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L’État de droit des magouilleurs…

Reynders, le ministre de tous les gouvernements depuis des années, finit sa carrière en Belgique et s’est trouvé une planque à l’Europe. Or, un agent de la Sûreté a révélé toutes les magouilles auxquelles il a été mêlé pendant ces années : fraudes lors du déménagement de la Police Fédérale, vente d’œuvres d’art à des prix surcotés, pots-de-vin pour la construction de l’ambassade belge à Kinshasa, corruption par des marchands d’armes. La liste est longue.
Surprise ? Après deux semaines d’enquête seulement, la Justice a décidé prestement de refermer le dossier. Il faut dire que Reynders entre bientôt en fonction comme commissaire européen… en charge de la Justice !

Les patrons doivent payer

Encore une fois, le déficit de la Sécurité sociale revient sur la table, et encore une fois le patronat veut le faire payer par les travailleurs.
Le débat a été relancé suite à la parution des dernières prévisions qui évaluent le « trou » à 3 milliards pour 2019 et jusqu’à six milliards dans les cinq années suivantes. On est loin des cris de victoire de Charles Michel qui prétendait avoir vaincu le dragon de l’endettement à force de sacrifices imposés aux travailleurs ! Les allocations ont été réduites, l’âge de la pension a été reporté à 67 ans et les salaires rabotés par les sauts d’index. Mais le déficit est toujours là…
Lors de la réunion entre la Ministre des affaires sociales, Maggie de Block, les patrons et les syndicats, ces derniers ont pointé du doigt, comme cause du déficit, les cadeaux fiscaux aux entreprises comme les flexi-jobs, les emplois étudiants ou le tax-shift qui ont réduit la contribution patronale au budget de la sécurité sociale. Évidemment, les patrons nient et la ministre temporise.
Mais si l’on replace ce chiffre dans son contexte, il prend une toute autre signification. La dette publique belge est de 460 milliards d’euros, dont 96% sont dus à des institutions financières belges ou internationales. Donc, premièrement le déficit de la sécu est une goutte d’eau et deuxièmement, la dette profite au patronat. Chaque année, le remboursement de cette dette lui rapporte 40 milliards d’euros, dont 10 milliards rien qu’en intérêts. Chaque travailleur rembourse donc avec ses impôts environ 7 000 euros par an.
Le montant du déficit de la Sécurité sociale n’est rien non plus quand on le compare à d’autres dépenses : le sauvetage des banques lors de la crise financière de 2008 a coûté 30 milliards. La fraude fiscale à grande échelle coûte 25 milliards par an. Pourtant, le nombre de fonctionnaires chargés de pourchasser les fraudeurs a été diminué par deux sous le gouvernement actuel. Les folies et les magouilles du système financier creusent dix fois plus le trou que les pensions, le chômage et les soins de santé de tous les travailleurs de Belgique !
Donc, non, le problème, ce n’est pas les pensions.
Le patronat refuse de parler de nouveaux impôts sous prétexte qu’il en paierait déjà plus qu’assez. C’est en tout cas ce qu’ils ont rappelé lors de cette réunion.
Or, le taux de l’impôt sur les bénéfices des sociétés a été divisé quasiment par deux depuis les années 1980. Il était de 48% à l’époque et il est maintenant officiellement de 25%. Les grosses entreprises, elles, s’arrangent même, grâce à des montages financiers complexes, pour ne payer que 3% de taxes. Chaque année, 250 milliards d’euros filent vers les paradis fiscaux, aux îles Caïmans ou autres Bermudes.
Donc, non, les patrons ne paient pas leur quote-part des dépenses publiques !
En réponse aux syndicats, les organisations patronales ont proposé un nouveau « pacte social » étalé sur 75 ans qui empêcherait la croissance des dépenses liées au vieillissement et réduirait les charges sur les entreprises. Non content de creuser le déficit public, le patronat voudrait encore une fois le faire payer par les travailleurs en reportant l’âge de la pension.
Que cela soit du pipeau, les patrons s’en moquent car de toute façon les gouvernements, de gauche comme de droite, répètent comme des perroquets que le travail coûte trop cher et que les travailleurs doivent se serrer la ceinture.
Mais en réalité, ce n’est pas le travail qui coûte trop cher. D’où vient l’argent qui sert à payer les salaires, les charges sociales et les pensions ? Exclusivement du travail ! Le bénéfice des capitalistes est lui aussi le produit de notre travail. C’est pour cela que nous, les communistes, nous disons que les capitalistes sont des parasites : ils ne créent rien mais ils profitent du fait que les entreprises leur appartiennent pour imposer leurs conditions à des travailleurs qui n’ont pas d’autre moyen de survivre que de se louer pour un salaire.
S’il n’y a pas assez d’argent pour les pensions, les hôpitaux ou les écoles, si les salaires sont trop bas, s’il n’y pas assez de personnel dans les entreprises, c’est exclusivement dû à l’appétit de profit des patrons qui en veulent toujours plus.
Nous savons tous que les gouvernements sont à leur service. Les seuls qui peuvent s’y opposer, ce sont les travailleurs eux-mêmes : ils sont les plus nombreux et ils sont au centre de toute l’économie. Ce qui leur manque, c’est un parti qui organise cette force et mène les luttes nécessaires pour faire payer le patronat.

L’empêchement de Trump : du cinéma de politiciens

Le Parti démocrate des États-Unis s’est lancé dans une procédure de destitution à l’égard de Trump. Il l’accuse de trahison pour avoir demandé des renseignements à l’État ukrainien sur le fils de son rival Biden en échange de menus services. Cette procédure n’a aucune chance d’aboutir. Il s’agit juste d’une manœuvre des Démocrates dans la campagne électorale pour la présidentielle de 2020.
Les Républicains à la sauce Trump ou autre comme les Démocrates se battent pour accéder au pouvoir afin de servir au mieux les intérêts des trusts américains. Une guéguerre qui ne concerne en rien les travailleurs.

Algérie : le chef de l’armée veut resserrer l’étau

Sept mois après le début de la contestation en Algérie, le chef de l’état-major Ahmed Gaïd Salah, nouvel homme fort du pays depuis la démission d’Abdelaziz Bouteflika, use de la force et de l’intimidation pour tenter d’imposer l’élection présidentielle du 12 décembre et en finir avec le mouvement.
Les restrictions aux libertés d’expression et de manifestation sont accompagnées d’une vague d’arrestations, en particulier à Alger, où la police procède à des interpellations à chaque manifestation. Rien qu’à la prison d’El Harrach à Alger, une centaine de personnes seraient en détention pour attroupement sans autorisation.
Dans ce contexte, l’ordre donné à la gendarmerie d’empêcher l’accès à la capitale aux manifestants venant des autres régions du pays, n’a fait qu’attiser la colère. Si cela fait déjà des mois que l’accès à la capitale le vendredi est rendu difficile par la suppression des trains de banlieue et les barrages filtrants des gendarmes, ce bouclage d’Alger revendiqué et médiatisé a été vécu comme une menace et une provocation.
Vendredi 20 septembre, la réponse des manifestants a été cinglante. Malgré les menaces, ils ont défilé massivement à Alger et dans une quarantaine de villes. Dans la capitale, les familles, les jeunes des quartiers populaires de Belcourt, Bab El Oued et la Casbah étaient présents en nombre, affichant leur fierté d’être toujours mobilisés, accueillant les manifestants des autres villes au cri de « Bienvenue aux autres wilayas ! ». Certains étaient venus en voiture la veille, d’autres par la mer, d’autres à pied en suivant les voies de chemin de fer. Avec détermination, ils ont répondu à Gaïd Salah : « Une démocratie, pas une caserne ! », « Gaïd Salah dégage ! », « Pas d’élection avec le gang ! »
La décision de placer un ex-ministre de Bouteflika à la tête de l’autorité « indépendante » chargée de superviser les élections nourrit le sentiment que le système se protège pour que rien ne change. Ce sentiment est renforcé par un quotidien dégradé par la hausse du chômage et une inflation galopante qui touche de plein fouet les classes populaires. Ces dernières semaines, l’émigration a repris de plus belle. Empruntant des embarcations de fortune, de nombreux jeunes sont morts en mer, laissant des familles dans le désarroi.
Pour défendre leurs droits démocratiques, comme leur droit à une existence digne, les travailleurs et les classes populaires sont conscients qu’ils n’ont d’autre choix que de s’organiser et d’amplifier leur mobilisation.

Égypte : “Sissi, dégage !”

Six ans après le coup d’État qui a porté le maréchal Sissi au pouvoir en Égypte, des centaines de manifestants ont contesté sa dictature, les 20, 21 et 22 septembre.
Après la diffusion virale sur les réseaux sociaux de la vidéo d’un entrepreneur égyptien en exil accusant le pouvoir de corruption, et dénonçant concrètement Sissi et ses proches se faisant construire par exemple de somptueuses villas, des manifestants se sont rassemblés par centaines. Au Caire place Tahrir, à Alexandrie, Suez, Mahalla et d’autres villes ouvrières, ils ont scandé « Sissi, dégage ! » et « Dites-le, n’ayez pas peur, Sissi doit partir ». Ils ont bravé les lois qui, depuis 2013, interdisent toute manifestation ou rassemblement. Depuis cette date, des centaines de sentences de mort ont été prononcées par les tribunaux militaires, 60 000 arrestations ont eu lieu, sans compter les disparitions forcées, tabassages et tortures. Systématiquement, les ouvriers débrayant pour réclamer leurs arriérés de salaire sont arrêtés, aussitôt qualifiés de terroristes et poursuivis à ce titre. Et cependant des travailleurs et des jeunes, des opposants, ont eu le courage de braver la police, les nuages de lacrymogènes, les tirs à balles de caoutchouc et même réelles.
Aussitôt, le black-out a été instauré. Des sites d’information comme celui de la BBC ou Facebook Messenger ont été coupés et le service du renseignement égyptien a averti les journalistes étrangers pour leur dire qu’il les surveillait de près.
Sissi et l’armée au pouvoir ont du mal à maintenir la fiction de la bonne situation des cent millions d’Égyptiens. L’austérité s’est accrue avec la suppression de subventions sur le carburant et des produits de base. En juillet, un tiers de la population a été recensée au-dessous du seuil de pauvreté, fixé à 1,30 euro par jour. Récemment encore, des ouvriers ont été arrêtés à Ismaïlia, dans le nord-est du pays, pour avoir manifesté contre leur patron et contre la perte de pouvoir d’achat face à l’inflation. Accusés de blocage des rues, ils n’ont été libérés qu’une semaine plus tard par la justice.
En visite à New York au moment des manifestations, le dictateur a pu faire mine d’ignorer les refrains scandés dans la nuit égyptienne. Mais la situation des travailleurs et de la population pauvre est source de colère, présente et à venir.

Ils assurent leurs bénéfices

Les compagnies d’assurances font des centaines de millions d’euros de profits chaque année. Et elles renouvellent ça tous les ans, depuis des dizaines d’années. Mais elles refusent d’augmenter les salaires de leurs employés ne serait-ce que du 1,1% que réclament les syndicats. Elles consentiraient, disent-elles, à une prime unique, mais s’opposent à une augmentation récurrente. Ces filous n’assurent qu’une chose : leurs bénéfices.

27 000 m2

Entreposage de 75 trams, hall d’entretien, bâtiment administratif, bassin pour récupérer l’eau de pluie, bois africain labellisé, 600 panneaux voltaïques, etc., mais pas de cafétéria au nouveau dépôt de Marconi ! Le patron juge cela probablement non rentable. Il y a bien un distributeur de sandwiches, mais désespérément mous, ça manque de variété et surtout de relations humaines.
Un comité paritaire restaurant (patron-syndicats) existe pourtant mais la direction se moque de l’avis et du bien-être des travailleurs !

Et les usagers !

Parfois aux arrêts, le public attend longtemps un transport et voit débouler en convoi jusqu’à trois bus de la même ligne. Pour eux, cela paraît absurde et ajoute à leur frustration. Bien entendu, ce sont les chauffeurs qui subissent le ressentiment général. Il faut secouer l’arbre de la direction pour que la régulation soit efficace.

STIB : Meuh Meuh fait sa com

De Meeûs, le grand chef de la Stib a été interviewé récemment dans Le Soir pour commenter l’accord du gouvernement bruxellois en ce qui concerne les transports en commun. Pour lui, c’est un « bel » accord, mais on se demande pour qui exactement.
La gratuité est prévue pour les moins de 25 ans et les plus de 65 ans, mais ce sera au détriment des autres dont le tarif va être revu à la hausse pour le 1er février 2020. De plus, la gratuité pour les pensionnés est simplement un retour à la situation d’avant 2013. Par ailleurs, c’était déjà gratuit pour les moins de 12 ans.
L’offre de transport en commun va augmenter. Au vu de la croissance démographique à Bruxelles, ils n’ont de toute façon pas le choix. Mais jusqu’à présent l’augmentation de l’offre n’a jamais compensé l’augmentation de la fréquentation. Nous sommes toujours entassés comme des sardines aux heures de pointes dont la plage horaire s’élargit. Et l’offre reste insuffisante en dehors de ces heures, en soirée, le week-end, les jours fériés, etc.
La STIB engage chaque année plus de travailleurs qu’il n’y a de départs, mais jamais assez pour satisfaire les demandes de congé du personnel et diminuer la pression à la productivité. La direction continue de jongler avec le personnel entre les dépôts pour fonctionner à minima.
Finalement, dans ce « bel » accord gouvernemental, rien pour les agents, pas d’amélioration des conditions de travail ni de hausse salariale, et presque rien pour les usagers qui vont rester debout à des tarifs onéreux.