Entre une ennemie des travailleurs et un homme du patronat, les travailleurs n’ont pas à choisir

Le deuxième tour de l’élection présidentielle française opposera donc la figure de proue de l’extrême droite, héritière des idées racistes de son père et des défenseurs de l’Algérie française, à un serviteur de la grande bourgeoisie, issu de la haute finance.
Le Pen est une bourgeoise qui se pose en défenseure des pauvres et des orphelins, elle servira sa classe de privilégiés aussi fidèlement que ses prédécesseurs à l’Elysée. Elle accède au deuxième tour avec les voix d’une partie de l’électorat populaire. Elle s’appuie, de façon exacerbée, sur le chauvinisme et le protectionnisme, qui sèment des divisions mortelles entre Français et étrangers, entre travailleurs en activité et chômeurs, entre salariés du privé et du public.
Les électeurs du monde du travail tentés par le FN s’affaiblissent eux-mêmes en s’en prenant aux immigrés. Nos vrais ennemis sont dans les conseils d’administration des groupes industriels et financiers.
Si Le Pen parvenait au pouvoir, elle foulerait aux pieds les droits et les libertés élémentaires du monde ouvrier de façon encore plus autoritaire que ses prédécesseurs. Elle s’attaquerait aux étrangers, puis à leurs enfants, même naturalisés. Elle s’en prendrait aux syndicats pas assez dociles, aux associations qui lui déplaisent, comme le font déjà, à leur échelle, les municipalités FN. C’est pourquoi les travailleurs doivent rejeter le vote Le Pen en France, comme le vote NVA ou Vlaamse Belang en Belgique !
Macron, cet ancien banquier, est aussi un ennemi des travailleurs. Il l’a prouvé comme ministre avec sa loi, qui a étendu le travail du dimanche, et avec la loi El Khomri, qu’il aurait voulue plus dure encore. Alors même que le chômage est déjà catastrophique, il veut supprimer 120 000 postes dans les services publics. Il dit vouloir « libérer le travail », c’est-à-dire en fait précariser encore plus les travailleurs et laisser libre cours à l’exploitation.
Fillon et les dirigeants de la droite appellent à voter Macron, de même que le PS et le gouvernement. Mais pour les travailleurs, un front républicain derrière Macron n’a aucun sens. Certains voteront blanc, d’autres voteront nul, en exprimant leur protestation sur leur bulletin, ou s’abstiendront. D’autres voteront Macron en croyant, à tort, s’opposer ainsi à la montée du FN.
Macron se pose en rempart contre Le Pen et espère ainsi attirer à lui le vote de tous ceux qui sont à juste titre effrayés par la possibilité que Le Pen arrive au pouvoir. Ce sont les éternelles sirènes du « vote utile ».
On l’a vu déjà en 2002, lorsque Chirac s’est trouvé au second tour face à Jean-Marie Le Pen : l’ensemble des partis de droite et de gauche a appelé à voter pour lui, et il l’a emporté avec plus de 80% des voix. Ce score lui a donné la légitimité de mener sa politique contre le monde du travail, dont la situation s’est aggravée tandis que le score de Le Pen a augmenté.
Vu le dévouement de Macron aux intérêts des classes possédantes, la politique libérale qu’il mènera ne pourra elle-aussi que renforcer le FN.
Indépendamment de la menace Lepéniste, particulière à la France, le vote pour la gauche avec l’espoir que les choses soient moins pires qu’avec la droite est une illusion. On l’a vu en France avec Mitterrand ou Hollande, et le Parti Socialiste belge joue la même musique : ils se prétendent du côté des travailleurs mais mènent une politique en faveur des capitalistes. Les choses ne sont pas « moins pires » avec eux. Et de désillusion en désillusion c’est cela qui peut pousser une partie des travailleurs à voter pour l’extrême-droite, ce qui est encore plus contre ses intérêts.
Les travailleurs, les retraités et les chômeurs doivent être conscients qu’ils auront toujours un ennemi à l’Élysée en France, ou rue de la Loi en Belgique. Ils ne pourront se défendre qu’en se retrouvant ensemble, demain, dans la nécessaire explosion sociale.
Si le camp des travailleurs pèse peu dans les urnes, il en sera autrement lorsqu’il se mettra en mouvement.
C’est une nécessité. La crise économique et la menace d’un nouveau crash financier poussent le grand patronat à mener une guerre de plus en plus violente contre les exploités. Les capitalistes continueront à aggraver le chômage et la précarité, à réduire les salaires, à rendre le travail toujours plus flexible. Il faudra donc se défendre par la lutte de classe.
Par les guerres qu’il multiplie et le terrorisme qu’il suscite, le capitalisme mène l’humanité vers la catastrophe. Au-delà de la défense de nos conditions d’existence, il faut renouer avec le combat pour y mettre fin.
Tôt ou tard, le monde ouvrier se mettra en mouvement pour refuser le système dément dans lequel nous vivons…

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