Contre les 45h, manifestation générale le 24 mai

La grève dans les prisons démontre une fois de plus l’absurdité de la politique d’austérité du gouvernement. Les gardiens de prisons s’opposent à l’application d’un plan de restructuration qui vise à diminuer les effectifs. Il était prévu une réduction d’effectifs de 10% en quatre ans mais le gouvernement veut la réaliser en un an. Aujourd’hui, à Lantin, il y a parfois 2 surveillants pour 80 détenus. Les prisons sont surpeuplées. La Belgique se classe même en seconde position en Europe pour la surpopulation carcérale avec plus de 11 000 détenus pour 9 900 places. De même pour le taux de suicide qui est extrêmement élevé. Les prisons, mal entretenues, sont sous pression, ce qui ne peut qu’engendrer violence et conflits, et ne laisse en tout cas aucune place à une quelconque réinsertion.
Il est frappant que dans ce conflit, le ministre de la justice, Koen Geens, CD&V, a réussi le tour de force de mettre tout le monde contre lui. Les gardiens évidemment, car ils exigent des embauches. Les familles des détenus aussi, même s’ils souffrent de la grève, savent que si les mesures de Geens passent, les visites seront plus difficiles et la vie en prison sera plus pénible s’il y a moins de personnel d’encadrement. Même les directeurs de prison soutiennent les revendications des grévistes !
Geens a d’abord demandé à son collègue de l’Intérieur, Jan Jambon, d’envoyer la police pour remplacer les gardiens. Mais les policiers, déjà surchargés et déjà en sous-effectifs de 3 000 personnes ont rapidement refusé de le faire.
Face au blocage, le gouvernement a envoyé l’armée dans les prisons. Or l’armée est déjà présente dans les rues, suite justement au manque d’effectifs dans la police ! Les syndicats militaires et même l’État-Major ont signalé que la situation était intenable, faute de personnel suffisant… à l’armée.
Le procès de la cellule terroriste de Verviers a dû être interrompu car le service de sécurité du Palais de Justice n’était pas payé après 16 heures… pour raisons d’économies ! On pourrait multiplier les exemples. Le gouvernement est en train de mettre des rustines sur des problèmes qu’il a créés lui-même de toutes pièces.
Certes le gouvernement donne une impression de désorganisation, mais le problème n’est pas d’avoir un plus ou moins bon gouvernement. L’expérience a montré que tous les partis se sont succédés mais ont finalement mené la même politique de réduction des budgets dans les services publics au point que plus rien ne fonctionne.
Tandis que le gouvernement est critiqué y compris par une partie de son électorat sur les conséquences de sa politique dans les services publics, Peeters a décidé d’attaquer les travailleurs sur un autre flan, les conditions de travail. Depuis longtemps, le patronat rêve de plus de flexibilité et d’une annualisation du temps de travail. Le gouvernement entend lui donner satisfaction. Les heures sup ne seront plus payées comme telles et la semaine pourra aller jusqu’à 45h selon la volonté des patrons. Alors oui, formellement, les 38h sont maintenues, mais c’est une moyenne, qui est calculée sur l’année. Manifestement Peeters nous prend pour des imbéciles pour oser dire qu’il ne touche pas au 38 heures !
La FGTB a décidé d’organiser une manifestation nationale le 24 mai et une grève générale le 24 juin. Il n’est jamais trop tard, bien qu’il y a longtemps que cela aurait dû être fait. Mais il n’est pas étonnant que beaucoup de travailleurs se sentent découragés et aient l’impression que cela ne vaut pas le coup d’aller manifester ; que ce serait encore un coup dans l’eau, une manifestation sans lendemain comme les directions syndicales en ont l’habitude. Ce sentiment est bien compréhensible. Mais en même temps, si on veut se défendre, faire reculer gouvernement et patronat, nous n’avons pas d’autres armes que les manifestations et les grèves. Si les directions syndicales entendent faire un baroud d’honneur pour obtenir leur place dans la concertation, nous ne sommes pas tenus de nous en satisfaire. Pour faire reculer le patronat sur ses mesures, et pas seulement l’obliger à en discuter, il faut qu’il sente le souffle de la révolte dans son cou. Saisissons l’opportunité de l’appel syndical du 24 mai pour en faire le début d’une grande mobilisation. C’est une nécessité si nous voulons arrêter de prendre des coups, si nous ne voulons pas finir à terre !

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