Aux USA, offensive des réactionnaires contre l’avortement

Le 23 juin dernier, la Cour Suprême des USA a abrogé la loi qui, depuis 1973, légalisait l’avortement dans l’ensemble des Etats-Unis. Dorénavant, chaque État américain est libre de décider si oui ou non l’avortement est autorisé sur son territoire.

Il n’a fallu attendre que quelques jours pour que l’Idaho, le Dakota, le Texas, la Louisiane, le Mississipi et toute une série d’États du Sud-Est, au total 25 États sur 50 interdisent totalement l’avortement, même en cas de viol, d’inceste, de danger pour la mère ou de maladie grave du fœtus. Des scandales ont déjà éclaté : une enfant de 10 ans, violée, a dû quitter l’Ohio pour avorter dans l’État voisin. Au Texas, un soignant qui pratiquerait une IVG risque dorénavant la prison à vie. La délation y est même récompensée. 

Cependant, la loi de 1973 n’avait jamais réellement garanti le droit des femmes à l’IVG. Au fil des années, les cliniques pratiquant l’avortement se sont raréfiées dans de nombreux États, soit par manque de moyens financiers, soit à cause des menaces exercées par des bandes d’extrême-droite. Pour trouver une clinique, il fallait donc parfois parcourir des centaines de kilomètres, ce qui, ajouté au prix déjà élevé de l’intervention, mettait l’IVG hors de portée des femmes des classes populaires. Au moment où la crise ne cesse de s’approfondir et appauvrit toujours plus de travailleurs, les restrictions à l’avortement obligeront toujours plus de femmes à pratiquer des avortements clandestins au péril de leur vie. 

L’arrêt de la Cour aggrave encore la situation. Il est déjà question d’attaques contre le droit à la contraception. Les politiciens qui mènent ces attaques sont les mêmes qui remettent en cause le droit de grève et celui de se syndiquer, et qui font passer des lois qui rendent le vote plus compliqué pour les couches pauvres, par exemple, en limitant le vote par correspondance, largement répandu parmi ceux qui ne peuvent se permettre de s’absenter du travail pour aller voter. Ce sont ces mêmes politiciens qui défendent la « liberté », mais uniquement celle des riches ! Aux pauvres, ils veulent imposer leur ordre moral où hommes et femmes sont sensés se laisser exploiter, sans autre droit que celui de se taire.

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