre ! La direction du groupe se justifie en disant que ces profits sont en baisse et qu’il faut réduire les coûts.
Pendant des années, les actionnaires de Caterpillar s’en sont mis plein les poches. Qu’est-ce que ça peut faire qu’ils gagnent moins maintenant ? Est-ce que cela justifie de jeter des milliers de personnes au chômage ? Pour nous, c’est inacceptable !
Comble de cynisme : dès l’annonce de la fermeture, le cours des actions de Caterpillar est remonté ! Les actionnaires se réjouissent déjà du malheur des salariés licenciés. C’est la loi des vases communicants dans sa version capitaliste : pour que les uns s’enrichissent, il faut que d’autres s’appauvrissent.
Devant la brutalité de l’annonce, la presse et les politiciens de tous bords se sont empressés de se prétendre du côté des travailleurs. Leur hypocrisie est sans bornes. Charles Michel parle « d’union sacrée » et Magnette traite la direction de Caterpillar de « voyous ». Mais personne n’est dupe car, en réalité, ce n’est que la manière qui les gêne. Dans le fond, ils défendent le droit des actionnaires à faire du profit contre celui des travailleurs à avoir un emploi digne de ce nom.
Ils critiquent l’abus des subsides et des réductions d’impôts. Mais tous les politiciens jouent le jeu de la concurrence pour attirer les entreprises en imposant des concessions sans fin aux travailleurs, sur les salaires et les conditions de travail.
C’est bien le PS aux commandes de la Région wallonne qui a distribué des subsides à Caterpillar sous prétexte de maintenir l’activité sur le site, tandis que l’entreprise licenciait 1300 travailleurs en 2013.
Quant à Charles Michel, comment peut-il prétendre être « au côté des travailleurs » alors que c’est lui et le MR qui ont mis en place ces fameux intérêts notionnels grâce auxquels Caterpillar paye moins de 5% d’impôts ? Et, aujourd’hui encore, il continue les attaques contre tous les travailleurs en repoussant l’âge de la pension, en bloquant l’index, etc.
Qu’ont-ils à proposer aux travailleurs de Caterpillar à part des larmes de crocodiles ? Ils parlent de reconversion. Mais tout le monde sait, les salariés les premiers, que cela est illusoire, qu’il n’y aura pas de reconversion pour des travailleurs qui ont passé 25 ou 30 ans dans cette usine. La région est déjà sinistrée et les travailleurs n’ont pas besoin de promesses mais d’un travail et d’un salaire dignes de ce nom.
Les travailleurs n’ont rien à attendre de la classe politique, ni en général, ni dans ce cas particulier. Les Michel, Magnette, Di Rupo et consorts ne parlent jamais de se battre, ils se contentent de louer la « dignité des travailleurs » quand ils baissent la tête et de les traiter de tous les noms quand ils se défendent.
Et demain, une fois l’émotion passée, ils reviendront nous rabâcher les oreilles avec le coût du travail qui est trop élevé. C’est un jeu de dupes, car les patrons exigent toujours plus et ils trouvent toujours de l’herbe plus verte et des salaires plus bas ailleurs.
Ce n’est donc pas de la classe politique qu’il faut attendre quoi que ce soit ; la solution ne peut venir que des travailleurs eux-mêmes. Il y a vingt ans, la direction des Forges de Clabecq a voulu fermer l’usine. La mobilisation des travailleurs dans tout le pays a été telle qu’elle a dû revenir sur sa décision.
Peut-être qu’il ne sera pas possible de faire changer d’avis les actionnaires de Caterpillar, mais il est possible d’exproprier l’usine ou d’obliger l’entreprise à payer les salaires jusqu’à ce que chaque ouvrier et chaque employé ait retrouvé du travail. Voilà qui serait le minimum de justice sociale. Mais ça, aucun politicien ne le propose.
Si les travailleurs de Caterpillar décident de se battre pour leurs emplois, alors leur combat doit être celui de tous les travailleurs du pays. Si, ensemble, ils font reculer le patron, alors c’est tout le monde du travail qui en sortira renforcé.

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