La corruption, c’est le capitalisme. La solution, c’est le communisme.

L’affaire Publifin et les autres du même acabit ont montré à quel point le monde politique était corrompu, profitant de sa position pour arroser les collègues de parti, les amis et soi-même au passage. Avec pour circonstance aggravante que l’argent généreusement distribué est celui que les simples travailleurs sont tenus de payer pour des services de base comme l’eau et l’énergie. Et comme circonstance super-aggravante que ces mêmes politiciens sont ceux qui prônent l’austérité face à ces mêmes travailleurs, dont ils rognent les salaires et les pensions depuis des années.
Evidemment, les partis politiques se rendent bien compte que cela va porter un sacré coup à ce qui leur restait de légitimité aux yeux de la population. Pris de panique, ils ont tous surenchéri sur la « transparence », sur la fin du cumul des mandats, sur la limitation des rémunérations des députés, etc. Cela est d’autant plus cousu de fil blanc que cela fait des années que les mêmes parlementaires trouvent des prétextes pour ne rien faire dans ce sens.
Mais là, ils sont obligés d’agir. Pas parce que le scandale est trop gros : l’affaire Agusta, ou les magouilles du PS de Charleroi, ou encore le Kazakhgate, ne les ont pas empêchés de continuer leurs rackets et leurs magouilles. Ce qui change un peu, cette fois-ci, c’est qu’ils commencent à craindre la concurrence du PTB sur leur flanc gauche.
En Wallonie, des sondages datant de janvier donnent le PTB à plus de 17%, en troisième position ; juste derrière le PS (21%) et le MR (20%) et largement devant le CdH et Ecolo. A Bruxelles, il est donné à 12%, là aussi en troisième position. Il y a effectivement de quoi donner aux politiciens PS des frayeurs pour le renouvellement de leurs postes lucratifs… Ils préfèrent lâcher les miettes pour garder leurs postes.
Voilà donc la menace qui pousse les politiciens à s’activer, au moins en paroles. D’un côté, les barons socialistes, MR et CdH jurent de laver plus blanc que blanc ; de l’autre, ils accusent de « populisme » tous les partis qui dénoncent leurs escroqueries. Ils essaient ainsi d’associer le PTB et le Vlaamse Belang ou autres épouvantails comme Trump ou Le Pen.
Le terme « populiste » est un mot un peu général qui recouvre aussi bien des Trump à droite que des Mélenchon à gauche. Ce sont des opportunistes qui apparaissent à un moment donné et qui tentent de surfer sur le rejet de la caste politique en se posant comme candidat antisystème. Mais à la différence évidente d’un Trump, le PTB a au moins le mérite de mettre en avant les problèmes réels des travailleurs, ceux de l’emploi, des salaires ou des pensions, et aussi de ne pas opposer travailleurs belges et étrangers. Et pour les partis au pouvoir, tous ceux qui parlent des travailleurs ne peuvent être que des populistes.
Cependant, le PTB n’apporte pas de réelle solution. Il propose en l’occurrence essentiellement de plafonner les rémunérations des politiciens et de cloisonner politique et entreprises. De manière générale, il se présente comme un parti qui défend les travailleurs, certes, mais dans le cadre du système actuel. Il propose des lois pour l’améliorer en faisant comme si l’Etat pouvaient être un arbitre neutre, indépendant de l’économie capitaliste qui nous entoure, et capable de prendre la défense des travailleurs s’ils élisent les bons politiciens.
Pourtant, le PTB s’est longtemps réclamé du communisme et il devrait savoir que Marx et Engels avaient déjà expliqué que l’Etat est un pouvoir qui, placé en apparence au-dessus de la société, sert en réalité à maintenir les conflits sociaux dans une certaine limite pour protéger les capitalistes de la colère que leur gloutonnerie provoque inévitablement.
Dès lors, dénoncer le « système » en visant seulement le système politicien est une tromperie. Oui, nombre de politiciens sont corrompus, mais ce n’est pas là la cause de la dégradation de la condition ouvrière. Les conditions de travail et de vie des classes populaires reculent partout dans le monde du fait du système capitaliste, du système d’exploitation basé sur la concurrence, sur la course effrénée aux profits et à la compétitivité.
C’est contre le système capitaliste lui-même qu’il faudrait se battre. Le monde du travail n’a pas besoin de nouvelles illusions électoralistes. Il ne doit pas dépenser son énergie en vain pour changer les règles du capitalisme mais pour le supprimer complètement, pour mettre en place une société sans profits, sans domination et sans exploitation ; une société gérée par la population et pour elle-même. C’est cela le communisme et rien d’autre.

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