A bas l’Europe forteresse, travailleurs unissons-nous !

Ce qui se passe à la frontière de la Pologne et de la Biélorussie est révoltant. Près de 3 000 migrants sont massés à cette frontière, errent et dorment dans la forêt, dans l’espoir d’entrer en Pologne sans être refoulés. Exténuées par les jours et les nuits passés dans le froid, sans nourriture, une dizaine de personnes sont déjà mortes. Chaque jour qui passe menace de faire de nouvelles victimes.

Les dirigeants européens accusent le dictateur biélorusse d’avoir favorisé l’arrivée de migrants à la frontière pour déstabiliser l’Europe. Et ils s’indignent de ce qu’il aurait « instrumentalisé et manipulé les migrants ». C’est vrai ! Mais que font-ils d’autre, eux, si ce n’est les laisser souffrir et mourir ?

Quand ils ne laissent pas les migrants mourir aux portes de l’Union européenne, ils s’arrangent pour qu’ils restent enfermés dans les mouroirs que sont les camps au Liban, en Libye ou en Turquie, ou qu’ils restent prisonniers de leur pays d’origine, comme l’Afghanistan, ravagé par la guerre, où la famine pousse des familles à vendre leurs enfants.
Oui, la palme du cynisme revient aux dirigeants européens, car les candidats à l’immigration ne demandent qu’à arriver par des voies sécurisées et légales pour demander l’asile. Au lieu de cela, ils se retrouvent sous la dépendance de passeurs sans scrupules et traqués comme des criminels. 

Et nul besoin d’aller en Pologne pour constater que les dirigeants européens se moquent du sort des migrants.  Sammy Mahdi n’a-t-il pas dit, après la mort de 27 migrants qui se sont noyés en tentant de traverser la Manche, que si la carte d’identité existait au Royaume-Uni, le problème serait résolu ! 

Ces femmes et ces hommes sont ouvriers, secrétaires, techniciens, ingénieurs ou médecins. Et demain, certains parmi eux travailleront dans l’hôtellerie, la restauration, le bâtiment, ils seront routiers, intérimaires dans l’agroalimentaire ou l’industrie. D’autres aideront à faire tourner les hôpitaux ou les écoles. Parmi leurs enfants, il y a peut-être de futurs footballeurs ou des champions d’échecs. À côté de ceux qui deviendront ainsi très connus, il y aura tous ceux qui travailleront avec nous. Ces femmes et ces hommes sont des nôtres. Il faut qu’ils sachent qu’ils sont bienvenus dans le camp des travailleurs.

Il y a déjà eu trop de morts, trop de naufrages et de drames. Il faut la liberté de circulation et d’installation pour les migrants. Il faut l’ouverture des frontières. Pour les riches étrangers, fussent-ils des requins de la finance, les portes sont grand ouvertes ; pour des travailleurs qui ne demandent qu’à être utiles à la société, elles sont fermées.

Certains parmi les travailleurs sont inquiets parce qu’il y a déjà beaucoup de chômeurs. Mais le chômage, la précarité et les bas salaires ne dépendent pas des migrants. Ils dépendent du rapport de force avec le patronat et des luttes que le monde du travail est capable de mener contre les licencieurs et tous ces groupes capitalistes rapaces.

La bourgeoisie et ses politiciens opposent les salariés aux chômeurs, les intérimaires aux CDI et les Belges aux immigrés, pour dominer et s’enrichir sur le dos de tous. Face à eux, les travailleurs doivent faire bloc pour se défendre.

L’Europe est devenue une forteresse. La crise et les politiques antiouvrières menées par tous les gouvernements, de gauche ou de droite, y ont fait prospérer les partis nationalistes et les idées racistes.  Il n’est même pas nécessaire qu’il existe un parti d’extrême droite. En Belgique, il y a bien un Sammy Madhi, ministre d’un parti catholique, pour refuser des papiers à des grévistes de la faim.  

Si nous n’y prenons garde, la barbarie du monde, la xénophobie et les guerres nous emporteront. Le nationalisme, la méfiance généralisée nous ont déjà rattrapés. Les travailleurs conscients doivent prendre le contrepied de cette évolution délétère.Le capitalisme brasse les travailleurs du monde entier. Nous pouvons en faire une force à condition d’être conscients d’appartenir à un même camp, le camp des travailleurs, dont l’intérêt est de révolutionner la société de fond en comble

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