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Le profit d’abord, les travailleurs peuvent crever

La seconde vague de la pandémie est bel et bien là. Les contaminations sont reparties à la hausse de façon spectaculaire et les hôpitaux se remplissent à nouveau. Les experts tirent la sonnette d’alarme : une nouvelle catastrophe s’annonce et malgré le renforcement récent des mesures sanitaires, la situation va s’aggraver encore dans les jours qui viennent.

Dès le début de cette seconde vague, les politiciens en ont imputé la responsabilité à la population, en particulier aux jeunes qui ne respecteraient pas les règles ou aux fêtards irresponsables. Il y a certainement une minorité de réfractaires au port du masque mais ce ne sont pas eux qui expliquent que la pandémie ait repris son expansion dans tout le pays, ni dans toute l’Europe.

Il ne faut pourtant pas chercher loin : si l’on rassemble des milliers d’étudiants dans des salles de classe fermées ou des centaines de travailleurs dans des bureaux ou des ateliers, les contaminations vont forcément augmenter, masque ou pas. Comment respecter les gestes barrières quand on continue à s’entasser dans des transports publics bondés tous les matins ?

Les chiffres du « tracing » semblent indiquer que le foyer familial serait le premier lieu de contamination. Or, avant d’atteindre la famille, le virus a bien dû frapper l’un de ses membres, que ce soit à l’école ou au boulot. Pourtant, les politiciens préfèrent faire la morale et accuser telle ou telle partie de la population de ne pas suivre les règles, plutôt que de remettre en cause leur docilité face à une classe patronale impatiente de relancer la machine économique. Ces attaques sont d’autant plus injustes que les règles s’appliquent bien plus durement à ceux qui ont des bas salaires et qui se retrouvent au chômage économique, à ceux qui vivent dans des petits appartements étriqués et pour qui la rue tient lieu de seul espace de liberté. Pour eux, pas de villa ni de jardin, contrairement aux bourgeois qui forment la clientèle chérie des ministres. 

Cela fait des mois que le gouvernement Wilmès a répété que la situation était en train de redevenir normale, que l’on devait rouvrir les écoles, les universités et retourner au travail. De plus en plus de voix s’élevaient, au sein même du gouvernement, pour réclamer que l’on cesse de sacrifier l’économie sur l’autel de la santé. Et après ils voudraient mettre la responsabilité de la deuxième vague sur le dos des travailleurs ? Quelle sinistre plaisanterie !

Alors, oui, la responsabilité première, c’est celle du gouvernement qui ne connaît qu’une seule urgence : relancer la machine à profits du patronat.

Maintenant, le mal est fait. Et l’on se rend compte que sept mois après la première vague, les dirigeants du pays sont tout autant pris au dépourvu. Le « baromètre » de la pandémie n’est pas prêt et les mesures pour l’affronter semblent s’improviser semaine après semaine sans aucune logique autre qu’éviter de prendre des mesures sérieuses qui coûteraient éventuellement cher au patronat.

En effet, quel sens cela a-t-il d’instaurer un couvre-feu pendant les heures où 99% de la population dort ? Certains lieux de rassemblement comme les restaurants et les bars ont été fermés mais les entreprises restent ouvertes, de même que les écoles. Pourtant, c’est là que la majorité des contacts ont lieu.

On ne peut pas cette fois-ci invoquer à nouveau le prétexte de la surprise pour justifier le manque de matériel ou de personnel. Pourtant, le matériel de protection continue à être rationné et il y a toujours pénurie d’infirmières et d’aides-soignantes. Les places manquent dans les hôpitaux, dont les plus encombrés ont commencé à envoyer des malades dans d’autres villes. Certains hôpitaux demandent au personnel de santé de venir travailler même quand ils sont testés positifs ! D’autres en sont même réduits à faire appel à des bénévoles faute de moyens. 

Comme au printemps, ce sont les travailleurs qui font le plus les frais de la crise sanitaire et économique. D’abord parce qu’ils sont les moins protégés : ouvriers, caissières ou infirmières doivent continuer à se rendre au travail alors que leurs managers peuvent travailler à domicile. Ensuite,parce que le gouvernement s’est empressé d’ouvrir son portefeuille pour les patrons, tandis que les travailleurs en quarantaine ou dont l’école a fermé doivent prendre sur leurs congés !

Les mesures du nouveau gouvernement en faveur du secteur de la santé seront totalement insuffisantes. Les salaires des soignants restent trop bas ; le personnel est en sous-effectif chronique. Le secteur de la santé a subi des dizaines d’années de politiques d’austérité menées par les mêmes partis que ceux qui sont aujourd’hui au gouvernement. Ces politiques ont déjà privé une partie de la population de l’accès aux soins, aujourd’hui elles nous laissent impuissants face à la pandémie. C’est la logique du capitalisme : le profit avant tout, et tant pis pour les travailleurs.