Impasse nationaliste en Catalogne

Le conflit qui se noue en Catalogne depuis des années entre l’appareil d’État central et le camp nationaliste catalan s’est transformé ces dernières semaines en confrontation ouverte. Les autorités catalanes, dirigées par le nationaliste Carles Puigdemont, ont organisé, le 1er octobre dernier, un référendum d’indépendance, déclaré illégal par le gouvernement de droite de Mariano Rajoy, le leader du Parti populaire. Rajoy n’a rien cédé aux revendications des autorités catalanes. Il a voulu faire la démonstration qu’il resterait inflexible, bloquant des bureaux de vote, usant de la justice, de la police et de ses matraques. Le scrutin a quand même eu lieu. La participation a été de 43 % ; et 90 % des votants ont voté pour l’indépendance. Le camp nationaliste catalan, regroupé derrière le politicien de droite Carles Puigdemont, a tenté de s’appuyer sur la mobilisation de ses troupes pour imposer les intérêts de ceux qu’ils représentent, essentiellement la petite et moyenne bourgeoisie catalane. Pour l’instant, Puigdemont a été contraint de reculer face à Madrid, reportant de fait l’échéance de l’indépendance. Depuis, le gouvernement a inculpé de rébellion les dirigeants catalans et les arrêtent. Puigdemont et d’autres leaders nationalistes ont fui et se sont réfugiés en Belgique, au « cœur de l’Europe » dont ils espèrent l’aide.
Ils ont seulement été accueillis chaleureusement par les nationalistes flamands de la NVA. Une telle bienveillance de leur part en dit long sur le caractère réactionnaire des ambitions autonomistes catalanes.
Quelles conséquences ces événements auront-ils pour la classe ouvrière ? Avec ¬Rajoy, cela fait des années que la condition des travailleurs espagnols recule. Dans le contexte de la crise catalane, Rajoy et ses comparses se sont érigés en défenseurs de la légalité constitutionnelle, de la démocratie parlementaire et de l’unité de l’Espagne, qui protégeraient les citoyens. Rien n’est plus faux. La Constitution est au service des banquiers et des capitalistes. Ils l’ont changée quand cela leur a été utile pour payer la dette aux banquiers après la crise de 2008. Et quand les travailleurs réagissent contre les attaques, Rajoy et les siens recourent à la répression policière et se moquent de ce que permettent ou non la Constitution et la législation.
Pour ce qui est des nationalistes catalans, ils n’ont et ne feront jamais rien gagner aux classes populaires. Les nationalismes sont des courants politiques au service des intérêts des classes bourgeoises qui ont besoin d’un État pour conduire leurs affaires et exploiter les travailleurs. Rajoy aussi bien que Puigdemont et les nationalismes qu’ils représentent s’affrontent, mais ils s’alimentent. Ils cachent leur corruption et dévient les problèmes sociaux vers des affrontements entre les classes populaires elles-mêmes et au sein du monde du travail.
Le conflit actuel en Catalogne est dirigé par la droite « catalaniste » pour détourner vers l’objectif de l’indépendance la profonde indignation que la crise capitaliste a provoquée dans les classes populaires. Précédemment, cette droite autonomiste a marché la main dans la main avec les dirigeants de l’Etat pour attaquer les classes populaires et diminuer les budgets sociaux. Devenus ennemis aujourd’hui, ils sont parvenus à diviser le monde ouvrier et à faire s’affronter les travailleurs d’une même classe ouvrière au nom des droits de la Catalogne ou de l’Espagne.
En Belgique, les autonomistes flamands tirent aussi le voile sur le rôle de la bourgeoisie dans le recul de la condition des travailleurs néerlandophones en désignant les francophones comme responsables. Ils divisent le monde du travail et l’affaiblissent en rompant son unité dans ses luttes contre le patronat.
De plus, on voit bien la façade que le nationalisme offre aux politiciens de la NVA qui font aujourd’hui la guerre aux classes populaires en lui imposant des reculs sur la santé, les pensions, etc.
Nous ne devons pas accepter la politique de ces gouvernements, qu’ils soient « catalaniste », « espagnoliste », flamingant ou autres. Aucun des régimes au service des capitalistes ne pourra améliorer nos conditions de vie. Seule notre lutte peut le faire.
Dans le monde entier, la société est divisée en deux vastes camps ennemis : la bourgeoisie et la classe ouvrière. Les combats que les travailleurs mènent contre la classe capitaliste n’ont pas de frontières.
C’est pour cela que nous levons toujours le drapeau rouge des travailleurs portant leur devise : « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! »

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